Le Bénin s’engage à accueillir des candidats haïtiens dans ses écoles militaires afin de contribuer à la reconstruction des Forces armées d’Haïti. L’annonce intervient lors d’une visite de travail du commandant en chef de l’armée haïtienne, le lieutenant-général Derby Guerrier, à Cotonou.
Reçu mardi 3 novembre 2026 par le chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, le responsable haïtien a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les deux pays. Les deux délégations ont examiné les besoins d’Haïti en matière de formation des officiers et de sécurisation du territoire.
Les Forces armées d’Haïti traversent une phase décisive de leur histoire. Démobilisées en 1995, elles ont été remobilisées en 2018, dans un contexte marqué par la montée des violences criminelles et la fragilisation des institutions publiques.
Malgré les récents recrutements, l’institution manque toujours de cadres expérimentés et d’officiers formés. Cette insuffisance limite sa capacité à protéger les populations, à contrôler le territoire et à répondre aux crises sécuritaires qui frappent le pays. Face à ce déficit, le lieutenant-général Derby Guerrier a sollicité l’expertise de l’armée béninoise. Il souhaite notamment bénéficier de son expérience dans la formation militaire, le commandement et l’organisation des forces de défense.
Cotonou ouvre ses écoles
Le général Fructueux Gbaguidi a répondu favorablement à cette demande. Le Bénin ouvrira les portes de ses écoles militaires à la jeunesse haïtienne afin de former une nouvelle génération d’officiers capables d’assumer leurs responsabilités.
Cette coopération devrait permettre à Haïti de renforcer ses compétences en matière de commandement, de discipline, de planification et de protection des populations. Elle s’inscrit dans une logique de partage d’expertise entre deux armées confrontées à des défis de sécurité majeurs.
Pour le Bénin, l’initiative confirme également sa volonté d’affirmer son rôle dans la coopération militaire régionale et internationale. En accueillant des futurs officiers haïtiens, Cotonou entend contribuer à la stabilité d’un pays fragilisé par plusieurs années de crises.
La formation des officiers représente un enjeu central pour Haïti. Sans cadres suffisamment préparés, les Forces armées peinent à assurer efficacement leur mission : défendre l’intégrité du territoire, soutenir les institutions et protéger les civils face aux groupes armés.
L’appui béninois pourrait donc contribuer à doter l’armée haïtienne de compétences durables. Il vise à former des responsables capables d’encadrer les troupes, de coordonner les opérations et de renforcer la confiance des populations envers les institutions de sécurité.
Reste à préciser les modalités pratiques de cet accord : nombre de places disponibles, durée des formations, critères de sélection et financement des séjours. Ces éléments détermineront l’ampleur réelle de cette coopération et sa capacité à répondre aux besoins urgents d’Haïti.
Porto-Novo s’est imposé, le lundi 2 novembre 2026, comme le centre névralgique de la réflexion juridique africaine. L’École Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) accueille la 18ᵉ session de formation de l’Association Africaine des Hautes Juridictions Francophones (AA-HJF). Jusqu’au 4 novembre 2026, l’élite de la magistrature du continent analyse les transformations profondes qui affectent l’exercice de la justice, conciliant l’urgence de protéger les droits fondamentaux et l’obligation de garantir la stabilité des institutions.
La journée inaugurale a placé la crise globale de l’ordre juridique au cœur des débats. Présidant la modération de la première conférence, la professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, a guidé les échanges sur la vulnérabilité croissante des tribunaux internationaux face à la dégradation des règles collectives. Les participants ont ainsi questionné la posture idéale du juge dans un environnement multilatéral affaibli. L’assemblée a opposé une application strictement formaliste des textes à une démarche plus prospective, érigeant le magistrat en gardien de la mémoire et en bâtisseur d’une nouvelle légalité internationale.
