Le parrainage de l’opposition suspendu, la Cour constitutionnelle sous pression Feuilleton politique : Les Démocrates obtiennent 72 heures de sursis pour sauver leur candidature de la disqualification.
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Cotonou, 20 octobre 2025 — Le bras de fer judiciaire autour du parrainage du député Michel Sodjinou, figure de proue de l’opposition béninoise, a connu un nouveau rebondissement ce lundi. En effet, à la demande du parti Les Démocrates, la Cour constitutionnelle a décidé de reporter l’audience plénière spéciale prévue à 10 h. Cette audience devait examiner le recours introduit par Kamar Ouasagari contre l’invalidation du parrainage, jugé crucial pour la candidature de Renaud Agbodjo. Les juges ont fixé la nouvelle date au jeudi 23 octobre, accordant ainsi à la formation politique un délai pour compléter les pièces du dossier.
Au cœur des préparatifs pour la présidentielle du 12 avril 2026, cette affaire met en lumière les tensions croissantes autour des exigences de parrainage imposées par la Commission électorale nationale autonome (CENA). En fait, le parti Les Démocrates, principal mouvement d’opposition, tente toujours de réunir les 28 parrainages nécessaires pour valider la candidature de son leader. Or, l’invalidation de la fiche signée par Michel Sodjinou — député du parti — par le tribunal de première instance de Cotonou a précipité le dépôt d’un recours en urgence la semaine dernière.
Les Démocrates obtiennent un sursis stratégique
Dans un communiqué, la Cour constitutionnelle a confirmé avoir reporté l’audience à la demande du parti. Les Démocrates ont invoqué la nécessité de « compléter des pièces au dossier » pour renforcer la requête de Kamar Ouasagari, qui conteste l’ordonnance du juge de Cotonou. Ce dernier avait annulé le parrainage pour irrégularités formelles. Ainsi, plusieurs observateurs estiment que ce délai pourrait permettre au parti de consolider ses arguments juridiques, alors que la CENA et le pouvoir en place sont accusés de verrouiller l’accès à la compétition.
En annulant in extremis l’audience prévue ce lundi, la Cour a pris de court militants et analystes. Sur les réseaux sociaux, Les Démocrates ont rapidement réagi, réaffirmant ainsi leur volonté de défendre une « élection transparente et inclusive ». En plus, le parti a galvanisé ses partisans en évoquant un « cœur à 350 degrés » et en appelant à la vigilance pour préserver la paix électorale.
Parrainage : une bataille décisive à six mois du scrutin
Cette saga judiciaire illustre les entraves que l’opposition affronte depuis les réformes électorales de 2019, qui ont durci les conditions de participation. Par ailleurs, en perdant un seul parrainage — celui de Michel Sodjinou, poids lourd du parti — Les Démocrates risquent de voir leur dossier invalidé, compromettant leur présence à la présidentielle de 2026. Rappelons que récemment le parti avait déposé ses 28 fiches sous escorte d’huissier, preuve de la tension ambiante.
Kamar Ouasagari incarne l’espoir de faire annuler la décision du tribunal. Si la Cour constitutionnelle — souvent accusée de proximité avec l’exécutif — donne raison au recours, Les Démocrates pourraient rapidement reconstituer leur dossier. En revanche, si elle confirme l’invalidation, l’opposition plongerait dans une crise politique majeure, relançant les accusations de « verrouillage démocratique » au Bénin.
Le compte à rebours est lancé
En attendant le verdict du 23 octobre, Les Démocrates intensifient leurs appels à la mobilisation. Le sort de leur candidat, et peut-être l’équilibre de la présidentielle à venir, repose désormais entre les mains des sept sages de la Cour constitutionnelle.
