Ce mercredi 26 juin 2026, de N’Dali à Parakou, le peuple Baatonu célèbre son Nouvel An traditionnel. Dans la ferveur des palais royaux, le rituel ancestral du jet de feu s’apprête à illuminer la nuit pour chasser les mauvais sorts.
L’obscurité s’installe à peine sur le septentrion béninois, mais l’air est déjà électrique. Ce soir, le temps semble s’être arrêté à N’Dali et dans les faubourgs de Parakou. Une odeur de bois sec et de latérite flotte dans l’atmosphère. En effet, pour la communauté Baatonu, les prochaines heures ne sont pas de simples instants qui s’écoulent : elles marquent le passage vers un nouveau cycle, le passage vers le Nouvel An.
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Au cœur de cette effervescence, une cérémonie séculaire s’apprête à prendre vie : le Donkonrou, le rituel sacré du jet de feu.
À Thian, quartier historique du 1er arrondissement de Parakou, les battements lourds des tambours traditionnels résonnent déjà et font vibrer le sol. Au palais royal, le feu sacré vient d’être allumé. Déjà, autour du foyer, les griots ont pris position. Leurs voix, haut perchées, entonnent des louanges et des chants anciens qui racontent l’épopée des dynasties guerrières et la mémoire du peuple.
Peu à peu, la foule, compacte, afflue minute après minute. Des anciens drapés dans de lourds boubous d’apparat aux enfants assis à même le sol, le regard brillant, toute la communauté se masse dans la cour du palais. Chacun veut être le témoin de ce moment de pure communion spirituelle.
Sous le grand hangar royal, Sa Majesté SINA THIANGUI Sounon Bouanra Wonkoueou, garant imperturbable des traditions, observe la scène. C’est sous son égide que le miracle va s’opérer. Ainsi, dans quelques instants, les torches enflammées seront pointées et lancées vers l’Est.
« Regarder vers l’Est, c’est chercher la lumière du soleil levant », murmure un notable de la cour. « Le feu emporte avec lui les maladies, les récoltes manquées et les querelles de l’année qui s’achève. Il nettoie le chemin. »
Pendant ce temps, quelques kilomètres plus loin, la commune de N’Dali retient elle aussi son souffle. À Gbegourou, les préparatifs ont laissé place à une attente quasi religieuse. Ici, c’est Sa Majesté Sina Boun Wonkourou Bwingnindou qui s’apprête à accomplir le geste fatidique.
Pour le souverain, le Donkonrou dépasse le cadre du simple mysticisme. Bien plus, c’est un ciment social indispensable à l’heure où les communautés ont plus que jamais besoin d’unité. Dans une atmosphère de ferveur populaire, le rituel devient ainsi le miroir des valeurs identitaires de l’aire culturelle Bariba et Boo : la paix, la fraternité et le vivre-ensemble.
Enfin, à l’heure où les dernières préparations touchent à leur fin, le Donkonrou s’apprête à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du peuple Baatonu. Une tradition vivante qui demeure, année après année, l’un des plus puissants marqueurs de son identité culturelle.
La nuit ne fait que commencer, et le feu Baatonu est loin de s’éteindre.