Lors des travaux de l’après-midi, les réflexions se sont orientées vers le droit interne et l’équilibre des pouvoirs au sein des États. Animant un atelier consacré au contrôle de constitutionnalité des actes juridictionnels, la professeure Gnamou a abordé la délicate frontière entre la protection constitutionnelle et l’autorité des décisions de justice. Les spécialistes ont notamment averti contre le risque de transformer la juridiction constitutionnelle en un degré supplémentaire de recours, une dérive susceptible d’ébranler l’autorité de la chose jugée. Les experts recommandent dès lors un encadrement rigoureux de ces procédures, exigeant une définition stricte des conditions d’accès et des compétences des juges.
Cette rencontre internationale dépasse le cadre de la mise à niveau technique pour poser les fondations d’une doctrine judiciaire continentale réaffirmée. Face aux mutations géopolitiques actuelles, les juridictions suprêmes d’Afrique francophone cherchent à consolider la sécurité juridique, facteur indispensable au développement économique et à la paix sociale. Les magistrats poursuivront leurs ateliers jusqu’au 4 novembre 2026 à Porto-Novo afin de formuler des directives opérationnelles. À terme, ces travaux renforceront l’efficacité de la justice tout en préservant l’équilibre institutionnel de chaque État membre.
Alors que les mutations du droit et des équilibres institutionnels se multiplient à l’échelle mondiale, les conclusions de cette 18ᵉ session de l’AA-HJF pourraient contribuer à redéfinir le rôle des hautes juridictions africaines dans la consolidation de l’État de droit et la préservation de la sécurité juridique sur le continent.
Face à l’érosion économique qui menace la survie des entreprises de presse béninoises, l’organe de régulation du secteur prend le taureau par les cornes. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a ouvert, le lundi 2 novembre 2026 à Bohicon, une session de travail stratégique réunissant les éditeurs et patrons de presse du pays. Cette rencontre de trois jours vise à promouvoir les alliances industrielles et le regroupement d’entreprises afin de surmonter une précarité financière devenue chronique.
Si le Bénin s’enorgueillit d’une pluralité remarquable de journaux, de chaînes de télévision, de stations de radio et de médias en ligne, cette abondance masque une vulnérabilité structurelle profonde. En effet, la plupart des organes de presse évoluent avec des fonds propres dérisoires, des effectifs réduits travaillant dans des conditions précaires et un matériel technologique obsolète. En affrontant le marché de manière isolée, les éditeurs négocient en position d’infériorité face aux annonceurs publicitaires, aux imprimeries et aux prestataires techniques. La HAAC entend ainsi briser cette dynamique d’atomisation en présentant la mutualisation comme la clé de la viabilité économique.
Jusqu’au 4 novembre 2026, des juristes spécialisés en droit des affaires, des universitaires en gestion et des experts des médias décortiquent les mécanismes juridiques du droit commercial OHADA applicables aux entreprises de presse. Les intervenants exposent notamment les avantages fiscaux, administratifs et logistiques découlant des synergies interentreprises. Représentant l’institution à l’ouverture des travaux, le vice-président Mohamed Baré a affirmé que l’association des ressources financières accroît le poids des médias sur le marché et accélère leur modernisation. De son côté, le secrétaire général François Awoudo a rappelé que les partenaires financiers et les autorités publiques privilégient désormais les structures solides, organisées et transparentes.
Le régulateur fixe néanmoins des garde-fous stricts pour préserver le pluralisme de l’information. La HAAC distingue la coopération solidaire, destinée à renforcer les capacités opérationnelles des acteurs, de la concentration des titres qui viserait à dominer le marché ou à manipuler l’opinion. Tout en refusant d’imposer des modèles coercitifs, l’institution encourage une consolidation responsable du secteur. À terme, cette initiative ambitieuse vise à doter le paysage médiatique béninois d’entreprises de presse autonomes, rentables et préparées aux défis de l’écosystème numérique moderne.
Dans le troisième arrondissement de Parakou, le Collège d’enseignement général (CEG) de Tinré vit sous une pression constante liée aux risques de cambriolage. Dépourvu de clôture, l’établissement dépend entièrement de la vigilance de deux agents de sécurité, présents jour et nuit pour protéger ses infrastructures et son matériel.
Face à cette vulnérabilité, le censeur du collège, Orou Gabe Orou Kpagara François, appelle les autorités compétentes à financer la construction d’une enceinte autour du site.
