Face aux interrogations des populations sur les réformes en cours, le gouvernement béninois a choisi d’aller au contact des citoyens. À Cotonou, une délégation du Collège des ministres conseillers a présenté plusieurs mesures sociales phares, de la santé à l’éducation, en passant par l’agriculture et le soutien aux commerçants. Une démarche qui s’inscrit dans une stratégie assumée de pédagogie autour des politiques publiques.
Jeudi 16 juillet 2026, cette vaste campagne d’explication a fait étape dans le département du Littoral. La salle de conférence de la mairie de Cotonou a ainsi accueilli une rencontre d’envergure entre la délégation gouvernementale, actuellement en tournée nationale de sensibilisation, et les acteurs locaux.
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Devant une salle comble — composée d’élus, de chefs de quartiers et de représentants de la société civile —, les émissaires de l’exécutif ont joué la carte de la proximité. L’exercice a rapidement pris des allures de grand oral, la délégation s’efforçant de lever les doutes, d’expliquer les récentes décisions sociales et d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations directes de l’assistance.
Santé : la prise en charge des urgences au cœur des priorités
Lors des échanges, les représentants du gouvernement ont particulièrement insisté sur les mesures destinées à améliorer l’accès aux soins.
Ils ont rappelé qu’une enveloppe d’un milliard de francs CFA a été mobilisée pour constituer des stocks d’intrants dans les hôpitaux publics. Cette dotation accompagne une réforme majeure : la prise en charge immédiate des urgences vitales dans les établissements publics de santé ainsi que dans les hôpitaux confessionnels partenaires, sans que les hôpitaux n’exigent de paiement préalable des patients.
Autre décision mise en avant, l’interdiction de l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation du pesticide Sniper, une mesure présentée comme une réponse aux préoccupations liées à la protection de la santé publique.
L’éducation a également occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont été informés de la suppression, dès la rentrée scolaire 2026-2027, des contributions scolaires pour les filles inscrites au second cycle de l’enseignement secondaire, de la classe de Seconde à la Terminale.
Selon les autorités, cette mesure vise à lever les obstacles financiers susceptibles de freiner la poursuite de la scolarisation des jeunes filles et à renforcer leur maintien dans le système éducatif.
Sur le plan économique, les échanges ont porté sur les dispositions prises en faveur des commerçants installés dans les nouveaux marchés modernes. Le gouvernement entend alléger certaines charges afin de soutenir leurs activités et de contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat.
Dans le secteur agricole, les représentants de l’État ont également annoncé l’octroi de primes exceptionnelles aux producteurs de coton, de cajou, de soja et de riz. Cette initiative s’inscrit dans une politique d’encouragement de la production nationale et de valorisation des performances agricoles.
Un exercice de dialogue direct avec les populations
Par ailleurs, cette étape de la tournée a donné lieu à un échange nourri entre les membres de la délégation gouvernementale et les participants.
Questions sur les modalités d’application des mesures, attentes des citoyens et préoccupations locales ont alimenté les débats, les représentants de l’État apportant des explications sur les différents dispositifs annoncés.
Cette approche, fondée sur le dialogue direct, traduit la volonté des autorités de renforcer la compréhension des politiques publiques et de favoriser une meilleure appropriation des réformes par les populations.
Présent à la rencontre, le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malè, a salué cette initiative de proximité. Il a réaffirmé la disponibilité de la préfecture à accompagner les actions engagées par le gouvernement et à servir d’interface entre l’administration et les citoyens.
À travers cette tournée nationale, l’exécutif entend installer un dialogue permanent avec les populations, convaincu que l’efficacité des réformes dépend aussi de leur compréhension et de leur appropriation par les bénéficiaires. Une stratégie qui fait désormais de la pédagogie de l’action publique un levier central de la gouvernance.
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