Bénin : Les députés décryptent le budget 2027-2029 à Porto-Novo

Au lendemain du premier arbitrage budgétaire du nouveau septennat, l’Assemblée nationale béninoise s’est réunie en atelier à Porto-Novo. Objectif : décrypter le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 afin de mieux challenger l’exécutif lors du prochain Débat d’orientation budgétaire (DOB).

L’agenda parlementaire béninois s’accélère au Palais des Gouverneurs. Le lundi 22 juin 2026, les députés de la 10ᵉ législature ont troqué la solennité de l’hémicycle pour une session de travail technique de haut niveau. À l’initiative de la Commission des Finances et des Échanges, et avec l’appui de l’Unité d’analyse, de contrôle et d’évaluation du budget de l’État (UNACEB), la représentation nationale a ainsi entamé une phase d’appropriation des projections économiques pour la période 2027-2029.

Cet exercice de pédagogie financière ne doit rien au hasard. Il intervient, en effet, à peine soixante-douze heures après le vote historique de la loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce premier correctif budgétaire marque le véritable top départ des réformes institutionnelles et économiques impulsées par le gouvernement du nouveau président de la République, Romuald Wadagni.

Assemblée nationale du Bénin
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Anticiper la trajectoire financière à moyen terme

Pour le Parlement, l’enjeu est de taille : il s’agit de ne pas se laisser distancer par la technocratie gouvernementale. À cet égard, l’analyse du Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) doit permettre aux élus d’anticiper la trajectoire des finances publiques à moyen terme. Il s’agit de l’outil indispensable pour vérifier si la feuille de route du président Wadagni concilie rigueur macroéconomique et promesses de campagne.

« L’analyse minutieuse de ces documents stratégiques est une exigence démocratique autant qu’une responsabilité collective », a martelé Gérard Gbénonchi, président de la Commission des Finances et des Échanges (C2), lors de l’ouverture des travaux.

Dans la même veine, rappelant que la finalité de la technique budgétaire demeure sociale, il a insisté sur la nécessité de veiller à l’efficience de la dépense publique : « Chaque franc public doit générer un impact maximal dans les secteurs vitaux comme la santé, l’éducation et les infrastructures. »

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Quatre communications pour muscler le contrôle parlementaire

Sous l’impulsion du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, qui a validé la tenue de cet atelier dans des délais particulièrement contraints, les parlementaires ont eu droit à un programme intensif. Quatre communications majeures ont structuré la journée, permettant d’abord de dresser le bilan de la période 2023-2026 avant de se projeter sur les dépenses souveraines et sociales à l’horizon 2029.

Bien plus qu’une simple formalité administrative, ce séminaire dote les députés des arguments techniques nécessaires pour mener le Débat d’orientation budgétaire (DOB) 2026. Face à un exécutif traditionnellement fort dans l’ingénierie financière, la 10ᵉ législature entend, cette fois encore, faire valoir ses prérogatives de contrôle. En ligne de mire, un objectif clairement assumé : s’assurer que le futur projet de loi de finances pour 2027 s’aligne, de manière transparente, sur les besoins prioritaires des populations béninoises.

Procès Steve Wotto devant la Criet : Entre amertume, mysticisme et psychiatrie

Cotonou, le 23 juin 2026Dans le huis clos solennel de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), les rideaux se sont levés ce lundi 22 juin sur une audience singulière, oscillant nerveusement entre joute politique, dévotion spirituelle et expertise médicale. À la barre, Steve Wotto, un prévenu dont les vidéos virales sur les réseaux sociaux ont fini par rattraper le destin.

Poursuivi pour ses virulentes sorties numériques ciblant l’ancien président Patrice Talon ainsi que son successeur, l’actuel chef de l’État Romuald Wadagni, l’homme a choisi d’assumer. Du moins, en partie.

« Sous le coup de l’amertume »

Dès l’ouverture des débats, le président de céans a cherché à confronter le prévenu à la matérialité et à la teneur de ses propos. « Oui, j’ai fait des vidéos », concède d’emblée Steve Wotto, d’un ton qui se veut assuré. Relancé par le magistrat sur la nature exacte des attaques visant les deux figures de l’exécutif, l’homme ne cille pas : « Oui, j’ai tenu des propos. J’ai dit beaucoup de choses de Talon ».

