Bénin : la Criet appelle à une justice ferme et respectueuse des droits

COTONOU, 12 octobre 2026 — Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Mario Metonou, a plaidé pour une justice pénale à la fois efficace et respectueuse des droits fondamentaux. Il s’est exprimé ce lundi matin à Cotonou, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027.

Son intervention intervient alors que la juridiction fait régulièrement l’objet de critiques sur le caractère jugé trop répressif de certaines poursuites. Le magistrat a reconnu la nécessité d’examiner les pratiques de la justice, tout en réaffirmant la mission de l’institution dans la lutte contre la criminalité économique, le terrorisme, la cybercriminalité et les infractions sexuelles.

La fermeté ne se réduit pas à la peine

Selon Mario Metonou, l’efficacité de la justice ne se mesure pas au nombre d’années d’emprisonnement prononcées. Il estime qu’une sanction gagne en autorité lorsqu’elle repose sur une vérité établie et sur la certitude de son application.

« L’autorité d’un arrêt de la Criet ne se mesure pas au quantum des années d’emprisonnement qu’il inflige, mais à la clarté lumineuse de sa vérité », a-t-il déclaré. Pour le procureur spécial, la sévérité ne doit jamais se confondre avec la cruauté.

Il a toutefois promis une réponse sans concession face aux atteintes graves à l’intérêt public. « Nous serons intraitables, inflexibles, féroces s’il le faut, contre ceux qui pillent la fortune publique ou pactisent avec la terreur », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que la juridiction ne fera « aucune concession » aux auteurs d’agressions sexuelles contre des enfants.

Des droits qui limitent l’action pénale

Le magistrat a également mis en garde contre toute dérive autoritaire dans la conduite des procédures. Il a rappelé que la présomption d’innocence et les droits de la défense ne constituent pas de simples formalités procédurales.

« Nous serons les premières sentinelles à nous dresser contre l’arbitraire de la procédure », a-t-il déclaré. Selon lui, la force de la loi doit s’exercer dans le respect absolu de la dignité humaine.

Cette position traduit un équilibre délicat : poursuivre efficacement des infractions complexes, souvent transnationales, sans affaiblir les garanties qui protègent les personnes poursuivies. Pour la Criet, cet équilibre conditionne aussi la crédibilité de ses décisions auprès des justiciables et des partenaires internationaux.

Une justice attentive aux victimes

Mario Metonou a également appelé à une meilleure prise en compte des victimes. Il estime que la justice doit reconnaître leur souffrance et garantir leur droit à réparation, au même titre qu’elle poursuit les auteurs d’infractions.

Le procureur a en outre plaidé pour l’individualisation des peines, en tenant compte de la situation particulière de chaque prévenu. Il a également demandé à faire de la détention provisoire une mesure exceptionnelle, plutôt qu’une réponse automatique aux poursuites pénales.

Une « troisième voie »

En choisissant ce thème pour la rentrée judiciaire, le procureur spécial a cherché à dépasser l’opposition entre laxisme et sévérité excessive. « Il existe une troisième voie, noble et exigeante, celle de la proportionnalité », a-t-il affirmé.

Son message place ainsi la Criet devant un double défi : maintenir une réponse pénale ferme face aux infractions économiques, terroristes et sexuelles, tout en consolidant la confiance dans une justice perçue comme équitable, prévisible et respectueuse des droits.

Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier

PARAKOU, 12 octobre 2026 — Plus d’un mois après la rentrée, les élèves de l’École primaire publique Sinangourou poursuivent leur année dans des conditions précaires. L’établissement, fondé en 1975, fait face à une pénurie d’enseignants, de mobilier et d’équipements, alors qu’il accueille plus de 350 apprenants.

La situation est particulièrement sensible en classe de CE2, groupe B. Depuis la nomination de son enseignante à la direction d’une autre école, aucun remplaçant n’a été affecté. Pour éviter que les élèves restent sans encadrement, le directeur, Igor Dossou Yovo, a réparti les enfants entre les trois autres groupes de la classe.

Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
© Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
Des salles sous pression

Cette réorganisation alourdit la charge des enseignants et complique le suivi pédagogique. Elle intervient également dans un contexte de manque de mobilier : le groupe B ne dispose que d’environ 90 tables-bancs, alors que l’école en nécessiterait près de 180 pour accueillir correctement ses élèves.

Selon le directeur, l’établissement n’a reçu aucun nouveau mobilier depuis plus de quinze ans. Cette pénurie oblige certains enfants à travailler dans des conditions peu favorables aux apprentissages, malgré le statut de l’école, située au cœur de Parakou.

Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
© Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
La sécurité des élèves en question

Au-delà des difficultés matérielles, la question de la sécurité préoccupe également la direction. L’école n’est pas entièrement clôturée, alors qu’elle est bordée par des axes de circulation très fréquentés. Cette situation expose les élèves à des risques, notamment lors des entrées et des sorties.

L’EPP Sinangourou accueille par ailleurs chaque année des candidats au certificat d’études primaires, dont elle constitue l’un des centres de composition à Parakou. Ce rôle renforce, aux yeux de sa direction, l’urgence d’un soutien public.

Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
© Parakou : l’EPP Sinangourou manque d’enseignants et de mobilier
Un appel aux autorités

M. Dossou Yovo a adressé ses doléances à la mairie de Parakou et au gouvernement. Il demande notamment le renforcement des effectifs enseignants, la dotation en mobilier et la sécurisation complète de l’établissement.

En attendant une réponse, l’école poursuit ses activités dans des conditions qui illustrent les défis persistants auxquels plusieurs écoles publiques béninoises font face, malgré leur ancienneté et leur importance dans le système éducatif national.

Bénin : la mort d’un deuxième instituteur noyé inquiète le département du Zou

AGBANGNIZOUN, 12 octobre 2026 — La mort d’un deuxième instituteur en moins de quinze jours dans le département du Zou plonge la communauté éducative dans l’angoisse. Le jeune homme, âgé de 27 ans, a été emporté par les eaux alors qu’il se rendait à moto vers Klouékanmè, dans la commune d’Agbangnizoun.

Le drame s’est produit dans l’arrondissement de Sahè, au niveau d’un ponceau submergé par un cours d’eau au village d’Ahogbéya. Selon les premiers éléments disponibles, l’enseignant s’était arrêté pour apprécier la profondeur de l’eau avant de poursuivre sa route, en compagnie de sa conjointe.

Emporté par le courant, il a disparu sous les yeux de cette dernière. Les habitants ont donné l’alerte, avant l’intervention des équipes de la protection civile, conduites par la capitaine Félicité Tchiguini, et des policiers du commissariat de Tavè. Les recherches se sont poursuivies jusque tard dans la nuit. Les équipes de secours ont repêché le corps de la victime vers 23 h 15.

Une série qui inquiète

Cette mort survient à peine deux semaines après un drame comparable survenu dans la commune voisine de Djidja. Le 28 septembre 2026, Wilfried Houngbadji, instituteur à l’École primaire publique d’Agonhohoun, avait également disparu avec son fils lors d’un déplacement à moto. Les secouristes ont retrouvé leurs corps le lendemain.

La répétition de ces accidents, impliquant deux enseignants du même département et des circonstances proches, alimente les interrogations parmi les riverains et les agents de l’Éducation nationale. Certains habitants évoquent désormais la nécessité d’une enquête approfondie afin d’établir avec précision les causes de ces tragédies successives.

Les autorités sous pression

Les services de santé, l’administration départementale et les forces de sécurité ont intensifié leur présence dans la zone. Les enquêtes administrative et policière se poursuivent pour reconstituer la chaîne des événements et déterminer les responsabilités éventuelles.

Dans les zones rurales du Zou, l’inquiétude gagne toutefois du terrain parmi les fonctionnaires affectés loin de leurs domiciles. La population réclame des réponses rapides ainsi que des mesures urgentes de sécurisation des passages à risque, afin d’éviter de nouveaux drames.

