Le procès de l’affaire Dangnivo a repris ce vendredi dans une atmosphère électrique. Entre témoins fugitifs et demande de comparution d’un ancien haut responsable sécuritaire, l’audience balance entre blocages techniques et révélations potentielles.
L’ombre de Pierre Urbain Dangnivo plane toujours sur le tribunal, seize ans après sa disparition mystérieuse. Ce vendredi 26 juin 2026 matin, l’enceinte judiciaire s’est replongée dans les méandres d’un dossier qui continue de tenir le Bénin en haleine. Mais alors que la cour espérait avancer sur le fond, ce sont les questions de procédure et la traque des témoins clés qui ont d’emblée crispé les débats.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Témoins introuvables et géolocalisés à l’étranger
Il est un peu moins de 10 heures lorsque le président du tribunal ouvre la session. Le magistrat rappelle immédiatement le motif de la précédente suspension : la cour attendait la comparution de deux témoins cruciaux. Le premier est Micheline Houndégla, une femme identifiée comme ayant été en contact téléphonique régulier avec « Alofa » — le principal suspect — à l’époque des faits. Le second est M’po Kouagou, inspecteur de police de deuxième classe, en poste au commissariat de Godomey au moment du drame.
La réponse du ministère public ne tarde pas, mais elle sonne comme un aveu d’impuissance logistique. À 10 h 01, le procureur de la République prend la parole : les deux témoins ont quitté le territoire national. Le parquet tente néanmoins de rassurer l’assistance en affirmant qu’ils ont été « géolocalisés » à l’étranger.
Cette annonce suscite immédiatement l’irritation de la partie civile. L’un des avocats de la famille Dangnivo se lève et exige des preuves tangibles de ces recherches infructueuses. « Ces éléments seront intégrés au dossier au fil de l’audience », rétorque le ministère public, tentant de couper court à l’incident de séance avant de réclamer, pour avancer, la comparution des membres de la famille de la victime. Problème : la salle est à moitié vide, les proches ne sont pas encore arrivés. Face à ce flottement, le président suspend l’audience pour trente minutes.
Le spectre des « secrets » de l’ex-DG de la police
Il faudra finalement attendre 11 h 23 pour que les suspensions de séance prennent fin. À la reprise, Me Olga Anassidé, conseil de la partie civile, confirme que deux membres de la famille Dangnivo ont enfin pris place dans la salle.
Toutefois, le véritable coup de tonnerre de la matinée survient trois minutes plus tard. À 11 h 26, Me Anassidé jette un pavé dans la mare judiciaire en demandant formellement la comparution à la barre de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon. L’argumentaire de l’avocate est percutant : ce haut gradé a publiquement affirmé, par le passé, détenir des informations capitales sur les dessous de cette affaire d’État.
Alors que le procès se poursuit et que le tribunal doit encore examiner le bien-fondé de cette demande de comparution, une question brûle toutes les lèvres dans les travées du tribunal : la justice osera-t-elle faire témoigner l’ancien patron de la police pour lever le voile sur l’une des plus grandes énigmes criminelles et politiques du pays ? Les prochaines heures s’annoncent décisives.
À suivre …