C’est alors que le dialogue s’est teinté d’une fine ironie judiciaire. À la question du juge lui demandant s’il avait, au moins une fois, « dit de bonnes choses » de l’ancien président, Steve Wotto a tranché, catégorique :

« Je ne saurais qualifier mes propos. J’ai fait ces vidéos sous le coup de l’amertume ».

Pour justifier la virulence de ses diatribes, le prévenu a ensuite opéré un glissement inattendu du terrain politique vers le champ métaphysique. Se définissant devant la Cour comme un « homme spirituel », il a affirmé avoir agi non pas de son propre chef, mais sous la dictée invisible et l’influence des « mânes des ancêtres ».

Éclat de colère à la barre

Si le début de l’interrogatoire s’est déroulé dans un calme relatif, l’ambiance a brusquement tourné à l’orage lorsque le juge et le ministère public ont abordé les conditions de son interpellation, suggérant que le prévenu se cachait pour échapper à la justice.

Touché dans son honneur, Steve Wotto est entré dans une colère noire, haussant brutalement le ton face aux magistrats :

« Je n’ai jamais été arrêté ! Je me suis rendu moi-même au commissariat de police de Bohicon quand j’ai appris que j’étais recherché. « On ne m’a pas arrêté, je me suis rendu. »

Le discernement au cœur des débats

Face à ce profil imprévisible, la défense a rapidement tenté de déplacer le curseur vers le terrain de la responsabilité pénale. Évoquant des « propos incohérents », l’avocat de Steve Wotto a révélé à la Cour l’existence d’antécédents psychiatriques lourds, mentionnant notamment un traitement suivi par son client au centre psychiatrique de Jacquot. Pour appuyer sa démarche, le conseil a réclamé la comparution du père du prévenu afin d’éclairer la Cour sur la santé mentale de ce dernier, ainsi qu’une expertise psychiatrique formelle.

Une ligne de défense immédiatement contestée… par le prévenu lui-même. Debout à la barre, l’homme s’est insurgé contre la stratégie de son propre avocat : « Je ne suis pas fou », a-t-il martelé.

Devant la complexité du profil de l’accusé et la nécessité d’évaluer son discernement au moment des faits, le ministère public a sollicité un report. Le juge a finalement renvoyé le dossier au lundi 20 juillet 2026, le temps pour la justice d’examiner la demande d’expertise psychiatrique. Une pause de quatre semaines qui s’annonce cruciale pour déterminer si Steve Wotto relève de la sanction pénale ou des soins médicaux.

Bénin : Décès de Denis Hodonou, l’indomptable pionnier de Tam-Tam Express

Cotonou, 23 juin 2026 – Le monde des médias béninois perd l’un de ses plus illustres monuments. Denis Hodonou, fondateur du célèbre hebdomadaire Tam-Tam Express et figure de proue de la presse privée au Bénin, s’est éteint à l’âge de 70 ans. Sa famille a officiellement confirmé la triste nouvelle, plongeant les salles de rédaction du pays dans une profonde émotion.

En effet, le parcours de cet homme se confond intimement avec les balbutiements et le triomphe de la liberté d’expression sur les rives du golfe de Guinée.

Tam-Tam Express : L’hebdomadaire qui bousculait l’ordre établi avant 1990

Tam-Tam Express n’appartenait pas à la catégorie des journaux ordinaires. Conçu et propulsé sur les étals avant même le vent historique de la Conférence nationale de février 1990, cet hebdomadaire a brisé les chaînes du monopole informationnel d’État. Dès lors, sa ligne éditoriale audacieuse et sans concession a imposé un nouveau ton.

Chaque parution de Tam-Tam Express s’apparentait à un séisme politique. Le journal s’emparait systématiquement des dossiers de corruption et des scandales les plus sensibles de la République, défiant les risques de censure pour informer les citoyens.

