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Bénin : 5 ans requis contre le commissaire Kindjanhoundé

Vêtu d’un gilet de détenu par-dessus sa tenue traditionnelle, le commissaire Landry Kindjanhoundé présentait un visage grave ce lundi 26…

Vêtu d’un gilet de détenu par-dessus sa tenue traditionnelle, le commissaire Landry Kindjanhoundé présentait un visage grave ce lundi 26 octobre 2026 dans la salle d’audience de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Cotonou. Autrefois déployé en première ligne contre le djihadisme dans le septentrion béninois, l’officier supérieur affronte désormais la rigueur de l’appareil judiciaire. Le ministère public exige à son encontre cinq années de réclusion ferme ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA, l’accusant d’avoir ébranlé la sûreté nationale au lendemain de la tentative de putsch du 7 décembre 2025.

Un enregistrement vidéo au cœur de la tempête sécuritaire

L’accusation fonde l’essentiel de son réquisitoire sur une séquence vidéo diffusée le 8 décembre 2025 sur les réseaux sociaux. Revêtu de son uniforme réglementaire, l’officier y tenait des propos que le parquet qualifie d’incitation manifeste à la rébellion et d’apologie de crime contre l’État. Pour les magistrats, cette prise de parole publique représentait une menace pour la stabilité des institutions dans un climat post-insurrectionnel très tendu. Le ministère public associe également à ce dossier la découverte d’une arme à feu non immatriculée au domicile du policier, estimant que son statut professionnel ne justifiait aucunement la détention d’un tel matériel en dehors des enceintes officielles.

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Le portrait d’un vétéran brisé par le front nord

À l’opposé du profil d’un conspirateur politique, Me Julien Togbadja a dépeint le parcours d’un serviteur de l’État profondément éprouvé par la dureté des engagements opérationnels. La défense a mis en avant la vulnérabilité matérielle d’un fonctionnaire dépourvu de véhicule personnel et ne disposant que de ressources dérisoires. Selon son conseil, l’initiative numérique découlait d’un devoir de mémoire envers ses compagnons d’armes tombés au combat contre les groupes armés, et non d’une démarche subversive. Concernant l’arme saisie, l’avocat a précisé qu’il s’agissait d’un objet artisanal issu d’une enquête, conservé temporairement au domicile de l’officier en l’absence de bureau attribué, invitant ainsi les juges à tenir compte des traumatismes psychologiques contractés au front.

Une sentence suspendue face aux fêlures du pouvoir

En fixant le délibéré au 14 décembre 2026, la CRIET réserve sa décision dans une affaire qui cristallise les arbitrages complexes entre l’autorité de l’État et la prise en compte du désarroi des troupes. Ce procès met en lumière les tensions psychologiques subies par les forces armées béninoises engagées dans la lutte anti-terroriste aux frontières septentrionales. Au-delà du cas individuel du commissaire Kindjanhoundé, la décision à venir mesurera la fermeté des institutions face aux écarts disciplinaires commis dans le sillage des crises politiques.

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