L’absence de clôture laisse le CEG de Tinré largement accessible, y compris en dehors des heures de cours. Les bâtiments, les équipements pédagogiques et les biens destinés aux élèves restent ainsi exposés aux intrusions, particulièrement durant la nuit.
Pour limiter ces risques, l’établissement a mobilisé deux agents de sécurité. Leur présence rassure partiellement la communauté éducative, sans toutefois remplacer une clôture. Le censeur estime que cette organisation demeure insuffisante face à l’ampleur des menaces.
Orou Gabe Orou Kpagara François lance donc un appel aux autorités éducatives, aux élus locaux et aux partenaires du secteur. Il demande la construction rapide d’une clôture autour du collège.
Pour la direction, une enceinte délimiterait clairement l’espace scolaire, de réduire les points d’accès non contrôlés et de renforcer l’efficacité du dispositif de surveillance existant. La mesure protégerait également les élèves et le personnel en limitant les entrées incontrôlées pendant les heures de cours.
Le cas du CEG de Tinré illustre les difficultés rencontrées par certains établissements qui doivent assurer leur fonctionnement malgré des moyens de protection limités. Chaque intrusion potentielle menace à la fois le matériel et la continuité des enseignements et la confiance des familles.
La construction d’une clôture représenterait également un investissement durable, capable de réduire les dépenses liées aux réparations et au remplacement du matériel volé ou endommagé. En attendant une réponse des autorités, le CEG de Tinré poursuit sa mission éducative dans des conditions précaires. La direction espère désormais que son appel sera entendu et que l’établissement pourra enfin bénéficier d’une protection adaptée à ses besoins.
La communauté catholique de Cotonou a vécu un dimanche de deuil. Le père Éric Ahissou, curé de la paroisse Notre-Dame de la Visitation de Gbédagba, est décédé le 1er novembre 2026 alors qu’il célébrait la messe du matin, en la solennité de la Toussaint.
Selon les informations disponibles, le prêtre a été surpris par un malaise alors qu’il prononçait son homélie devant les fidèles rassemblés dans l’église. Les secours n’ont pas pu le ramener à la vie. Son décès brutal a plongé l’assemblée dans la consternation et laissé la paroisse sous le choc.
Une mort au cœur de la célébration
La scène a bouleversé les fidèles présents. Le père Ahissou officiait devant des hommes, des femmes et des enfants venus marquer une journée dédiée, dans l’Église catholique, à la mémoire des défunts et à l’espérance de la vie éternelle. Son malaise a interrompu la célébration et transformé un moment de recueillement en une épreuve collective.
Les circonstances exactes du décès n’ont pas été rendues publiques. Par ailleurs, les proches, les autorités religieuses et les services médicaux n’avaient pas, au moment de la publication, communiqué de bilan médical détaillé. Il convient donc d’éviter toute conclusion hâtive sur les causes de sa mort.
Seize ans au service de l’Église
Né le 6 juin 1978, le père Éric Ahissou comptait seize années de ministère sacerdotal. Il exerçait comme curé à Gbédagba, dans l’archidiocèse de Cotonou, où il accompagnait les fidèles dans leur vie spirituelle et animait les activités de la paroisse.
Sa disparition laisse un vide au sein d’une communauté qui le connaissait comme un pasteur proche de ses ouailles. Pour ses confrères, ses paroissiens ainsi que les familles qu’il accompagnait, la perte revêt une dimension particulièrement douloureuse : le prêtre est mort dans l’exercice même de sa mission, devant ceux qu’il servait.
Une communauté sous le choc
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, les messages de condoléances ont afflué au sein de la communauté catholique béninoise. Les fidèles rendent hommage à un homme consacré à l’Église, à l’annonce de la foi et à l’accompagnement des âmes.
Enfin, la messe de la Toussaint, célébrée chaque 1er novembre, invite les chrétiens à se souvenir de ceux qui les ont précédés. Ce dimanche, la célébration a pris, pour la paroisse de Gbédagba, une signification tragique et intime : la communauté pleure son curé, tandis que l’archidiocèse de Cotonou attend les annonces relatives à ses obsèques et aux célébrations en sa mémoire.
