En déposant son adhésion à New York, Cotonou se lie à une convention qui oblige à prévenir les pollutions au-delà des frontières et à échanger des données. Le texte entrera en vigueur pour le pays le 21 décembre.
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Le compte à rebours est lancé depuis New York. Suite au dépôt officiel de son instrument d’adhésion ce mardi 22 septembre 2026, le Bénin deviendra officiellement, d’ici 90 jours — soit le 21 décembre prochain —, partie prenante de la Convention des Nations Unies sur l’eau de 1992. Une étape clé qui contraindra désormais Cotonou à respecter des engagements juridiques stricts envers les États voisins partageant ses bassins hydrologiques.
Ce que le traité exige de ses membres
La Convention impose aux États parties de prévenir, de maîtriser et de réduire les dommages que leurs activités causent au-delà de leurs frontières. Elle prévoit aussi la surveillance des eaux communes et l’échange de données. Les organes conjoints que les riverains peuvent créer se chargent de suivre la qualité et la quantité de l’eau, de recenser les sources de pollution et de déclencher des alertes en cas de situation critique, selon Bénin Web TV.
Le texte pose ainsi un principe simple : une rivière commune engage la responsabilité de tous ceux qui la bordent.
Quatre bassins, quatre voisins
Le Bénin se trouve au cœur des bassins du Niger, du Mono, de la Volta et de l’Ouémé. Son gouvernement cite quatre partenaires de premier plan : le Niger, le Nigeria, le Togo et le Burkina Faso. L’adhésion, affirme-t-il, ouvre la voie à une gestion concertée de l’eau avec ces États riverain
La Convention entre en vigueur pour un nouvel État le quatre-vingt-dixième jour après le dépôt de son instrument d’adhésion. Pour le Bénin, ce jour tombe le 21 décembre 2026.
Près de deux ans de procédure
Le dépôt clôt un processus lancé en novembre 2024. Le Conseil des ministres avait alors transmis le texte à l’Assemblée nationale pour obtenir l’autorisation de ratifier. Cotonou a donc mis près de deux ans à franchir les étapes internes avant de déposer son instrument à New York.
Les pays de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe ont adopté la Convention à Helsinki en 1992, et elle est entrée en vigueur en 1996. Ses concepteurs la réservaient d’abord à la région européenne. Un amendement de 2003 a ensuite permis à tous les membres de l’ONU de l’intégrer, ce qui s’applique depuis 2016. En 2021, quatre pays extérieurs à la zone européenne en faisaient partie : le Tchad, le Sénégal, le Ghana et la Guinée-Bissau. Selon Bénin Web TV, le registre du dépositaire de l’ONU recense désormais 61 parties.
Un pari politique assumé
Le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines attribue l’impulsion au président Romuald Wadagni. Il salue aussi le ministre Édouard Dahome et le directeur général de l’Eau, le Dr Saïd Hounkponou, pour avoir mené le dossier à son terme.
Ce qu’il reste à prouver
Le communiqué du ministère ne dit pas quels organes communs le Bénin créera avec le Niger, le Nigeria, le Togo et le Burkina Faso, ni à quelle échéance. Or la Convention ne produira ses effets concrets que si les voisins acceptent de partager leurs mesures et leurs alertes. L’adhésion pose le cadre, et les accords de bassin devront désormais lui donner un contenu
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