Cotonou, 7 octobre 2026 — Entre janvier 2025 et juin 2026, la Ligne d’assistance aux enfants a recensé 336 unions précoces au Bénin. Face à ce chiffre alarmant, le gouvernement et la communauté internationale ont scellé une alliance financière et politique, le mardi 6 octobre à Cotonou, lors de la 15ᵉ Journée internationale de la fille.
Placée sous le signe de l’investissement dans le leadership des adolescentes, la rencontre de Cotonou a concrétisé des avancées majeures pour soutenir le Programme national de lutte contre le mariage des enfants (PNLME). Consciente des limites des simples déclarations d’intention, la puissance publique entend désormais sécuriser le financement de sa politique de protection.
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Répondant aux exigences conjointes du Système des Nations Unies — représenté par le coordonnateur de l’UNICEF, Ousmane Niang — et de la diplomatie canadienne, le ministre de la Mobilisation des ressources extérieures, Hugues Oscar Lokossou, a annoncé trois mesures phares : la sanctuarisation des crédits nationaux, la pérennisation des concours financiers extérieurs et la création de mécanismes d’investissement à impact social. Cette stratégie budgétaire vient directement alimenter la feuille de route adoptée par l’exécutif en septembre 2025.
Loin des interventions protocolaires, les premières concernées ont imposé leur propre agenda aux décideurs. À la tribune, Bignon Laura Violenne Sohou, présidente du Conseil consultatif national des enfants du Bénin, a interpellé l’assemblée sur la nécessité d’impliquer directement les jeunes filles dans l’élaboration des projets qui les ciblent. Relayée par les structures consultatives locales, cette parole juvénile exhorte la société béninoise à faire évoluer les normes culturelles qui entravent encore l’accès des filles à l’éducation et à la liberté.
Clôturant les travaux, la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a qualifié les statistiques récentes d’appel urgent à décupler les efforts. L’exécutif, conduit par le président Romuald Wadagni, réaffirme ainsi son intention d’intensifier le maillage de prévention et la dénonciation systématique des infractions sur l’ensemble du territoire national.
En somme, l’éradication des unions précoces exige une transformation en profondeur des mentalités. En plaçant l’écoute des jeunes filles au cœur de son dispositif, le Bénin rappelle que la fin du mariage d’enfants ne se jouera pas seulement dans les ministères, mais au sein de chaque communauté, là où le droit à l’éducation doit définitivement l’emporter sur le poids des coutumes.
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