Après Niamey, Wadagni accueilli à Ouagadougou par Ibrahim Traoré

Après Niamey, Romuald Wadagni poursuit sa tournée de décrispation au Sahel. Après une matinée d’échanges intenses avec le général Tiani au Niger, le président Wadagni a atterri cet après-midi au Burkina Faso.

 

Il était encore à Niamey ce matin, où il a échangé de longs moments avec le président du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, afin de poser les jalons d’une réconciliation historique. Quelques heures seulement après cette étape cruciale, le président de la République, Romuald Wadagni, a poursuivi son marathon sahélien en atterrissant, ce mardi 2 juin 2026 dans l’après-midi, à Ouagadougou, dans le cadre d’une visite d’amitié et de travail au Burkina Faso.

Pour cette troisième escale de sa tournée régionale de prise de contact, le chef de l’État béninois a reçu un accueil particulièrement solennel. Au bas de la passerelle de l’aéroport international de Ouagadougou, il a été chaleureusement salué par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. La cérémonie officielle, marquée par l’exécution des hymnes nationaux des deux pays et les honneurs militaires, a immédiatement donné le ton d’une visite placée sous le signe du respect mutuel et de la fraternité retrouvée. Après un premier entretien au salon d’honneur, les deux présidents se sont rendus au Palais présidentiel de Koulouba pour une séance de travail.

Présidence du Burkina Faso
© Présidence du Burkina Faso

De Niamey à Ouagadougou : Cotonou brise l’isolement avec l’AES

Cette offensive diplomatique inédite, menée à peine quelques jours après l’investiture du président Wadagni le 24 mai dernier, marque une rupture claire avec la politique étrangère béninoise des trois dernières années. En choisissant d’enchaîner le Niger et le Burkina Faso en une seule journée, le nouveau dirigeant béninois envoie ainsi un signal fort à l’Alliance des États du Sahel (AES).

Si la matinée nigérienne a permis d’aborder des sujets vitaux comme la relance économique, l’ouverture de la frontière à Malanville et la sécurisation du pipeline de Sèmè-Kpodji, l’étape burkinabè revêt, quant à elle, une importance tout aussi stratégique pour les intérêts du Bénin.

Présidence du Burkina Faso
© Présidence du Burkina Faso

Sécurité transfrontalière et corridors marchands au menu

Au cœur des discussions entamées au Palais de Koulouba, deux dossiers majeurs dictent le réalisme et le pragmatisme des deux administrations. D’une part, la sécurité transfrontalière, devenue une urgence absolue face aux incursions terroristes dans le nord du Bénin, impose une coordination militaire accrue avec le Burkina Faso.

D’autre part, la fluidité des corridors logistiques reliant le port de Cotonou à Ouagadougou reste essentielle pour les opérateurs économiques, comme l’ont rappelé les Journées régionales de la logistique de mai 2026, qui ont insisté sur la digitalisation des procédures et la lutte contre les tracasseries administratives.

Présidence du Burkina Faso
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Une nouvelle doctrine pour la Marina

À Ouagadougou, les observateurs saluent déjà l’audace de cette diplomatie directe. En s’entretenant d’égal à égal avec le capitaine Ibrahim Traoré, juste après avoir brisé la glace avec le général Tiani, Romuald Wadagni confirme ainsi la posture d’un Bénin carrefour, résolument ouvert au dialogue et soucieux de son ancrage sous-régional.

Cette tournée marathon, qui a débuté lundi à Lagos et qui mènera prochainement le chef de l’État au Togo et en Côte d’Ivoire, dessine désormais les contours d’un nouveau chapitre pour le Bénin en Afrique de l’Ouest. Du côté de Cotonou, l’opinion publique et les milieux d’affaires saluent une diplomatie de terrain dont ils attendent désormais des retombées concrètes pour la paix, la sécurité et l’économie transfrontalière.

Bénin-Nigeria : Visite officielle du président Romuald Wadagni à Abuja

Cotonou, le 1ᵉʳ juin 2026 – Le nouveau mandat présidentiel béninois s’ouvre sous le signe d’une diplomatie offensive et résolument pragmatique. Une semaine seulement après son investiture, le 24 mai dernier, le président de la République du Bénin, Son Excellence Romuald Wadagni, effectue ce lundi 1ᵉʳ juin 2026 une visite officielle au Nigeria, répondant à l’invitation de son homologue nigérian, Son Excellence Bola Ahmed Tinubu.

Ce déplacement à Abuja revêt un caractère hautement symbolique et stratégique : il s’agit en effet de la première visite bilatérale du chef de l’État béninois à l’étranger. En réservant sa première sortie au « Géant de l’Est », le président Wadagni affiche clairement la priorité absolue qu’il accorde au partenariat avec le Nigeria dans la conduite de la politique étrangère du Bénin.

 

Une fraternité séculaire et un destin commun

Le Bénin et le Nigeria partagent bien plus qu’une simple proximité géographique. Liés par 809 kilomètres de frontière commune et une histoire pluriséculaire qui transcende les découpages coloniaux, les deux pays sont unis par des liens familiaux, culturels et par des échanges commerciaux ininterrompus. Les relations diplomatiques officielles, établies dès le 12 septembre 1961, ne font que consacrer cette fraternité de longue date. Aujourd’hui, cet axe constitue l’une des relations bilatérales les plus denses et les plus structurantes de toute l’Afrique de l’Ouest.

 

L’économie au cœur du tête-à-tête

Sur le plan économique, les chiffres et les infrastructures témoignent de l’imbrication des deux nations. Le Nigeria demeure le premier partenaire commercial du Bénin, tandis que le Port autonome de Cotonou s’impose comme une porte d’entrée maritime essentielle pour les marchandises à destination du marché nigérian et des pays enclavés de la sous-région.

