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45 millions pour devenir ministre : les révélations choc devant la CRIET au Bénin

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dresse le bilan d'une affaire d'escroquerie aux ramifications institutionnelles…

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dresse le bilan d’une affaire d’escroquerie aux ramifications institutionnelles particulièrement embarrassantes. Un tradipraticien installé à Bohicon accuse deux intermédiaires de lui avoir extorqué 45 millions de FCFA entre 2018 et 2026. Le mobile de cet investissement frauduleux repose sur une illusion tenace : l’obtention d’un portefeuille ministériel, en l’occurrence la direction du ministère de la Culture.

L’illusion d’un accès privilégié au sommet de l’État

Le dossier met en lumière les rouages d’un trafic d’influence présumé au cœur des réseaux d’influence locaux. Le plaignant, un trentenaire militant au sein de l’Union progressiste le Renouveau (UPR) à Savalou, détaille un engrenage méthodique fondé sur le mirage du pouvoir. Sa quête d’ascension politique s’amorce par l’entremise d’un premier contact surnommé « Caïman », présenté comme un proche du sommet de l’État. Toutefois, face à l’échec de cette démarche initiale, le plaignant se tourne vers un agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP). Ce dernier affirme entretenir des liens directs avec la famille présidentielle et incite le prétendant au ministère à financer de précieux présents destinés à Lionel Talon, fils du président Patrice Talon, afin de capter sa bienveillance.

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Le piège financier d’une désignation ministérielle fantôme

L’affaire prend une dimension plus vaste avec l’intervention d’un second prévenu, l’administrateur culturel Gilbert Dakè Kpotokan II. Se présentant comme un conseiller de la présidence lors d’une entrevue à Cotonou, ce dernier garantit au tradipraticien que son profil suscite l’intérêt du chef de l’État. Pour sceller son entrée au gouvernement, l’intermédiaire exige toutefois le financement d’actions de persuasion auprès de divers décideurs. Le plaignant débourse alors un premier virement de 2,5 millions de FCFA. Dès lors, ce versement inaugure une série de transactions financières étalées sur huit années, pour un montant cumulé atteignant 45 millions de FCFA, sans que le décret de nomination promis ne concrétise jamais ses attentes.

La justice réserve son verdict face aux seules déclarations du plaignant

Lors de l’audience tenue le jeudi 29 octobre 2026, la CRIET a écouté la déposition exclusive du plaignant, unique partie entendue à ce stade de la procédure. Soucieuse de démêler les responsabilités individuelles et de vérifier l’authenticité de ces accusations, la cour a ajourné le dossier au jeudi 3 décembre 2026. Les magistrats rappellent, en outre, que les éléments présentés reflètent strictement les déclarations de la victime présumée et que la présomption d’innocence s’applique pleinement aux accusés jusqu’à la conclusion des débats contradictoires.

En somme, Huit années de versements, 45 millions de FCFA déboursés et aucune nomination à l’arrivée. Derrière la promesse d’un portefeuille ministériel se dessine désormais une affaire que la CRIET devra démêler pour établir si le rêve d’ascension politique du plaignant a servi de levier à une escroquerie savamment orchestrée.
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