Cotonou, le 2 novembre 2026 — Le Bénin s’est particulièrement distingué lors de l’édition 2026 des Africa Tourism Awards, dont la cérémonie s’est tenue ce dimanche 1er novembre à Londres, au Royaume-Uni, en remportant quatre distinctions majeures : « Destination touristique de l’année », « Destination culturelle de l’année » et « Vidéo touristique de l’année », auxquelles s’ajoute le titre d’« Agence nationale du tourisme de l’année », attribué à Bénin Tourisme. Avec ces quatre récompenses, le pays figure parmi les grands lauréats de cette édition et voit ses efforts en faveur du développement du tourisme et de la promotion de la destination salués à l’échelle continentale.
Les Africa Tourism Awards distinguent les destinations, institutions, entreprises et personnalités qui façonnent l’avenir du tourisme africain. Réunissant responsables d’offices de tourisme, décideurs publics, professionnels de l’hôtellerie et du voyage, investisseurs et médias, cette initiative s’impose comme une vitrine de premier plan pour l’excellence touristique africaine et contribue à porter un nouveau regard sur le continent.
Ce palmarès traduit la réussite de la politique volontariste conduite par le Gouvernement de la République du Bénin, qui a placé le tourisme au cœur de sa stratégie de développement, comme levier de croissance économique et d’affirmation culturelle. Réhabilitation et mise en valeur du patrimoine, développement d’équipements culturels et touristiques de nouvelle génération, modernisation des infrastructures, renouvellement de l’offre : les investissements structurants engagés par le Gouvernement ont profondément transformé la destination. Cette ambition s’accompagne d’une stratégie de promotion destinée à renforcer la visibilité et l’attractivité du pays sur les marchés internationaux.
Ces trophées s’inscrivent dans la continuité d’une série de distinctions internationales qui témoignent de l’intérêt croissant suscité par la destination. Dès 2024, le Bénin figurait parmi les dix pays à visiter selon Lonely Planet. En 2025, le magazine américain Afar l’a retenu parmi les 25 destinations à découvrir de sa sélection « Where to Go in 2025 », tandis que le Pavillon du Bénin remportait, à l’Exposition universelle d’Osaka, le Trophée d’Or de la catégorie « Exhibition and Design », décerné par le Bureau
International des Expositions (BIE). En 2026, le pays a été sacré « Meilleure destination internationale » lors de la 4e édition du Prix de l’Afrotourisme au Brésil. Les Africa Tourism Awards prolongent aujourd’hui cette dynamique.
Ces derniers mois, le Bénin s’est notamment affirmé à travers des événements culturels d’envergure, à l’image des Vodun Days à Ouidah, du Festival des Masques à Porto-Novo et de la fête de la Gaani à Nikki, tout en séduisant les visiteurs par la diversité de ses paysages, de ses sites patrimoniaux et de ses expériences uniques. De la cité lacustre de Ganvié aux palais royaux d’Abomey, des Tatas Bètammaribè à la Rivière Noire, des collines de Dassa aux plages de Grand-Popo, le Bénin dévoile une mosaïque de richesses touristiques qui font toute l’originalité de la destination.
« Ces distinctions constituent une reconnaissance importante du chemin parcouru et de l’ambition que nous portons collectivement pour la destination Bénin. Elles saluent les investissements engagés, la richesse de notre patrimoine et le travail de l’ensemble des acteurs qui contribuent, chaque jour, à faire découvrir notre pays au monde. Elles nous encouragent surtout à poursuivre nos efforts pour faire du Bénin une destination touristique de référence, capable d’offrir des expériences singulières et mémorables aux voyageurs du monde entier », a déclaré Sindé CHEKETE, Directeur général de Bénin Tourisme.
Ces succès viennent par ailleurs conforter le positionnement de la marque-pays « Bénin, un Monde de Splendeurs », qui incarne une nouvelle ambition pour la destination. À travers ses campagnes internationales, ses partenariats stratégiques et la mise en lumière de ses richesses culturelles et naturelles, le Bénin entend poursuivre sa conquête de nouveaux marchés et élargir son audience auprès des voyageurs internationaux.
