Cotonou, 18 juin 2026 — Une importante propriété immobilière appartenant à l’ancien député béninois Zéphirin Kindjanhoundé sera mise aux enchères le 2 juillet prochain à Cotonou. Cette vente sur saisie immobilière, engagée dans le cadre d’une procédure de recouvrement initiée par la BOA-Bénin, concerne un imposant immeuble de quatre étages situé à Zétacomey, dans l’arrondissement d’Akassato, commune d’Abomey-Calavi. Le Tribunal a fixé la mise à prix initiale à 400 millions de francs CFA.
BOA-Bénin : Un contentieux financier qui remonte à plus d’une décennie
L’affaire trouve son origine dans une opération de financement conclue le 9 décembre 2013. À cette époque, la Bank of Africa (BOA-Bénin) avait accordé une convention de compte courant à la société ALGOAW SA. Pour garantir cette opération de crédit, Zéphirin Kindjanhoundé s’était porté caution hypothécaire en mettant en garantie son titre foncier n°15165 d’Abomey-Calavi.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Cette pratique, fréquente dans le secteur des affaires et particulièrement dans le domaine du BTP, permet à une entreprise de bénéficier de financements en s’appuyant sur des garanties immobilières fournies par des tiers ou des associés. Cependant, le défaut de remboursement du débiteur principal a contraint la banque à engager une procédure de recouvrement forcée. Après un commandement de payer délivré en avril 2021 par le ministère de Maître Maxime René Assogba et resté sans suite, la procédure judiciaire a suivi son cours jusqu’à déboucher sur la saisie du bien.
Akassato : Un immeuble R+4 aux multiples possibilités d’exploitation
Le bien immobilier s’implante sur une parcelle de 557 mètres carrés entièrement clôturée et couverte par le titre foncier n°15165 d’Abomey-Calavi. L’ensemble comprend une cour carrelée, une guérite ainsi qu’un puits fonctionnel.
Le rez-de-chaussée, d’une superficie bâtie de 439 mètres carrés, se compose notamment d’un vaste séjour, d’un espace repas, de six chambres, d’un bar, d’une cuisine et de six salles d’eau. Les trois niveaux supérieurs présentent une configuration plus importante : chacun d’eux abrite deux séjours, deux espaces repas, onze chambres, une cuisine, onze salles d’eau, ainsi que des espaces de détente et des balcons. Cette architecture offre des possibilités d’exploitation aussi bien à usage résidentiel qu’à des fins professionnelles ou locatives. Enfin, le quatrième étage dispose d’une buanderie, de deux salles d’eau, d’un espace de détente et d’une grande terrasse ouverte sur la zone en pleine expansion d’Akassato.
Tribunal de commerce de Cotonou : Des enchères encadrées par des règles strictes
Le Tribunal de commerce de Cotonou encadre rigoureusement cette vente dont la mise à prix s’élève à 400 millions de francs CFA. Les investisseurs intéressés devront satisfaire à plusieurs conditions juridiques et financières strictes avant de pouvoir participer à l’adjudication.
Le cahier des charges impose notamment le dépôt préalable d’une consignation de 30 millions de francs CFA auprès du greffier en chef du tribunal, au moins trois jours francs avant la vente. Les offres devront ensuite progresser par paliers minimums de 10 millions de francs CFA.
Le futur adjudicataire deviendra pleinement propriétaire dès le prononcé de l’adjudication, à condition de régler intégralement le montant acquis dans un délai de vingt jours. À défaut, il s’exposerait à la procédure dite de « folle enchère », qui permet la remise en vente du bien à ses risques et pénalités financières. Les frais de poursuite, de publicité, ainsi que les droits d’enregistrement et de mutation devront également être acquittés dans des délais particulièrement courts.
Recouvrement bancaire : Une procédure classique aux conséquences lourdes
Au-delà de la notoriété politique du propriétaire, cette affaire illustre les mécanismes classiques du droit bancaire et des sûretés immobilières de l’espace OHADA. Lorsqu’un débiteur ne respecte plus ses engagements, les établissements financiers actionnent les garanties constituées afin de recouvrer les créances compromises.
Pour l’ancien député et actuel coordonnateur départemental du Zou au Conseil économique et social (CES), cette procédure aboutit aujourd’hui à la liquidation publique d’un patrimoine immobilier d’envergure. Le verdict du marché sera connu le 2 juillet 2026, dans la salle d’audience du Tribunal de commerce de Cotonou, où les enchères désigneront le nouveau propriétaire de cet imposant complexe immobilier d’Akassato.




