Récemment naturalisé béninois, le producteur historique de RFI intègre le premier cercle du pouvoir à Cotonou. Une nomination hautement symbolique qui illustre la stratégie d’influence culturelle et de reconnexion mémorielle portée par la nouvelle présidence.
C’est un virage institutionnel majeur pour l’une des voix les plus célèbres et les plus influentes du paysage radiophonique francophone. Ce mercredi 3 juin 2026, lors du Conseil des ministres, Claudy Siar — désormais officiellement inscrit à l’état civil sous le nom de Claudy Siar Kodjovi Zossoungbo — a été nommé chargé de mission du président de la République, Romuald Wadagni. Ses attributions couvrent un périmètre stratégique : la culture, les médias et la visibilité internationale du Bénin.
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Cette nomination au cœur de l’appareil d’État intervient quelques jours seulement après que l’ancien producteur de Radio France Internationale (RFI) a reçu son passeport et sa nouvelle identité béninoise. Elle marque l’aboutissement d’un parcours personnel et d’un rapprochement politique mûrement orchestré.
De la quête des origines aux responsabilités politiques
Pour l’ancien animateur vedette de l’émission phare Couleurs tropicales, qui a promu durant trois décennies les musiques et les cultures africaines à travers le monde, ce choix s’inscrit dans une démarche identitaire profonde. Afro-descendant, Claudy Siar avait ému l’opinion publique il y a quelques semaines en officialisant son retour sur la terre de ses ancêtres à Ouidah, ancienne cité négrière et point névralgique de la mémoire transatlantique.
Déjà présent à Cotonou en mai dernier lors de la cérémonie d’investiture du président Romuald Wadagni, l’homme de médias affichait une proximité évidente avec la nouvelle équipe dirigeante. En lui confiant ce poste officiel au Palais de la Marina, le chef de l’État béninois transforme un symbole mémoriel en un puissant outil de gouvernance.
Le « soft power » culturel comme axe de rayonnement
En confiant la visibilité du Bénin à une figure dotée d’un tel capital de sympathie et d’un réseau continental aussi dense, Romuald Wadagni pose un acte fort de diplomatie publique. Depuis plusieurs années, le Bénin s’est imposé comme un pionnier en Afrique de l’Ouest dans l’usage du soft power, notamment à travers sa politique offensive de restitution des biens culturels et le développement massif du tourisme patrimonial.
Désormais, les autorités béninoises entendent consolider cette attractivité. La feuille de route de Claudy Siar Kodjovi Zossoungbo consistera à positionner le Bénin comme un carrefour incontournable des industries culturelles et créatives africaines, tout en matérialisant la politique d’ouverture du pays envers les diasporas.
Pour le nouveau pouvoir béninois, cette nomination ouvre une séquence où la culture et les médias s’affirment comme des instruments d’influence et des leviers géopolitiques. Elle traduit aussi une stratégie qui dépasse l’animation culturelle pour inscrire le Bénin dans le concert international, avec l’ambition de transformer son rayonnement mémoriel et créatif en véritable force diplomatique.



