COTONOU, 23 mars 2026 – Au terme d’un marathon nocturne de 48 heures, le principal parti d’opposition béninois a tranché : Nourénou Atchadé prend les rênes. Mais derrière cette nomination de « transition », les fissures au sein de la formation de Boni Yayi n’ont jamais été aussi visibles.
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Une maison fermée sous haute tension
Ce n’était pas une simple formalité. Réunis en Conseil national entre le 22 et le 23 mars 2026, les cadres du parti Les Démocrates ont pris en charge une décision dans la douleur. Si la fumée blanche a fini par s’échapper aux premières lueurs de l’aube ce lundi aux environs de 6 heures, elle porte en elle les stigmates de vifs échanges électriques.
Jusqu’ici deuxième vice-président, Nourénou Atchadé hérite d’un fauteuil laissé vacant par la démission surprise de l’ancien chef d’État Boni Yayi le 3 mars dernier. Mais ce passage de témoin ne s’est pas fait dans l’unanimité.
Le divorce consommé avec Éric Houndété ?
L’image forte de ce sommet restera sans doute celle d’une chaise vide. Éric Houndété, premier vice-président et jusque-là président par intérim, aurait quitté la table avant le dénouement final. Selon plusieurs sources internes, un parti de la direction s’opposait frontalement au choix d’Atchadé.
Ce départ précipité du « premier de cordée » symbolise les divergences stratégiques qui secouent le parti. Pour Kamar Ouassagari, secrétaire administratif, il s’agit pourtant d’un choix pragmatique visant la « continuité opérationnelle ». Un argument qui peine à masquer une sourde bataille pour le leadership.
En ligne de mire : le congrès d’octobre 2026
La mission de Nourénou Atchadé est claire, mais périlleuse : stabiliser le navire jusqu’au congrès décisif d’octobre 2026 . En pleine préparation des prochaines échéances électorales, le nouveau président devra jouer les équilibristes pour réconcilier les courants internes et transformer ce climat de méfiance en dynamique de victoire.
Atchadé réussira-t-il à ramener le calme dans les rangs ou n’est-il que le gardien d’un temple en pleine mutation ? Les prochains mois seront cruciaux pour la survie de l’unité de l’opposition béninoise.



