Politique




Bénin : Razacki Amouda Issifou, l’inoxydable serviteur de l’État nommé Médiateur de la République

Ce 24 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la réforme institutionnelle permettant au premier vice-président du Conseil économique…

Ce 24 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la réforme institutionnelle permettant au premier vice-président du Conseil économique et social (CES) de cumuler ses fonctions avec celles de Médiateur de la République. Un plébiscite politique pour un homme de réseaux et de consensus.

À Porto-Novo, l’unanimité est une denrée rare, presque de la politique-fiction. Pourtant, ce mercredi 24 juin 2026, les 109 députés de la IXᵉ législature ont affiché une remarquable cohésion. Pas une seule voix discordante, aucun débat houleux : l’ensemble de la représentation nationale a voté en faveur de la modification de la loi nᵒ 2009-22 du 3 janvier 2014 portant institution du Médiateur de la République.

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Au cœur de cette réforme législative se trouve un homme : Razacki Amouda Issifou. Déjà solidement installé dans le paysage institutionnel en tant que premier vice-président du Conseil économique et social (CES), ce haut fonctionnaire chevronné endosse désormais une seconde responsabilité stratégique en devenant officiellement le nouveau Médiateur de la République.

Le choix du cumul et de l’efficacité

Cette réforme, adoptée à une très large adhésion, bouscule l’architecture administrative traditionnelle en autorisant le cumul de ces deux fonctions de premier plan. Pour les partisans du texte au Palais des Gouverneurs, ce rapprochement entre le CES et le Médiateur de la République répond à un impératif d’efficacité et de rationalisation de l’action publique.

En effet, en associant la dimension économique et sociale du CES à la mission de médiation et de règlement des différends administratifs dévolue au Médiateur de la République, l’exécutif béninois mise sur une gouvernance plus fluide et davantage connectée aux réalités des citoyens. Razacki Amouda Issifou n’aura donc pas à choisir entre l’analyse des grandes orientations économiques et le traitement des doléances des administrés : il exercera ces deux responsabilités de manière concomitante.

L’art du consensus à la béninoise

Si le vote des 109 députés n’a guère surpris dans les couloirs du Parlement, c’est que le profil de Razacki Amouda Issifou dépasse les clivages politiques habituels. Homme de dossiers, réputé pour sa pondération et sa fine connaissance des rouages de l’État, il incarne cette figure de grand commis de l’administration capable de dialoguer avec l’ensemble des sensibilités de l’échiquier politique béninois.

Par ailleurs, sa nomination intervient dans un contexte où la République a plus que jamais besoin de figures de conciliation pour renforcer les relations entre l’administration publique et les citoyens. En prenant les fonctions de Médiateur de la République tout en conservant celles de premier vice-président du CES, Razacki Amouda Issifou s’affirme davantage comme l’un des pivots institutionnels de la gouvernance béninoise. Le chantier qui l’attend demeure considérable. Toutefois, le soutien unanime du Parlement lui confère, dès son entrée en fonction, une légitimité politique particulièrement forte.

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