Economie




Cotonou accueille une réflexion majeure pour faire des MPME le moteur de la transformation économique régionale

Cinq jours de travaux parlementaires s’ouvrent à l’hôtel Azalaï pour arrimer les micro, petites et moyennes entreprises ouest-africaines aux chaînes…

Cinq jours de travaux parlementaires s’ouvrent à l’hôtel Azalaï pour arrimer les micro, petites et moyennes entreprises ouest-africaines aux chaînes de valeur régionales et à la ZLECAF, entre appel à la souveraineté économique et mobilisation gouvernementale béninoise.

 

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Placer l’humain et l’initiative privée au centre de la construction communautaire : c’est le message qu’a martelé, ce lundi, le Professeur Mahougnon Kakpo à l’ouverture de la réunion délocalisée de la commission mixte du Parlement de la CEDEAO. Représentant le président de l’Assemblée nationale du Bénin, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, le deuxième vice-président du parlement béninois a ainsi posé un diagnostic sans concession sur l’état de l’écosystème entrepreneurial régional.

Qualifiant les micro, petites et moyennes entreprises de véritable colonne vertébrale des économies ouest-africaines, l’universitaire et parlementaire a notamment appelé à une transformation radicale du cadre qui les entoure. Pour lui, la souveraineté économique de l’espace communautaire dépendra en effet directement de la capacité des législateurs à lever les pesanteurs réglementaires et à offrir un environnement résolument incitatif à ces entreprises, principales pourvoyeuses d’emplois pour les jeunes et les femmes de la sous-région.

Les MPME constituent la colonne vertébrale des économies ouest-africaines.” – Pr Mahougnon Kakpo, 2ᵉ vice-président du Parlement béninois

 

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Intégration des MPME dans la ZLECAF : Le Parlement de la CEDEAO passe à l’action à Cotonou

 

Cette prise de parole a dès lors donné le ton d’un séminaire parlementaire de cinq jours consacré à un thème stratégique : renforcer le rôle des MPME comme moteurs formels des chaînes de valeur régionales de la CEDEAO. L’enjeu dépasse le simple constat économique. Il s’agit en réalité d’aménager un cadre concret permettant à ces entreprises de sortir de l’informalité et de s’insérer pleinement dans les opportunités ouvertes par la Zone de libre-échange continentale africaine. Pour le représentant du président Djogbénou, la diplomatie parlementaire ne doit plus se limiter au vote des lois, mais s’étendre à un contrôle rigoureux de l’action publique, garantissant que les réformes profitent directement aux populations.

Le contexte : pourquoi la ZLECAF change la donne

La Zone de libre-échange continentale africaine vise à créer un marché unique de biens et de services à l’échelle du continent. Cependant, pour les MPME ouest-africaines, largement informelles, son plein effet suppose au préalable une mise à niveau réglementaire et un accès facilité au financement — les deux chantiers au cœur des travaux de Cotonou.

Une mobilisation gouvernementale à l’unisson

Parallèlement, la mobilisation des autorités du pays hôte a illustré cette volonté de passer aux actes. Côté gouvernemental, la ministre des PME, Awaou Baco, a détaillé la stratégie béninoise, laquelle repose sur un accompagnement structuré des entreprises via l’Agence de développement des PME. L’alignement entre les réalités du marché et la formation technique a par ailleurs été mis en lumière par la présence remarquée de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la Formation technique, Sèdami Mèdégan Fagla — signal d’une transformation industrielle sous-régionale qui exige désormais une vision transversale, mêlant éducation, financement et compétitivité commerciale.

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© Assemblée Nationale du Bénin

Barrières commerciales et financement au cœur des débats

Sur le terrain des échanges transfrontaliers, les députés communautaires entendent en outre abattre les barrières non tarifaires et faciliter le transfert de technologies nécessaires à la transformation locale des ressources brutes. Qu’il s’agisse de produits agricoles ou miniers, la création de valeur ajoutée sur le sol ouest-africain apparaît en effet comme la seule voie pour bâtir des chaînes de valeur régionales véritablement résilientes.

Dans cette même perspective, les échanges s’orientent également vers des mécanismes financiers innovants, au premier rang desquels la mise en place de fonds de garantie adaptés pour soutenir les femmes entrepreneures et lutter contre les difficultés persistantes d’accès au crédit bancaire traditionnel.

Des résolutions attendues d’ici le 31 juillet

C’est sur ces orientations ambitieuses que la cérémonie d’ouverture a été officiellement lancée par l’honorable Adjaratou Traoré, deuxième vice-présidente du Parlement de la CEDEAO, représentant la présidente de l’institution, Hadja Memounatou Ibrahima. Déclarant les travaux ouverts au nom de la présidence du Parlement communautaire, elle a enfin appelé les participants à des résolutions fermes et immédiatement opérationnelles, à rendre d’ici la clôture des travaux, fixée au 31 juillet.

 

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