La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a prononcé, ce mardi 12 mai 2026, une lourde peine à l’encontre de l’ancien député du parti d’opposition Les Démocrates. En effet, Soumaïla Sounon Boké a été condamné à cinq années de prison ferme, assorties d’une amende de dix millions de francs CFA.
Le verdict est tombé peu avant 11 heures, dans une salle d’audience où la tension était palpable. L’ancien parlementaire, resté impassible à l’annonce de la décision, a regagné le box des accusés sous le regard bouleversé de ses proches. Plusieurs soutiens n’ont pu retenir leurs larmes, témoignant de la charge émotionnelle de ce procès.
Un message WhatsApp au cœur du dossier
Le dossier remonte à décembre 2025, lorsque les forces de l’ordre ont interpellé l’ex‑député pour des propos jugés compromettants. Le parquet a engagé des poursuites pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la haine et à la violence ». L’accusation a présenté un message publié dans un groupe WhatsApp comme une caution implicite à la tentative de coup d’État du 7 décembre. Le parquet a interprété la phrase incriminée – « C’est la fête » – comme une approbation des événements.
Tout au long de la procédure, Soumaïla Sounon Boké a contesté cette lecture. Il a affirmé que le message avait été posté par inadvertance et sorti de son contexte. Ses avocats ont insisté sur l’absence d’intention criminelle et sur la fragilité des preuves. Cependant, la cour a suivi intégralement les réquisitions du ministère public, formulées lors de l’audience du 24 mars dernier : cinq ans de prison ferme et dix millions d’amende.
À l’issue du jugement, Me Aboubakar Baparapé, l’un des conseils du prévenu, a annoncé qu’il déposerait un appel dès le lendemain.
« Nous estimons que la peine est disproportionnée et nous allons saisir la juridiction supérieure », a‑t‑il déclaré à la presse.
La CRIET face aux critiques politiques
Cette affaire illustre une nouvelle fois le rôle central que la CRIET exerce dans le traitement des dossiers sensibles. Par ailleurs, cette juridiction, créée pour lutter contre les infractions économiques et le terrorisme, fait régulièrement l’objet des accusations de l’opposition, qui la décrit comme un instrument de répression politique.
Face au cas de Soumaïla Sounon Boké, nous nous interrogeons sur la pertinence de cette critique. Peut‑on réellement considérer qu’un simple message – « C’est la fête » – constitue une apologie de crime et mérite une peine aussi lourde ? La sévérité du verdict alimente l’idée d’un règlement de comptes politique.
Pour l’heure, l’ancien député reste détenu, en attendant l’examen de son appel. Le procès, marqué par une forte médiatisation, relance aussi le débat sur la liberté d’expression et sur l’usage des réseaux sociaux dans un contexte politique sous haute surveillance.



























