Le Bénin a officiellement ouvert, lundi 28 septembre 2026 à Djougou, l’année d’apprentissage 2026-2027 dans les Centres de formation professionnelle et d’apprentissage (CFPA). La cérémonie, présidée par la ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, chargée de la Formation professionnelle, Awaou Baco, traduit la volonté du gouvernement de rapprocher la formation des besoins réels de l’économie.
Le lancement s’est déroulé en présence du ministre conseiller Nicaise Fagnon, de représentants des partenaires techniques et financiers, de responsables d’organismes publics et des principaux acteurs du secteur. La rentrée concerne les CFPA publics répartis dans treize localités du pays, dont Djougou, selon le calendrier communiqué par les autorités béninoises.
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Derrière cette nouvelle année d’apprentissage, le gouvernement veut faire évoluer l’Enseignement et la Formation techniques et professionnels (EFTP). L’objectif ne consiste plus seulement à multiplier les filières, mais à renforcer la qualité des formations, la gestion des centres et leur adéquation avec les secteurs porteurs.
Le temps fort de la cérémonie a été la remise d’un lot d’équipements au CFPA de Djougou. D’une valeur de 241,4 millions de francs CFA, ce matériel doit améliorer les conditions de formation dans les ateliers et permettre aux apprenants de travailler avec des outils davantage conformes aux exigences du monde professionnel.
La Banque mondiale a contribué au financement de cet investissement. Douze autres centres de référence doivent également bénéficier d’équipements grâce à l’appui du Fonds de développement de la formation et de l’apprentissage (FODEFCA), dirigé par Arsène Zocli.
Pour les autorités, cet effort matériel accompagne une réforme plus large. Le dispositif prévoit la généralisation progressive des contrats de performance, le développement de projets propres à chaque établissement, ainsi que la formation et la professionnalisation des formateurs.
La directrice de la Formation professionnelle, Opportune Natabou, a présenté cette rentrée comme une étape destinée à mieux faire connaître les formations proposées dans les différents métiers. Les filières doivent, selon elle, s’articuler avec les priorités économiques du pays et les possibilités d’emploi offertes dans les territoires.
Cette orientation répond à un enjeu majeur : permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement utilisables, tout en favorisant l’entrepreneuriat et la création d’activités. La formation professionnelle doit ainsi dépasser le cadre scolaire pour devenir un instrument d’autonomie économique.
« Former un jeune à un métier, ce n’est pas seulement lui transmettre une compétence ; c’est lui donner les moyens de construire son autonomie, de créer de la valeur et de contribuer au développement de sa communauté », a déclaré Awaou Baco.
La cérémonie a également mis à l’honneur 179 jeunes femmes, issues de la première promotion formée dans le cadre du programme ProFop. Elles ont reçu leur attestation du Certificat de qualification professionnelle (CQP), une reconnaissance officielle des compétences acquises lors de leur parcours.
À cette occasion, les autorités ont aussi remis à la ministre la liste de 200 femmes sélectionnées pour bénéficier de bourses de formation dans plusieurs métiers techniques et professionnels. Cette initiative, soutenue par des partenaires, vise à élargir l’accès des femmes aux dispositifs de qualification et aux opportunités d’insertion.
La ministre a invité les nouveaux apprenants à faire preuve de discipline, de régularité et de persévérance. Elle les a appelés à convertir les compétences acquises en emplois, en entreprises et en services utiles à leurs communautés.
Après la cérémonie, la délégation ministérielle a visité les ateliers du CFPA de Djougou afin d’observer les conditions de travail et les équipements disponibles. Awaou Baco s’est ensuite rendue à l’Institut universitaire d’enseignement professionnel (IUEP), où l’Agence nationale pour l’emploi (AnpE) accompagne des jeunes en formation.
La tournée s’est poursuivie dans plusieurs structures économiques. La ministre a notamment visité l’entreprise « Espace Tissage de Djougou », l’atelier de menuiserie-ébénisterie de Juste Yao et, à Natitingou, l’antenne de l’AnpE qui forme des jeunes aux compétences comportementales — les « soft skills » — avec le soutien de la GIZ.
La PME Yetanri, spécialisée dans la transformation agroalimentaire, figurait également parmi les étapes de la mission. Ces visites ont permis à la délégation d’examiner concrètement les effets des programmes publics destinés aux jeunes, aux artisans et aux petites entreprises.
À travers cette tournée, le ministère entend relier plus étroitement les centres de formation, les structures d’accompagnement et les entreprises locales. Les programmes FoRCE et 3M, entre autres dispositifs cités lors de la cérémonie, doivent contribuer à renforcer ce lien entre apprentissage, activité économique et emploi. Le gouvernement béninois veut ainsi faire de la formation professionnelle un levier de création de richesses, particulièrement dans les régions où les jeunes rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi formel.
À Djougou, le lancement de la rentrée 2026-2027 a donc servi de vitrine à cette stratégie : investir dans les équipements, certifier les compétences, soutenir les femmes et rapprocher les formations des réalités des entreprises. La réussite de cette ambition dépendra désormais de la capacité des centres et de leurs partenaires à maintenir la qualité des enseignements et à transformer les qualifications en débouchés durables.
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