Face au général Kérékou : « Je n’ai peur de personne »

Le fondateur de l’hebdomadaire incarnait viscéralement cette liberté de ton. Denis Hodonou ne reculait devant aucun pouvoir. Les vétérans du journalisme gardent d’ailleurs en mémoire une confrontation mémorable avec le chef de l’État de l’époque, le général Mathieu Kérékou.

Alors que son journal se trouvait sur la sellette et subissait les foudres du régime, Denis Hodonou fit front. Face au président, il lança avec un aplomb désarmant cette réplique entrée depuis dans la légende des médias nationaux :

« Je n’ai peur de personne. »

Cette phrase résumait à elle seule l’éthique de ce patron de presse : le refus de la courbette devant les puissants du moment.

Un héritage vivant au cœur des rédactions béninoises

Par conséquent, l’impact de Denis Hodonou dépasse la seule existence de son titre phare. Il a aussi  transformé son journal en un véritable laboratoire d’excellence, une école de rigueur où ont collaboré les plus grandes plumes de la presse béninoise contemporaine. Beaucoup lui doivent également  leur baptême du feu et leur sens aigu de l’investigation.

Finalement, Denis Hodonou laisse derrière lui le souvenir impérissable d’un éclaireur, un artisan majeur de la démocratie par la force des mots. À sa famille, à ses proches et à tous les professionnels des médias qui perpétuent aujourd’hui son combat pour l’indépendance de l’information, notre journal adresse ses plus sincères condoléances. La terre de ses aïeux lui soit légère.

Éducation au Bénin : Vers un Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) national

Cotonou, 23 juin 2026 – L’Azalaï Hôtel de Cotonou abrite actuellement un atelier d’envergure qui marquera un tournant décisif dans la transformation du système éducatif béninois. Sous l’impulsion directe du Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, Armand Kuyema Natta, les principaux décideurs et experts du secteur se réunissent du 22 au 26 juin 2026. Leur mission : élaborer le tout premier Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) national. À terme, ce référentiel pédagogique unique unifiera l’enseignement, du préscolaire jusqu’à l’université, afin d’aligner la formation des élèves sur les grands défis du XXIᵉ siècle.

La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue le lundi 22 juin, a mobilisé un parterre de personnalités de haut niveau, illustrant l’importance stratégique de ce projet. Aux côtés du ministre Natta, l’événement a notamment réuni les ministres du Secondaire, du Supérieur, de la Formation technique et des PME. De plus, Laure Weisgerber, Directrice de l’Agence Française de Développement (AFD) et cheffe de file des partenaires financiers, ainsi que les représentants du Conseil National de l’Éducation ont pris activement part aux échanges. Cette forte mobilisation symbolise une volonté politique transversale pour opérer une refonte globale, bien au-delà des ajustements sectoriels.

Gouvernement du Bénin
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Le curriculum, un miroir des choix de société pour la jeunesse

Au cours des débats, Wilfried Guézodjè, Secrétaire Technique Permanent du Plan Sectoriel de l’Éducation, a clairement défini la portée politique et philosophique de cette rencontre.

« Le curriculum n’est pas un simple document pédagogique. Il est le miroir des choix de société que nous faisons pour nos enfants. Il définit ce que nous voulons qu’ils apprennent, et surtout, quel type de citoyens nous voulons qu’ils deviennent. L’exercice qui nous réunit aujourd’hui est exigeant, mais porteur d’espoir. »

Le ministre Armand Natta partage entièrement cette vision. En effet, elle a rappelé que les révisions isolées de programmes, déjà menées au primaire et au secondaire, montraient leurs limites. L’État béninois exige désormais un fil conducteur cohérent et une vision d’ensemble partagée par tous les ordres d’enseignement. Le futur COC jouera précisément ce rôle de boussole en harmonisant et en modernisant les contenus pour coller aux réalités économiques du pays.

L’appui stratégique de l’AFD pour une école connectée au marché de l’emploi

Pour sa part, Laure Weisgerber a réitéré le soutien indéfectible de l’AFD au gouvernement béninois pour la réussite de ce projet « structurant ».   L’implication de l’institution française met en lumière le rôle moteur de la coopération internationale pour bâtir un système éducatif inclusif, innovant et performant sur le continent.

