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Bénin : Patrice Talon reçoit le rapport de transition de l’Église du Christianisme Céleste

Le chef de l’État a reçu, ce jeudi 30 avril au Sofitel Marina Hôtel, le rapport final du Conseil Supérieur…

Le chef de l’État a reçu, ce jeudi 30 avril au Sofitel Marina Hôtel, le rapport final du Conseil Supérieur de Transition (CST) de l’Église du Christianisme Céleste. Un acte qui solde des décennies de schismes et dessine une nouvelle gouvernance pour l’une des confessions les plus influentes du Bénin.

 

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Dans le cadre solennel du Sofitel Marina Hôtel de Cotonou, une page d’histoire religieuse s’est tournée ce jeudi. Le président Patrice Talon, agissant en médiateur de dernier recours, a officiellement reçu les conclusions du Conseil Supérieur de Transition (CST) de l’Église du Christianisme Céleste (ECC), aux côtés du nouveau président élu de la République , dont la présence a marqué la reconnaissance institutionnelle de cette transition. Par ailleurs, ce document dépasse la simple formalité administrative : il représente la « feuille de route » vers l’unification d’une institution fragmentée depuis la disparition de son fondateur, Samuel Biléou Joseph Oshoffa, en 1985.

 

Une diplomatie de la stabilité

Depuis des années, l’ECC était le théâtre de querelles successorales portées jusque devant les tribunaux civils. Si la Constitution béninoise consacre la laïcité de l’État, le président Talon n’a jamais caché son pragmatisme : pour lui, la stabilité des grandes communautés religieuses est le garant de la quiétude nationale. En s’impliquant personnellement dans le suivi de cette transition, le palais de la Marina a imposé une méthode : la rigueur administrative au service de la paix sociale, agissant en médiateur de dernier recours.

Dans ce contexte, l’enjeu était de taille. Le Conseil Supérieur de Transition avait pour mission de pacifier les relations internes, de réviser les textes fondamentaux de l’Église et de préparer une gouvernance plus transparente. Le rapport remis ce jour confirme la création de trois piliers de gouvernance harmonisés : un Conseil d’Administration pour la stratégie, un Comité Exécutif pour l’opérationnel et un Conseil Pastoral garant de la doctrine.

Cette architecture vise  aussi à mettre fin à la concurrence entre les diocèses du Bénin, du Nigeria et de la diaspora, en instaurant une direction mondiale concertée. Ainsi, pour le chef de l’État, recevoir ce rapport n’est pas un acte de dévotion, mais une validation républicaine d’un processus de normalisation.

Vers une gouvernance apaisée

Le contenu du rapport, bien que technique, dessine les contours d’une « nouvelle ère » pour les fidèles à la robe blanche. Il s’agit notamment d’éviter que les tribunaux civils ne soient, comme par le passé, le théâtre de disputes ecclésiastiques. En choisissant un lieu aussi emblématique que le Sofitel Marina pour cette remise, l’exécutif souligne l’importance qu’il accorde à la respectabilité des institutions religieuses du pays.

Les représentants de l’ECC présents ont salué une écoute « attentive et rigoureuse » du pouvoir central. Toutefois, au-delà de la remise solennelle du document, le plus dur commence pour les responsables de l’Église : transformer les recommandations du CST en une réalité quotidienne pour les millions de fidèles répartis sur le territoire national et dans la diaspora. En présidant cette cérémonie, le président Talon valide un processus qui a permis de réviser les textes fondamentaux et de stabiliser les actifs de l’Église.

L’un des points d’ancrage de cette réconciliation concerne le pèlerinage mondial de la Nativité. Le rapport réaffirme la convergence des fidèles vers la plage de Sèmè-Kpodji les 24 et 25 décembre, tout en préservant les liens fraternels avec le site d’Imeko au Nigeria. Une diplomatie religieuse qui dépasse les frontières du Bénin.

 

Le « Soft Power » religieux

Le choix du Sofitel Marina, fleuron de l’hôtellerie béninoise récemment rénové, n’est pas anodin : il confère à cette transition religieuse un standing institutionnel. Pour les dignitaires présents, ce rapport solde une période d’incertitude. Pour l’État, il s’agit de s’assurer que cette force sociale et économique que représente l’ECC soit désormais gérée avec une transparence accrue.

Alors que le Conseil Supérieur de Transition arrive au terme de son mandat, la phase de mise en œuvre commence. Pour le million de fidèles béninois, le défi est désormais de transformer ces réformes de papier en une unité de foi, loin des divisions qui ont trop longtemps fragilisé la paroisse mère de Porto-Novo. Cette cérémonie confirme également une tendance forte de la présidence de Patrice Talon : la volonté d’organiser et de professionnaliser tous les secteurs de la société, y compris le domaine cultuel. Après la structuration du culte vaudou, la normalisation de l’Église du Christianisme Céleste apparaît comme une pièce supplémentaire du puzzle de la cohésion sociale béninoise.

À présent, alors que le rapport est entre les mains de l’exécutif, l’opinion publique et les fidèles attendent de voir comment cette transition se traduira par le choix de nouvelles instances dirigeantes. Ce processus illustre la volonté du Bénin de faire de la régulation religieuse un pilier de sa cohésion nationale.

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