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Bénin : Vers la ratification du traité de l’UA sur les violences faites aux femmes

COTONOU, 5 novembre 2026 — Le gouvernement béninois accélère la consolidation de son socle juridique afin de prémunir les femmes…

COTONOU, 5 novembre 2026 — Le gouvernement béninois accélère la consolidation de son socle juridique afin de prémunir les femmes et les jeunes filles contre les maltraitances physiques et morales. Réuni sous la présidence du chef de l’État, Romuald Wadagni, le mercredi 4 novembre 2026, le Conseil des ministres a formellement transmis à l’Assemblée nationale le projet d’autorisation de ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette démarche politique majeure positionne ainsi le pays parmi les nations du continent déterminées à éradiquer les violences fondées sur le genre.

Un cadre juridique contraignant à portée continentale

Adopté en février 2025 à Addis-Abeba, cet instrument juridique multilatéral impose des obligations contraignantes aux États signataires. Le texte exige l’élimination systématique de toutes les formes de violences, qu’elles prennent une forme physique, sexuelle, psychologique, émotionnelle, verbale ou économique. En outre, l’accord abolit toute frontière spatiale en matière de protection des personnes, étendant les garanties légales du cadre domestique jusqu’aux environnements professionnels, aux espaces publics et aux plateformes numériques. En ratifiant ces dispositions, Cotonou dote son appareil judiciaire d’un instrument de répression plus exhaustif.

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L’interdiction stricte des prétextes culturels et religieux

La Convention africaine consacre une doctrine inflexible : aucune coutume ancestrale, tradition locale ou prescription religieuse ne peut justifier une quelconque atteinte à la dignité des personnes. Les nouvelles dispositions placent ainsi le rétablissement et la protection des victimes au centre des mécanismes d’assistance publique. De surcroît, le texte impose une refonte des programmes de prévention en associant directement les hommes et les jeunes garçons à la promotion d’une masculinité positive, visant le démantèlement des stéréotypes patriarcaux et des schémas d’agression.

Une protection élargie aux dérives du cyberespace

Pour le Bénin, ce mouvement stratégique prolonge une série de réformes institutionnelles initiées afin de sécuriser l’émancipation des citoyennes. L’intégration de la convention armera plus efficacement les cours et tribunaux face aux infractions émergentes, en particulier le harcèlement en ligne et la cyberviolence. La ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a salué cette avancée majeure et invité les députés à accorder prestement leur aval afin d’offrir au pays un bouclier normatif moderne contre l’impunité.

Le saut vers la mise en œuvre institutionnelle et sociétale

Cette transmission parlementaire survient à l’approche du 25 novembre, date marquant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le lancement des 16 jours d’activisme qui s’étendent jusqu’au 10 décembre. En devançant ce calendrier symbolique, l’exécutif béninois substitue les actes normatifs aux discours circonstanciels. Les autorités entendent ainsi faire de cette étape législative le catalyseur d’une remobilisation nationale, engageant l’ensemble des acteurs publics et de la société civile dans la défense permanente des droits fondamentaux.

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