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Quels sont les grands défis de la feuille de route post-atelier ?

Désormais, l’élaboration du COC national s’inscrit dans une réforme globale du secteur éducatif. Piloté par un comité d’experts, ce processus vise à relever plusieurs défis majeurs :

  • Assurer une transition fluide entre les différents niveaux d’études ;

  • Adapter les compétences des apprenants aux besoins du marché du travail et aux exigences du développement durable ;

  • Garantir l’équité et l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants béninois, grâce à des outils pédagogiques modernes ;

  • Former des citoyens responsables, capables de contribuer activement à la croissance du pays.

En fin de compte, les travaux de cet atelier accoucheront d’une feuille de route opérationnelle ce vendredi 26 juin pour finaliser le texte de loi. C’est pourquoi le gouvernement béninois considère ce chantier comme une priorité absolue. Le ministre Natta a d’ailleurs conclu son intervention sur une note forte : « Nous ne construisons pas seulement un curriculum. Nous bâtissons l’avenir du Bénin. »

En somme, ce projet une fois adopté, ce cadre servira de boussole pour les réformes éducatives à venir, avec un impact attendu sur des générations d’élèves.

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Abomey-Calavi : Les 100 jours du maire Nathanaël Koty face aux médias

Abomey-Calavi, 22 juin 2026 — Cent jours après son installation officielle à la tête du Conseil communal d’Abomey-Calavi, le maire Nathanaël Koty change de braquet. L’édile entend associer activement les médias locaux à la mise en œuvre de son projet de gouvernance. À la faveur d’un dîner d’échanges qu’il a organisé le samedi 20 juin avec les journalistes et les patrons de presse de la localité, le maire a plaidé pour un partenariat stratégique et renforcé entre la municipalité et les professionnels de l’information.

Placé sous le thème évocateur : « Rôle et responsabilité des médias résidents dans le développement de la commune d’Abomey-Calavi ». Cet espace de dialogue direct a également permis d’aborder les défis structurels de la plus grande commune du Bénin, tout en offrant au maire l’opportunité de dresser un premier bilan des actions de la cinquième mandature.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Priorité au foncier et au cadre de vie : Les grands chantiers de la mairie

Au cœur des priorités présentées par Nathanaël Koty figure un sujet brûlant qui préoccupe quotidiennement les administrés : l’accélération du traitement des dossiers de lotissement. En effet, l’exécutif communal s’engage à débloquer les litiges fonciers qui freinent l’expansion de la ville. Parallèlement, la mairie intensifie les opérations d’assainissement et de salubrité publique sur l’ensemble du territoire afin d’offrir un cadre de vie plus sain aux populations.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Les médias de proximité comme leviers du civisme et de la transparence

Pour Nathanaël Koty, la réussite de ces ambitions repose fondamentalement sur l’implication des radios, télévisions et journaux de proximité. Face aux professionnels de la presse, il a aussi rappelé le rôle de premier plan que joue l’information dans la promotion du civisme, de la gestion écoresponsable des déchets, de la sécurité et de la participation citoyenne.

Le maire d’Abomey-Calavi s’engage formellement à promouvoir une communication institutionnelle plus ouverte. Il garantit désormais aux journalistes un accès facilité aux informations officielles pour asseoir la transparence de l’action publique.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Un nouveau pacte de gouvernance locale

En fin de compte, à travers cette initiative, l’exécutif communal transforme les médias locaux en partenaires à part entière du développement de la cité. Dès lors, dans un contexte national où l’État central appelle les collectivités territoriales à jouer un rôle croissant, Abomey-Calavi mise sur la gouvernance de proximité ainsi que la mobilisation citoyenne pour réussir sa mue économique.

Sécurité nucléaire : le Bénin révise son plan stratégique avec l’appui de l’AIEA

Le Bénin a engagé une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de sécurité nucléaire et radiologique. Un atelier national consacré à la révision du Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire (INSSP) s’est ouvert ce lundi à la préfecture du Littoral, à Cotonou, en présence des principaux acteurs nationaux et internationaux impliqués dans ce domaine.

