Des représentants gouvernementaux, d’entreprises, de syndicats et d’institutions internationales se sont réunis, ce vendredi 16 octobre 2026 à Cotonou, pour examiner une question qui redessine déjà les économies africaines : comment permettre aux technologies numériques, à l’intelligence artificielle et à l’automatisation de créer de la valeur sans laisser les travailleurs au bord du chemin.
Le Forum régional multipartite sur « Les technologies et l’avenir du travail en Afrique » s’est tenu au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa. Le Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin) et l’Organisation internationale des employeurs (OIE) l’ont coorganisé, avec le soutien financier de l’Union européenne et sous le haut patronage du président béninois Romuald Wadagni.
Un continent face à une accélération
La rencontre intervient alors que l’Afrique de l’Ouest et du Centre cherchent à transformer le numérique en moteur de croissance, d’intégration régionale et d’emplois décents. En novembre 2025, des ministres de l’économie numérique de la sous-région avaient déjà adopté à Cotonou une déclaration engageant les États à accélérer la transformation numérique et l’intelligence artificielle.
Ce texte régional fixe des ambitions précises : développer la connectivité, renforcer les compétences numériques, soutenir l’entrepreneuriat, créer des emplois dans l’économie numérique et bâtir, d’ici 2030, un marché numérique africain unique fondé sur la confiance, l’innovation et une intelligence artificielle éthique.
Le forum de ce vendredi prolonge cette dynamique, mais il déplace le débat vers un acteur souvent absent des grandes conférences technologiques : le travailleur. Les organisateurs ont réuni des pouvoirs publics, des employeurs, des organisations syndicales, la société civile et des institutions internationales afin d’identifier des réponses concrètes aux mutations en cours.
Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse la simple adoption d’outils numériques. Le continent doit déterminer comment l’automatisation modifiera les métiers agricoles, industriels, commerciaux et administratifs ; comment les jeunes accéderont aux compétences demandées ; et comment les entreprises pourront investir sans creuser davantage les inégalités.
L’IA, entre opportunité et vigilance
Les échanges ont porté sur l’intelligence artificielle, la transformation numérique, l’emploi des jeunes et l’adaptation des compétences aux métiers de demain. Les participants ont également abordé les cadres réglementaires nécessaires pour encadrer l’usage des technologies dans les entreprises africaines. Le président du Conseil économique et social (CES) du Bénin, Abdoulaye Bio Tchané, a défendu une transition technologique inclusive. Selon lui, l’innovation doit concilier compétitivité économique, protection des travailleurs et progrès social.
Cette position traduit une tension centrale du moment : les technologies peuvent accroître la productivité, réduire les coûts et ouvrir de nouveaux marchés, mais elles peuvent aussi fragiliser des emplois peu qualifiés, intensifier le travail ou concentrer les gains entre quelques acteurs. Les organisateurs du forum ont donc cherché à dépasser le simple constat pour formuler des pistes d’action.
La Déclaration de Cotonou, en cours d’élaboration à l’issue des travaux, devra orienter la réflexion sur l’avenir des entreprises et des travailleurs face aux nouvelles technologies. Elle pourrait ainsi servir de référence commune pour les gouvernements, les partenaires sociaux et les investisseurs de la région.
L’un des temps forts du forum, le panel 2, a examiné le thème « Du cadre à l’usage : ce que les technologies changent dans les entreprises africaines ». Anselme Amoussou, secrétaire général adjoint de la Confédération syndicale internationale-Afrique (CSI-Afrique), y a représenté les travailleurs du continent.
Il a siégé aux côtés de représentants des services publics de l’emploi, du secteur privé, des agences du numérique et des écosystèmes d’innovation. Son intervention a mis en avant les attentes et les inquiétudes des travailleuses et travailleurs confrontés à la transformation technologique de leurs entreprises.
Pour la CSI-Afrique, le numérique et l’intelligence artificielle ne produiront une prospérité partagée que si les travailleurs participent aux décisions technologiques. L’organisation syndicale appelle à faire progresser simultanément le dialogue social, la formation professionnelle et la protection des droits du travail.
Ce message rejoint une préoccupation largement partagée dans les économies émergentes : l’innovation ne doit pas se réduire à l’installation d’équipements ou au déploiement d’applications. Elle suppose aussi de former les salariés, d’adapter les contrats, de prévenir les discriminations algorithmiques et de garantir des conditions de travail dignes.
Former avant que la fracture ne s’installe
Le défi des compétences occupe une place déterminante dans cette transition. La déclaration régionale adoptée en 2025 appelle les États à doter les jeunes, les femmes et les personnes handicapées de compétences numériques et entrepreneuriales, avec l’objectif qu’au moins 70 % des jeunes diplômés atteignent un niveau élémentaire de littératie numérique d’ici 2030.
Cet objectif implique des réformes profondes : modernisation des systèmes éducatifs, formation continue dans les entreprises, reconnaissance des acquis professionnels et accès élargi à Internet. Sans ces investissements, l’intelligence artificielle risque d’élargir l’écart entre les travailleurs connectés et formés, et ceux qui restent exclus des chaînes de valeur numériques.
Les entreprises africaines font face à une équation comparable. Elles doivent intégrer des outils numériques pour rester compétitives, tout en développant les capacités internes de leurs équipes. Les services publics de l’emploi, les agences du numérique et les incubateurs présents au forum ont donc été invités à réfléchir à des mécanismes d’accompagnement adaptés aux réalités locales.
