Inondations à Cotonou : à Akogbato, le maire Luc Gnacadja mobilise les riverains

COTONOU, 30 septembre 2026— Un tas d'ordures coincé dans un caniveau. Voilà, en apparence, un incident mineur. Mais au quartier…

COTONOU, 30 septembre 2026— Un tas d’ordures coincé dans un caniveau. Voilà, en apparence, un incident mineur. Mais au quartier Akogbato, dans le 12ᵉ arrondissement de Cotonou, ce constat banal déclenche une scène rare : un maire qui descend dans la rue, interpelle les riverains, et repart en ayant transformé une inspection technique en mobilisation citoyenne spontanée.

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Un ouvrage bouché, un maire qui s’arrête

Luc Gnacadja se trouve à Akogbato pour examiner l’état des ouvrages d’assainissement pluvial du quartier, l’une de ces tournées de terrain où les élus vérifient si les infrastructures censées évacuer les eaux de pluie fonctionnent encore correctement. Devant l’un des ouvrages, le diagnostic tombe immédiatement : des déchets s’y accumulent, réduisant sa capacité d’évacuation.

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Face à cette découverte, le maire aurait pu se contenter de noter le problème et de le transmettre aux services techniques. Il choisit une autre voie.

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Expliquer avant de réparer

Gnacadja engage la conversation avec les habitants présents sur place. Il ne se limite pas à pointer le problème : il prend le temps de détailler ce qu’un caniveau obstrué provoque concrètement en saison des pluies — l’eau qui ne s’écoule plus, qui stagne, puis qui déborde vers les habitations. Il rappelle aussi le rôle que joue chaque ouvrage d’assainissement dans la mécanique globale de prévention des inondations, un enjeu que connaissent bien les riverains d’un arrondissement régulièrement exposé aux dégâts des grandes pluies.

Cette pédagogie de terrain change la nature de l’échange. Les habitants ne se contentent plus d’écouter : ils passent à l’action.

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Des riverains qui retroussent leurs manches

Sur place, les habitants entreprennent eux-mêmes de dégager l’ouvrage, retirant les déchets qui bloquaient l’écoulement des eaux. En quelques instants, un problème identifié se transforme en solution appliquée, sans attendre l’intervention d’une entreprise ou d’un service municipal spécialisé.

Ce geste, aussi modeste soit-il à l’échelle d’un seul caniveau, illustre une dynamique que les autorités municipales cherchent précisément à encourager : faire des habitants eux-mêmes les premiers gardiens des infrastructures qui protègent leur quartier.

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Une propreté qui se joue à l’échelle du quotidien

L’épisode d’Akogbato rappelle une réalité que la mairie de Cotonou tente de faire admettre depuis plusieurs années : la lutte contre les inondations urbaines ne se limite pas aux grands travaux d’infrastructure. Elle se joue aussi, très concrètement, dans les gestes du quotidien — un sachet plastique jeté au mauvais endroit, un tas de déchets abandonné près d’un ouvrage, et c’est toute la capacité d’évacuation d’un quartier qui se trouve compromise.

En choisissant d’expliquer plutôt que de sanctionner, le maire mise sur l’adhésion plutôt que sur la contrainte. Reste à savoir si ce réflexe collectif, né d’une rencontre impromptue à Akogbato, saura se reproduire ailleurs dans la ville, sans qu’un élu ait besoin d’être présent pour l’enclencher.

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