La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné Rémi Bento à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre atroce de Maryline Ajavon.
L’épilogue judiciaire est à la mesure de l’effroi qu’avait suscité le crime. Mardi 28 avril, la salle d’audience de la CRIET s’est figée au moment où est tombée la sentence la plus lourde de l’arsenal pénal béninois : la réclusion criminelle à perpétuité. La juridiction a reconnu coupable Rémi Bento, garagiste dont le nom restera associé à l’un des drames les plus sordides de l’année 2026, pour l’assassinat de Maryline Ajavon.
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Une enquête rapide et accablante
Tout commence le 8 janvier dernier. Maryline Ajavon, sage-femme dévouée de l’hôpital de zone de Suru-Léré, quitte son domicile pour ce qu’elle pense être un simple déjeuner. Elle ne franchira plus jamais son seuil. Quelques heures plus tard, les habitants d’Avlékété découvrent son corps, macabrement ligoté et calciné dans son propre véhicule. Une scène atroce qui choque l’opinion publique et soulève une vague d’indignation nationale.
« Au-delà de la sanction pénale, c’est le message de la tolérance zéro face à la barbarie que la justice a voulu envoyer aujourd’hui », commente un observateur du milieu judiciaire à Cotonou.
L’enquête, menée tambour battant, a rapidement confondu Rémi Bento. Les preuves matérielles étaient, selon l’accusation, « accablantes ». Des brûlures suspectes relevées sur son corps, incompatibles avec son activité professionnelle habituelle, ainsi que des témoignages concordants, ont orienté les soupçons vers lui et scellé son destin devant la juridiction spéciale. Durant le procès, la cruauté des faits et la préméditation ont écarté toute circonstance atténuante.
Le souvenir d’une femme engagée
Mais derrière le verdict se dessine le portrait d’une femme dont la disparition laisse un vide immense. Maryline Ajavon incarnait bien plus qu’une professionnelle de santé respectée ; elle s’affirmait aussi comme une figure de l’entrepreneuriat local avec son restaurant « LyLy Grill » à Fidjrossè. Cette double identité — soignante et entrepreneure — avait fait d’elle une personnalité appréciée, rendant le crime encore plus insupportable pour l’opinion publique.
Pour la famille de la victime, ce verdict représente une forme de soulagement, même si la douleur demeure intacte. S’il apporte un semblant de clôture, il relance au Bénin le débat sur la protection des femmes et la sécurité face aux violences extrêmes. Pour la CRIET, habituée aux dossiers financiers et terroristes, cette affaire rappelle que sa compétence s’étend aussi aux crimes qui heurtent le cœur même du pacte social béninois.



