Bénin : Décès de Denis Hodonou, l’indomptable pionnier de Tam-Tam Express

Cotonou, 23 juin 2026 – Le monde des médias béninois perd l'un de ses plus illustres monuments. Denis Hodonou, fondateur…

Cotonou, 23 juin 2026 – Le monde des médias béninois perd l’un de ses plus illustres monuments. Denis Hodonou, fondateur du célèbre hebdomadaire Tam-Tam Express et figure de proue de la presse privée au Bénin, s’est éteint à l’âge de 70 ans. Sa famille a officiellement confirmé la triste nouvelle, plongeant les salles de rédaction du pays dans une profonde émotion.

En effet, le parcours de cet homme se confond intimement avec les balbutiements et le triomphe de la liberté d’expression sur les rives du golfe de Guinée.

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Tam-Tam Express : L’hebdomadaire qui bousculait l’ordre établi avant 1990

Tam-Tam Express n’appartenait pas à la catégorie des journaux ordinaires. Conçu et propulsé sur les étals avant même le vent historique de la Conférence nationale de février 1990, cet hebdomadaire a brisé les chaînes du monopole informationnel d’État. Dès lors, sa ligne éditoriale audacieuse et sans concession a imposé un nouveau ton.

Chaque parution de Tam-Tam Express s’apparentait à un séisme politique. Le journal s’emparait systématiquement des dossiers de corruption et des scandales les plus sensibles de la République, défiant les risques de censure pour informer les citoyens.

Face au général Kérékou : « Je n’ai peur de personne »

Le fondateur de l’hebdomadaire incarnait viscéralement cette liberté de ton. Denis Hodonou ne reculait devant aucun pouvoir. Les vétérans du journalisme gardent d’ailleurs en mémoire une confrontation mémorable avec le chef de l’État de l’époque, le général Mathieu Kérékou.

Alors que son journal se trouvait sur la sellette et subissait les foudres du régime, Denis Hodonou fit front. Face au président, il lança avec un aplomb désarmant cette réplique entrée depuis dans la légende des médias nationaux :

« Je n’ai peur de personne. »

Cette phrase résumait à elle seule l’éthique de ce patron de presse : le refus de la courbette devant les puissants du moment.

Un héritage vivant au cœur des rédactions béninoises

Par conséquent, l’impact de Denis Hodonou dépasse la seule existence de son titre phare. Il a aussi  transformé son journal en un véritable laboratoire d’excellence, une école de rigueur où ont collaboré les plus grandes plumes de la presse béninoise contemporaine. Beaucoup lui doivent également  leur baptême du feu et leur sens aigu de l’investigation.

Finalement, Denis Hodonou laisse derrière lui le souvenir impérissable d’un éclaireur, un artisan majeur de la démocratie par la force des mots. À sa famille, à ses proches et à tous les professionnels des médias qui perpétuent aujourd’hui son combat pour l’indépendance de l’information, notre journal adresse ses plus sincères condoléances. La terre de ses aïeux lui soit légère.

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