Lors du débat d’orientation budgétaire pour la période 2027-2029 à Porto-Novo, l’élu de la 20ᵉ circonscription, Dèhoumon Louis Koukpemedji, a salué la solidité financière du pays tout en pressant le gouvernement de traduire la croissance macroéconomique en progrès sociaux tangibles.
À Porto-Novo, le débat sur les orientations budgétaires 2027-2029 dépasse largement les équilibres comptables. Ce mercredi 24 juin 2026, l’hémicycle béninois a été le théâtre d’un arbitrage crucial entre performance économique et urgence sociale. Intervenant lors du débat d’orientation budgétaire (DOB), le Député Dèhoumon Louis Koukpemedji a porté la voix des territoires face aux ministres de la Justice et des Finances. Tout en saluant la trajectoire vertueuse de l’économie nationale, l’élu a articulé son plaidoyer autour d’une interrogation centrale : comment faire en sorte que la richesse nationale profite davantage aux populations ?
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Le cadre général, porté par la mise en œuvre progressive de la « Vision Bénin 2060 ALAFIA », affiche des indicateurs orientés au vert. Le Bénin enregistre une croissance économique soutenue, une inflation maîtrisée et un déficit budgétaire conforme aux critères de convergence de l’UEMOA. Pour autant, selon Louis Koukpemedji, ces performances macroéconomiques ne prennent tout leur sens qu’à l’aune des réalités vécues par les Béninois.
AME et dialysés : les urgences du capital humain
Pour donner plus de substance à sa critique, le parlementaire de la 20ᵉ circonscription a ciblé trois priorités majeures, à commencer par l’emploi des jeunes. Tout en reconnaissant la dynamique réformatrice engagée depuis 2016, il plaide pour des objectifs chiffrés et des mécanismes de suivi plus rigoureux. L’élu a notamment remis sur la table le dossier sensible du reversement des Aspirants aux Métiers d’Enseignant (AME), ces milliers de contractuels de l’Éducation dont le statut demeure une préoccupation sociale majeure.
Le député a ensuite déplacé le curseur vers la santé publique et la protection sociale, exhortant l’exécutif à accentuer son soutien aux plus vulnérables. Il a ainsi formulé une demande très concrète :
« Le gouvernement doit poursuivre et renforcer les efforts de subvention de la prise en charge des dialysés afin de réduire le lourd fardeau économique que l’insuffisance rénale chronique impose aux patients et à leurs familles. »
Le grand enjeu de la Vallée de l’Ouémé
Enfin, abordant la politique de territorialisation du développement portée par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, Louis Koukpemedji a plaidé pour un rééquilibrage géographique de l’investissement public. Son regard s’est naturellement tourné vers sa région d’attache : la Vallée de l’Ouémé.
Considérée comme l’une des vallées les plus fertiles d’Afrique après celle du Nil, cette zone attend encore la concrétisation des aménagements hydroagricoles annoncés par l’exécutif. Pour le député, investir massivement dans ce bassin ne relève pas d’un simple aménagement du territoire. Il s’agit également d’une stratégie de sécurité alimentaire, de création d’emplois et d’amélioration des revenus ruraux.
En conclusion, tout en invitant ses collègues à prendre acte du document de programmation budgétaire, Louis Koukpemedji a rappelé au gouvernement que la durabilité d’un modèle économique dépend avant tout de sa capacité à bâtir une croissance inclusive et équitable.



