À quelques semaines du contrôle présidentiel, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a tracé, ce vendredi, les lignes de partage du temps d’antenne. Entre tirage au sort millimétré et chaise vide de l’opposition, Cotonou peaufine sa vitrine démocratique.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Un tirage au sort sous haute surveillance
Dans les salons feutrés de la HAAC, la légèreté n’avait pas sa place. Ici, chaque détail comptait : il s’agissait de garantir que les duos de candidats puissent s’adresser aux Béninois sans qu’aucune voix ne domine l’autre. La régulation médiatique s’est incarnée dans un exercice délicat : fixer l’ordre de passage des prétendants à la magistrature suprême, sous le regard attentif des commissaires.
Pourtant, le tableau présentait une asymétrie notable. Si l’honorable Assan Seibou, figure de proue de la campagne du ticket Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata, était bien présent pour scruter l’urne, le siège dévolu aux représentants du duo Paul Hounkpê – Rock Hounwanou est resté désespérément vide. Un silence dans la salle qui fait écho aux tensions feutrées de la scène politique actuelle.

La primauté du calendrier : le duo Wadagni-Talata en première ligne
Le verdict est tombé, implacable comme un chiffre : le bulletin numéro 1, tiré par le camp de la majorité, propulse le duo Wadagni-Talata en tête des sessions de communication officielle. Dès les premières ondes, leur voix ouvrira le bal médiatique.
Mais derrière ce tirage au sort, c’est toute l’architecture de la campagne qui s’est dévoilée. Durée des messages, protocoles d’enregistrement, validations techniques : la HAAC a déroulé un arsenal de règles pour dompter le tumulte électoral et l’ordonner en débat. Pour Assan Seibou, cette “architecture de textes clairs” n’est pas qu’un cadre : c’est la promesse d’une élection exemplaire, apaisée, où chaque parole trouve sa place.

Vers une maturité démocratique ?
L’absence du camp Hounkpê lors de cette étape cruciale a certes interrogé, mais elle n’a pas freiné la machine administrative. Au contraire, pour les observateurs à Cotonou, la fermeté de la HAAC illustre une volonté claire de ne laisser aucun vide juridique polluer le climat social.
Dès lors, projetons-nous vers demain. Car la réussite de ce dispositif ne se mesurera pas seulement au nombre de spots diffusés, mais surtout à la capacité des médias publics et privés d’offrir un miroir fidèle des aspirations populaires.
En effet, si la discipline imposée par le régulateur est respectée, le Bénin pourrait transformer ce rendez-vous de 2026 en un modèle de transition numérique et politique pour la sous-région.
En définitive, l’objectif reste inchangé : que le bulletin de vote l’emporte sur l’invective, sous le regard vigilant des caméras.