Un enjeu de gouvernance et de financement
La transformation numérique exige également des cadres institutionnels solides. La déclaration régionale de 2025 prévoit la création d’un mécanisme de financement destiné à mobiliser les investissements, l’assistance technique et les appuis politiques nécessaires à la mise en œuvre des engagements pris par les États. Ce mécanisme devra notamment soutenir les infrastructures partagées, telles que les réseaux en fibre optique et les centres de données, tout en encourageant le développement des talents locaux et l’adoption d’une intelligence artificielle responsable.
Pour les gouvernements, la question n’est plus seulement d’attirer les investissements technologiques. Elle consiste aussi à définir des règles claires sur la protection des données, la fiscalité numérique, la concurrence, la cybersécurité et les droits des travailleurs. Ces normes conditionnent la confiance des citoyens, des entreprises et des investisseurs.
Cotonou, laboratoire d’un consensus africain
Le choix de Cotonou n’est pas anodin. La capitale béninoise avait déjà accueilli, en novembre 2025, le Sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre, organisé avec la Banque mondiale et sous l’impulsion du gouvernement béninois. En accueillant à nouveau un forum consacré aux technologies et au travail, le Bénin cherche à s’imposer comme une plateforme de dialogue régional sur l’économie numérique. Le pays entend relier les ambitions technologiques aux préoccupations sociales, notamment l’emploi des jeunes et la protection des travailleurs.
Le forum réunit précisément les acteurs dont la coordination déterminera l’issue de cette transition : l’État, qui fixe les règles ; les entreprises, qui investissent et transforment leurs modèles ; les syndicats, qui défendent les intérêts des salariés ; et les institutions internationales, qui apportent financements, expertise et cadres de coopération.
Vers une Déclaration de Cotonou
À l’issue des travaux, les participants devaient contribuer à l’élaboration de la Déclaration de Cotonou. Ce document devra traduire les échanges en orientations concrètes pour préparer les entreprises et les travailleurs aux mutations technologiques. Trois priorités ressortent des discussions : adapter les compétences aux métiers émergents, renforcer le dialogue social dans les entreprises et construire des cadres réglementaires capables d’encadrer l’intelligence artificielle sans freiner l’innovation.
Le défi reste immense. Mais le forum de Cotonou a posé une équation claire : l’Afrique ne pourra tirer pleinement profit du numérique que si la technologie sert le travail, et non l’inverse. La Déclaration de Cotonou devra désormais transformer cette ambition en engagements mesurables.
Le ministre béninois des Enseignements maternel et primaire, Armand Kuyema Natta, a parcouru du 12 au 15 octobre 2026 plusieurs écoles des départements du Borgou et de l’Alibori. En effet, cette tournée vise à vérifier la reprise effective des cours, observer les conditions d’apprentissage et recueillir les préoccupations des acteurs de l’éducation.
Le ministre a choisi une méthode de contrôle rapproché : des visites sans annonce préalable, au-delà des rapports et statistiques transmis habituellement à son ministère. Cette approche lui permet d’apprécier directement la réalité des établissements et d’échanger avec les élèves, les enseignants et les responsables scolaires.
Sa délégation a ainsi visité des circonscriptions scolaires de Tchaourou, Parakou, N’Dali, Malanville, Pèrèrè, Kandi, Banikoara et Gogounou. Dans les salles de classe, les responsables ont constaté des élèves en situation de travail et des enseignants présents à leur poste.
La visite de l’école primaire publique de Garou, à Malanville, a particulièrement retenu l’attention. Située dans une zone autrefois marquée par l’insécurité, l’école a accueilli le ministre dans une atmosphère de soulagement et de joie. Les apprenants ont exprimé leur satisfaction de retrouver les bancs de l’école, tandis que la cantine scolaire et le jardin pédagogique témoignaient d’une volonté de maintenir l’éducation dans les zones difficiles d’accès.
Le ministre a salué le démarrage général des activités pédagogiques dans les écoles visitées. Il a également rendu hommage aux femmes qui préparent les repas des cantines scolaires, un programme qui contribue à encourager la fréquentation régulière des élèves.
Mais la tournée n’a pas été uniquement une opération de communication. Dans certains établissements, M. Natta a relevé des insuffisances et donné des instructions fermes pour leur correction immédiate. Il a aussi insisté sur les mathématiques et le français, qu’il considère comme des matières fondamentales pour la réussite scolaire.
Les rencontres avec les directeurs départementaux, les chefs d’établissements et les enseignants ont permis d’identifier les besoins concrets du terrain. Le ministre a demandé aux acteurs de préserver la qualité de l’enseignement et de garantir la fiabilité des données statistiques, condition essentielle pour orienter les politiques éducatives et répondre aux besoins réels des écoles. La situation des enseignants a également été abordée. Le ministre a jugé positive l’évolution de leur carrière, tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer leurs conditions de travail.
M. Natta a exprimé sa gratitude aux communautés locales et aux organisations non gouvernementales qui accompagnent les écoles. Il a assuré que le gouvernement du président Romuald Wadagni intensifiera ses actions afin de garantir une éducation de qualité à tous les enfants du Bénin, sans distinction de région. Le dispositif de suivi de proximité se poursuivra dans les prochaines semaines dans les trois départements restants, sur les douze que compte le pays.