Gilbert Malè Deou
© Gilbert Malè Deou

La cérémonie de lancement a réuni le Général d’armée Bertin Bada, M. Richard Samba, officier technique de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que M. Marcellin Amoussou-Guénou et plusieurs représentants des structures concernées.

Cette rencontre vise à actualiser les orientations stratégiques du Bénin en matière de sûreté radiologique et de sécurité nucléaire. L’objectif est de consolider le dispositif national de prévention des risques tout en assurant une meilleure adéquation avec les normes et standards internationaux recommandés par l’AIEA.

Pour les autorités béninoises, cette révision constitue un levier essentiel pour renforcer la gouvernance du secteur, améliorer les mécanismes de contrôle et garantir une gestion durable des enjeux liés à la sécurité nucléaire.

Gilbert Malè Deou
© Gilbert Malè Deou

À travers l’accueil de cet atelier, le département du Littoral entend réaffirmer son engagement en faveur des initiatives contribuant à la protection des populations et au développement durable. Le préfet du Littoral, Gilbert Malè Déou, a exprimé le souhait que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes susceptibles de consolider davantage le cadre national de sécurité nucléaire.

Le Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire constitue l’un des principaux outils de planification permettant aux États de coordonner, sur le long terme, leurs actions en matière de sûreté radiologique, de protection physique et de lutte contre les menaces liées à l’utilisation malveillante des matières nucléaires et radioactives.

Bénin : Un commando écroué pour trafic de munitions dans le Zou

Cotonou, 22 juin 2026 — L’affaire est d’autant plus sensible qu’elle touche au cœur de l’appareil sécuritaire béninois en pleine période de vigilance antiterroriste. L’arrestation et le placement en détention provisoire, le jeudi 18 juin 2026, d’un militaire appartenant au corps d’élite des commandos du camp de Dassa-Zoumè lèvent le voile sur une porosité inquiétante entre les arsenaux militaires et les réseaux civils clandestins dans les départements du Zou et des Collines.

La filière du BTP : anatomie d’un trafic insoupçonné

L’enquête met en lumière un schéma de distribution particulièrement opportuniste. Loin des circuits mafieux internationaux traditionnels, le réseau se serait appuyé sur des relations de proximité pour monnayer du matériel de guerre :

  • Le commando de Dassa-Zoumè aurait extrait des munitions du stock militaire pour les céder à un proche à Bohicon ;

  • Ce dernier aurait ensuite fait basculer la marchandise vers le circuit civil en approvisionnant un chauffeur de camion d’une entreprise de BTP ;

  • Le conducteur aurait profité de sa mobilité géographique pour écouler les cartouches auprès d’acheteurs finaux dont l’identité reste à établir.

L’effet domino se serait produit lorsque les services de renseignement ont interpellé un premier militaire à Bohicon, présenté comme l’un des pivots de la transaction. Les interrogatoires menés par la Police républicaine auraient rapidement permis de remonter la filière jusqu’au domicile du commando suspect, où les agents ont saisi plusieurs dizaines de cartouches de différents calibres. Le suspect est désormais détenu à la prison civile de Savalou.

Le paradoxe sécuritaire : l’urgence du contrôle interne

Cette affaire met en lumière une contradiction majeure pour l’État béninois. Au moment où le gouvernement investit massivement pour sécuriser ses frontières face à la menace des groupes armés extrémistes, la fuite présumée de munitions issues d’un arsenal d’État vers le circuit civil pose une question fondamentale : comment renforcer la sécurité du pays si les forces de défense et de sécurité ne parviennent pas à garantir l’inviolabilité de leurs propres stocks ?

La traçabilité des armes et des munitions apparaît ainsi comme un enjeu de sécurité nationale. Si le ministère de la Défense et les autorités judiciaires observent, pour l’heure, un silence total, certains experts redoutent que cette affaire ne constitue pas un cas isolé. Les investigations devront impérativement déterminer si ce réseau alimentait le grand banditisme local ou si ces munitions prenaient la direction des zones de conflit du Nord. À Cotonou, les regards se tournent désormais vers la hiérarchie militaire, appelée à s’expliquer sur les éventuelles failles dans la gestion et la sécurisation de ses armureries.