À propos de Bénin Tourisme
L’Agence Béninoise pour le Développement du Tourisme (Bénin Tourisme) est l’organisme public chargé de la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie nationale de développement touristique du Bénin. À travers la marque-pays « Bénin, un Monde de Splendeurs », elle œuvre à la promotion et au rayonnement international du pays, au développement d’une offre touristique attractive et compétitive, ainsi qu’à l’accompagnement des professionnels du secteur. Par ses initiatives, Bénin Tourisme contribue à positionner le pays comme une destination touristique de référence sur les scènes africaine et internationale. Pour en savoir plus : www.benintourisme.bj
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Les autorités policières de la commune de Toffo viennent de démanteler une opération de vol de bétail caractérisée par l’exploitation prédatrice d’un berger adolescent. Alors qu’un éleveur local constatait la disparition progressive de son cheptel, une intervention nocturne menée dans le village de Zimbènou a permis de retrouver un bovin dérobé et d’interpeller trois suspects. Ce dossier met en lumière des méthodes crapuleuses ciblant des mineurs vulnérables afin d’approvisionner des festivités privées à moindre coût.
Une transaction frauduleuse fondée sur l’abus de faiblesse
L’enquête policière révèle les rouages d’une transaction financière abusive. Un individu a démarché un jeune bouvier de 15 ans, chargé d’emmener au pâturage les animaux d’un propriétaire de la région. Profitant de l’inexpérience et de la crédulité de l’adolescent, l’acheteur a négocié un bœuf estimé sur le marché à 160 000 francs CFA en échange d’une avance dérisoire de 15 000 francs CFA. Lors de son audition, le mineur a reconnu avoir cédé à la pression en livrant l’animal sans l’aval de son employeur. Les prétentions initiales de l’acquéreur, qui affirmait avoir déboursé 120 000 francs CFA, se sont toutefois effondrées face aux vérifications menées conjointement avec les élus locaux.
Une logistique clandestine destinée à un banquet familial
L’affaire a basculé dans la nuit du samedi 31 octobre 2026, vers 21 heures, lorsque des riverains ont signalé la présence suspecte d’un bovin entravé près d’une concession à Zimbènou. Transporté à bord d’un tricycle, l’animal séjournait temporairement chez un tiers sous prétexte d’un manque d’espace logistique chez le principal suspect. Ce dernier comptait faire abattre la bête afin de garnir le banquet célébrant la remise de diplôme de son épouse, programmée pour le dimanche 8 novembre 2026. Toutefois, l’intervention d’un boucher de 32 ans, sollicité pour effectuer l’abattage nocturne, a échoué : ce dernier a refusé de procéder à l’opération à une heure aussi tardive et a recommandé d’attendre l’échéance des festivités.
La justice d’Allada saisie d’un préjudice financier d’envergure
Au-delà de la mise en sécurité du bovin auprès d’un gardien agréé, la déposition du propriétaire légitime a mis au jour une spoliation répétée. L’éleveur a signalé la disparition successive de quatre têtes de bétail, établissant un préjudice économique global évalué à 600 000 francs CFA. Placés en garde à vue, les trois mis en cause attendent désormais leur présentation devant le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Allada. Les magistrats devront ainsi établir les responsabilités respectives des protagonistes au regard des faits de vol, de complicité et d’abus de confiance.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dresse le bilan d’une affaire d’escroquerie aux ramifications institutionnelles particulièrement embarrassantes. Un tradipraticien installé à Bohicon accuse deux intermédiaires de lui avoir extorqué 45 millions de FCFA entre 2018 et 2026. Le mobile de cet investissement frauduleux repose sur une illusion tenace : l’obtention d’un portefeuille ministériel, en l’occurrence la direction du ministère de la Culture.