À Kandi, ville septentrionale du Bénin choisie pour accueillir les festivités officielles de la 33ᵉ Journée mondiale des enseignants, l’ambiance n’est pas uniquement aux célébrations protocolaires. La commémoration du soixantième anniversaire de la Recommandation de l’UNESCO de 1966 relative à la condition du personnel enseignant sert de toile de fond à une profonde remise en question des politiques éducatives nationales. Face aux exigences d’un monde en mutation rapide, le gouvernement béninois tente d’imposer une nouvelle feuille de route dans laquelle la valorisation du corps enseignant devient le pivot stratégique du développement socio-économique du pays.
Un changement de paradigme axé sur le capital humain
Pendant des décennies, les réformes de l’enseignement en Afrique de l’Ouest ont privilégié la construction d’infrastructures physiques au détriment de la qualification des formateurs. Le Bénin opère désormais un virage doctrinal majeur. Dans une allocution solennelle adressée à la nation, le ministre de l’Enseignement secondaire, Adéyèmi Clément Kouchadé, a réaffirmé l’urgence de replacer l’enseignant au centre de l’écosystème éducatif. Cette vision repose sur un constat pragmatique : aucune innovation pédagogique ni aucun programme d’études ne peut produire de résultats tangibles sans un personnel motivé, hautement qualifié et soutenu par les pouvoirs publics.
Ainsi, l’exécutif béninois cherche à accroître l’attractivité de la profession face à la concurrence du secteur privé. En fixant un cadre d’accompagnement plus ambitieux, les autorités espèrent attirer les talents les plus prometteurs vers les métiers de la transmission du savoir. Il ne s’agit plus seulement de combler des déficits d’effectifs, mais également de transformer l’enseignement en un levier d’ascension sociale et de performance économique.
Le redéploiement massif du personnel et l’équité de la couverture territoriale
Pour concrétiser cette ambition, le ministère de l’Enseignement secondaire déploie un contingent sans précédent de 36 340 Aspirants au métier d’enseignant (AME) sur l’ensemble du territoire national. Cette mobilisation vise à réduire drastiquement le ratio d’encadrement dans les zones rurales et périurbaines, jusqu’alors fortement pénalisées par le manque d’enseignants titulaires. Parallèlement, l’installation de comités techniques au niveau des collectivités territoriales préfigure un processus de recrutement décentralisé, sur titre, directement géré par les autorités locales.
En outre, l’État s’attaque aux lourdeurs bureaucratiques qui entravaient la progression de carrière du personnel enseignant. L’apurement méthodique des arriérés administratifs, le mandatement de 1 706 bénéficiaires régularisés ainsi que l’examen rigoureux de près de 2 000 dossiers d’intégration témoignent d’une volonté de restaurer la confiance entre les agents publics et leur tutelle. En régularisant ces situations administratives, le gouvernement sécurise la trajectoire professionnelle de milliers d’éducateurs.
La modernisation des infrastructures et le filet de sécurité sociale
L’amélioration de la qualité de l’enseignement exige des conditions matérielles décentes. Pour endiguer la surfréquentation des classes du secondaire, les services de l’État acheminent actuellement un premier lot de 12 000 tables-bancs vers les collèges d’enseignement général. Dans le même temps, l’Inspection pédagogique renforce ses mécanismes de suivi de proximité en dotant ses circonscriptions de véhicules neufs, financés avec le concours de partenaires internationaux, notamment l’UNICEF.
Sur le plan social, l’extension du Programme national d’alimentation scolaire intégré constitue la clé de voûte de cette politique d’accès universel à l’éducation. En garantissant un repas chaud quotidien à près de 1,9 million d’élèves du primaire, l’État combat directement l’abandon scolaire lié à la précarité nutritionnelle. Par ailleurs, la généralisation de la gratuité du secondaire pour les jeunes filles, y compris dans les centres spécialisés accueillant des apprenants à besoins spécifiques, supprime un frein financier majeur pour les familles vulnérables.
L’intégration de la mobilité et de la formation continue
La transformation du paysage éducatif béninois s’étend également à l’enseignement supérieur et à l’alphabétisation des adultes. Pour fluidifier les déplacements des étudiants inscrits dans les universités publiques (UAC, UP, UNA et UNSTIM), les autorités ont mis en service une flotte de 63 autobus neufs desservant 12 villes universitaires. Ce renforcement du parc de transport contribue à réduire l’isolement logistique des apprenants du supérieur.
Dans le domaine de la formation non formelle, le ministère forme 153 facilitateurs issus de 28 communes afin d’harmoniser les standards pédagogiques des centres privés d’alphabétisation. En combinant la restructuration du découpage de l’atlas pédagogique, l’octroi d’outils logistiques et la valorisation du statut des enseignants, le Bénin jette les bases d’un modèle éducatif inclusif, capable de répondre aux exigences socio-économiques des prochaines décennies.
En somme, les chiffres et les autobus ne suffiront pas, à eux seuls, à bâtir l’école du XXIᵉ siècle. La réussite de ce pari républicain reposera avant tout sur la considération accordée à celles et ceux qui incarnent la transmission du savoir. Car restaurer la dignité de l’enseignant, c’est aussi redonner à toute une nation la mesure de ses propres ambitions.
