Bénin : Le séisme Houndété, de l’opposition radicale au « Pacte Républicain »

C’est un tournant majeur dans la course à la Marina. Ce jeudi 26 mars 2026, à la salle Majestic de…

C’est un tournant majeur dans la course à la Marina. Ce jeudi 26 mars 2026, à la salle Majestic de Cotonou, Éric Houndété a brisé les codes de la politique béninoise. Le premier vice-président du parti « Les Démocrates » a officialisé son ralliement au duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata. Un choix qu’il place sous le signe de l’unité nationale, mais qui ressemble fort à un repositionnement à l’aube de l’examen du 12 avril.

Dans une salle comble où se mêlaient soutanes, boubous et écharpes de députés, l’ambiance était électrique. Éric Houndété, longtemps considéré comme l’un des critiques les plus acerbes du pouvoir en place, a franchi le Rubicon. En paraphant le « Pacte républicain », il devient le fer de lance d’une coalition hétéroclite composée d’anciens lieutenants de l’opposition et de figures de la société civile.

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Éric Houndété
© Éric Houndété

Le « moment de vérité » : la foi au service du rallye

Pour justifier ce virage à 180 degrés, l’homme politique a troqué le discours partisan pour un plaidoyer humaniste. S’appuyant tour à tour sur les Écritures saintes et le Coran, l’ancien opposant a martelé son refus de se détourner de « l’humain ».

« Voici venu le moment de vérité », a-t-il lancé, appelant les fils et filles du Bénin à une réconciliation autour du projet de société du duo porté par la mouvance.

 

Un rassemblement sous conditions ?

Toutefois, ce soutien n’est pas un chèque en blanc. Derrière les sourires de façade, Éric Houndété a tenu à marquer son territoire. Le signal est clair : il attend du duo Wadagni–Talata une gouvernance ouverte à la contradiction.

« La critique de l’action publique doit rester un mirador essentiel », a-t-il prévenu, menaçant de redevenir opposant si la voix du peuple venait à être étouffée. Ce soutien dépasse donc le seul cadre d’une alliance électorale ; il se veut une mise à l’épreuve de la future gouvernance.

Éric Houndété
© Éric Houndété

Le social comme dénominateur commun

Pourquoi Wadagni ? Pour les membres du « Pacte républicain », la réponse tient en un mot : pragmatisme. La coalition met en avant les promesses du candidat en matière de protection sociale, de santé et d’éducation. Pour Ilalou Atikou, l’un des piliers du mouvement, il est temps de troquer les « postures stériles » contre une « responsabilité constructive ».

À moins de trois semaines de l’examen, ce ralliement de poids change la donne. En mobilisant les forces des 12 départements, le duo Wadagni–Talata s’offre une caution de pluralisme inattendue. Reste à savoir comment la base électorale de l’opposition accueillera ce saut spectaculaire d’un de ses dirigeants historiques.

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