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Bénin : 28 milliards de FCFA investis pour le complexe agro-industriel d’Ehua Industries à la GDIZ

COTONOU, 8 septembre 2026 — À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa…

COTONOU, 8 septembre 2026 — À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources agricoles. Ehua Industries a officiellement inauguré, vendredi 4 septembre, un complexe agro-industriel construit sur huit hectares et présenté comme un maillon destiné à renforcer les liens entre agriculture, élevage et industrie. Selon sa promotrice, Anick Achi Magne, plus de 28 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour réaliser l’infrastructure.

L’enjeu dépasse ainsi l’ouverture d’une nouvelle unité industrielle. Le projet vise à organiser autour d’un même outil plusieurs étapes de la chaîne de valeur, depuis l’approvisionnement en matières premières jusqu’à la fabrication d’intrants destinés aux filières animales.

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Transformer davantage au lieu d’importer

Le choix des activités traduit cette orientation. Ehua Industries veut valoriser plusieurs productions et sous-produits disponibles dans le pays, notamment le maïs, le soja, le son de riz, le son de maïs, les tourteaux de coton, l’huile de palme et certains dérivés de l’anacarde.

L’entreprise prévoit ainsi de fabriquer des aliments destinés à l’élevage et à l’aviculture. Pour les autorités comme pour les responsables du projet, cette production locale doit permettre de mieux approvisionner les exploitants, de réduire certaines dépendances extérieures et de conserver une part plus importante de la valeur créée dans l’économie béninoise.

Christian Assossou, président du conseil d’administration d’Ehua Industries, a résumé cette ambition en évoquant le choix de produire au Bénin, à l’échelle industrielle, des biens jusque-là achetés à l’extérieur.

Un outil industriel calibré pour les filières agricoles

Le complexe dispose d’importantes capacités de traitement et de stockage. Ses installations peuvent nettoyer et sécher plus de 30 tonnes de maïs et de soja par heure, tandis que les silos offrent une capacité supérieure à 20 000 tonnes.

L’unité prévoit également une trituration de soja pouvant atteindre 300 tonnes par jour. À terme, l’entreprise annonce une capacité de transformation de 100 000 tonnes de graines en huile brute et en tourteaux. La production d’aliments complets pour animaux devrait, quant à elle, atteindre 180 000 tonnes par an.

Ces volumes doivent permettre à Ehua Industries de jouer un rôle central dans l’approvisionnement des élevages. Ils peuvent également créer des débouchés plus réguliers pour les producteurs qui alimentent la chaîne industrielle en maïs, soja, coton et autres matières premières.

La GDIZ cherche à rapprocher agriculture et industrie

L’implantation du complexe répond aussi à la logique défendue par la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI Bénin), gestionnaire de la GDIZ. Selon son directeur général, Létondji Beheton, la zone doit favoriser la proximité entre les ressources disponibles et les unités capables de les transformer.

Ehua Industries s’inscrit précisément dans cette dynamique. En réunissant plusieurs activités complémentaires, l’entreprise entend créer davantage de connexions entre producteurs agricoles, industriels et acteurs de l’élevage.

Cette intégration peut aussi renforcer les autres maillons de l’écosystème : transport, stockage, logistique, distribution et services techniques.

Un investissement qui a résisté aux contraintes

La concrétisation du projet a néanmoins nécessité plusieurs années de préparation. Anick Achi Magne a évoqué les difficultés rencontrées pour mobiliser les financements, les ajustements apportés au modèle économique ainsi que les contraintes apparues pendant la réalisation du chantier.

L’acheminement des équipements, les opérations de calibrage industriel et certaines procédures administratives ont notamment pesé sur le calendrier. Malgré ces obstacles, le projet a finalement pris forme après plus de trois années de conception et de travaux.

Son financement a mobilisé plusieurs partenaires, parmi lesquels la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), NSIA Banque Bénin, la Banque nationale d’investissement de Côte d’Ivoire (BNI Côte d’Ivoire) et Sud Capital SA.

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L’emploi comme autre indicateur de performance

L’impact attendu ne se limite pas aux volumes industriels. Plus de 1 600 ingénieurs, techniciens, conducteurs de travaux, administratifs et ouvriers ont participé à la construction du complexe.

La promotrice table désormais sur la création d’emplois directs qualifiés et sur plusieurs milliers d’emplois indirects. Les retombées pourraient concerner notamment les activités de transport, de manutention, de distribution et d’approvisionnement.

Le ministre du Tourisme et des Affaires étrangères, chargé de l’Industrie et de la Promotion des investissements privés, Olushegun Bakari, a présenté l’investissement comme un signal important pour le développement industriel. Il a également insisté sur la trajectoire de la promotrice, entrepreneure béninoise originaire de Savè, dans un contexte où le gouvernement souhaite encourager davantage l’entrepreneuriat féminin.

Le véritable test commence avec la production

L’inauguration marque désormais le passage du chantier à l’exploitation. Avant le démarrage commercial à pleine capacité, l’entreprise doit procéder à des tests à vide et vérifier le fonctionnement de ses différentes installations.

Cette phase sera décisive. La réussite du projet dépendra non seulement des capacités installées, mais aussi de la régularité de l’approvisionnement, de la compétitivité des produits et de la capacité de l’entreprise à s’intégrer durablement aux chaînes agricoles et d’élevage.

À la GDIZ, Ehua Industries mise donc sur un modèle d’intégration qui combine transformation agricole, production d’aliments pour animaux, création d’emplois et substitution à certaines importations. Après l’investissement, le prochain défi sera de convertir ces capacités industrielles en volumes de production, en revenus pour les producteurs et en gains durables pour l’économie béninoise.

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