La dynamique s’est d’ailleurs fortement accélérée ces dernières années :

Exportations en plein essor : les exportations formelles du Bénin vers le Nigeria ont enregistré une progression spectaculaire de plus de 90 % au cours de l’année 2024.

Attractivité industrielle : la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), véritable fleuron industriel béninois qui a franchi le cap des 14 000 emplois créés en 2025, suscite un intérêt grandissant de la part des investisseurs nigérians.

Outils d’intégration : le poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké, le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest ainsi que la tenue du Bénin-Nigeria Business Forum en janvier 2026 sont autant de leviers qui illustrent la profondeur de cette intégration bilatérale.

 

Un agenda stratégique global

Au-delà du caractère symbolique de cette première visite officielle à l’étranger, la rencontre entre Romuald Wadagni et Bola Ahmed Tinubu devrait aussi permettre d’aborder plusieurs dossiers stratégiques au cœur des relations bénino-nigérianes. Les deux dirigeants sont notamment attendus sur les questions d’intégration économique et industrielle, de coopération énergétique et de sécurité maritime dans le golfe de Guinée, un espace crucial pour les échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest.

Les enjeux régionaux devraient également occuper une place importante dans les discussions, avec un accent particulier sur la stabilité sous-régionale et la préservation de la cohésion au sein de la CEDEAO. À travers ce tête-à-tête, Cotonou et Abuja entendent consolider un partenariat déjà dense et ouvrir une nouvelle séquence de coopération axée sur la croissance économique, la sécurité et l’intégration régionale.

Diplomatie : Wadagni lance son offensive régionale

Cotonou, le 1ᵉʳ juin 2026 – C’est un signal diplomatique fort, un coup d’accélérateur majeur donné aux relations de bon voisinage. En effet, ce lundi 1ᵉʳ juin 2026, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, est attendu au Nigeria pour sa toute première visite officielle. Un déplacement hautement stratégique chez le « géant de l’Est », qui marque le début d’une tournée sous-régionale marathon pour le chef de l’État béninois.

Entre Porto-Novo et Abuja, la géographie dicte sa loi, mais l’économie et l’histoire scellent le destin des deux nations. Ainsi, en choisissant le Nigeria comme première étape de ses déplacements officiels, Romuald Wadagni réaffirme une vérité immuable : le Nigeria demeure le poumon économique de la sous-région et le principal partenaire commercial du Bénin.

Redynamiser le commerce transfrontalier et la coopération bilatérale

Les enjeux de ce tête-à-tête au sommet sont cruciaux. Première économie du continent africain, le Nigeria partage avec le Bénin plus de 700 kilomètres de frontière terrestre. À cet effet, les discussions devraient porter sur la facilitation des échanges commerciaux, la lutte contre la contrebande, la sécurité transfrontalière et les investissements énergétiques.

Pour le président béninois, expert des questions financières et économiques, il s’agit de poser les bases d’un partenariat « gagnant-gagnant » plus fluide, capable de maximiser les retombées économiques pour les opérateurs béninois tout en respectant les exigences douanières et réglementaires des deux côtés de la frontière.

Un marathon diplomatique en Afrique de l’Ouest

Toutefois, ce voyage à Abuja n’est que le premier acte d’une offensive diplomatique d’envergure. Dans la foulée de cette rencontre nigériane, l’agenda présidentiel s’annonce particulièrement chargé pour le reste de la semaine. Ainsi, le chef de l’État se rendra dès le mardi 2 juin au Niger avant de poursuivre sa tournée le jeudi 4 juin en Côte d’Ivoire.

Cette série de visites éclairs auprès des pays voisins membres de la CEDEAO et de l’UEMOA traduit une volonté claire du pouvoir de Cotonou : repositionner le Bénin comme un carrefour de dialogue, de stabilité et d’intégration économique en Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs, alors que la sous-région traverse une période de profondes mutations géopolitiques, marquées par une redéfinition des alliances, ce ballet diplomatique initié par Romuald Wadagni portera-t-il les fruits d’une prospérité partagée ou servira-t-il de cadre à une médiation politique discrète dans une Afrique de l’Ouest en quête d’un second souffle ? Les prochains jours permettront d’en mesurer la portée.

Bénin : Wadagni a reçu la CEDEAO

Vingt‑quatre heures à peine après sa prestation de serment, le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, a posé le premier acte fort de son mandat sur l’échiquier international. En effet, lundi 25 mai 2026, le chef de l’État a accordé une audience officielle au président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, qui était accompagné, pour l’occasion, du représentant résident de l’organisation à Cotonou, Amadou Diongue.

Cedeao au Bénin
© Cedeao au Bénin

Le signal d’un ancrage régional réaffirmé

Le timing de cette rencontre revêt une importance hautement stratégique. Ainsi, avec cette audience, Romuald Wadagni dissipe immédiatement les doutes quant aux orientations régionales de son administration. De plus, cet entretien traduit un engagement clair visant à maintenir le Bénin au cœur du processus d’intégration ouest‑africain, alors même que le pays vient de traverser une transition politique majeure.

Pour cet ancien ministre de l’Économie et des Finances, fin connaisseur des rouages financiers de la sous‑région, l’enjeu est double : d’une part, rassurer les partenaires institutionnels et, d’autre part, réaffirmer le rôle de Cotonou comme pilier de stabilité dans un espace communautaire secoué par des crises politiques à répétition.

Cedeao au Bénin
© Cedeao au Bénin

Un pragmatisme économique au service de l’intégration

Cette audience jette également les bases d’une collaboration qui s’articulera vraisemblablement autour du pragmatisme économique. En effet, face aux velléités de fragmentation de l’espace régional, le président Wadagni semble vouloir mettre son expertise financière au service de la redynamisation des échanges transfrontaliers et de la consolidation des réformes de la CEDEAO.

Enfin, en positionnant le Bénin comme un bon élève de l’intégration dès le premier jour de son mandat, le nouveau chef de l’État s’assure un soutien multilatéral précieux pour légitimer son pouvoir et porter ses futures ambitions économiques.