Bénin : Le maire de Matéri sur le front de l’opération Mirador

Matéri, 22 juin 2026 – Face à la persistance de la menace terroriste qui secoue le nord du Bénin, le maire de Matéri, Robert Wimbo Kassa, a pris la direction du terrain. Dimanche 21 juin, l’édile a sillonné plusieurs localités frontalières directement exposées aux incursions des groupes armés extrémistes. Cette visite de haut rang place un double symbole au cœur de son action : apporter un réconfort concret aux populations civiles et galvaniser les unités militaires déployées sous la bannière de l’opération Mirador.

L’autorité communale a mené cette tournée stratégique dans les villages de Nambouli, Tampanga et Niehoun-Daloga, des verrous sécuritaires situés à la lisière des frontières septentrionales du pays. Pour l’occasion, une importante délégation l’accompagnait, comprenant le commandant Paulin Amoussou (chef de bataillon chargé des opérations du fuseau Ouest de l’opération Mirador), le capitaine Mathias Dedomin (commandant du sous-groupement tactique interarmes de Nambouli), ainsi que les responsables administratifs et policiers de la région.

Sur place, Robert Wimbo Kassa a longuement échangé avec les administrés et les soldats engagés dans la sécurisation de cette zone rouge. En effet, cette immersion visait à briser l’isolement des communautés affectées par la crise sécuritaire, tout en réaffirmant le soutien indéfectible de la municipalité aux Forces de défense et de sécurité (FDS).

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Un hommage vibrant aux soldats tombés au front

Par ailleurs, cette tournée a coïncidé avec la célébration de la fête des Pères, offrant un cadre mémoriel fort pour saluer le sacrifice des militaires béninois morts au combat. Le maire de Matéri a rendu un hommage vibrant à « la bravoure et l’engagement » de ces hommes postés loin de leurs familles pour défendre l’intégrité du territoire national.

« Le sang de nos frères d’armes versé sur le sol de Matéri n’est pas un vain sacrifice. Il constitue le ciment de notre résilience et l’étendard de notre refus absolu de céder un seul pouce de notre territoire à la barbarie », a martelé l’élu devant les troupes de l’opération Mirador.

En outre, l’autorité locale a exprimé sa profonde gratitude envers les familles des martyrs, rappelant le devoir républicain de préserver leur mémoire collective.

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Vigilance citoyenne : miser sur le renseignement de proximité

Devant les comités de villageois, Robert Wimbo Kassa a insisté sur le fait que l’action militaire ne peut suffire à elle seule. Selon lui, la victoire contre l’extrémisme violent repose impérativement sur la vigilance citoyenne et le renforcement des mécanismes d’alerte précoce.

C’est pourquoi le maire a exhorté les habitants à signaler immédiatement tout comportement suspect et à maintenir des canaux de communication permanents avec les forces armées et la Police républicaine. De surcroît, il estime que ce renseignement de proximité représente le levier le plus efficace pour optimiser la réactivité des unités combattantes.

En fin de compte, ces échanges directs ont mis en lumière la solide adhésion des populations aux efforts de sécurisation du gouvernement béninois. Une union sacrée que le maire de Matéri considère comme l’arme absolue pour relever les défis sécuritaires majeurs de cette partie du pays.

BOA-Bénin : l’immeuble de Zéphirin Kindjanhoundé aux enchères pour 400 millions FCFA

Cotonou, 18 juin 2026 — Une importante propriété immobilière appartenant à l’ancien député béninois Zéphirin Kindjanhoundé sera mise aux enchères le 2 juillet prochain à Cotonou. Cette vente sur saisie immobilière, engagée dans le cadre d’une procédure de recouvrement initiée par la BOA-Bénin, concerne un imposant immeuble de quatre étages situé à Zétacomey, dans l’arrondissement d’Akassato, commune d’Abomey-Calavi. Le Tribunal a fixé la mise à prix initiale à 400 millions de francs CFA.

