Le gouvernement béninois a lancé à Parakou la vulgarisation de sa nouvelle feuille de route 2026-2030 pour les alternatives éducatives. Soutenue par la Coopération suisse, cette initiative cible des milliers d’enfants déscolarisés dans le nord du pays.
Cotonou, 24 juin 2026 – Dans le septentrion béninois, l’école cherche à reconquérir ses enfants perdus. Mardi 23 juin 2026, à Parakou, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Natta, a officiellement ouvert les ateliers départementaux de vulgarisation de la Stratégie de renforcement des alternatives éducatives (SRAE). Ce document de référence guidera, pour la période 2026-2030, la politique nationale d’insertion des enfants non scolarisés ou déscolarisés précocement.
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L’événement s’est déroulé en présence de Gabriella Spirli, directrice de la Coopération suisse au Bénin, et du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, marquant ainsi une nouvelle étape dans un combat de longue haleine contre l’exclusion scolaire.
Depuis 2017, Porto-Novo tente de corriger les failles du système éducatif formel à travers le Programme d’appui à l’éducation et à la formation des enfants exclus (PAEFE). Concrètement, ce programme s’est traduit par le déploiement des centres dits « BARKA » dans quatre départements clés : le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. Ces structures adaptées offrent aussi un parcours de rattrapage accéléré à des milliers de jeunes issus de milieux ruraux ou défavorisés, qui avaient définitivement quitté le chemin des classes.
Pour autant, afin que ces initiatives ne demeurent pas de simples projets pilotes, le gouvernement a jugé nécessaire de formaliser et d’harmoniser ses pratiques au sein d’une stratégie nationale unique. À cet égard, le ministre Armand Natta a indiqué que ces ateliers visent précisément à mobiliser les acteurs déconcentrés et municipaux afin que la problématique de la déscolarisation soit systématiquement intégrée dans les plans opérationnels locaux :
« C’est une occasion unique de découverte et d’appropriation des contenus d’un document stratégique de référence qui va définir désormais l’approche d’intervention du ministère dans le domaine des alternatives éducatives au Bénin », a souligné le ministre.
L’accès à l’éducation dans ces régions septentrionales reste tributaire de barrières économiques, culturelles et géographiques. Dans ce contexte, l’appui technique et financier de la Coopération suisse s’avère stratégique. Forte des premiers résultats enregistrés par le PAEFE sur le terrain, Gabriella Spirli s’est réjouie des avancées observées et a insisté sur la portée éthique de la nouvelle SRAE.
Au-delà d’un simple document administratif, la représentante helvétique y voit un « instrument de justice sociale » indispensable pour garantir le droit fondamental de chaque enfant à l’instruction. Cette approche s’inscrit, de surcroît, dans le prolongement de l’Objectif de développement durable des Nations unies (ODD 4), consacré à une éducation inclusive, équitable et de qualité.
En définitive, en ancrant ces alternatives éducatives dans les réalités locales, le Bénin fait le pari qu’un enfant sorti du système scolaire n’est pas une fatalité, mais une opportunité de développement manquée qu’il convient de réparer.