Cotonou, 7 octobre 2026 — Rattrapé par la justice béninoise après avoir sollicité un passeport à Cotonou, un militaire de rang de l’armée togolaise a été présenté devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), ce lundi 5 octobre. Il aurait cherché à échapper aux sanctions disciplinaires prononcées dans son pays et reste placé en détention provisoire.
Mariage et résidence ne font pas nationalité
Face aux juges de la CRIET, le prévenu a reconnu sans détour sa citoyenneté togolaise. Pour justifier sa démarche administrative frauduleuse, le soldat a mis en avant sa situation familiale, invoquant ainsi son union avec une ressortissante béninoise et la présence de leurs enfants sur le territoire.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
La Cour a toutefois balayé cet argumentaire. Les magistrats ont ainsi rappelé avec fermeté qu’un mariage, la paternité ou un séjour prolongé au Bénin ne confèrent pas automatiquement la nationalité, ni le droit d’obtenir un titre d’identité national sans suivre les procédures légales de naturalisation.
La fuite d’une sanction disciplinaire au cœur des débats
Pressé par le substitut du procureur d’expliquer les motifs réels de son acte, le prévenu a fini par dévoiler le contexte de sa démarche. Le militaire a concédé faire l’objet de lourdes sanctions au Togo à la suite d’incidents survenus lors d’une manœuvre militaire.
Ces déclarations ont conduit la Cour à examiner l’hypothèse d’une volonté de se soustraire à l’institution militaire, voire d’organiser une désertion vers un pays voisin. Le prévenu a toutefois fermement contesté cette interprétation, affirmant n’avoir jamais envisagé de renoncer à son statut militaire ni de quitter définitivement le Togo.
Maintien sous les verrous jusqu’au procès
À l’issue de cette audience préliminaire, la CRIET a confirmé le mandat de dépôt visant le militaire. L’homme a réintégré sa cellule à la maison d’arrêt, où il séjournera jusqu’à la reprise des débats.
La juridiction spéciale a renvoyé l’examen du dossier au mois de novembre 2026. À cette échéance, le ministère public formulera ses réquisitions, tandis que les avocats de la défense développeront leurs plaidoiries. La Cour devra ensuite apprécier la portée pénale de la démarche du prévenu.