L’illusion d’un accès privilégié au sommet de l’État
Le dossier met en lumière les rouages d’un trafic d’influence présumé au cœur des réseaux d’influence locaux. Le plaignant, un trentenaire militant au sein de l’Union progressiste le Renouveau (UPR) à Savalou, détaille un engrenage méthodique fondé sur le mirage du pouvoir. Sa quête d’ascension politique s’amorce par l’entremise d’un premier contact surnommé « Caïman », présenté comme un proche du sommet de l’État. Toutefois, face à l’échec de cette démarche initiale, le plaignant se tourne vers un agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP). Ce dernier affirme entretenir des liens directs avec la famille présidentielle et incite le prétendant au ministère à financer de précieux présents destinés à Lionel Talon, fils du président Patrice Talon, afin de capter sa bienveillance.
Le piège financier d’une désignation ministérielle fantôme
L’affaire prend une dimension plus vaste avec l’intervention d’un second prévenu, l’administrateur culturel Gilbert Dakè Kpotokan II. Se présentant comme un conseiller de la présidence lors d’une entrevue à Cotonou, ce dernier garantit au tradipraticien que son profil suscite l’intérêt du chef de l’État. Pour sceller son entrée au gouvernement, l’intermédiaire exige toutefois le financement d’actions de persuasion auprès de divers décideurs. Le plaignant débourse alors un premier virement de 2,5 millions de FCFA. Dès lors, ce versement inaugure une série de transactions financières étalées sur huit années, pour un montant cumulé atteignant 45 millions de FCFA, sans que le décret de nomination promis ne concrétise jamais ses attentes.
La justice réserve son verdict face aux seules déclarations du plaignant
Lors de l’audience tenue le jeudi 29 octobre 2026, la CRIET a écouté la déposition exclusive du plaignant, unique partie entendue à ce stade de la procédure. Soucieuse de démêler les responsabilités individuelles et de vérifier l’authenticité de ces accusations, la cour a ajourné le dossier au jeudi 3 décembre 2026. Les magistrats rappellent, en outre, que les éléments présentés reflètent strictement les déclarations de la victime présumée et que la présomption d’innocence s’applique pleinement aux accusés jusqu’à la conclusion des débats contradictoires.
En somme, Huit années de versements, 45 millions de FCFA déboursés et aucune nomination à l’arrivée. Derrière la promesse d’un portefeuille ministériel se dessine désormais une affaire que la CRIET devra démêler pour établir si le rêve d’ascension politique du plaignant a servi de levier à une escroquerie savamment orchestrée.
SÉGBANA, 30 octobre 2026 — Les médecins militaires béninois ont offert des consultations et des médicaments gratuits à plus de 1 000 habitants des villages de Liboussou et Piami, dans la commune de Ségbana, dans le département de l’Alibori. L’opération s’inscrit dans la stratégie de renforcement du lien entre l’armée et les populations des zones éloignées.
Des soins au plus près des populations rurales
Les équipes médicales des Forces de défense et de sécurité ont pris en charge des patients souffrant notamment de paludisme, de maladies respiratoires, d’hypertension et de diabète. Elles ont également dépisté la malnutrition infantile et distribué des médicaments sans frais aux bénéficiaires.
La campagne rapproche les services de santé des communautés rurales qui rencontrent souvent des difficultés d’accès aux structures médicales. Dans l’Alibori, les distances, le coût du transport et la rareté des spécialistes limitent parfois la prise en charge rapide des maladies courantes.
Par ailleurs, les médecins militaires ont également profité de leur présence pour sensibiliser les habitants aux mesures d’hygiène et de prévention. Cette approche vise ainsi à limiter la propagation des infections et à encourager les populations à recourir plus tôt aux soins.
L’initiative s’inscrit dans l’opération Mirador, un dispositif civilo-militaire lancé par les Forces armées béninoises pour rapprocher l’armée des populations. Depuis janvier 2025, cette opération a réalisé 73 activités dans 18 communes des départements de l’Atacora, de l’Alibori et du Borgou, au profit d’environ 63 600 personnes.
Le volet sanitaire constitue l’un des piliers de cette stratégie. Dix-sept campagnes médicales gratuites ont déjà permis de prendre en charge 21 607 patients dans les zones ciblées.
En offrant des consultations dans les villages, l’armée renforce sa présence citoyenne et consolide la confiance entre les forces de défense et les communautés. Cette dimension sociale accompagne les efforts sécuritaires menés dans les régions septentrionales du pays.