BOA-Bénin : Un contentieux financier qui remonte à plus d’une décennie

L’affaire trouve son origine dans une opération de financement conclue le 9 décembre 2013. À cette époque, la Bank of Africa (BOA-Bénin) avait accordé une convention de compte courant à la société ALGOAW SA. Pour garantir cette opération de crédit, Zéphirin Kindjanhoundé s’était porté caution hypothécaire en mettant en garantie son titre foncier n°15165 d’Abomey-Calavi.

Cette pratique, fréquente dans le secteur des affaires et particulièrement dans le domaine du BTP, permet à une entreprise de bénéficier de financements en s’appuyant sur des garanties immobilières fournies par des tiers ou des associés. Cependant, le défaut de remboursement du débiteur principal a contraint la banque à engager une procédure de recouvrement forcée. Après un commandement de payer délivré en avril 2021 par le ministère de Maître Maxime René Assogba et resté sans suite, la procédure judiciaire a suivi son cours jusqu’à déboucher sur la saisie du bien.

Akassato : Un immeuble R+4 aux multiples possibilités d’exploitation

Le bien immobilier s’implante sur une parcelle de 557 mètres carrés entièrement clôturée et couverte par le titre foncier n°15165 d’Abomey-Calavi. L’ensemble comprend une cour carrelée, une guérite ainsi qu’un puits fonctionnel.

Le rez-de-chaussée, d’une superficie bâtie de 439 mètres carrés, se compose notamment d’un vaste séjour, d’un espace repas, de six chambres, d’un bar, d’une cuisine et de six salles d’eau. Les trois niveaux supérieurs présentent une configuration plus importante : chacun d’eux abrite deux séjours, deux espaces repas, onze chambres, une cuisine, onze salles d’eau, ainsi que des espaces de détente et des balcons. Cette architecture offre des possibilités d’exploitation aussi bien à usage résidentiel qu’à des fins professionnelles ou locatives. Enfin, le quatrième étage dispose d’une buanderie, de deux salles d’eau, d’un espace de détente et d’une grande terrasse ouverte sur la zone en pleine expansion d’Akassato.

Tribunal de commerce de Cotonou : Des enchères encadrées par des règles strictes

Le Tribunal de commerce de Cotonou encadre rigoureusement cette vente dont la mise à prix s’élève à 400 millions de francs CFA. Les investisseurs intéressés devront satisfaire à plusieurs conditions juridiques et financières strictes avant de pouvoir participer à l’adjudication.

Le cahier des charges impose notamment le dépôt préalable d’une consignation de 30 millions de francs CFA auprès du greffier en chef du tribunal, au moins trois jours francs avant la vente. Les offres devront ensuite progresser par paliers minimums de 10 millions de francs CFA.

Le futur adjudicataire deviendra pleinement propriétaire dès le prononcé de l’adjudication, à condition de régler intégralement le montant acquis dans un délai de vingt jours. À défaut, il s’exposerait à la procédure dite de « folle enchère », qui permet la remise en vente du bien à ses risques et pénalités financières. Les frais de poursuite, de publicité, ainsi que les droits d’enregistrement et de mutation devront également être acquittés dans des délais particulièrement courts.

Recouvrement bancaire : Une procédure classique aux conséquences lourdes

Au-delà de la notoriété politique du propriétaire, cette affaire illustre les mécanismes classiques du droit bancaire et des sûretés immobilières de l’espace OHADA. Lorsqu’un débiteur ne respecte plus ses engagements, les établissements financiers actionnent les garanties constituées afin de recouvrer les créances compromises.

Pour l’ancien député et actuel coordonnateur départemental du Zou au Conseil économique et social (CES), cette procédure aboutit aujourd’hui à la liquidation publique d’un patrimoine immobilier d’envergure. Le verdict du marché sera connu le 2 juillet 2026, dans la salle d’audience du Tribunal de commerce de Cotonou, où les enchères désigneront le nouveau propriétaire de cet imposant complexe immobilier d’Akassato.

Bénin : Candide Azannaï devant la justice après six mois de détention

Le président du parti « Restaurer l’Espoir », Candide Azannaï, poursuivi pour « complot contre la sûreté de l’État » et « provocation à la rébellion », est entendu pour la première fois sur le fond du dossier par la CRIET.

