Sous le ciel de plomb de Porto-Novo, la traditionnelle levée des couleurs au Palais des gouverneurs a pris, ce lundi 9 mars 2026, une dimension historique. Entre recueillement et fermeté, le président de l’Assemblée nationale a transformé l’hommage aux quinze soldats tombés dans le Nord en un plaidoyer pour la solidité de l’État.
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Le silence comme rempart
L’émotion était palpable dès l’aube sur l’esplanade du Parlement. Alors que l’hymne national s’élevait, les visages des fonctionnaires civils et des détachements militaires trahissaient une gravité inhabituelle. L’attaque djihadiste qui s’est produite près de Kofouno, à la lisière de la frontière nigérienne, a laissé des traces bien au-delà des poussières de Karimama. Le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou a instauré une minute de silence, rappelant que la démocratie béninoise s’incarne jusque dans ses garnisons les plus éloignées.
Un front uni face à la menace asymétrique
Le bilan annoncé par le colonel James Johnson est lourd : quinze vies fauchées et cinq blessés. Au-delà des chiffres, c’est le symbole de la présence républicaine dans l’extrême nord du pays qui était visé. En s’exprimant devant le personnel de l’institution, la deuxième personnalité de l’État a choisi de porter le débat sur le terrain de la responsabilité collective. Pour le président de l’Assemblée, la réponse à la terreur ne réside pas uniquement dans l’acier des armes, mais dans la rigueur morale de ceux qui servent la République au quotidien.
Vers un nouveau contrat de sécurité nationale
L’avenir du Bénin se joue désormais sur deux fronts : la ligne de feu à 700 kilomètres de Cotonou et l’efficacité administrative dans les couloirs du pouvoir. Cette cérémonie marque sans doute le début d’une phase de vigilance accumulée où chaque agent public est appelé à devenir un maillon de la résistance nationale. En exhortant ses équipes à une éthique professionnelle irréprochable, Joseph Djogbénou dessine les contours d’un pays qui refuse de céder à la peur. L’administration parlementaire, par sa discipline, se veut désormais le miroir de l’engagement des Forces de défense et de sécurité.
La projection : un État plus robuste
Les semaines à venir seront décisives pour le débat parlementaire. Cet hommage laisse présager une accélération des réformes liées à la sécurisation des zones frontales et au soutien social des familles des victimes. Le message envoyé depuis Porto-Novo est limpide : le Bénin ne reculera pas. L’unité affichée ce lundi montre que le pays entend renforcer sa stratégie de défense tout en consolidant ses piliers de gouvernance, afin de faire face à une crise qui s’installe dans la durée.