Bénin : Modernisation de l’École aéronautique militaire Cana

Le Bénin entend faire de l’École aéronautique militaire de Cana un centre d’excellence régional. Lors d’une inspection, le ministre délégué chargé de la Défense nationale a salué les progrès de la formation, tout en appelant à la réhabilitation urgente des infrastructures. 

CANA, 12 octobre 2026 — Face à la recomposition des enjeux sécuritaires régionaux, le Bénin franchit une étape stratégique pour renforcer son autonomie militaire et sécuriser son espace aérien. Vendredi 9 octobre 2026, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Habib Bignon Agonkan, a ainsi mené une inspection ciblée de l’École aéronautique militaire de Cana (EAM-Cana), affichant l’ambition de Cotonou de transformer cette installation en un centre d’excellence aéronautique pour l’Afrique de l’Ouest.

Ministère de la défense Nationale
© Ministère de la défense Nationale
Drones et hautes technologies : le virage de la formation tactique

Au cœur de cette visite d’évaluation, le commandement militaire a présenté la montée en puissance des cursus axés sur les technologies émergentes. L’établissement assure actuellement la formation de 100 opérateurs de drones destinés à l’État-Major général, une capacité désormais cruciale pour la surveillance du territoire et l’anticipation opérationnelle.

Accompagné du commandant de la base, le lieutenant-colonel Olayéni Thierry Monda, ainsi que des responsables des principaux centres d’instruction de l’armée, le ministre a examiné les simulateurs de vol, les ateliers de maintenance et le centre d’innovation consacré aux moteurs volants. Une démonstration tactique, orchestrée par des stagiaires et consacrée au vol d’un drone de reconnaissance, a par ailleurs illustré cette maîtrise technique, qui englobe également le pilotage conventionnel, la mécanique aéronautique et le contrôle du trafic aérien.

Ministère de la défense Nationale
© Ministère de la défense Nationale
Le défi des infrastructures : l’urgence d’une mise aux normes

Malgré ces avancées académiques, la réalité du terrain impose des arbitrages budgétaires et logistiques immédiats. L’inspection des installations de piste a en effet mis en lumière l’obsolescence des infrastructures d’atterrissage, devenues inadaptées aux exigences des aéronefs modernes et à l’intensification des sessions de formation.

Le commandement de la base a donc formalisé l’ensemble des besoins prioritaires afin de garantir la sécurité des vols et de pérenniser l’instruction. La réhabilitation de la piste et le renouvellement des équipements techniques constituent ainsi les préalables indispensables pour absorber la croissance des effectifs militaires.

Ministère de la défense Nationale
© Ministère de la défense Nationale
Une doctrine nationale axée sur l’autonomie stratégique

Cette volonté de rapatrier la formation des spécialistes de l’air s’inscrit directement dans la feuille de route fixée par le président de la République, Romuald Wadagni. L’exécutif entend en effet rompre avec la dépendance aux centres d’instruction étrangers en façonnant une expertise locale de haut niveau.

En résorbant les déficits infrastructurels de Cana, le gouvernement béninois ambitionne à la fois d’asseoir la sécurité du pays et d’exporter son savoir-faire auprès des armées partenaires de la sous-région.

En somme, la transformation de Cana en pôle aéronautique militaire de référence dépendra désormais de la capacité de Cotonou à traduire ces ambitions en investissements durables.

Bénin : Inès Hadonou-Toffoun élue au Comité consultatif de l’ONU

La juriste béninoise Akouavi Inès L. Hadonou-Toffoun a été élue, le 7 octobre 2026, au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son mandat, qui court de 2026 à 2029, lui ouvre les portes d’un organe chargé d’éclairer les décisions de l’ONU par des travaux de recherche et des avis spécialisés. Une consécration professionnelle qui met en lumière l’expertise béninoise dans les mécanismes internationaux de protection des droits humains.

Le Bénin compte désormais une experte au sein de l’un des organes consultatifs du système onusien consacrés à la promotion et à la protection des droits humains. Akouavi Inès L. Hadonou-Toffoun figure parmi les six personnalités élues au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme à l’issue de la 63ᵉ session ordinaire de cette instance, qui s’est achevée à Genève, en Suisse, le 7 octobre 2026.

