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Bénin : 20ᵉ marché financier le plus attractif d’Afrique en 2026 selon Absa

Le Bénin se classe 20ᵉ sur 29 pays africains dans l’édition 2026 de l’Absa Africa Financial Markets Index, publiée le…

Le Bénin se classe 20ᵉ sur 29 pays africains dans l’édition 2026 de l’Absa Africa Financial Markets Index, publiée le 14 octobre par le groupe Absa et le cabinet de recherche OMFIF. Avec 51 points sur 100, le pays se positionne devant neuf économies du continent, dont le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Sénégal.

Ce rang offre aux Béninois une lecture concrète de l’état de leurs marchés financiers : leur capacité à attirer des capitaux, à financer l’économie et à inspirer confiance aux investisseurs.

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Un baromètre pour comprendre

L’indice évalue l’ouverture, l’accessibilité et la transparence des marchés financiers africains. Il repose sur 29 indicateurs répartis en six domaines : profondeur du marché, accès aux devises, environnement fiscal et réglementaire, transparence, développement des fonds de pension, ainsi que cadre macroéconomique et juridique.

Pour le grand public, ces critères se traduisent par des questions quotidiennes. Les entreprises peuvent-elles emprunter pour investir ? Les épargnants disposent-ils d’instruments fiables ? L’État peut-il financer ses projets sans dépendre excessivement de ressources extérieures ? Un marché financier solide répond, au moins partiellement, à ces besoins.

L’édition 2026 confirme une dynamique continentale : 21 des 29 pays examinés ont amélioré leur note. La moyenne atteint 56 points, son niveau le plus élevé depuis la création de l’indice en 2017. Le Bénin figure parmi les économies ayant progressé sur l’adéquation de leurs réserves de change, aux côtés notamment de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Sénégal.

Une place dans la finance régionale

Par ailleurs, l’appartenance du Bénin à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)—qui partage la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) active depuis 1998—élargit l’accès au capital au-delà des frontières nationales. Cette intégration permet aux entreprises béninoises de lever des fonds efficacement auprès d’investisseurs de toute la sous-région.

Plusieurs sociétés béninoises y sont cotées, dont la Loterie nationale du Bénin et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC). Cette dernière a rejoint la place en 2025 après une levée de fonds de 100,45 milliards de FCFA. Cotonou, ville de création de la BRVM et du dépositaire central, conserve ainsi un rôle structurant dans l’architecture financière régionale.

Cette appartenance à un marché commun présente un avantage stratégique. Elle donne aux acteurs économiques béninois une visibilité régionale, encourage la discipline dans la gestion des finances publiques et rapproche l’épargne nationale des besoins de financement des entreprises.

Ce que le classement apporte au pays

La 20ᵉ position place le Bénin dans la seconde moitié du classement, derrière la Côte d’Ivoire, 18ᵉ avec 52 points. L’Afrique du Sud domine avec 85 points, suivie de Maurice (77) et de la Namibie (71). L’écart avec les leaders rappelle que le pays doit encore approfondir la liquidité de ses marchés, renforcer la transparence et diversifier les instruments accessibles aux investisseurs.

Mais le score de 51 points fournit aux autorités un repère chiffré pour orienter les réformes, aux entreprises un signal sur l’environnement d’investissement et aux citoyens une mesure de la solidité du système financier. Les prochaines éditions permettront de vérifier si le Bénin transforme ses acquis en progression durable.

L’enjeu dépasse donc le prestige d’un classement. Un marché financier plus attractif peut financer les infrastructures, soutenir l’emploi, élargir l’accès au crédit et réduire la vulnérabilité du pays face aux chocs extérieurs. Pour les Béninois, cette 20ᵉ place doit se lire comme une invitation à poursuivre les réformes qui rapprochent l’épargne, l’investissement et le développement national.

Les défis à convertir en opportunités

Le rapport souligne toutefois une faiblesse partagée par plusieurs économies africaines : la liquidité. L’élargissement des produits financiers et l’amélioration des infrastructures ne se traduisent pas toujours par une activité de négociation suffisante. Or, un marché peu liquide freine les investisseurs, qui redoutent de ne pas pouvoir revendre facilement leurs titres.

Pour le Bénin, cette réalité impose une action ciblée. Le pays doit encourager davantage d’entreprises à recourir au marché, renforcer l’information financière des sociétés cotées et développer l’éducation financière. Ces mesures augmenteraient le nombre d’investisseurs, stimuleraient les échanges et rendraient la place régionale plus vivante.

La profondeur du marché constitue également un levier majeur. Un système financier robuste ne repose pas seulement sur quelques titres cotés : il mobilise aussi les obligations d’État, les instruments du marché monétaire, l’épargne institutionnelle et les financements destinés aux petites et moyennes entreprises. Chaque progression dans ces domaines renforce la capacité du pays à financer son développement.

Une trajectoire à consolider

Le classement 2026 ne fige pas le Bénin dans une position définitive. Il établit plutôt une base de comparaison. Les futures éditions de l’indice permettront de mesurer l’effet des réformes engagées, notamment dans la transparence, l’accès aux devises, la gouvernance des fonds de pension et la qualité du cadre juridique.

Les autorités béninoises disposent ainsi d’un outil de pilotage. En identifiant les points faibles révélés par les 29 indicateurs, elles peuvent également prioriser les réformes les plus susceptibles d’améliorer l’attractivité du pays. Les entreprises, de leur côté, peuvent saisir l’occasion pour professionnaliser leur gestion, publier des comptes fiables et envisager le financement de marché.

En somme, la 20ᵉ place appelle surtout à la persévérance. Si le Bénin consolide ses acquis et lève les obstacles à la liquidité, il pourra gagner des rangs et offrir à ses citoyens un système financier plus capable de soutenir l’emploi, l’investissement et la croissance.

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