COTONOU, 13 octobre 2026 — La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a reporté au 26 octobre prochain sa décision sur la demande de mise en liberté provisoire de Me Magloire Yansunu. Condamné en juillet dernier à sept ans de prison ferme, l’avocat est soutenu par ses conseils qui réclament sa libération temporaire pour des raisons médicales.
Le dossier est revenu devant la juridiction le lundi 12 octobre, dans le cadre de l’appel formé contre la condamnation prononcée le 13 juillet. À l’appel de l’affaire, peu avant 15 heures, Me Yansunu a comparu visiblement affaibli, le visage partiellement couvert par un masque de protection.
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Face à la cour, ses avocats ont centré leur plaidoirie sur un argument unique : l’état de santé de leur client ne lui permettrait plus, selon eux, de rester détenu dans des conditions compatibles avec les soins requis par son état.
La défense réclame des soins d’urgence
Prenant la parole, Me Cyril Djikui a directement interpellé la cour sur la capacité de l’avocat à participer activement à sa propre défense. « Est-il en mesure de déposer devant vous ? Je ne l’ai pas reconnu », a-t-il déclaré, avant de solliciter que Me Yansunu puisse « aller se soigner et revenir ».
Dans la même ligne argumentative, Me Togbadja a poursuivi en estimant que la poursuite de la procédure d’appel exigeait un prévenu doté des capacités physiques nécessaires pour affronter de nouveaux débats. « S’il faut aller au fond et refaire les débats, il faut de l’énergie », a-t-il plaidé, tout en exhortant la cour à ne pas renvoyer son confrère en cellule. Invité par la suite à s’exprimer, Me Yansunu a quant à lui renoncé à prendre la parole, s’en remettant intégralement aux arguments développés par ses conseils.
Le parquet s’en remet à la sagesse de la cour
De son côté, le ministère public n’a pas formulé d’observations contraires. Il a choisi de renvoyer la question à l’appréciation souveraine du président de la juridiction, tout en soulignant que la santé de Me Yansunu, en sa qualité de membre du barreau, constituait une préoccupation essentielle.
Cette position laisse ainsi à la Criet une marge d’appréciation complète sur l’opportunité d’accorder cette liberté provisoire, sans que la cour n’ait à se prononcer à ce stade sur le fond de l’appel.
Une décision cruciale attendue le 26 octobre
En conclusion des débats, la cour a fixé au 26 octobre 2026 le délibéré sur cette requête. À cette date, les magistrats indiqueront si l’état de santé invoqué justifie une suspension de détention ou si Me Yansunu demeurera incarcéré durant la suite de la procédure d’appel.
Pour rappel, cette décision interviendra près de trois mois après la condamnation initiale de l’avocat, qui avait également été assortie d’une amende de plus de 28 millions de FCFA. Le verdict du 26 octobre déterminera donc les conditions matérielles dans lesquelles le prévenu pourra préparer la suite de son recours.




