Réunis à Cotonou ce jeudi 30 avril 2026, les membres du Conseil National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme ont dressé le bilan de l’année écoulée. Entre progrès notables et zones d’ombre, le Ministre de la Santé exige désormais des résultats palpables plutôt que des satisfecit bureaucratiques.
Dans le cadre feutré de la salle de conférence du ministère du Tourisme, l’atmosphère était singulièrement studieuse ce matin. Le Conseil National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (CNLS-TP) y tenait sa session bilan pour l’exercice 2025. Un rendez-vous qui, loin d’être une simple formalité administrative, s’apparente à un examen de passage décisif : il s’agit de la dernière évaluation des actions menées sous l’actuelle mandature du président Patrice Talon.
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Le décor est planté, mais l’heure n’est pas aux lauriers. Présidant les débats, le ministre de la Santé et président du CNLS-TP a d’emblée donné le ton d’une session qu’il souhaite « charnière ». Exit les rapports lissés et les statistiques abstraites ; l’exigence gouvernementale se veut désormais pragmatique. Le ministre a appelé ses troupes à une mutation profonde : transformer les données chiffrées en « décisions opérationnelles à fort impact ». En clair, l’efficacité de la riposte nationale ne se mesurera plus au nombre de réunions tenues, mais à l’amélioration concrète et durable de la santé des populations.

Un diagnostic sans complaisance
La séance a débuté par un mot de bienvenue de la représentante du chef de l’État, laquelle a salué la résilience des acteurs de terrain tout en pointant du doigt les « défis persistants » qui freinent encore la marche vers l’éradication des trois pandémies.
C’est ensuite le premier secrétaire exécutif adjoint du CNLS-TP qui est monté au créneau pour présenter le rapport d’activités 2025. Ce document, véritable scanner de l’état sanitaire du pays, a mis en lumière un bilan en demi-teinte. Bien que les acteurs aient enregistré des avancées significatives — notamment dans la couverture géographique des soins — ils doivent encore corriger des insuffisances qui occupent une place centrale.
Les discussions, parfois vives, se sont rapidement cristallisées autour de trois piliers fondamentaux :
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La coordination des acteurs : souvent jugée trop fragmentée entre le sommet et la base.
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L’accessibilité : la nécessité de réduire les barrières géographiques et financières pour les services de santé essentiels.
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L’optimisation du suivi : pour s’assurer que chaque franc investi se traduise par une vie sauvée ou une infection évitée.

Vers une « ingénierie de l’impact »
Ce qui ressort de cette session de Cotonou, c’est une volonté de rupture avec la routine. Le CNLS-TP semble vouloir passer d’une gestion de programmes à une véritable ingénierie de l’impact. Le Ministre de la Santé a d’ailleurs martelé que les interventions devaient être « mesurables ». Cette obsession du résultat s’inscrit dans la droite ligne de la gouvernance Talon, où l’obligation de reddition de comptes est devenue la norme.
En clôturant les travaux, le président du Conseil a formulé des orientations stratégiques claires : renforcer le maillage territorial et intensifier la prévention, notamment chez les jeunes. L’engagement est réaffirmé, mais le temps presse. Alors que le Bénin s’efforce de consolider sa riposte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, les conclusions de cette session 2025 serviront de boussole pour l’ultime ligne droite du mandat présidentiel.
Pour les populations, l’enjeu est simple : que ces « décisions à fort impact » ne restent pas confinées dans les salles de conférence, mais qu’elles franchissent enfin le seuil des centres de santé de proximité.



