Les réseaux sociaux africains sont-ils devenus des zones de non-droit ou le nouveau terrain d’une guérilla judiciaire internationale ?
C’est la question qui brûle les lèvres après la double offensive judiciaire lancée par l’homme politique Bertin Koovi. Ce dernier a décidé de porter ses différends avec l’activiste Habib Ahandessi devant deux juridictions distantes de plusieurs milliers de kilomètres : le parquet français et la redoutable Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Porto-Novo.
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Cette double saisine illustre un phénomène grandissant : la fin de l’impunité pour les influenceurs et activistes de la diaspora qui pensent que la distance géographique les protège des lois de leur pays d’origine.
Une affiche arrachée, un « direct » TikTok qui dérape
L’étincelle à l’origine de cet imbroglio politico-numérique semble presque dérisoire, avant de prendre des proportions étatiques. Tout commence lorsque Bertin Koovi décide de retirer de l’espace public une affiche qu’il juge injurieuse et portant gravement atteinte à l’image de la République du Bénin. Un acte de salubrité républicaine pour les uns, une provocation pour les autres, qui enflamme immédiatement la toile béninoise.
Très vite, la réplique ne se fait pas attendre. Lors d’un « direct » sur la plateforme TikTok, le 28 juin 2026, Habib Ahandessi, un citoyen béninois résidant en France, s’en prend violemment à Bertin Koovi. Toutefois, selon les conseils de ce dernier, les limites de la simple liberté d’expression auraient été largement franchies. La plainte évoque des « appels à la violence » directs et caractérisés, proférés devant des milliers de spectateurs connectés.
L’axe judiciaire Paris – Porto-Novo
La singularité de la riposte de Bertin Koovi réside dans sa stratégie de « tenaille » juridique :
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Le volet français : visant directement Habib Ahandessi sur son lieu de résidence, cette plainte active les dispositions du Code pénal français relatives aux menaces de violences commises par voie numérique.
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Le volet béninois : en saisissant le procureur spécial de la CRIET, juridiction ultra-spécialisée et réputée pour sa fermeté face aux infractions cybernétiques, Bertin Koovi s’assure que l’affaire reste inscrite à l’agenda judiciaire national.
Par ailleurs, la CRIET a officiellement reçu une copie certifiée des démarches engagées en France, preuve de la technicité de la procédure. L’objectif affiché est de faciliter l’entraide judiciaire entre Paris et Cotonou, notamment en vue d’un éventuel échange de preuves ou de l’exécution de commissions rogatoires internationales.
Alors que les parquets analysent le dossier, cette affaire s’annonce déjà comme un cas d’école. Elle rappelle également aux créateurs de contenu que l’espace virtuel n’échappe pas au droit et qu’un smartphone utilisé depuis l’Europe ne constitue plus un bouclier suffisant contre d’éventuelles poursuites engagées par la justice béninoise.




