Le représentant résident de l’organisation régionale, Amadou Diongue, a fait ses adieux au président de l’organe de régulation des médias, Édouard Loko. Une fin de mission marquée par l’hommage rendu au « génie béninois » en matière de régulation électorale.
Dans la géographie diplomatique de l’Afrique de l’Ouest, les fins de mission sont souvent l’occasion d’un exercice d’équilibre entre amabilités protocolaires et bilans techniques. Mercredi 29 avril, dans les bureaux de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à Cotonou, l’audience accordée par le président Édouard Loko à l’ambassadeur Amadou Diongue n’a pas dérogé à la règle, tout en y ajoutant une pointe d’émotion manifeste.
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Le représentant résident de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) quitte le Bénin après un mandat marqué par des turbulences régionales, mais aussi par une consolidation des institutions locales de régulation. « C’est un sentiment mitigé », a confié le diplomate à sa sortie d’audience, rappelant qu’il venait témoigner sa reconnaissance pour la qualité des relations entretenues avec la HAAC. Il a également souligné la densité humaine et fraternelle de ses échanges avec Édouard Loko.

Le laboratoire électoral de la HAAC
Au-delà du symbole, la rencontre a permis de passer au crible le volet stratégique de la coopération entre la Cedeao et la HAAC. Dans une région où l’information est devenue un terrain de lutte d’influence et de fragilités démocratiques, le rôle des gendarmes de l’audiovisuel est scruté de près par les instances internationales. À cet égard, l’ambassadeur Diongue n’a pas manqué de saluer la gestion du récent cycle électoral béninois.
Selon lui, la couverture réussie des élections communales, législatives et présidentielles illustre le professionnalisme et le savoir-faire de la HAAC, renforçant la confiance des partenaires régionaux dans ses capacités. Cette aptitude à s’adapter face à un paysage médiatique en mutation permanente constitue, selon le diplomate sortant, la preuve d’un professionnalisme solide.

Les défis de la régulation face à la complexité numérique
Toutefois, le diplomate ne s’y trompe pas : les défis futurs ne feront que se complexifier. La régulation des médias ne se limite plus à l’arbitrage du temps d’antenne radiophonique ou télévisuel ; elle doit désormais composer avec la désinformation numérique et l’immédiateté des réseaux sociaux.
Amadou Diongue a mis en avant les défis croissants qui attendent les sociétés contemporaines et a affirmé que les organes de régulation joueront un rôle crucial dans les années à venir. Confiant, il a parié sur ce qu’il appelle le « génie béninois » pour anticiper les chocs à venir.
En quittant le siège de l’institution, le représentant de la Cedeao a laissé derrière lui un chantier de coopération institutionnelle dont la solidité devra affronter les prochaines mutations technologiques de l’espace médiatique ouest-africain.