Cette élection distingue un parcours professionnel articulé autour du droit, de la recherche universitaire et des politiques publiques en matière de droits humains. Elle permet également de mettre en perspective le rôle que les compétences juridiques et scientifiques peuvent jouer dans les mécanismes internationaux de protection des libertés fondamentales.

Ministère des Affaires étrangères du Bénin
© Ministère des Affaires étrangères du Bénin
Une expertise juridique au service des Nations unies

Enseignante-chercheuse à la Faculté de droit de l’Université de Parakou, Inès Hadonou-Toffoun exerce également des responsabilités dans le domaine des droits humains au sein du ministère béninois de la Justice et de la Législation. Son parcours professionnel comprend notamment des activités de recherche, d’enseignement et de participation à l’élaboration de rapports destinés aux mécanismes internationaux de suivi des droits humains.

Cette expérience constitue un socle pour les fonctions auxquelles elle accède désormais. Au sein du Comité consultatif, elle rejoint un groupe de spécialistes indépendants appelés à approfondir des questions relatives aux droits humains et à produire des analyses destinées à éclairer les travaux du Conseil.

L’enjeu dépasse ainsi la reconnaissance individuelle. Il concerne également la contribution des compétences développées au Bénin aux travaux d’expertise conduits dans le cadre multilatéral.

Un comité de 18 experts pour éclairer les décisions du Conseil

Contrairement à une instance politique composée de représentants gouvernementaux, le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme fonctionne comme un organe d’expertise. Il réunit 18 spécialistes indépendants, issus de différentes régions du monde et de plusieurs domaines professionnels.

Élus par le Conseil, ses membres siègent à titre individuel et non en qualité de délégués de leur pays. Leur mission consiste principalement à mener des études et des recherches, puis à formuler des avis sur les questions thématiques que le Conseil leur soumet. Le Comité ne remplace donc pas le Conseil dans ses fonctions décisionnelles : il lui apporte un éclairage technique et scientifique.

Les membres exercent un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. L’élection de la juriste béninoise s’inscrit dans ce cadre institutionnel, qui vise à mettre des compétences indépendantes au service de la réflexion internationale sur les droits fondamentaux.

À la clôture de la 63ᵉ session, le 7 octobre, le Conseil des droits de l’homme a annoncé l’élection de six nouveaux membres : outre la Béninoise, il s’agit de Josephine Ndagire, de l’Ouganda, Mohammad Sufiur Rahman, du Bangladesh, Riva Ganguly Das, de l’Inde, Jorge Barrera-Rojas, du Chili, et Anikó Szalai, de la Hongrie.

Ministère des Affaires étrangères du Bénin
© Ministère des Affaires étrangères du Bénin
Une reconnaissance qui met en lumière l’expertise béninoise

L’élection d’Inès Hadonou-Toffoun offre au Bénin une nouvelle visibilité dans les mécanismes internationaux dédiés aux droits humains. Elle souligne notamment la place de la formation juridique, de la recherche et de l’expérience administrative dans la production d’analyses susceptibles d’orienter les travaux des institutions internationales.

Cette nomination ne lui confère toutefois pas un mandat de représentation diplomatique du Bénin. En siégeant à titre individuel, elle rejoint le Comité en tant qu’experte indépendante, avec la responsabilité de contribuer à ses travaux dans le cadre de son mandat.

La portée de cette élection se mesurera donc aussi à la contribution qu’elle apportera aux réflexions et aux études conduites par le Comité. Pour la juriste béninoise, les trois prochaines années constitueront une nouvelle étape professionnelle, à la croisée de l’expertise juridique, de la recherche et de la protection internationale des droits fondamentaux.

SInAEB 2026 : Cotonou prépare les PME à l’investissement

Cotonou accueillera, les 28 et 29 octobre 2026, la première édition du Salon de l’investissement et de l’accompagnement des entreprises au Bénin (SInAEB). Organisé au Palais des Congrès, ce rendez-vous entend dépasser la mise en relation ordinaire entre entrepreneurs et bailleurs : il vise à préparer les PME à devenir des partenaires crédibles pour les investisseurs.