Dans l’enceinte solennelle du tribunal d’Abomey-Calavi, une confrontation juridique d’une grande technicité cristallise les tensions entre la déontologie médicale, l’exercice de la liberté thérapeutique et le droit fondamental des patients à l’espoir transfrontalier. Cette affaire, examinée le mercredi 14 octobre 2026, met en lumière un vide décisionnel et éthique : jusqu’où s’exerce la prérogative d’un praticien lorsqu’il refuse d’avaliser une évacuation sanitaire réclamée par une personne handicapée ? Alors que le délibéré est fixé au 28 octobre prochain, les débats judiciaires dessinent les contours d’un contentieux où la science, le droit et la dignité humaine s’entrecroisent.
L’impasse thérapeutique et le contentieux de la liberté de choix
L’origine de ce litige trouve son ancrage dans une intervention chirurgicale pratiquée en 2022. À cette époque, le praticien mis en cause opère une patiente dont l’état clinique se détériore irrémédiablement, la privant de l’usage de ses membres inférieurs et la contraignant à l’immobilité. Des années plus tard, alors que la médecine nationale semble avoir épuisé ses ressources thérapeutiques, la requérante formule le vœu d’une évacuation vers des structures hospitalières en Inde, espérant y trouver un salut hors de portée sur le sol national.
Cependant, le refus obstiné du médecin traitant de contresigner le document administratif nécessaire à ce transfert déclenche une action en justice. Pour la plaignante, clouée dans un fauteuil roulant, ce refus ne relève pas d’une banale divergence d’appréciation clinique, mais constitue une entrave à son droit fondamental à la santé.
Le prisme de la responsabilité professionnelle face au dogmatisme clinique
À la barre, la stratégie de la défense médicale s’articule autour d’un pronostic qualifié de réservé, voire irrémédiable. Le chirurgien soutient que la complexité anatomique et la gravité de la lésion initiale excluent toute perspective de recouvrement de l’usage des membres paralysés. Une argumentation que le ministère public rejette, rappelant un principe fondamental de l’éthique médicale : nul praticien ne détient le monopole de la science au point d’anéantir les chances qu’offrirait éventuellement l’expertise d’un confrère étranger.
Par ailleurs, le représentant de la société civile et de la loi fustige ce qu’il assimile à un dogmatisme professionnel. Selon l’accusation, la certitude affichée par un seul homme ne saurait priver un malade de la possibilité d’explorer des horizons technologiques plus avancés. La justice pénale et civile s’interroge donc sur la frontière ténue entre la prudence médicale justifiée et un éventuel abus d’autorité professionnelle.
La divergence des thèses et l’obstacle réglementaire invoqué
Le prétoire a également été le théâtre d’affrontements factuels d’une rare âpreté. La patiente, soutenue activement par son conseil, rejette en bloc les justifications présentées par le chirurgien. Elle affirme que la volonté d’un transfert sanitaire à l’étranger s’était manifestée dès les lendemains de l’opération, se heurtant immédiatement à l’opposition du médecin.
Pire encore, l’argumentaire de la plaignante révèle une dimension institutionnelle troublante : le praticien aurait alors invoqué l’existence d’une prétendue interdiction gouvernementale des évacuations sanitaires afin de verrouiller toute perspective de départ. Cette allégation jette un voile sur les circuits décisionnels de la santé publique, opposant la parole du médecin à la détresse d’une justiciable en quête de transparence.
Dès lors, une question demeure au cœur des débats : ce médecin a-t-il commis une erreur dans l’exercice de ses fonctions ayant contribué à l’état actuel de la patiente, au point de redouter que d’éventuelles investigations médicales à l’étranger ne permettent d’en établir l’existence ? C’est autour de cette interrogation que se cristallisent désormais les positions des différentes parties.
L’exigence d’une tierce expertise judiciaire et l’attente du verdict
Face à ces versions inconciliables et à l’opacité des faits allégués, la défense de la patiente hausse le ton et formule une requête qu’elle juge incontournable : l’ordonnance d’une contre-expertise médicale indépendante. Cette démarche procédurale vise à évaluer scientifiquement l’état réel de la plaignante et à apprécier objectivement la pertinence ou non d’une évacuation vers l’Inde.
Le tribunal d’Abomey-Calavi, conscient de la portée sociétale et jurisprudentielle de cette affaire, a suspendu sa décision. Les regards sont désormais tournés vers la date du 28 octobre 2026, jour où la juridiction rendra son verdict. Cette décision pourrait marquer un précédent important en matière de responsabilité des professionnels de santé face aux aspirations transnationales de guérison.
COTONOU, 14 octobre 2026 — La mairie de Cotonou traverse une période de turbulences. En l’espace de quinze jours, deux cadres techniques ont quitté leurs fonctions. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) révèle un manque à gagner de près de 500 millions de francs CFA. Ces événements alimentent les interrogations dans l’opinion et au sein du conseil communal.
Deux départs en quinze jours
Le 30 septembre 2026, Anges Paterne Amoussouga, secrétaire exécutif de la mairie, a déposé sa lettre de démission au cabinet du maire Luc Gnacadja. Il invoque des « raisons de convenance personnelle » et la nécessité de préserver sa santé et son équilibre mental. Il continue toutefois de liquider les affaires courantes jusqu’à la passation de charges prévue le 30 octobre. Le 8 octobre, Manet Gazard, responsable des marchés publics, a remis à son tour sa démission au secrétaire exécutif. Sa prise d’effet est fixée au 2 novembre. Le maire a annoncé ce second départ le 13 octobre, lors de la quatrième session extraordinaire du conseil communal. Ces départs surviennent quelques mois après l’installation du nouvel édile. Ils nourrissent les spéculations.