Un enjeu de santé publique durable
La campagne de Ségbana répond à des besoins réels : le paludisme, la malnutrition infantile et les maladies chroniques demeurent des défis majeurs pour les populations rurales du nord du Bénin. Les organisations humanitaires et les services de santé y déploient également des consultations gratuites, des dépistages nutritionnels et des références vers les structures régionales.
Pour les habitants de Liboussou et Piami, l’intervention a permis d’obtenir un diagnostic, un traitement et des conseils de prévention sans se déplacer loin de chez eux. Elle rappelle également l’importance de renforcer durablement les centres de santé de proximité afin d’assurer la continuité des soins après le passage des équipes militaires.
En somme, cette initiative illustre la volonté des Forces armées béninoises de renforcer leur présence auprès des populations les plus éloignées. Un engagement qui conjugue action sociale, prévention sanitaire et consolidation du lien entre l’armée et les communautés locales.
ABUJA (Nigéria), 30 octobre 2026 — Deux jeunes représentantes béninoises ont porté la voix de la jeunesse du Bénin à Abuja, lors d’une conférence régionale consacrée à l’intégrité électorale et à la participation pacifique des femmes aux processus démocratiques en Afrique de l’Ouest. La mission s’est déroulée du 26 au 29 octobre 2026 dans le cadre du projet « EU Support to ECOWAS in Peace, Security and Governance » (EPSG), soutenu par l’Union européenne et la CEDEAO.
La jeunesse béninoise à l’écoute des enjeux régionaux
Le Gouvernement des Jeunes du Bénin a délégué Lydwine Zinsou, maire des Jeunes de Toviklin, et Rosa Laleye, chargée de programme à la préfecture du Gouvernement des Jeunes du Bénin dans l’Atlantique. Les deux représentantes ont rejoint des délégations du Nigéria et de la Gambie afin d’échanger sur les défis démocratiques de la sous-région.
La conférence régionale, tenue à Abuja les 27 et 28 octobre, a réuni des acteurs engagés dans la promotion d’élections crédibles, pacifiques et inclusives. Elle a notamment mis l’accent sur l’éducation électorale des femmes et des jeunes femmes, considérée comme un levier essentiel pour renforcer leur participation civique et politique.
Pendant quatre jours, les participants ont partagé leurs expériences nationales et analysé les obstacles qui limitent l’accès des femmes à la vie politique. Les échanges ont porté sur les violences électorales, le leadership féminin, la prévention des conflits et la construction d’une gouvernance plus inclusive.
Le projet EPSG accompagne les États membres de la CEDEAO dans la conduite d’élections pacifiques et crédibles. Il soutient également les réseaux de femmes et de jeunes impliqués dans les processus de paix, de médiation et de gouvernance.
Pour les organisateurs, l’éducation électorale permet aux citoyennes et aux jeunes de comprendre leurs droits, d’exercer leurs responsabilités civiques et de résister aux incitations à la violence. Cette approche vise ainsi à consolider une culture démocratique fondée sur l’information, la confiance et la participation.
La présence béninoise à Abuja traduit une volonté de faire de la jeunesse un acteur de la coopération régionale, et non un simple public des politiques publiques. Le Gouvernement des Jeunes du Bénin défend l’idée que les jeunes doivent être consultés et associés aux espaces où se prennent les décisions qui façonnent leur avenir.
Cette mission offre également aux jeunes leaders béninois une occasion de renforcer leurs compétences, d’établir des contacts régionaux et de contribuer aux réflexions sur la paix, la sécurité et la gouvernance en Afrique de l’Ouest.
En défendant une représentation plus forte des femmes et des jeunes dans les processus électoraux, la délégation béninoise inscrit ainsi son action dans une dynamique régionale plus large : celle d’une démocratie ouest-africaine plus inclusive, plus résiliente et moins exposée aux violences électorales.
En somme, cette participation témoigne de la volonté croissante des jeunes leaders ouest-africains de prendre part aux débats qui façonnent l’avenir démocratique de la région. Une dynamique qui place davantage les femmes et les jeunes au cœur des stratégies de paix, de gouvernance et de prévention des crises électorales.