Un rendez-vous pour l’avenir

Porté par le cabinet Lead Heritage, le SInAEB se présente comme une plateforme nationale dédiée à la structuration, au financement et à la transformation des entreprises. Son ambition affichée est de créer une chaîne cohérente : diagnostic, renforcement des capacités, rencontres ciblées, accès au capital, puis suivi des projets.

Le salon s’adresse aux PME en croissance, aux institutions financières, aux investisseurs, aux fonds, aux structures d’accompagnement, aux grandes entreprises et aux partenaires au développement. Il réunira ces acteurs autour de quatre dispositifs : exposition, masterclass, rencontres professionnelles ciblées et soirée de distinction.

Réduire le risque avant de financer

L’édition 2026 s’articule autour du thème « L’accompagnement technique comme levier de mitigation du risque PME ». L’idée centrale est limpide : une entreprise ne devient finançable que lorsqu’elle maîtrise sa gouvernance, ses données financières, sa trésorerie et sa stratégie commerciale.

Naïl Ayinla Liadi, partenaire associé de Lead Heritage, estime que le Bénin dispose déjà d’entrepreneurs, d’opportunités et de ressources financières. Le défi, selon lui, réside dans la qualité de la rencontre entre ces éléments. Beaucoup de PME cherchent un financement avant d’avoir consolidé leur organisation, tandis que les financeurs attendent des projets suffisamment structurés pour sécuriser leur décision.

Le SInAEB entend donc agir sur cet écart. Les entreprises pourront bénéficier d’un « Audit Flash Bancabilité », d’un « Diagnostic Gouvernance » et d’un coaching destiné à préparer leur présentation devant les investisseurs. L’objectif consiste à repérer les faiblesses qui freinent l’accès au crédit ou à l’investissement, puis à orienter les dirigeants vers les corrections prioritaires.

Un parcours, pas seulement un salon

Les organisateurs refusent de réduire l’événement à une vitrine commerciale. En effet, ils veulent construire un véritable pipeline économique, où chaque étape prépare la suivante.

  • L’exposition permettra aux PME, aux banques et aux institutions de présenter leurs offres et d’identifier des opportunités.

  • Les masterclass aborderont la structuration financière, l’accès au crédit, la gouvernance, la conformité fiscale et la préparation à l’investissement.

  • Les rencontres B2B convertiront les contacts en discussions commerciales ciblées.

  • Les espaces d’Invest Matching offriront aussi un cadre plus confidentiel pour les négociations entre entreprises et financeurs.

Cette organisation vise à rapprocher chaque besoin d’entreprise de l’instrument financier adapté. Une jeune structure, une PME souhaitant acquérir un équipement, une entreprise en quête de fonds de roulement ou une société prête à lever des capitaux ne présentent, en effet, ni le même risque ni les mêmes exigences.

Des objectifs mesurables

Le SInAEB fixe des résultats concrets. Les organisateurs espèrent accompagner au moins 80 PME à travers les clinics techniques, générer des rendez-vous qualifiés, favoriser l’émergence de dossiers finançables et créer des opportunités commerciales. Le site officiel évoque également plus de 600 participants attendus sur deux jours.

Pour les promoteurs, la réussite ne se mesurera pas au nombre de visiteurs. Elle dépendra des partenariats engagés, des dossiers poursuivis en vue d’un financement et des contrats conclus après le salon. L’ambition à long terme consiste à convertir des entreprises à potentiel en structures solides, puis ces structures en projets investissables.

Une réponse aux besoins du tissu économique

Le salon intervient dans un contexte où l’accès au financement demeure un obstacle majeur pour de nombreuses PME. Le magazine institutionnel du SInAEB avance que 85 % des PME béninoises n’ont pas accès au financement formel, un chiffre qui souligne l’ampleur du défi.

Les organisateurs veulent faire du SInAEB un rendez-vous annuel, capable de réunir durablement les PME, les accompagnateurs, les grandes entreprises, les institutions publiques, les banques et les investisseurs. Leur pari est audacieux : un pays attractif ne se limite pas à capter des capitaux ; il doit aussi offrir des entreprises organisées, des projets documentés et des partenaires locaux capables de les valoriser.