L’IGF épingle la gestion des recettes
En mai 2026, Luc Gnacadja a saisi l’IGF. Il voulait vérifier la chaîne de mobilisation des recettes non fiscales de la mairie, de 2021 à avril 2026. Le rapport, transmis le 22 septembre 2026, dresse un constat sévère. Entre 2021 et 2025, ces recettes ont reculé de près d’un quart. L’IGF pointe l’absence de recensement et de cartographie. Elle déplore l’inexistence d’un manuel de procédures. Des autorisations d’occupation du domaine public ont été délivrées sans superficie, sans durée, parfois avec des redevances minorées.
Des espaces publics ont été exploités par des opérateurs sans contrat formel. Le manque à gagner atteint près de 500 millions de francs CFA. À cela s’ajoutent la lenteur des procédures de commande publique et le dysfonctionnement des mécanismes de sanction et d’alerte. La tournée du conseil communal dans les treize arrondissements, du 5 au 10 octobre, a confirmé le malaise. Les populations ont interrogé la délégation sur le blocage des projets et l’abandon des travaux. Elles sont restées sans réponse.
« Changer d’échelle » bouscule les habitudes
Dès sa prise de fonction, Luc Gnacadja a affiché une ambition : transformer durablement Cotonou. Il a baptisé son projet de société « Changer d’échelle ». Le 26 mai 2026, il a remis des lettres de mission à ses collaborateurs clés. Objectif : clarifier les responsabilités et formaliser des objectifs mesurables. Il voulait instaurer une gestion rigoureuse, fondée sur la performance et le résultat.
Les anciennes pratiques devaient disparaître. Ce changement de cap éprouve certains cadres. Selon des investigations menées auprès de certains responsables au sein de la mairie, les démissions découlent de cette nouvelle dynamique. Le maire n’a limogé personne depuis son entrée en fonction. Il a préféré saisir l’IGF plutôt que la Brigade économique et financière. Ses partisans y voient la preuve d’une gestion transparente. Ses détracteurs dénoncent une purge déguisée. Le débat divise la majorité, l’opposition et la société civile.
Les quartiers réclament des comptes
La population ne se contente plus de communiqués. Elle veut savoir pourquoi les chantiers s’arrêtent. Elle exige des explications sur la gestion des recettes. Le peuple attend des routes, des marchés assainis et des services fonctionnels. La décentralisation, elle, avance avec peine. Les collectivités locales doivent conjuguer autonomie et redevabilité. Cotonou en offre une illustration contrastée.
Le maire promet une gestion rigoureuse. Il doit maintenant livrer des résultats. Sans dialogue social et sans preuves tangibles, la confiance ne se gagnera pas. Les conseillers et les habitants attendent des actes. La mairie doit répondre aux questions. Le débat public est lancé. Il oppose ceux qui soutiennent la réforme et ceux qui craignent un affaiblissement de l’administration. Une chose est sûre : les Cotonouviens jugeront sur les faits.
COTONOU, 14 octobre 2026 — Le mardi 13 octobre, des experts béninois et allemands ont investi les locaux de la représentation diplomatique allemande à Cotonou. Ils ont planché sur le rapatriement des biens culturels et la consolidation des liens entre musées. Les ministères béninois de la Culture et des Affaires étrangères ont coorganisé ce symposium. Celui-ci s’inscrit dans un cycle de conférences porté par le gouvernement fédéral allemand.
Les participants ont dressé le bilan des acquis et tracé les perspectives d’une coopération durable pour valoriser le patrimoine. Cette rencontre intervient alors que les nations africaines réclament avec insistance la restitution des œuvres spoliées durant la colonisation. L’Allemagne, comme d’autres anciennes puissances coloniales, fait face à des demandes croissantes.
Berlin assume son héritage colonial
L’ambassadeur d’Allemagne au Bénin, le Dr Stefan Buchwald, a ouvert les débats. Il a reconnu la responsabilité historique de son pays dans la colonisation. L’ambassadeur a rappelé le retour de 22 bronzes au Nigeria dès 2022. Il a aussi évoqué le transfert juridique de propriété de plus de 850 objets.
Le Dr Stefan Buchwald a insisté sur les collaborations scientifiques, notamment avec l’École du patrimoine africain. Ces propos traduisent une volonté de dépasser les symboles. Les spécialistes présents ont salué cette dynamique. Ils ont néanmoins exigé des actes concrets et évaluables.
Les échanges ont placé la recherche de provenance au centre des préoccupations. Identifier l’origine des pièces conservées à l’étranger requiert des compétences spécialisées, du temps et des ressources. En mars 2026, l’Allemagne a instauré un Conseil de coordination. Cette instance facilite le retour des biens culturels et des restes humains issus du contexte colonial.
La professeure Barbara Plankensteiner, directrice du Musée Markk de Hambourg, a partagé l’expertise allemande. Elle a détaillé les coopérations menées avec le Nigeria. Le professeur Houénoudé, titulaire de la Chaire Unesco consacrée aux retours et restitutions à l’Université d’Abomey-Calavi, a enrichi les discussions. Ces interventions ont confronté les méthodes et identifié les bonnes pratiques. Elles ont aussi mis en évidence l’ampleur des défis logistiques et juridiques.
