Abidjan, 15 juin 2026 — Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la stratégie de transformation numérique de la Côte d’Ivoire. En effet , le gouvernement ivoirien a donné son accord à Starlink Network CIV pour le déploiement de ses services d’internet fixe par satellite sur l’ensemble du territoire national. L’annonce, faite par le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Djibril Ouattara, lors de l’émission « Gouv’Talk », ouvre la voie à une commercialisation des offres dès juillet 2026.
Côte d’Ivoire : Starlink obtient le feu vert pour l’internet par satellite
avec cette décision, la Côte d’Ivoire devient l’un des nouveaux marchés africains conquis par l’opérateur satellitaire d’Elon Musk. Une arrivée particulièrement attendue dans les zones où les infrastructures terrestres peinent encore à garantir une connexion stable. À ce titre, villages isolés, établissements scolaires et centres de santé figurent parmi les premiers bénéficiaires visés par cette nouvelle technologie.
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Un cadre réglementaire strict : L’ARTCI impose une phase d’essai de 12 mois
Pour l’heure, l’autorisation accordée à Starlink reste provisoire. Le gouvernement a opté pour une phase d’essai de douze mois, matérialisée par un arrêté ministériel. Cette période cruciale permettra d’évaluer l’activité de l’opérateur avant la délivrance d’une licence définitive, dont le coût sera déterminé en fonction des revenus générés. Une approche qui vise également à préserver l’équilibre concurrentiel avec les acteurs déjà présents sur le marché ivoirien des télécommunications.
Sur le plan réglementaire, le dossier Starlink s’inscrit dans la continuité des dispositions prises depuis juillet 2025. L’Autorité de régulation des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) avait alors accordé une première autorisation provisoire, en attendant l’attribution d’une licence individuelle de catégorie C1C. Par ailleurs, l’opérateur devra se conformer aux obligations classiques, notamment en matière de redevances liées à l’utilisation des fréquences.
En outre, le dispositif technique retenu traduit également les préoccupations des autorités en matière de souveraineté numérique. Starlink exploitera les bandes de fréquences Ka et V à travers des systèmes radio à définition logicielle. Un mécanisme qui permettra à l’ARTCI d’assurer un contrôle permanent et, si nécessaire, de désactiver certaines fréquences à distance.
Réduction de la fracture numérique : Un enjeu de taille pour le pays
L’enjeu est considérable. À la fin de l’année 2025, le taux de pénétration de l’internet en Côte d’Ivoire était estimé à 40,7 %, laissant encore une partie importante de la population éloignée des services numériques. Dès lors, en misant sur la technologie satellitaire, les autorités espèrent réduire cette fracture et accélérer l’accès au numérique dans les régions les moins desservies.
Avec cette ouverture, la Côte d’Ivoire rejoint le Nigeria, le Rwanda, la Zambie, le Kenya et la République du Congo parmi les pays africains ayant autorisé l’exploitation des services de Starlink. La société américaine est désormais présente dans 27 pays du continent.
Après Starlink, la Côte d’Ivoire annonce le lancement officiel de la 5G
Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Profitant de cette annonce, le ministre Djibril Ouattara a confirmé le lancement de la 5G à partir de juillet 2026. Les villes de plus de 25 000 habitants seront les premières concernées, les opérateurs télécoms ayant déjà procédé aux adaptations nécessaires de leurs infrastructures.
À plus long terme, les autorités affichent des ambitions plus larges. L’extension du réseau GSM devrait toucher, dès l’année prochaine, 300 localités de plus de 800 habitants, tandis que le déploiement de la fibre optique se poursuit dans une quarantaine de villes. Déjà, les experts évaluent le taux de couverture du territoire en services internet, toutes technologies confondues, à près de 95 %.
En définitive, entre internet par satellite, fibre optique et 5G, la Côte d’Ivoire accélère ainsi sa mue numérique, avec l’objectif affiché de connecter davantage de citoyens et de réduire les disparités d’accès aux technologies sur l’ensemble du territoire.