À Cotonou, les 28 et 29 octobre, le SInAEB cherchera donc à installer une nouvelle méthode : accompagner d’abord, structurer ensuite, financer enfin.

Coopération Bénin-Allemagne : 15 M€ de plus actés à Cotonou

Le Bénin et l’Allemagne ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat. Réunis le jeudi 8 octobre 2026 à Cotonou, les deux pays ont bouclé les consultations préparatoires à leurs négociations intergouvernementales. À l’issue des échanges, Berlin a débloqué une enveloppe additionnelle de 15 millions d’euros pour l’année en cours. Les deux parties se retrouveront en 2027 dans la capitale allemande pour sceller les termes définitifs de leur coopération.

Un dialogue stratégique au ministère des Finances

Les travaux se sont tenus au ministère de l’Économie, des Finances et de la Coopération. Hugues O. Lokossou, ministre chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette, et Dr Silvia Morgenroth, directrice de la Division Afrique de l’Ouest au ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement, ont co-présidé la rencontre. Cette dernière conduisait la délégation allemande.

Dans un communiqué conjoint publié le vendredi 9 octobre 2026, les deux camps saluent la solidité de leurs liens d’amitié et de coopération. La partie allemande applaudit les réformes économiques et financières engagées par le Bénin, destinées à ouvrir des perspectives à une population majoritairement jeune.

Trois chantiers prioritaires

Les discussions ont dessiné trois axes majeurs. Le premier porte sur la bonne gouvernance financière et la décentralisation. Le deuxième cible le développement du secteur privé et la formation professionnelle. Le troisième englobe l’eau et la biodiversité.

Dans chaque domaine, les projets visent à renforcer la résilience des populations et à soutenir un développement équilibré sur l’ensemble du territoire. Cette approche rejoint la logique de territorialisation du développement que défendent les autorités béninoises.

Une enveloppe aux deux visages

L’annonce financière porte sur 15 millions d’euros supplémentaires octroyés cette année. Ces fonds alimentent un projet régional qui prévoit l’intégration d’une composante solaire à la centrale hydroélectrique de Nangbéto. Ils soutiennent également l’extension d’un programme de conseil aux petites et moyennes entreprises, ainsi que l’accompagnement des femmes entrepreneures.

Cette enveloppe traduit une double ambition. D’un côté, elle investit dans l’infrastructure énergétique en adjoignant une source solaire à un ouvrage hydroélectrique existant. De l’autre, elle appuie directement le tissu entrepreneurial, avec un accent marqué sur les PME et l’entrepreneuriat féminin.

Un socle de valeurs partagées

Par ailleurs, les deux délégations réaffirment leur engagement à consolider la démocratie et l’État de droit. Elles défendent une coopération internationale inscrite dans un cadre multilatéral, fondé sur le respect du droit international et de valeurs communes.

Les participants jugent les échanges constructifs et fructueux. Ils ont acté la tenue des négociations intergouvernementales à Berlin en 2027. Ce rendez-vous fixera le cadre et les engagements de la coopération entre le Bénin et l’Allemagne pour les années à venir.

Bénin : Les Démocrates face à une nouvelle onde de chocs avant leur congrès

Porto-Novo se prépare à héberger, les 10 et 11 octobre 2026, le deuxième congrès ordinaire des Démocrates. Pourtant, à la veille de ce rendez-vous, la principale formation d’opposition du Bénin traverse une zone de turbulences.

Deux figures annoncent leur retrait : Célestin Hounsou, ancien député, et René Igari Orou Bagoudou, vice-président chargé de la coordination des activités dans l’Alibori et membre fondateur du parti. Leur décision, rendue publique le jeudi 8 octobre 2026, accentue la pression sur une organisation déjà minée par les querelles internes.

Des motifs de départ qui divergent

Célestin Hounsou explique son choix dans un courrier rendu public. Il regrette que les valeurs qui portaient son engagement politique ne trouvent plus de place dans les instances du parti. Son départ traduit un malaise ancien, nourri par plusieurs mois de tensions.