Cotonou, 18 juin 2026 — Ce jeudi 18 juin 2026 marque une étape cruciale dans le dossier judiciaire qui a conduit l’une des figures les plus controversées de l’opposition béninoise en détention provisoire. Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense et président du parti « Restaurer l’Espoir », comparaît devant la commission d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

CRIET : une audition sur le fond attendue depuis six mois à Cotonou

L’opposant, accompagné de son avocat, Me Rodrigue Davankan, répond pour la première fois aux questions des magistrats sur le fond du dossier. Le cortège pénitentiaire a transféré ce matin le détenu au siège de la CRIET, situé dans le quartier administratif de Cotonou.

Les magistrats avaient placé Candide Azannaï en détention provisoire le samedi 20 décembre 2025, peu après 1 heure du matin, à l’issue d’auditions qui s’étaient prolongées tard dans la nuit. Ainsi, la décision judiciaire avait ordonné son placement sous mandat de dépôt et l’ouverture d’une instruction pour mener des investigations complémentaires.

Complot contre la sûreté de l’État : des charges lourdes contre Candide Azannaï

Le parquet spécial de la CRIET poursuit le leader de « Restaurer l’Espoir » pour des faits présumés de « provocation à la rébellion » et de « complot contre la sûreté de l’État ». Ces lourdes accusations font écho à la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025, qui avait ébranlé les institutions de la République. Candide Azannaï est ainsi devenu la première personnalité politique d’envergure nationale placée sous mandat de dépôt dans le cadre des enquêtes ouvertes à la suite de cette affaire.

De la Défense à la rupture : un divorce politique tumultueux avec Patrice Talon

Pour comprendre la portée de ce face-à-face avec la justice, il faut revenir sur la rupture politique radicale entre Candide Azannaï et le président Patrice Talon. En effet, proche de ce dernier lors de son accession au pouvoir en 2016 et nommé ministre de la Défense nationale au début du mandat, Candide Azannaï avait quitté le gouvernement de manière fracassante et inattendue en avril 2017.

Par ailleurs, ce départ découlait de profondes divergences sur les réformes politiques et les méthodes de gouvernance. Depuis sa démission, l’ancien ministre s’est imposé comme l’un des critiques les plus virulents du régime, dénonçant régulièrement la gouvernance du président Patrice Talon et se présentant comme l’un des principaux porte-voix de la « résistance » politique.

Restaurer l’Espoir : une opposition radicale et le boycott des scrutins

Au cours de ces dernières années, Candide Azannaï s’est illustré par de longues interventions médiatiques et par le boycott systématique de plusieurs scrutins nationaux, notamment les élections législatives et communales, qu’il qualifiait d’« exclusives ». À travers des déclarations souvent incisives, le président de « Restaurer l’Espoir » a dénoncé une régression démocratique et réclamé une refonte intégrale du système électoral. Cette posture de rupture totale a pris une tournure exclusivement judiciaire en décembre 2025.

Instruction judiciaire : quelle suite pour la procédure devant le juge ?

La procédure se poursuivra activement devant le juge d’instruction, a indiqué son avocat. Me Rodrigue Davankan se garde d’établir un lien direct entre son client et les instigateurs de la tentative de coup d’État, même si l’ordonnance de la CRIET fait expressément référence aux faits de déstabilisation du 7 décembre. Cette première comparution devrait permettre de préciser les charges retenues contre cette figure majeure de la vie politique béninoise.

L’audition de ce jeudi intervient dans un climat politique désormais apaisé au Bénin, où les tensions se sont dissipées depuis que, lors des dernières élections, l’ensemble des partis s’est rallié à la mouvance présidentielle. Depuis l’avènement de Romuald Wadagni, le pays ne connaît plus d’opposition crédible, laissant le pouvoir évoluer sans véritable contre‑poids politique.

Par ailleurs, les conditions de détention de Candide Azannaï suscitent déjà de vives réactions parmi ses proches et ses soutiens, qui fustigent une incarcération politique. Après six mois passés derrière les barreaux, l’avenir judiciaire de l’ancien ministre demeure incertain, tandis que son affaire continue de cristalliser les passions dans le pays.

Cet article sera complété après l’audience de ce jeudi.