À Porto-Novo, une affaire présumée d’escroquerie mobilise les enquêteurs après des mois de promesses de crédits faciles et de permis de conduire à coût réduit. Derrière ce qui ressemblait à une opportunité, les investigations dévoilent un mécanisme qui fait plusieurs centaines de victimes dans différents départements du pays.
Pendant plusieurs mois, le projet circulait de bouche à oreille, porté par un discours séduisant qui promettait un accès simplifié à des prêts financiers et à des permis de conduire proposés à des tarifs largement inférieurs aux prix habituels. Dans un pays comme le Bénin, où l’accès au crédit demeure un défi pour de nombreux ménages et où l’obtention d’un permis représente un investissement important, l’initiative a rapidement suscité l’intérêt de centaines de personnes.
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À Porto-Novo, Sèmè-Podji, Akpro-Missérété, Lalo, Glazoué et dans plusieurs autres localités, des candidats ont constitué leurs dossiers, convaincus que le programme reposait sur un partenariat capable de faciliter l’accès aux financements. Chacun espérait franchir une étape décisive pour développer une activité, financer un projet personnel ou obtenir son permis de conduire.
Des centaines de victimes piégées par la promesse de prêts rapides
Au fil des semaines, les versements se sont multipliés. Selon les premiers éléments de l’enquête, une plaignante affirme avoir remis près de 4 977 400 FCFA au principal suspect afin de bénéficier des services annoncés. Le suspect a bien encaissé les fonds, tandis que les prêts attendus tardaient à se matérialiser, jusqu’à laisser place à un silence grandissant qui a progressivement éveillé les soupçons des souscripteurs.
Lorsque les bénéficiaires ont cherché des explications, le promoteur présumé demeurait introuvable. Les plaintes se sont alors accumulées auprès des services de police, ouvrant une enquête destinée à retracer son parcours et à comprendre le fonctionnement de cette opération.
L’arrestation du suspect et la découverte du réseau « Permis Vacances »
Après près de quatre mois de recherches, les enquêteurs ont localisé le suspect le 8 juillet 2026, avec l’appui du commissariat central d’Abomey-Calavi. Son interpellation marque une étape importante dans un dossier dont les ramifications semblent dépasser le cadre du premier programme présenté aux victimes.
Les investigations ont en effet mis au jour un second dispositif baptisé « Permis Vacances », qui aurait reposé sur un schéma similaire. D’après les premiers constats, ce nouveau projet aurait permis de collecter d’importantes sommes d’argent auprès de souscripteurs installés dans d’autres départements, avant que son initiateur présumé ne disparaisse à nouveau.
Les auditions se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes concernées, d’évaluer le montant global des sommes versées et de reconstituer le circuit financier emprunté par les fonds. Les enquêteurs s’attachent également à déterminer l’étendue des responsabilités et à vérifier l’existence d’éventuels complices ou relais ayant participé à la diffusion des offres.
Taux d’intérêt élevés : la crise de confiance envers le système bancaire béninois
Cette affaire illustre de manière flagrante à quel point certains Béninois ne font plus confiance au prêt bancaire classique.
Les taux d’intérêt particulièrement élevés appliqués par les institutions financières traditionnelles poussent de nombreux citoyens à se tourner vers des offres alternatives non régulées, promettant un accès rapide au crédit ou à des services administratifs à des conditions trop belles pour être vraies.
Dans un contexte économique où les besoins de financement des micro-entrepreneurs et des ménages demeurent cruciaux, ces mécanismes de contournement séduisent aisément un large public. Face à ce constat social, de nombreux observateurs estiment que l’État doit réformer en profondeur le système de prêt bancaire afin de rendre le crédit plus inclusif et d’éviter que de tels drames financiers ne se reproduisent.