René Igari Orou Bagoudou invoque, lui, des raisons stratégiques. Le responsable de l’Alibori et membre fondateur dénonce des choix politiques contradictoires et une ligne de conduite qu’il juge incohérente. Il estime ne plus pouvoir exercer sa mission sereinement au sein des Démocrates. Plusieurs sources évoquent d’autres départs possibles parmi les responsables locaux et certains cadres dans les jours à venir.

Une direction disputée devant la justice

Ces démissions s’inscrivent dans une crise de leadership qui secoue le parti depuis plusieurs mois. Les responsables s’affrontent devant les tribunaux pour le contrôle de la direction. La tension monte après le soutien d’Éric Houndété, ancien premier vice-président, à Romuald Wadagni, candidat à la présidentielle d’avril 2026. Faute de parrainages, le parti n’avait pas pu participer au scrutin et n’avait donné aucune consigne de vote.

Nourénou Atchadé a ensuite pris la tête de la formation. Éric Houndété a contesté cette décision devant le tribunal de première instance de Cotonou. La justice a donné raison au camp Atchadé. L’ancien premier vice-président a fait appel. La Cour d’appel de Cotonou doit désormais se prononcer.

Avant cette bataille judiciaire,Les Démocrates avaient déjà perdu plusieurs cadres. Le retrait de l’ancien président Boni Yayi de la présidence du parti, pour raisons de santé, peu avant la présidentielle de 2026, reste le plus marquant. D’autres ont suivi : Guy Mitokpè en mars, Nadine Okoumassoun en août, puis l’honorable Léon F. Dègny début octobre. La crise atteint une telle ampleur que vingt responsables du Littoral ont été suspendus.

Un congrès sous pression

Le deuxième congrès ordinaire devait offrir une bouffée d’oxygène. Un Conseil national s’est réuni la veille à Cotonou pour préparer les travaux. Mais les démissions de la veille assombrissent l’événement. Le parti, affaibli par les revers électoraux de 2026 et une crise de leadership persistante, doit désormais convaincre qu’il peut encore peser sur la scène politique.

Pour les observateurs, une question demeure : Les Démocrates peuvent-ils redevenir une alternative crédible, ou assiste-t-on à l’effritement progressif de la principale force d’opposition du Bénin ?

Bénin : trois pilleurs d’eau et d’électricité arrêtés à Kétou

Surpris en plein sabotage à quatre heures du matin dans le quartier Massafè, trois individus accusés de démanteler méthodiquement les réseaux d’eau et d’électricité de la ville ont été neutralisés par la police béninoise.

Infiltration nocturne à l’ancienne poste de Massafè

L’obscurité de quatre heures du matin enveloppait à peine le quartier Massafè, ce jeudi 8 octobre 2026, lorsque le calme de l’ancien bâtiment des PTT a volé en éclats. Posté le long de la chaussée déserte, un guetteur surveillait les abords, pendant que ses deux complices s’introduisaient sous la toiture de l’édifice public pour en sectionner les câbles électriques. Ce plan s’est brutalement effondré lors du passage d’une patrouille du commissariat d’arrondissement central de Kétou. Surpris en flagrant délit de sabotage, le trio s’est immédiatement retrouvé encerclé puis neutralisé par les forces de l’ordre.

Un sabotage méthodique des services urbains

Depuis plusieurs mois, la municipalité de Kétou subissait une vague d’actes criminels ciblant ses infrastructures essentielles. Entre deux et quatre heures du matin, les malfaiteurs écumaient les chantiers résidentiels et les édifices publics, privant régulièrement les habitants d’eau et d’électricité.

Leur mode opératoire ciblait les équipements de deux opérateurs nationaux majeurs : la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB), dont les compteurs alimentaient un marché d’occasion illicite, et la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), dont le cuivre des câbles attirait les trafiquants. Par ailleurs, la perquisition effectuée dans la foulée des arrestations a confirmé l’ampleur du préjudice, permettant la saisie de trois compteurs d’eau et d’un stock important de fils électriques.

