Bassin du Mono : Le Bénin et le Togo unissent leurs forces pour gérer l’eau

La gestion des ressources naturelles transfrontalières exige désormais une action coordonnée et immédiate face à la dégradation accélérée des écosystèmes.…

La gestion des ressources naturelles transfrontalières exige désormais une action coordonnée et immédiate face à la dégradation accélérée des écosystèmes. Réunis dans le cadre du quatrième Comité directeur régional de l’Initiative pour l’eau et l’environnement dans le bassin du Mono (IREE-Mono), les décideurs politiques du Bénin et du Togo franchissent un cap décisif. Cette concertation stratégique vise à consolider les mécanismes de gouvernance partagée pour protéger un fleuve vital, soumis aux pressions climatiques et anthropiques.

Une gouvernance bilatérale renforcée face à l’urgence

Les directeurs généraux chargés de la gestion de l’eau des deux nations, épaulés par les délégués du Fonds mondial pour l’environnement (FEM) et des représentants de la société civile, harmonisent leurs stratégies opérationnelles. Cette mobilisation interinstitutionnelle s’appuie sur la participation active des préfectures riveraines, des associations féminines et des mouvements de jeunesse. En intégrant l’Autorité du bassin du Mono (ABM), le Partenariat mondial pour l’eau en Afrique de l’Ouest (GWP-AO) et l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), les acteurs étatiques scellent ainsi une alliance technique solide pour garantir la pérennité du réseau hydraulique commun.

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L’ajustement rigoureux des investissements et des priorités

Au centre des délibérations, l’évaluation de la feuille de route technique et financière du projet permet d’ajuster le tir après deux années de déploiement sur le terrain. L’examen minutieux des performances budgétaires prépare également la validation du Plan de travail annuel pour le troisième exercice. Financée par le FEM et pilotée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cette initiative réaligne ses investissements prioritaires afin d’assurer une réponse homogène et efficace sur l’ensemble du territoire ciblé.

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La science au service de la planification stratégique

Pour soutenir la prise de décision politique, l’OSS déploie une ingénierie de données avancée à travers l’Analyse diagnostique transfrontalière (ADT). Cet outil d’évaluation scientifique identifie les causes profondes des dégradations environnementales et cartographie les vulnérabilités du milieu naturel. Cette cartographie analytique prépare ensuite l’élaboration d’un Programme d’action stratégique (PAS), offrant aux autorités béninoises et togolaises un socle décisionnel partagé pour élaborer des politiques publiques cohérentes et scientifiquement éprouvées.

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La préservation d’un poumon économique régional

S’étendant sur une superficie stratégique d’environ 24 300 kilomètres carrés, le bassin du Mono fournit l’eau indispensable à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche et à la production hydroélectrique. Néanmoins, l’intensification des sécheresses, la récurrence des inondations destructrices et la surexploitation des nappes phréatiques menacent directement les moyens de subsistance des populations riveraines. En transformant la concertation multilatérale en actions concrètes sur le terrain, les pays partenaires protègent ainsi l’avenir économique et écologique de cet hydro-système capital.

À travers cette coopération renforcée, le Bénin et le Togo entendent faire du bassin du Mono un modèle de gouvernance environnementale partagée. L’enjeu dépasse la seule préservation des ressources en eau : il s’agit aussi de garantir la résilience des populations et la durabilité des activités économiques qui dépendent de cet espace transfrontalier stratégique.

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