SIMA 2026 au Bénin : Enjeux et perspectives du marché musical

COTONOU, 17 septembre 2026 — La troisième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) se tiendra du 12…

COTONOU, 17 septembre 2026 — La troisième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) se tiendra du 12 au 13 novembre 2026 dans la capitale économique béninoise. Cette nouvelle édition entend dépasser le cadre ordinaire du rendez-vous musical pour interroger la place de la création africaine dans l’économie, la diplomatie culturelle et les rapports d’influence à l’échelle mondiale.

Après une précédente édition qui avait réuni plus de 6 700 participants, dont plus de 3 000 professionnels, le SIMA revient au Bénin avec une programmation davantage tournée vers les mutations de l’industrie musicale et les opportunités qu’elles offrent aux créateurs africains. Le thème retenu, « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence », traduit cette volonté de faire évoluer le regard porté sur un secteur dont la portée dépasse désormais largement le seul divertissement.

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Quand la musique devient un levier d’influence

Pendant deux jours, artistes, producteurs, investisseurs, institutions, professionnels de la culture et acteurs internationaux confronteront leurs expériences autour des transformations qui redessinent l’industrie musicale. L’objectif affiché consiste à mieux convertir la visibilité croissante des artistes africains en retombées économiques concrètes. Le SIMA veut notamment favoriser les connexions entre créateurs, marchés, investisseurs et institutions afin d’améliorer la diffusion, la monétisation et l’exportation des productions africaines.

Cette ambition s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor des industries culturelles et créatives sur le continent. Selon les organisateurs, l’économie créative africaine pourrait contribuer à générer jusqu’à 20 millions d’emplois à l’horizon 2030. Dans cette perspective, la musique apparaît comme un espace à la fois artistique, économique et stratégique.

Le Bénin au centre d’un réseau panafricain

Pour la deuxième fois consécutive, le Bénin accueillera le SIMA. Les organisateurs présentent ce choix comme le prolongement de la dynamique engagée par le pays pour renforcer la place des industries culturelles et créatives dans son développement et accroître son rayonnement à l’international.

La manifestation bénéficie du soutien de plusieurs partenaires institutionnels et privés, parmi lesquels le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine du Bénin, le ministère du Tourisme et du Commerce extérieur du Bénin, l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, la Fondation BOAD, ainsi que la SACEM, Sony Music et Warner Music Africa.

Co-fondé en 2022 par l’entrepreneur culturel Mamby Diomandé et l’artiste-producteur Pit Baccardi, le SIMA veut ainsi consolider son rôle de plateforme de connexion entre les différents marchés de la création africaine et leurs partenaires internationaux.

Trois priorités pour structurer le marché

La programmation de 2026 s’articulera autour de trois perspectives fondamentales. La première concerne la compétitivité et l’internationalisation des acteurs de la musique. Le salon entend favoriser une meilleure préparation des professionnels aux exigences des marchés internationaux et renforcer les conditions d’exportation des talents africains.

Le deuxième axe mise sur la coopération entre les différents secteurs créatifs. Musique, mode, cinéma, tourisme et sport seront appelés à multiplier les passerelles afin de créer de nouveaux modèles économiques et de diversifier les sources de revenus. Le troisième volet portera sur les politiques publiques, la propriété intellectuelle et la régulation. Les échanges devront notamment alimenter des réflexions sur la protection des créateurs et les mécanismes permettant aux acteurs africains de mieux récupérer la valeur générée par leurs œuvres.

L’intelligence artificielle au cœur des mutations

Le développement du numérique transforme profondément les méthodes de création, de production et de diffusion de la musique. Le SIMA 2026 entend consacrer une place importante à ces mutations, avec des échanges sur l’intelligence artificielle, les droits d’auteur, la mobilité des artistes, le financement et les nouveaux marchés.

Cette évolution pose de nouvelles questions aux professionnels : comment protéger les œuvres dans un environnement numérique en constante évolution ? Comment mieux rémunérer les créateurs ? Et surtout, comment permettre aux artistes africains de tirer pleinement profit d’un marché mondial de plus en plus connecté ? Le salon veut apporter des éléments de réponse en réunissant autour d’une même table les différents maillons de la chaîne musicale.

Une résidence pour créer au-delà des frontières

Le SIMA ne limitera pas ses activités aux conférences et aux rencontres professionnelles. Du 7 au 11 novembre, le SIMA Lab. Music réunira artistes et beatmakers africains dans le cadre d’une résidence destinée à produire un EP collaboratif. Le projet prévoit une distribution potentielle par une major internationale, donnant ainsi à cette résidence une dimension à la fois artistique et professionnelle.

Les 12 et 13 novembre, les journées professionnelles et les panels prendront le relais avec des discussions consacrées aux enjeux majeurs de l’industrie musicale contemporaine.La programmation accordera également une place à la relation entre football et musique, deux secteurs dont l’impact sur l’image et l’influence du continent ne cessent de progresser.

Les nouveaux talents sous les projecteurs

Le Makaya, espace consacré à la découverte, permettra par ailleurs à de jeunes artistes de plusieurs pays africains de se produire devant le public et les professionnels. Des talents venus notamment du Togo, du Kenya et de Madagascar seront mis en avant, offrant à la relève une occasion de rencontrer d’autres acteurs de l’industrie et d’élargir ses perspectives. Le programme comprendra également la remise du Prix Hamed Bakayoko, une distinction honorifique destinée à saluer l’engagement d’un mécène en faveur du développement des industries culturelles et créatives africaines.

La culture comme prolongement du rendez-vous professionnel

Le SIMA poursuivra son programme le 14 novembre avec un circuit touristique organisé en collaboration avec Bénin Tourisme. Artistes, professionnels et invités internationaux pourront découvrir plusieurs sites emblématiques du pays. Cette séquence entend prolonger les échanges dans un cadre différent et mettre en valeur le patrimoine culturel et touristique béninois auprès des participants venus d’Afrique et d’ailleurs.

À travers cette troisième édition, le SIMA veut ainsi installer la musique au croisement de plusieurs enjeux : création artistique, développement économique, innovation technologique, coopération culturelle et influence internationale. À Cotonou, les organisateurs ambitionnent surtout de faire émerger des connexions capables de transformer le succès grandissant de la musique africaine en opportunités durables pour les artistes, les entreprises culturelles et l’ensemble de l’écosystème créatif du continent.

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