Après s’être rendu au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, le chef de l’État a été reçu ce mercredi par le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé. Une séquence diplomatique majeure sur fond de recomposition politique au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
C’est un véritable ballet diplomatique qu’est en train d’orchestrer le nouveau pouvoir béninois. Quelques semaines seulement après son entrée en fonction, le président de la République, Romuald Wadagni, poursuit sa prise de contact avec ses pairs de la sous-région. Après des étapes cruciales au Nigeria, puis au Niger et au Burkina Faso — deux piliers de l’Alliance des États du Sahel (AES) —, le chef de l’État a atterri, ce mercredi 3 juin dans l’après-midi, à Lomé.
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Accueilli à sa descente d’avion par Faure Essozimna Gnassingbé, le président du Conseil togolais , M. Wadagni a immédiatement entamé une séance de travail au Palais présidentiel. Ce déplacement, bien que qualifié de visite de travail, revêt une importance politique capitale dans un espace ouest-africain en pleine redéfinition de ses équilibres.
Intégration économique et défis sécuritaires
Au cours d’un tête-à-tête entre les deux dirigeants, les discussions ont principalement porté sur la consolidation de l’axe Cotonou-Lomé, mais aussi sur les dynamiques multilatérales qui secouent la sous-région.
« Nos échanges ont porté sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre nos deux pays, ainsi que sur les défis et opportunités qui se présentent à notre sous-région dans les domaines de l’intégration économique, de la paix et du développement », a déclaré Faure Gnassingbé à l’issue de la rencontre.
Le président du Conseil s’est également félicité de la qualité du « dialogue permanent » qui lie le Togo et le Bénin, réaffirmant ainsi une volonté commune de mener des actions concertées en faveur du bien-être des populations et de la prospérité de l’espace régional.

Le Bénin en trait d’union entre la CEDEAO et le Sahel
Au-delà de la relation bilatérale, la tournée de Romuald Wadagni révèle une stratégie plus large : positionner le Bénin comme médiateur entre les États côtiers et l’hinterland sahélien. En reliant successivement Abuja, Niamey, Ouagadougou et Lomé, le président de la République inscrit le pays dans une diplomatie pragmatique, axée sur la désescalade et la coopération transfrontalière.
Par ailleurs, les relations entre Cotonou et Lomé, longtemps marquées par une défiance croissante — alimentée par des affaires sensibles comme celle de Reckya Madougou et des soupçons de déstabilisation mutuelle —, trouvent dans cette visite un geste fort d’apaisement. Selon des sources diplomatiques, les deux dirigeants ont accordé une attention particulière à l’intégration économique, à la paix régionale et au développement commun.
Une dynamique régionale en pleine accélération
La diplomatie de Wadagni semble déjà produire des effets. Ainsi, le Niger a annoncé l’envoi d’experts pour évaluer la situation à la frontière bénino-nigérienne. Si les conclusions sont positives, une réouverture progressive des frontières pourrait suivre. De son côté, au Burkina Faso, la visite du président béninois s’est conclue par un communiqué conjoint réaffirmant la volonté des deux parties de renforcer leur coopération bilatérale.
Et la séquence se poursuit. Romuald Wadagni est attendu demain en Côte d’Ivoire, nouvelle étape d’un ballet diplomatique qui pourrait contribuer à redessiner les équilibres régionaux en Afrique de l’Ouest. À travers cette série de déplacements, le nouveau président béninois cherche visiblement à repositionner son pays comme un acteur de dialogue et de rapprochement dans une sous-région confrontée à de profondes mutations politiques, sécuritaires et économiques.



