L’avenir industriel du Grand Nord béninois se dessine à Malanville. Ville carrefour par excellence, située aux frontières stratégiques du Niger et du Nigeria, la commune s’apprête à opérer un saut quantique sur les plans économique, social et environnemental.
Le 29 juin 2026, le maire de la commune, Kassimou Labo Goumbi, a visité le site qui accueillera deux infrastructures majeures portées par le géant panafricain ETG (Export Trading Group) : une usine moderne de recyclage de déchets plastiques et une rizerie industrielle aux dimensions titanesques.
Transformer le péril plastique en opportunité locale
Le premier volet de cette implantation industrielle s’attaque à l’un des fléaux environnementaux les plus tenaces de la région : la prolifération des déchets plastiques. En s’installant à Malanville, la société ETG n’implante pas seulement une usine de recyclage ; elle jette également les bases d’une véritable économie circulaire dans le septentrion.
Ainsi, les sachets, bidons et emballages abandonnés, qui polluent les sols agricoles et menacent le lit du fleuve Niger tout proche, seront désormais collectés, triés et transformés. Au-delà de l’évident bénéfice écologique, ce projet s’annonce comme un puissant moteur de développement social. En effet, son modèle repose sur la création d’un vaste réseau local de collecte, promettant de générer des centaines d’emplois indirects ainsi que de nouvelles sources de revenus, en particulier pour les groupements de femmes et de jeunes de la commune.
Une rizerie géante pour conquérir l’autosuffisance
Le second pilier de ce complexe industriel relève de la souveraineté alimentaire nationale. En phase finale de construction, une rizerie industrielle d’une capacité hors norme de 60 tonnes par heure s’apprête à entrer en service. Un colosse qui positionne d’emblée Malanville comme l’un des plus grands hubs de transformation de céréales en Afrique de l’Ouest.
Si Malanville s’est toujours imposée comme le premier grenier rizicole du Bénin grâce aux terres fertiles de sa vallée, la commune souffrait historiquement d’un déficit d’outils industriels pour valoriser sa production. Désormais, en permettant de blanchir, calibrer et conditionner le riz local selon les meilleurs standards internationaux, cette usine vient corriger cette anomalie structurelle.
Par conséquent, elle permettra de sécuriser les revenus des riziculteurs locaux en absorbant massivement leurs récoltes, tout en réduisant la dépendance du Bénin et de la sous-région vis-à-vis des importations en provenance d’Asie.
Lors de son inspection des lieux, le maire Kassimou Labo Goumbi a chaleureusement salué cet investissement privé à fort impact. Pour la municipalité, l’enjeu est double : offrir des perspectives d’avenir concrètes à la jeunesse locale afin de freiner l’exode, tout en élargissant l’assiette fiscale de la commune grâce aux futures taxes industrielles.
Par ailleurs, en facilitant les démarches foncières et logistiques nécessaires à cette phase terminale des travaux, la mairie de Malanville démontre que le développement des territoires se construit désormais au cœur d’un partenariat public-privé audacieux.
Le rendez-vous est désormais pris pour l’inauguration de ces infrastructures, qui marquera le début d’une nouvelle ère pour l’agro-industrie béninoise.
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