Niger-Bénin : le Général Mohamed Toumba ouvre la porte à Romuald Wadagni

Cotonou, 23 avril 2025 — Entre Niamey et Cotonou, le dégel est-il enfin à portée de main ? Alors que les relations entre les deux voisins sont restées glaciales sous l’ère Talon, l’arrivée de Romuald Wadagni à la tête du Bénin semble ouvrir une nouvelle séquence diplomatique. Le Général Mohamed Toumba, figure centrale de la transition nigérienne, se dit prêt à la reconstruction. Mais à quel prix ?

 

C’est une petite phrase qui résonne comme un séisme diplomatique dans la sous-région. Interrogé sur l’avenir de l’axe Niamey-Cotonou, lors de son interview sur le bilan de son ministère, le Général de division Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, a tenu des propos qui tranchent avec la rhétorique guerrière des derniers mois. Pour lui, la crispation n’était pas tant une affaire bénino-nigérienne qu’une conséquence d’influences extérieures.

 

L’instrumentalisation en question : Macron dans le viseur ?

Au cœur de l’analyse du Général Toumba, un nom revient avec insistance : Emmanuel Macron. Pour l’homme fort de Niamey, l’ancien président béninois Patrice Talon n’aurait été qu’un exécutant, une figure « instrumentalisée » par l’Élysée pour isoler le Niger après les événements de juillet 2023.

« Talon n’était pas le véritable problème », affirme-t-il sans détour. Par cette déclaration, Niamey semble vouloir tourner la page des griefs personnels avec l’ancienne administration de Cotonou pour mieux se concentrer sur son nouveau partenaire, Romuald Wadagni. Mais ce glissement sémantique ne cache-t-il pas une exigence plus profonde de rupture définitive avec Paris ?

 

L’espoir d’une « Paix des braves » est-il réaliste ?

Toutefois, le discours ne se limite pas à la critique. Le ministre nigérien évoque ouvertement un futur commun. « Il y a toujours de l’espoir. On ne va pas continuer à vivre comme ça. Nous sommes voisins », martèle le Général Toumba.

Pourtant, cette volonté de normalisation se heurte à une réalité de terrain : la confiance est, selon ses propres termes, « rompue ». Par conséquent, la reprise des activités commerciales et la réouverture totale des frontières dépendront des « gages de bonne volonté » que le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, sera prêt à offrir à son voisin du Nord.

 

Quels enjeux pour Romuald Wadagni ?

Le nouveau chef de l’État béninois se retrouve face à un dilemme de taille. D’un côté, la nécessité économique de relancer le transit vers le Niger via le port de Cotonou, et de l’autre, l’obligation de maintenir des équilibres diplomatiques délicats.

Cotonou pourra-t-il donner les preuves de souveraineté qu’exige Niamey sans s’aliéner ses partenaires traditionnels ? La « paix des braves » appelée de ses vœux par le Général Toumba marquera-t-elle le début d’une ère de pragmatisme ou le Niger attend-il une allégeance totale ? Le ballon est désormais dans le camp béninois.

Affaire Kemi Seba : Entre Niamey et Cotonou, le bras de fer diplomatique se joue à Pretoria

L’arrestation en Afrique du Sud de l’activiste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba, conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani, place la diplomatie nigérienne sous les projecteurs. Alors que Cotonou réclame son extradition, Niamey tente de protéger son « ambassadeur itinérant ».

 

C’est une audience qui pourrait redessiner les rapports de force au sein d’une sous-région déjà sous haute tension. Ce lundi 20 avril, les yeux sont rivés vers un tribunal de Pretoria où comparaît Kemi Seba. L’enjeu est son éventuelle extradition vers le Bénin, son pays d’origine, qui le recherche activement depuis la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025.

Ministère des Affaires étrangères du Niger
© Ministère des Affaires étrangères du Niger

Niamey joue la carte de la légitimité.

Après plusieurs jours d’un silence pesant, la diplomatie nigérienne a fini par sortir de sa réserve. Interrogé sur le sort de celui qui occupe officiellement le rang de conseiller spécial à la présidence du Niger, le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a tenu à clarifier la position de Niamey.

Selon le chef de la diplomatie nigérienne, l’interpellation du militant panafricaniste relèverait initialement d’une simple procédure de contrôle migratoire :

« Il a passé plus de temps en Afrique du Sud que son visa ne le permettait. C’est la police sud-africaine qui nous a sollicités pour authentifier son document de voyage. »

Bakary Yaou Sangaré l’assure : le passeport diplomatique présenté par l’activiste n’est en rien une contrefaçon. « Nous avons bel et bien attribué ce passeport à Capo Chichi Stellio Gilles », a-t-il martelé, balayant ainsi d’un revers de main les rumeurs d’extradition imminente qui agitent les réseaux sociaux.

Présidence de la république du Bénin
© Présidence de la république du Bénin

L’offensive de Cotonou

Pourtant, l’agitation dans les chancelleries suggère un scénario bien plus complexe. Selon nos informations, le Bénin ne compte pas laisser passer l’occasion de mettre la main sur l’un de ses opposants les plus virulents.

Une délégation béninoise de haut niveau aurait fait le déplacement jusqu’en Afrique du Sud pour peser dans la balance judiciaire(source RFI). Elle est composée de :

  • Yvon Détchénou, le Garde des Sceaux et ministre de la Justice.
  • Olushegun Adjadi Bakari, le ministre des Affaires étrangères.

L’objectif de Cotonou est explicite : faire exécuter le mandat d’arrêt international émis à l’encontre de Seba pour son implication présumée dans les événements de décembre 2025. Pour le gouvernement du président Patrice Talon, le statut de « diplomate » octroyé par le régime militaire nigérien ne saurait constituer une immunité face à des accusations de déstabilisation de l’État.