Un coup d’arrêt aux atteintes contre le bien public

L’opération menée par les patrouilleurs du commissariat central porte un coup sévère aux réseaux de dégradation d’équipements urbains. Désormais placés en garde à vue, les trois suspects répondront prochainement de leurs actes devant le Procureur de la République. Cette intervention souligne l’engagement des forces de sécurité dans la protection des réseaux critiques, où le vol de matériaux menace directement le quotidien des citoyens et la continuité des services de distribution d’eau et d’électricité.

Bénin 2060 : le CIPB présente ses priorités à l’Assemblée

Le président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (CIPB), Roland Riboux, a porté devant le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, une série de priorités qu’il juge décisives pour l’avenir du pays. Au-delà d’une rencontre institutionnelle, l’échange a remis au centre du débat quatre chantiers : la nutrition des enfants, l’alphabétisation, la formation citoyenne et l’énergie nucléaire.

Une contribution patronale au débat de long terme

Reçu mercredi 7 octobre au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Roland Riboux a présenté des réflexions élaborées par le CIPB autour de la vision nationale « Bénin 2060 Alafia ». Cette feuille de route ambitionne de projeter le pays vers un horizon de paix, de prospérité, de bonne gouvernance et de bien-être partagé.

Le CIPB ne se limite pas à un rôle de représentation des entreprises. Créée en 2002, l’organisation rassemble aujourd’hui environ 60 grandes sociétés opérant dans plusieurs secteurs et cherche à influencer les orientations économiques, fiscales et sociales du pays. Cette année, elle travaille sur des propositions destinées à nourrir le programme d’action du gouvernement.

Zéro malnutrition infantile comme ligne de départ

Le premier message porté à la présidence de l’Assemblée est qu’aucun projet de développement ne peut produire ses effets si une partie des enfants grandit avec des carences alimentaires. Roland Riboux plaide ainsi pour un objectif de réduction radicale, voire d’élimination, de la malnutrition infantile dans les prochaines années.

Cette orientation déplace le débat économique vers le capital humain. Elle suppose de renforcer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée, mais également de mieux coordonner les politiques de santé, d’agriculture, d’éducation et de protection sociale.

Lire, comprendre et participer

Le dirigeant du CIPB a également insisté sur l’analphabétisme, qu’il présente comme un frein à l’autonomie économique et à la participation citoyenne. Sa proposition ne vise pas seulement l’enseignement scolaire : elle défend le développement rapide de la lecture fonctionnelle auprès des adultes, afin de permettre à chacun de comprendre un document, une consigne, un contrat ou une information publique.

Roland Riboux veut aussi réinstaller l’instruction civique et morale au cœur du secondaire. Pour le secteur privé, cette matière doit contribuer à former des citoyens capables de connaître leurs droits, d’assumer leurs devoirs et de participer plus sereinement à la vie collective.

Le nucléaire, une piste à examiner

Enfin, le président du CIPB a évoqué l’énergie nucléaire comme une option de long terme pour l’Afrique. Son argument repose sur les incertitudes liées aux énergies fossiles, notamment la volatilité attendue des prix du pétrole et du gaz.

L’idée ouvre toutefois un débat beaucoup plus vaste. Un programme nucléaire exige des investissements considérables, une expertise technique durable, une gouvernance rigoureuse, des garanties de sûreté et une planification sur plusieurs décennies. À ce stade, les propos rapportés relèvent d’une orientation stratégique proposée au débat, non de l’annonce d’un projet nucléaire béninois.

Ce qu’il faut retenir

La rencontre n’a débouché sur aucune décision législative ni sur un engagement financier annoncé. Elle a surtout permis au patronat organisé de soumettre au Parlement une vision du développement qui place la qualité de la population — alimentation, instruction et civisme — au même niveau que les infrastructures et la croissance économique.

Le signal politique est clair : pour atteindre l’ambition d’« Alafia 2060 », le CIPB estime que le Bénin devra commencer par résoudre des vulnérabilités sociales immédiates, tout en préparant dès maintenant ses choix énergétiques et économiques de long terme.