Digital Benin et le renforcement des capacités
La plateforme numérique Digital Benin a été présentée. Elle recense des collections réparties dans 20 pays et plus de 130 institutions. Elle sert d’outil de documentation et de mise en réseau. Cet outil permet de localiser des objets dispersés et de faciliter les demandes de restitution. Les participants ont exploré plusieurs pistes pour renforcer le partenariat. La formation des professionnels, la recherche sur les collections et les échanges scientifiques figurent parmi les leviers envisagés. Ces actions visent à doter les musées béninois et allemands de moyens accrus.
Elles doivent permettre de valoriser un patrimoine partagé. La rencontre a posé les bases d’une coopération plus étroite. Les experts plaident pour une approche concertée et un financement pérenne. Cette dynamique pourrait redéfinir durablement les relations muséales entre l’Afrique et l’Europe. Les deux pays entendent ainsi écrire une nouvelle page de leur histoire commune, fondée sur la transparence et le respect.
BANGKOK (Thaïlande), 14 octobre 2026 — Le gouvernement béninois a officialisé, les 12 et 13 octobre 2026, une nouvelle étape majeure dans sa stratégie de développement infrastructurel. En marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la délégation conduite par Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, a scellé trois accords de financement avec la Banque islamique de développement (BID) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Cette enveloppe globale, évaluée à 249,5 milliards de francs CFA, promet de transformer en profondeur le paysage logistique, agricole et énergétique du pays.
Un financement stratégique pour l’avenir
L’accord, paraphé dans la capitale thaïlandaise, marque l’aboutissement d’une intense diplomatie économique. Les autorités béninoises ont activement diversifié leurs partenaires financiers, mobilisant des capitaux auprès de bailleurs multilatéraux arabes et islamiques. Cette approche vise à sécuriser les ressources nécessaires pour combler le déficit d’infrastructures et stimuler la compétitivité nationale. Le chef de l’État a personnellement piloté ces négociations, soulignant l’urgence d’accélérer les chantiers structurants pour soutenir la croissance.
Le corridor Godomey-Ouidah-Hillacondji en chantier
Le premier volet de cet accord concerne le secteur vital des transports. La BID alloue 201,3 milliards de francs CFA pour moderniser l’axe routier reliant Godomey à Hillacondji, en passant par Ouidah. Ce projet prévoit la transformation de cette artère en une voie express à deux fois deux voies, sur une distance de 94 kilomètres. Les travaux incluront la construction de quatre échangeurs stratégiques, notamment à Godomey, à Ouidah et au carrefour de Pahou-Hillacondji. En complément, la BADEA financera la construction de 20,1 kilomètres de voies de contournement dans quatre villes clés : Alibori, Atacora, Atlantique et Borgou. Ce réseau réaménagé devrait fluidifier le trafic vers le corridor Abidjan-Lagos et renforcer l’intégration régionale.
Une agriculture tournée vers la productivité
Le deuxième pilier de cet accord cible directement la sécurité alimentaire et la richesse des sols. Un financement de 12,5 milliards de francs CFA sera dédié à un programme d’intensification durable des systèmes de basse-cour. Ce projet ambitieux déploiera des initiatives dans 48 communes du pays. L’objectif est double : accroître les rendements agricoles et améliorer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques. Les fonds serviront à financer des intrants de qualité, à promouvoir des techniques culturales innovantes et à soutenir les petits producteurs dans les zones les plus vulnérables.
L’électrification rurale accélérée
Le troisième volet promet d’améliorer significativement le quotidien des populations rurales. La BADEA octroie 35,7 milliards de francs CFA pour étendre le réseau électrique dans 127 localités. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme d’action du gouvernement pour le développement de l’électrification (PADSEBE). Il prévoit l’installation de 1 127 kilomètres de lignes de distribution et la construction de 25 mini-réseaux. À terme, ces infrastructures desserviront plus de 61 000 ménages, ainsi que 127 marchés, divers services publics et plus de 4 500 petites entreprises. Sept départements bénéficieront de ces travaux, notamment l’Alibori, l’Atacora, l’Atlantique, le Borgou, les Collines, l’Ouémé et le Plateau.
Une gouvernance axée sur l’impact
À travers ces signatures, le gouvernement béninois réaffirme sa volonté de transformer les financements en résultats tangibles. Les autorités insistent sur l’importance d’une gestion rigoureuse et transparente des fonds alloués. Ces investissements massifs devraient non seulement stimuler l’économie locale, mais aussi améliorer durablement les conditions de vie des citoyens. En consolidant ses partenariats internationaux, le Bénin entend ainsi accélérer son émergence et renforcer sa position de hub économique en Afrique de l’Ouest.
COTONOU, 13 octobre 2026 — La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a reporté au 26 octobre prochain sa décision sur la demande de mise en liberté provisoire de Me Magloire Yansunu. Condamné en juillet dernier à sept ans de prison ferme, l’avocat est soutenu par ses conseils qui réclament sa libération temporaire pour des raisons médicales.
Le dossier est revenu devant la juridiction le lundi 12 octobre, dans le cadre de l’appel formé contre la condamnation prononcée le 13 juillet. À l’appel de l’affaire, peu avant 15 heures, Me Yansunu a comparu visiblement affaibli, le visage partiellement couvert par un masque de protection.
Face à la cour, ses avocats ont centré leur plaidoirie sur un argument unique : l’état de santé de leur client ne lui permettrait plus, selon eux, de rester détenu dans des conditions compatibles avec les soins requis par son état.