 

Un casse-tête pour Pretoria

Pour l’Afrique du Sud de Cyril Ramaphosa, l’affaire est un véritable poison diplomatique. Doit-on privilégier les accords de coopération judiciaire avec le Bénin ou ménager le Niger, nouveau pivot de l’Alliance des États du Sahel (AES), avec qui Pretoria entretient aussi des relations cordiales sur l’axe de la « multipolarité » ?

Si l’Afrique du Sud renvoyait Kemi Seba vers Niamey, le général Tiani remporterait une victoire symbolique majeure. À l’inverse, une extradition vers le Bénin marquerait un coup d’arrêt brutal à l’influence de l’activiste et un camouflet pour le pouvoir nigérien.

L’audience de ce lundi à Pretoria sera déterminante. Entre respect des procédures migratoires et réalités de la « realpolitik » africaine, le sort de Kemi Seba ne tient plus qu’à un fil juridique.

Diplomatie : Joseph Djogbénou et l’Allemagne renforcent l’axe Porto-Novo-Berlin

PORTO-NOVO, 24 mars 2026 – Au Palais des Gouverneurs, l’heure était au bilan ce mardi 24 mars. Joseph Djogbénou et Stefan Buchwald ont réaffirmé la solidité de l’axe Berlin‑Cotonou, désormais fort d’un demi‑milliard d’euros.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Une diplomatie de l’expertise

Le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, a reçu en audience le diplomate allemand Stefan Buchwald pour une séance de travail aux enjeux multiples. Loin des échanges de courtoisie habituels, cette rencontre a mis en lumière l’intensification des mobilités parlementaires entre les deux pays.

Rien qu’en 2024, les délégations ont multiplié les traversées, avec une attention particulière portée à l’autonomisation des femmes parlementaires béninoises. Plus récemment, la Commission des finances de l’Assemblée a séjourné en Allemagne, avec pour objectif de s’inspirer du modèle germanique afin de renforcer le contrôle parlementaire sur les deniers publics, un pilier essentiel de la bonne gouvernance prônée par Porto‑Novo.

 

Un portefeuille de 500 millions d’euros sous gestion

Derrière les sourires officiels, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’ambassadeur allemand a rappelé le poids massif de l’engagement de son pays au Bénin : environ 328 milliards de francs CFA (500 millions d’euros). En effet, ce trésor de guerre diplomatique finance une stratégie articulée autour de trois piliers fondamentaux :

  • L’économie réelle : via le soutien aux PME et la formation professionnelle.
  • La modernisation de l’État : à travers la décentralisation et l’accélération du numérique.
  • Le développement durable : incluant l’accès à l’eau potable, l’énergie verte et la protection de la biodiversité.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

La stabilisation comme mot d’ordre

Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu actuel dépasse la simple coopération : il s’agit d’un véritable stabilisateur. Le président du Parlement béninois plaide aussi pour une continuité capable de mettre les relations bilatérales à l’abri des aléas politiques.

Cette volonté de pérenniser les échanges techniques, notamment grâce à l’appui de la GIZ (agence de coopération allemande), offre ainsi au Bénin un transfert de compétences précieuses dans la gestion des finances publiques.

Finalement, en s’impliquant « très personnellement », Joseph Djogbénou confirme que le Parlement béninois entend jouer un rôle de premier plan dans l’architecture diplomatique du pays, bien au‑delà de sa mission législative classique.

Bénin : Djogbénou reçoit les ambassadeurs de la France et de la Chine à l’Assemblée nationale

Depuis son installation à la tête de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou s’emploie à activer les leviers de la diplomatie parlementaire. Le jeudi 12 mars 2026, le président de l’institution a successivement reçu les ambassadeurs de la France et de la Chine. Une double audience qui illustre la place stratégique du parlement béninois dans les équilibres diplomatiques contemporains.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Une nouvelle ère pour la diplomatie parlementaire béninoise

À Porto-Novo, les premiers jours de Joseph Fifamin Djogbénou à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin s’annoncent déjà chargés. Le président du Parlement a reçu en audience deux figures majeures de la représentation diplomatique au Bénin : Nadège Chouat et Zhang Wei.

Ces visites protocolaires, présentées officiellement comme des félicitations à la suite de son élection, traduisent en réalité un enjeu plus profond : consolider les relations institutionnelles entre le Bénin et deux partenaires majeurs de sa politique extérieure.

En Afrique de l’Ouest, la diplomatie parlementaire gagne en importance. Les échanges entre assemblées nationales deviennent un instrument de coopération politique, technique et institutionnelle.

Assemblée nationale du Bénin
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Paris mise sur la modernisation du Parlement béninois.

Lors de son entretien, l’ambassadrice française Nadège Chouat a insisté sur la vitalité des relations entre les institutions législatives des deux pays. La diplomate a rappelé que la coopération parlementaire entre le Bénin et la France s’est fortement développée ces dernières années.

Selon elle, les discussions ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires pour la nouvelle mandature parlementaire. Parmi eux figurent :

  • la transition numérique du Parlement béninois,
  • l’amélioration du contrôle et de l’évaluation budgétaire,
  • le renforcement des capacités des députés et du personnel parlementaire.

Pour Paris, ces domaines constituent des leviers essentiels pour moderniser l’action législative et renforcer la transparence de la gouvernance publique. L’ambassadrice a d’ailleurs souligné sa confiance dans la vision du nouveau président du Parlement, qu’elle connaît depuis ses précédentes responsabilités politiques.

Dans les coulisses, cette coopération s’inscrit également dans une volonté française de maintenir une présence institutionnelle solide dans un pays considéré comme l’un des pôles démocratiques stables de la région.

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Pékin confirme la continuité de son partenariat parlementaire.

