Le Bénin relance son transport universitaire avec une flotte de 63 bus neufs. Depuis lundi 21 septembre 2026, ces véhicules desservent quatre universités publiques et plusieurs localités du pays, avec l’objectif de réduire les difficultés de déplacement qui pèsent sur les étudiants.
Le dispositif a été officiellement lancé dimanche 20 septembre sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi, en présence de membres du gouvernement, de députés, de préfets, de maires et de représentants du secteur éducatif.
Le nouveau service concerne l’Université d’Abomey-Calavi, l’Université de Parakou, l’Université nationale d’Agriculture et l’Université nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques. La flotte doit couvrir 12 villes : Natitingou, Abomey, Abomey-Calavi, Adjarra, Cotonou, Dangbo, Dassa-Zoumè, Kétou, Lokossa, Parakou, Porto-Novo et Sakété.
La répartition prévoit 35 bus pour l’UAC, huit pour l’Université de Parakou, dix pour l’UNA et dix pour l’UNSTIM. Le réseau doit fonctionner sur plusieurs lignes, selon les besoins propres à chaque pôle universitaire. Cette organisation vise notamment les étudiants qui résident loin de leur campus. Elle doit leur permettre de rejoindre les amphithéâtres, les laboratoires et les autres espaces pédagogiques sans dépendre exclusivement des transports privés, souvent plus coûteux et moins réguliers.
Les départs s’échelonnent entre 6 h 30 et 19 h, selon les lignes et les réalités locales. Cette amplitude doit couvrir les principaux mouvements de la journée : arrivée des étudiants le matin, déplacements entre les sites universitaires et retour vers les villes de résidence en fin d’après-midi. Les autorités présentent cette relance comme une mesure sociale autant qu’éducative. En facilitant l’accès aux campus, le service peut contribuer à limiter les retards, les absences et la pression financière supportée par les familles.
Tarification et numérisation : Un ticket à 200 FCFA accessible par application et USSD
Le trajet coûte 200 francs CFA. Les étudiants peuvent acheter leur ticket sur la plateforme nationale des services universitaires, accessible à l’adresse. Les informations disponibles indiquent que l’achat repose sur l’identification de l’étudiant et peut s’effectuer par paiement électronique. Le gouvernement a prévu une solution pour les étudiants qui ne disposent ni d’un smartphone Android ni d’une connexion Internet. Ils peuvent composer le code USSD *611# depuis un téléphone classique, puis suivre les instructions affichées.
Cette procédure permet également de consulter les lignes disponibles, les points d’arrêt et le statut du ticket. Les usagers peuvent obtenir une assistance au 01 52 61 10 10.
Le dispositif ne se limite pas à l’acquisition de véhicules. Son fonctionnement mobilise 63 conducteurs et 63 superviseurs chargés d’assurer les rotations, le suivi des trajets et la coordination du service. Pour le gouvernement, cette organisation crée aussi des emplois tout en répondant à une préoccupation récurrente des étudiants. Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a appelé les bénéficiaires à respecter les équipements et les règles de fonctionnement.
La question de la maintenance sera déterminante pour la durée du programme. La régularité des lignes, l’entretien des véhicules et la clarté des horaires conditionneront la confiance des usagers.
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la Formation technique, Dr Sèdami Medegan Fagla, a présenté les bus comme un instrument de dignité et de sécurité pour les étudiants. Par ailleurs, les véhicules doivent accompagner une politique plus large d’amélioration des conditions de vie sur les campus. Les difficultés de transport peuvent en effet affecter la ponctualité, la fréquentation des cours et les dépenses quotidiennes des apprenants.
Le nouveau service représente ainsi un test pour l’action publique dans le domaine universitaire. Son succès dépendra de sa capacité à offrir des trajets réguliers, des arrêts accessibles et une procédure d’utilisation réellement adaptée à tous les étudiants. Avec 63 bus répartis dans 12 villes, le Bénin engage une nouvelle étape de sa politique de transport universitaire. Le gouvernement mise désormais sur la discipline des usagers, le suivi des opérateurs et la continuité du service pour transformer cette promesse de rentrée en solution durable.
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