La défense réclame des soins d’urgence
Prenant la parole, Me Cyril Djikui a directement interpellé la cour sur la capacité de l’avocat à participer activement à sa propre défense. « Est-il en mesure de déposer devant vous ? Je ne l’ai pas reconnu », a-t-il déclaré, avant de solliciter que Me Yansunu puisse « aller se soigner et revenir ».
Dans la même ligne argumentative, Me Togbadja a poursuivi en estimant que la poursuite de la procédure d’appel exigeait un prévenu doté des capacités physiques nécessaires pour affronter de nouveaux débats. « S’il faut aller au fond et refaire les débats, il faut de l’énergie », a-t-il plaidé, tout en exhortant la cour à ne pas renvoyer son confrère en cellule. Invité par la suite à s’exprimer, Me Yansunu a quant à lui renoncé à prendre la parole, s’en remettant intégralement aux arguments développés par ses conseils.
Le parquet s’en remet à la sagesse de la cour
De son côté, le ministère public n’a pas formulé d’observations contraires. Il a choisi de renvoyer la question à l’appréciation souveraine du président de la juridiction, tout en soulignant que la santé de Me Yansunu, en sa qualité de membre du barreau, constituait une préoccupation essentielle.
Cette position laisse ainsi à la Criet une marge d’appréciation complète sur l’opportunité d’accorder cette liberté provisoire, sans que la cour n’ait à se prononcer à ce stade sur le fond de l’appel.
Une décision cruciale attendue le 26 octobre
En conclusion des débats, la cour a fixé au 26 octobre 2026 le délibéré sur cette requête. À cette date, les magistrats indiqueront si l’état de santé invoqué justifie une suspension de détention ou si Me Yansunu demeurera incarcéré durant la suite de la procédure d’appel.
Pour rappel, cette décision interviendra près de trois mois après la condamnation initiale de l’avocat, qui avait également été assortie d’une amende de plus de 28 millions de FCFA. Le verdict du 26 octobre déterminera donc les conditions matérielles dans lesquelles le prévenu pourra préparer la suite de son recours.
Le Bénin et le Japon ont acté un don destiné à fluidifier le trafic dans la capitale économique béninoise. À terme, cette infrastructure majeure ambitionne de transformer la mobilité urbaine, de soulager le budget des ménages et de dynamiser les échanges commerciaux.
Les embouteillages constituent une contrainte majeure pour les habitants de Cotonou. Retards au travail, déplacements prolongés, dépenses de carburant supplémentaires et difficultés de transport des marchandises : les conséquences de la congestion routière dépassent largement le cadre de la circulation. C’est à cette problématique que doit notamment répondre le projet de construction de l’échangeur du carrefour Vêdoko, dont le financement vient de franchir une nouvelle étape.
Le vendredi 9 octobre dernier, le Bénin et le Japon ont signé un échange de notes ainsi qu’un accord de don de 10,8 milliards de FCFA, destiné à financer la deuxième phase de ce projet routier stratégique. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Oscar Hugues Lokossou, l’ambassadeur du Japon près le Bénin, Hideki Uezono, et le représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Kazunao Shibata. Le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, George Alé, y a également pris part.
Cette enveloppe permettra de construire le passage supérieur dans le sens Est-Ouest et de réaliser les aménagements connexes. Elle complète la première phase du chantier, actuellement en cours, qui concerne le passage supérieur dans le sens Ouest-Est.
Deux ponts superposés plutôt qu’un seul
L’échangeur de Vêdoko n’est pas un simple pont à sens unique. Le projet se divise en deux grandes phases techniques : le passage supérieur dans le sens Ouest-Est et celui dans le sens Est-Ouest. La construction de deux viaducs distincts vise à séparer complètement les principaux flux de circulation. Cette configuration nécessite mécaniquement deux fois plus de béton, d’acier, de main-d’œuvre et d’ingénierie lourde.
Avec cette nouvelle contribution japonaise, le financement global du projet atteint désormais 26,228 milliards de FCFA. L’objectif consiste à réorganiser la circulation au carrefour Vêdoko, un point névralgique du réseau routier de Cotonou où la convergence des flux de véhicules peut considérablement ralentir les déplacements.
Concrètement, un échangeur permet de séparer certains courants de circulation grâce à des voies aménagées à différents niveaux. Les véhicules empruntant les passages supérieurs peuvent ainsi éviter une partie des conflits de circulation au niveau du carrefour. Cette configuration est susceptible de réduire les ralentissements, sous réserve d’une bonne articulation des différents accès et d’une adaptation des aménagements aux flux de trafic. Le financement ne se limite donc pas à la construction d’un ouvrage d’art : il participe à une transformation de l’organisation de la circulation.
Pour les habitants de Cotonou, les bénéfices attendus sont d’abord pratiques. Une circulation plus fluide pourrait permettre aux travailleurs de rejoindre plus facilement leur lieu d’activité, aux élèves et aux étudiants de réduire le temps consacré aux trajets, ainsi qu’aux usagers des transports en commun de se déplacer dans de meilleures conditions.
Les effets pourraient également se faire sentir sur le budget des ménages. Lorsqu’un véhicule reste longtemps immobilisé dans les embouteillages, sa consommation de carburant augmente et les déplacements deviennent plus coûteux. Une réduction des congestions pourrait donc limiter certaines dépenses liées aux trajets, même si l’ampleur des économies dépendra de l’amélioration effective de la circulation.