Quelques minutes plus tard, l’ambassadeur de Chine, Zhang Wei, a également été reçu par le président Djogbénou. Le diplomate chinois est venu saluer son élection tout en réaffirmant la volonté de Pékin de poursuivre la coopération entre les deux institutions législatives.

La relation entre le Parlement béninois et l’Assemblée nationale chinoise s’est progressivement renforcée au fil des dernières années à travers :

  • des missions d’échanges parlementaires,
  • des programmes de coopération institutionnelle,
  • des visites officielles de délégations législatives.

Zhang Wei s’est d’ailleurs déclaré satisfait de l’accueil réservé à sa délégation, évoquant même un symbole inattendu de cette proximité : la capacité des collaborateurs du président de l’Assemblée à prononcer correctement les noms chinois.

Un détail qui, selon lui, reflète la qualité des relations entre Pékin et Porto-Novo.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Le Parlement béninois au cœur des équilibres géopolitiques

Au-delà du protocole diplomatique, ces deux audiences successives illustrent une réalité géopolitique plus large.

Comme dans de nombreux pays africains, le Parlement devient un espace d’influence stratégique pour les grandes puissances. Tandis que la France privilégie l’appui institutionnel et la modernisation des pratiques parlementaires, la Chine mise davantage sur une coopération politique et des échanges entre institutions.

Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu est désormais de transformer ces partenariats en outils concrets au service du renforcement de la démocratie parlementaire béninoise.

Dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et des transitions institutionnelles parfois fragiles, le Bénin cherche ainsi à consolider son image de stabilité et de dialogue.

Une présidence parlementaire sous le signe de l’ouverture

Cette série de rencontres diplomatiques donne un premier aperçu de la méthode Djogbénou : ouverture internationale, coopération institutionnelle et modernisation du Parlement.

Reste à savoir comment ces engagements se traduiront dans les mois à venir. Une chose est certaine : à Porto-Novo, la diplomatie parlementaire semble désormais appelée à jouer un rôle central dans la stratégie d’influence du Bénin.

Bénin : Joseph Djogbénou et les Pays-Bas renforcent la gouvernance

Le ballet diplomatique s’intensifie à Porto-Novo. Ce lundi 23 février 2026, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, a accordé une audience stratégique à l’ambassadeur des Pays-Bas, Joris Jurriëns. Au menu : une coopération qui franchit un cap, de l’aide au développement vers la gouvernance et la sécurité régionale.

 

C’est une rencontre qui marque une étape importante dans la nouvelle législature béninoise. Ainsi, dans le cadre feutré de son cabinet au Palais des Gouverneurs, Joseph Fifamin Djogbénou a reçu les civilités et les perspectives de travail du diplomate néerlandais, en poste à Cotonou depuis 2023. Si la courtoisie était de mise, les échanges ont rapidement porté sur des dossiers de fond, loin des simples formalités protocolaires.

 

Un partenariat qui change de dimension

Historiquement concentrée sur la gestion de l’eau et la santé, la relation entre Cotonou et La Haye opère une mutation profonde. En effet, devant la presse parlementaire, Joris Jurriëns n’a pas caché cette ambition de diversification :

« Nous sommes en train d’élargir nos relations vers l’économie, la politique et la sécurité », a-t-il déclaré, soulignant ainsi que la stabilité du Bénin est un intérêt partagé par le Royaume des Pays-Bas.

Cette extension du partenariat intervient à un moment où le Bénin cherche à attirer davantage d’investissements européens tout en consolidant son cadre sécuritaire national.

 

La jeunesse et les femmes : le pari de la gouvernance

L’un des points forts de cet entretien concerne l’accompagnement institutionnel. Par ailleurs, les deux personnalités ont longuement discuté du rôle de l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD). En fait, ce bras technique, soutenu par les Pays-Bas, travaille activement à l’immersion des jeunes et des femmes dans l’arène politique.

Pour le président de l’Assemblée nationale, l’enjeu est de taille : moderniser l’image du Parlement et assurer une relève politique compétente. Les programmes de renforcement des capacités évoqués visent à donner aux acteurs locaux, mais aussi aux députés, les outils nécessaires pour une gestion publique plus transparente et efficace.

 

Pays-Bas : l’héritage hydraulique et alimentaire

Malgré cette ouverture vers le politique, les fondamentaux demeurent. Les Pays-Bas, leaders mondiaux dans l’ingénierie hydraulique, continuent de soutenir le Bénin dans :

  • L’accès à l’eau potable et la gestion des ressources.
  • La sécurité alimentaire, un défi majeur pour la résilience économique du pays.

Cette audience entre Joseph Djogbénou et Joris Jurriëns vient aussi confirmer que le Parlement béninois ne se veut plus seulement un lieu de vote des lois, mais une véritable plateforme de diplomatie d’influence.

Cotonou : les Philippines accréditent un ambassadeur auprès du Bénin

Cotonou, 20 février 2026 — Dans un geste hautement symbolique, le Bénin a reçu ce jeudi 19 février 2026 les copies figurées des lettres de créance de Mersole Jala Mellejor, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des Philippines près de la République du Bénin. La cérémonie s’est déroulée sous les auspices du chef de la diplomatie béninoise, Olushegun Adjadi Bakari, marquant une nouvelle étape dans la diplomatie africaine orientée vers l’Asie.

Au-delà de l’échange protocolaire, cette rencontre traduit une volonté affirmée de faire converger les intérêts politiques, économiques et techniques entre Cotonou et Manille dans un monde où la coopération internationale se réinvente.

 

Un diplomate d’expérience pour relever de nouveaux défis

Mersole Jala Mellejor n’est pas un novice de la scène diplomatique internationale. Avant sa nomination pour couvrir le Bénin avec résidence à Abuja, au Nigeria, il a déjà fait figure d’ambassadeur actif dans la région. En juin 2025, il a présenté ses lettres de créance en tant que Représentant permanent des Philippines auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une première pour son pays depuis la création de cette organisation régionale en 1975.

