Installé vendredi 2 octobre 2026 à Cotonou, le nouveau bureau de l’Association nationale des communes du Bénin entend rompre avec une gestion fondée sur les seules urgences locales. Sous la conduite de Luc Gnacadja, l’organisation veut désormais défendre des projets territoriaux structurés, améliorer l’efficacité communale et attirer davantage de financements.
Un changement d’échelle pour la décentralisation
La cérémonie d’installation, organisée en présence du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, a servi de cadre à la présentation de la feuille de route de la mandature 2026-2033. Le nouveau bureau national a également tenu ses premières séances de travail les 2 et 3 octobre afin de préciser ses priorités d’action.
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Dans son discours, Luc Gnacadja a défendu une conception plus ambitieuse de la décentralisation. Après la mise en place des communes et l’amélioration progressive de leur gouvernance, l’étape suivante consiste, selon lui, à faire des territoires des espaces capables de produire de la richesse, de stimuler l’emploi et de soutenir le développement national.
Cette orientation s’appuie notamment sur les pôles de développement territorial. L’ANCB veut participer à leur construction en rapprochant les politiques publiques des réalités locales et en favorisant une meilleure coordination entre les communes.
Le nouveau bureau a retenu trois axes majeurs pour les sept prochaines années. Le premier consiste à renforcer la représentation des communes auprès de l’État. Luc Gnacadja entend instaurer avec les pouvoirs publics un dialogue à la fois constructif et exigeant. Il a notamment attiré l’attention sur les lenteurs des procédures de passation des marchés publics, qui contribuent à maintenir l’exécution des budgets communaux autour de 30 %.
Le président de l’ANCB a toutefois établi une ligne rouge : l’accélération de l’action locale ne devra pas se faire au détriment de la transparence. Pour lui, la gestion optimale des ressources publiques demeure une obligation non négociable.
Le deuxième axe vise à transformer l’ANCB en véritable outil d’appui au développement local. L’association prévoit de renforcer la formation des élus et des agents communaux, d’aider les mairies à monter des projets plus solides et de diffuser les solutions déjà éprouvées dans certains territoires.
Luc Gnacadja a évoqué, à ce titre, une initiative mise en œuvre dans une école primaire publique du huitième arrondissement de Cotonou. Une réponse simple et peu coûteuse aux inondations, conçue par un enseignant, a ensuite inspiré d’autres établissements scolaires. Pour le président de l’ANCB, cet exemple montre l’intérêt d’une circulation organisée des expériences locales.
Le troisième volet porte sur la mobilisation des ressources. L’organisation veut accompagner les communes dans l’amélioration de leurs recettes propres, identifier de nouveaux mécanismes de financement et élargir les partenariats avec les institutions internationales et les collectivités étrangères.
Des projets à présenter plutôt que des doléances
Devant les partenaires techniques et financiers, Luc Gnacadja a annoncé un changement de méthode. L’ANCB ne souhaite plus se présenter comme une structure venant exposer une succession de besoins. Elle entend désormais soumettre des projets conçus par les territoires, assortis d’objectifs, de mécanismes de suivi et d’engagements précis sur l’utilisation des fonds.
Cette approche doit permettre aux partenaires de mieux apprécier l’impact attendu des financements et aux communes de renforcer leur crédibilité dans la recherche de ressources. Plusieurs programmes communs arrivant à leur terme, l’association prévoit d’organiser prochainement une rencontre destinée à définir un nouveau cadre de coopération.
Un calendrier de travail déjà fixé
Le bureau national doit maintenant traduire ces orientations en mesures opérationnelles. Les premières étapes comprennent l’adoption d’un budget, la mise en place de commissions spécialisées et l’élaboration d’un calendrier commun.
L’ANCB préparera également un nouveau plan stratégique. Celui-ci devra s’appuyer sur l’évaluation du précédent document et sur une consultation des 77 communes afin de mieux considérer la diversité des territoires.
Les maires concernés seront par ailleurs réunis pour préparer la contribution des collectivités aux pôles de développement territorial. Cette concertation doit éviter que les politiques de développement soient conçues sans tenir compte des priorités exprimées au niveau local.
La diversité territoriale comme levier
En conclusion, Luc Gnacadja a présenté la pluralité des communes comme une force plutôt que comme une difficulté. Il a repris une image attribuée à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ : la beauté d’un tapis repose sur la variété de ses couleurs.
Le président de l’ANCB a promis de diriger le bureau dans un esprit de collégialité et de rendre l’action de l’association plus utile aux populations. La réussite de cette mandature dépendra désormais de sa capacité à transformer cette feuille de route en résultats visibles : des projets mieux préparés, des budgets davantage exécutés et des territoires plus aptes à prendre part au développement du Bénin.
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