Par ailleurs, la fluidité du trafic constitue un enjeu majeur pour l’économie urbaine. À Cotonou, où les activités commerciales et les déplacements professionnels génèrent d’importants mouvements de véhicules, les ralentissements routiers se traduisent par des pertes de temps et des surcoûts pour les opérateurs économiques.
Pour les conducteurs de Zémidjan, les transporteurs et les commerçants, le gain de temps représente ainsi un enjeu direct de rentabilité. Des déplacements plus prévisibles faciliteraient l’organisation des livraisons, la rotation des véhicules et l’acheminement des marchandises vers les principaux marchés de l’agglomération. Les entreprises de transport pourraient ainsi mieux planifier la gestion de leurs flottes, tandis que les petits commerçants, dépendants d’un approvisionnement quotidien, bénéficieraient de conditions logistiques plus favorables pour soutenir leurs activités.
Les défis d’une transformation à long terme
Toutefois, ces améliorations restent pour l’heure des retombées attendues. Leur portée réelle dépendra notamment de la qualité de l’exécution des travaux, de la gestion des accès à l’échangeur et de l’évolution du trafic dans les voies environnantes.
Un échangeur ne suffit pas, à lui seul, à résoudre l’ensemble des difficultés de mobilité d’une grande métropole. Les résultats finaux dépendront aussi de la gestion des autres carrefours, de l’état général du réseau routier, de l’organisation du transport collectif et de la maîtrise de l’urbanisation. L’enjeu consiste donc à inscrire cet investissement dans une politique plus large d’amélioration des déplacements urbains.
Au-delà de son impact sur la mobilité, ce financement illustre la poursuite de la coopération bilatérale entre le Bénin et le Japon dans le domaine des infrastructures de transport. L’ambassadeur japonais, Hideki Uezono, a souligné l’importance accordée par son pays au développement des équipements structurants au Bénin. De son côté, Oscar Hugues Lokossou a insisté sur les retombées attendues de l’ouvrage pour les populations et l’activité économique, tout en réaffirmant la volonté du gouvernement béninois d’assurer un suivi rigoureux des travaux afin de garantir leur achèvement dans les délais contractuels.
Pour les usagers, la réussite du projet se mesurera moins au montant investi qu’à ses effets sur le terrain : moins de temps perdu, des déplacements plus fluides et un environnement plus propice aux affaires. À terme, l’échangeur de Vêdoko est ainsi appelé à devenir un levier d’amélioration de la mobilité urbaine à Cotonou. Les 26,228 milliards de FCFA mobilisés pour le projet représentent un investissement important, dont la valeur pour les populations dépendra de la capacité de l’infrastructure à répondre durablement aux difficultés de circulation.
À Bantè, la police attendait des munitions et a trouvé 1 031 boules de chanvre indien. Dans la nuit du 10 au 11 octobre, un renseignement venu de Bassila a conduit les policiers de Bantè à intercepter un minibus. Deux Togolais, au volant d’un véhicule chargé de cannabis, attendent désormais d’être présentés au procureur.
La cargaison que les policiers de Bantè espéraient saisir n’était pas celle qu’ils ont découverte. Dimanche 11 octobre 2026, vers 1 heure du matin, ils ont immobilisé un minibus Mazda sur le corridor routier de la commune, persuadés d’y trouver des munitions. Ils y ont finalement découvert des sacs de chanvre indien et arrêté ses deux occupants, des Togolais.
L’affaire débute au commissariat d’arrondissement de Bassila. Ses policiers signalent à leurs collègues de Bantè un véhicule suspect, soupçonné de transporter une importante quantité de munitions de calibre 12. La chaîne de commandement prend l’information au sérieux. Le commissaire de Bantè ordonne aussitôt une mission de contrôle sur l’axe concerné.
Les policiers déploient ensuite un dispositif d’interception sur la route. Le minibus tente de leur échapper, mais la poursuite s’achève au barrage. À bord, deux hommes d’une quarantaine d’années, originaires de Kouloumbé, au Togo, sont contraints de s’arrêter et de descendre du véhicule.
Du cannabis dissimulé sous la sciure
La fouille du véhicule déjoue les attentes des enquêteurs. Ces derniers ne mettent la main sur aucune munition. Ils découvrent en revanche 1 031 boules de chanvre indien, réparties dans onze sacs de jute de cent kilos chacun.
Les deux hommes avaient glissé de la sciure, des copeaux et des écorces d’arbres dans les sacs afin de masquer l’odeur du cannabis et de tromper la vigilance des contrôles. Toutefois, le procédé n’a pas résisté à l’examen des policiers.
Lors de son audition, l’un des suspects a reconnu les faits. Il a expliqué avoir chargé la marchandise à Aworo, dans la commune de Bassila, avant de la livrer à Kétou, dans le département du Plateau. Les enquêteurs ont ainsi reconstitué le trajet du véhicule, de son point de départ jusqu’à sa destination prévue.
La saisie ne livre pas les munitions annoncées, mais elle prive les deux hommes de leur liberté et de leur cargaison. Les convoyeurs doivent désormais répondre de leurs actes devant le procureur de la République. La police affirme poursuivre sa pression sur les réseaux de trafic et veiller à la sécurité des personnes et des biens.
Finalement, cette saisie rappelle toutefois que les réseaux de trafic adaptent constamment leurs méthodes de dissimulation, obligeant les forces de sécurité à renforcer leurs contrôles sur les axes routiers.