Ce rôle stratégique lui a permis de consolider des réseaux régionaux et d’inscrire la diplomatie philippine dans une dynamique africaine plus structurée, en participant aux travaux institutionnels et à des réunions où se dessinent les priorités économiques et de développement de l’Afrique de l’Ouest.

 

Une diplomatie philippine engagée vers l’Afrique

La nomination de Mellejor s’inscrit dans une politique étrangère plus large des Philippines qui vise à renforcer leurs liens avec le continent africain. Selon les autorités philippines, le pays a récemment mis l’accent sur une « orientation renouvelée » vers l’Afrique, fondée sur des valeurs partagées — démocratie, développement et droits humains — malgré la distance géographique qui sépare les deux continents.

Dans cette perspective, Manille a déjà réouvert plusieurs de ses missions en Afrique et envisage d’élargir sa présence, par exemple via l’ouverture prévue d’une nouvelle ambassade au Ghana, signe d’une vocation d’investissement diplomatique à long terme.

 

Objectif : transformer la diplomatie en développement concret

Lors de l’entretien avec le ministre béninois, les deux personnalités ont exploré plusieurs pistes de coopération. L’accent a été mis sur le renforcement des relations économiques et commerciales ainsi que sur la coopération technique. Les discussions ont notamment abordé :

  • Le commerce bilatéral : encourager les échanges entre entreprises béninoises et philippines dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire, l’artisanat, la technologie et les services.
  • L’agriculture et la sécurité alimentaire : un domaine où les Philippines disposent d’une longue expérience dans l’adaptation aux climats tropicaux.
  • La formation et la mobilité professionnelle : créer des partenariats éducatifs et techniques pour former des jeunes, notamment dans des métiers de pointe.

Ces axes, au cœur de la diplomatie Sud-Sud, sont porteurs d’opportunités concrètes pour les économies du Bénin et de ses voisins nigériens et ouest-africains, dans un contexte mondial où les pays du Sud cherchent à coopérer en dehors des schémas traditionnels du Nord global.

 

Pourquoi un ambassadeur basé à Abuja ?

Le choix fait par les Philippines d’accréditer leur ambassadeur au Bénin depuis Abuja s’explique par une vision régionale claire. Abuja est un hub diplomatique africain majeur, siège de la CEDEAO, ce qui facilite, pour un pays asiatique, une couverture efficace des relations avec plusieurs États ouest-africains depuis une base unique.

D’ailleurs, cette stratégie, partagée par d’autres pays émergents, vise à créer un réseau diplomatique plus intégré, tout en réduisant les coûts tout en maximisant l’impact de leurs missions dans la sous-région.

 

Une nouvelle ère pour la coopération Afrique-Asie

Pour le Bénin, l’arrivée de Mellejor est aussi l’occasion de diversifier ses partenariats internationaux. Tout comme Cotonou multiplie ses liens économiques avec des pays asiatiques tels que la Chine ou le Japon par des forums d’affaires dédiés, l’ouverture à Manille s’inscrit dans une stratégie plus vaste d’ouverture commerciale et diplomatique à l’échelle globale.

En ouvrant la porte à une diplomatie africaine plus connectée à l’Asie du Sud-Est, Cotonou envoie un message clair : la coopération internationale ne se limite pas aux blocs traditionnels. Elle devient un outil pragmatique de développement partagé.

Bénin : La Russie déconseille les voyages non essentiels

Dans un communiqué publié le 5 février, l’ambassade de Russie à Cotonou exhorte les citoyens russes à différer tout voyage non essentiel vers le Bénin. Entre menace djihadiste au Nord et instabilité politique persistante, le pays de Patrice Talon est placé sous haute surveillance par la diplomatie russe.

 

Ce signal rare mérite d’être souligné. La Fédération de Russie, dont l’influence grandit sur le continent, vient de rejoindre le cercle des pays émettant des réserves sécuritaires sur la destination Bénin. Sur sa page officielle, l’ambassade de Russie au Bénin et au Togo a diffusé, le jeudi, une recommandation on ne peut plus claire : les voyageurs doivent limiter leurs déplacements vers le territoire béninois aux seuls cas de « nécessité absolue ».

 

Un cocktail de risques : coup d’État et menace terroriste

Pour justifier cette mise en garde, la diplomatie russe s’appuie sur une lecture froide de l’actualité récente du pays. Deux facteurs majeurs ont fait basculer le curseur de la vigilance au rouge.

D’une part, les séquelles de la tentative de coup d’État de décembre 2025. Bien que les autorités béninoises aient affirmé avoir repris le contrôle de la situation, cet événement a laissé des traces dans la stabilité perçue des institutions. D’autre part, la dégradation sécuritaire dans la partie septentrionale du pays. Le Nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso et du Niger, fait face à une activité accrue de groupes extrémistes violents, obligeant les forces de défense et de sécurité (FDS) à une mobilisation permanente.

 

Les étrangers sous l’œil de Cotonou

Le communiqué de l’ambassade russe pointe également un aspect crucial de la vie quotidienne actuelle au Bénin : le durcissement du contrôle administratif.

« Les autorités béninoises ont intensifié leur présence sécuritaire et accordent une attention particulière à la surveillance des mouvements des étrangers », précise la représentation diplomatique.

En clair, les services de renseignement béninois sont susceptibles d’accroître leur suivi à l’égard de tout ressortissant étranger, et particulièrement de ceux issus de puissances impliquées dans la géopolitique régionale. Moscou invite donc ses citoyens à « respecter strictement les consignes de sécurité » et à rester à l’écoute des autorités locales.

 

Une diplomatie de précaution

Cette alerte intervient alors que le Bénin tente de rassurer les investisseurs internationaux sur la résilience de son modèle économique. Si la France ou les États-Unis émettent régulièrement ce type d’avis via leurs plateformes « Conseils aux voyageurs », l’initiative de Moscou souligne une lecture préoccupée de la situation intérieure béninoise.

Pour les voyageurs et les opérateurs économiques russes, cet avertissement est un coup de frein brutal. Il illustre surtout la fragilité d’un pays qui, longtemps considéré comme une « oasis de paix » en Afrique de l’Ouest, doit désormais composer avec les turbulences sécuritaires propres au Sahel.

Bénin-Allemagne : un accord inédit pour l’emploi des conjoints de diplomates

Le Bénin vient de franchir une étape symbolique, mais hautement stratégique, dans le renforcement de ses relations avec Berlin. En signant un accord inédit sur l’emploi des conjoints de diplomates, le gouvernement de Patrice Talon fait un pas de géant vers une hospitalité administrative moderne, encore rare sur le continent.

C’est une poignée de main qui en dit long sur la volonté de « séduction » du Bénin. Ce mercredi 28 janvier, dans les salons feutrés du ministère des Affaires étrangères à Cotonou, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne et le secrétaire général du ministère ont scellé un pacte qui pourrait bien faire école dans la sous-région.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Un obstacle de taille levé

Jusqu’à présent, le statut de conjoint de diplomate ressemblait souvent à une « cage dorée » : une vie d’expatrié confortable, mais l’interdiction formelle d’exercer une activité professionnelle rémunérée dans le pays d’accueil. Un frein majeur pour les couples modernes où les carrières sont souvent doubles. En offrant aux épouses et époux des diplomates allemands la possibilité de travailler sur le sol béninois, Cotonou lève un verrou psychologique et administratif de taille.

La diplomatie par le « Soft Power »

Pourquoi un tel geste ? Pour le Bénin, il s’agit d’un « grand geste de solidarité et de confiance », selon les termes officiels. Mais c’est aussi un calcul pragmatique : en rendant le poste de Cotonou plus attractif pour les familles des diplomates allemands, le pays s’assure de recevoir des cadres de haut niveau et de stabiliser les équipes de son partenaire européen.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Berlin, partenaire de premier plan

Cet accord s’inscrit dans une dynamique de coopération bilatérale de plus en plus étroite. L’Allemagne, très impliquée au Bénin dans les domaines de la formation professionnelle, de la décentralisation et de l’énergie, voit ici une preuve de la « relation spéciale » qui lie les deux nations.

Dans un contexte où la compétition pour l’influence diplomatique en Afrique de l’Ouest fait rage, le Bénin mise sur l’agilité juridique pour se démarquer. Reste à savoir si cette offre généreuse sera bientôt réciproque pour les diplomates béninois en poste à Berlin, ce qui achèverait de transformer cet acte de courtoisie en un véritable accord de réciprocité internationale.

Abuja : Le Sénat valide l’envoi de troupes au Bénin

Abuja, 9 décembre 2025 – Le Sénat nigérian a franchi un cap symbolique et militaire en validant en quelques minutes l’envoi de troupes au Bénin. En séance plénière éclair ce mardi, les sénateurs nigérians ont approuvé à l’unanimité la requête du président Bola Ahmed Tinubu. Il sollicitait l’autorisation constitutionnelle de déployer des militaires nigérians sur le sol béninois dans le cadre d’une « mission de paix et de stabilisation ».

Le président du Sénat, Godswill Akpabio, a justifié cette décision express par la nécessité impérieuse d’« empêcher une crise sécuritaire et humanitaire majeure dans la sous-région ». Ainsi, selon lui, l’intervention nigériane vise avant tout à protéger la stabilité du golfe de Guinée et à éviter une contagion de l’instabilité après la tentative de coup d’État déjouée la semaine dernière à Cotonou.

 

Frappes aériennes et déploiement troupes terrestre

au Bénin

 

Ce vote intervient deux jours seulement après que l’aviation militaire nigériane a déjà procédé, à la demande expresse des autorités béninoises, à des frappes ciblées contre les positions des putschistes présumés. Ces raids aériens, menés dimanche, auraient permis de neutraliser plusieurs poches de résistance et de sécuriser les abords de Porto-Novo et de Cotonou.

L’opération terrestre qui se prépare désormais sous mandat parlementaire devrait mobiliser plusieurs centaines de soldats nigérians, probablement issus des unités d’élite de la 81ᵉ division basée à Lagos, très rompue aux interventions rapides dans l’espace CEDEAO.

Si aucune durée précise n’a été communiquée, des sources au sein de l’état-major nigérian évoquent une mission « de courte durée mais à forte intensité » visant à appuyer les forces loyalistes béninoises le temps que la situation politique se normalise.

 

Le retour de la puissance nigériane

 

Ce déploiement marque le retour en force du Nigeria comme puissance militaire stabilisatrice en Afrique de l’Ouest, quelques mois seulement après le retrait de ses contingents du Mali et du Burkina Faso dans le cadre de la crise avec les juntes de l’AES. Par conséquent, il illustre également la solidarité immédiate d’Abuja envers le président Patrice Talon, considéré comme l’un des derniers alliés fidèles de la CEDEAO dans une région où l’organisation perd du terrain.

L’Espagne renforce sa présence au Bénin

Avec l’arrivée de Félix Costales Artieda, nouvel ambassadeur du Royaume d’Espagne, Cotonou ouvre un nouveau chapitre diplomatique. Désormais, la coopération économique, le tourisme et la formation professionnelle s’imposent comme des axes majeurs des ambitions bilatérales.

 

Cotonou, 22 octobre 2025 – Le Gouvernement béninois a accueilli, ce mardi 21 octobre, Son Excellence M.Félix Costales Artieda, nouvel ambassadeur du Royaume d’Espagne auprès de la République du Bénin, à l’occasion de la remise officielle des copies figurées de ses lettres de créance. La cérémonie, tenue dans les salons du ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, s’est déroulée en présence du ministre Olushegun Adjadi Bakari.

Cette étape protocolaire marque le début officiel de la mission diplomatique de Monsieur Costales Artieda et ouvre la voie à une intensification de la coopération bilatérale entre les deux États.

 

Vers une coopération multisectorielle renforcée

 

Au cours de l’entretien, les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de consolider les relations historiques qui unissent le Bénin et l’Espagne, fondées sur des échanges culturels, économiques et humanitaires. Les discussions ont notamment porté sur les opportunités de collaboration dans les domaines de l’éducation, du développement durable, de l’agro-industrie, du tourisme et de la formation professionnelle.

Le ministre Olushegun Adjadi Bakari a salué l’engagement constant de l’Espagne en Afrique de l’Ouest et exprimé l’intérêt du Bénin à diversifier ses partenariats stratégiques. Pour sa part, l’ambassadeur espagnol a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner les efforts du Bénin en matière de développement, en s’appuyant sur l’héritage d’une diplomatie hispano-africaine solide.

Une dynamique régionale porteuse

 

Cette nomination intervient dans un contexte favorable, marqué par l’intensification des investissements européens en Afrique subsaharienne, notamment à travers l’initiative Global Gateway. La présence croissante de la diaspora béninoise en Espagne et la gestion concertée des flux migratoires constituent également des leviers pour la mise en œuvre de projets conjoints.

Fort de son expérience diplomatique sur le continent africain, Son Excellence M. Félix Costales Artieda contribuera activement à la consolidation des relations entre le Bénin et le Royaume d’Espagne, dans un esprit de dialogue, de respect mutuel et de coopération durable.

 

Paris : les députés béninois en mission parlementaire

 Sous les dorures du Palais Bourbon, une délégation de l’Assemblée nationale du Bénin entame une série d’échanges institutionnels avec les instances françaises. Dans le cadre du Projet d’appui à la coopération parlementaire (PACOP), les élus béninois explorent les pratiques de contrôle et d’évaluation des politiques publiques, avec l’ambition d’enrichir les mécanismes de gouvernance au pays.

 

Paris, 1ᵉʳ octobre 2025 – Lundi matin, sous un ciel parisien voilé, une délégation de l’Assemblée nationale du Bénin a franchi les portes du Palais Bourbon. Depuis le 29 septembre, ce groupe d’élus et de collaborateurs est en séjour à Paris pour des échanges d’expériences avec l’Assemblée nationale, le Sénat et la Cour des comptes français. Cette visite s’inscrit dans le Projet d’appui à la coopération parlementaire (PACOP), piloté par Expertise France au sein du groupe AFD.

Visite parlementaire béninoise Paris : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle
© Visite parlementaire béninoise Paris : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle

Visite parlementaire béninoise Paris : Contrôle et évaluation au cœur des échanges

 

La première journée d’immersion de la délégation béninoise a été riche en découvertes et en entretiens. Dès la matinée, elle a eu droit à une visite guidée du Palais Bourbon. Par la suite, la délégation – conduite par l’honorable Armand Gansè et composée des députés Alassane Sabi Karim, Rogatienne Aïkoele et Fulbert Akpédjé Acapo – s’est entretenue avec M. Guillaume Bazin, Directeur du contrôle et de l’évaluation.

Les échanges ont porté sur un partage concret d’expériences entre les deux pays en matière de contrôle et d’évaluation des politiques publiques : méthodes, outils et défis liés à la supervision des actions gouvernementales. En ce sens, ce partage technique qui nourrit la réflexion sur les pratiques parlementaires béninoises.

 

Visite parlementaire béninoise Paris : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle
© Visite parlementaire béninoise Paris : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle

 

Dialogue sur les enjeux judiciaires

 

Dans l’après-midi, les discussions se sont poursuivies avec d’autres interlocuteurs. Parmi eux, Mme Marion Bourgain, Sous-directrice de l’Afrique occidentale au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Le thème au menu de ces pourparlers portait notamment sur la présence en réunion de la Commission d’enquête sur les dysfonctionnements obstruant l’accès à une justice adaptée aux besoins des justiciables ultramarins. Ce faisant, ce thème ouvre des parallèles avec les défis judiciaires en Afrique de l’Ouest, notamment en matière d’équité et d’accès aux droits.

 

Visite parlementaire béninoise Paris : Une clôture technique et des perspectives concrètes

 

La journée s’est achevée sur un entretien avec M. Christophe Maisonneuve, Conseiller et Chef de la division du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques. À cette occasion, les échanges ont également permis à la délégation béninoise de glaner des insights pratiques, dans un va-et-vient fluide de questions et de retours d’expérience.

Visite parlementaire béninoise Paris PACOP octobre 2025 : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle des politiques publiques et la gouvernance.
© Visite parlementaire béninoise Paris PACOP octobre 2025 : échanges entre députés béninois et institutions françaises sur le contrôle des politiques publiques et la gouvernance.

Une mission qui prépare des ajustements à venir

 

La mission se poursuit jusqu’au 3 octobre, avec un agenda dense. Pour les députés béninois, cette immersion constitue aussi une opportunité stratégique : renforcer les mécanismes de contrôle, adapter les outils de gouvernance, et consolider les liens institutionnels entre le Bénin et la France. De rencontre en rencontre, c’est toute une dynamique parlementaire qui se construit.

Une coopération parlementaire qui inspire l’action

En définitive, la visite de la délégation béninoise à Paris, dans le cadre du PACOP, dépasse le simple échange institutionnel. Elle incarne en fait une volonté affirmée de renforcer les capacités parlementaires à travers l’apprentissage mutuel et l’ouverture aux bonnes pratiques.

Chaque rencontre, chaque question posée, chaque retour d’expérience partagé contribue aussi à nourrir une réflexion stratégique sur le contrôle des politiques publiques au Bénin. À l’heure où les enjeux de gouvernance exigent rigueur et innovation, cette immersion parisienne pourrait bien tracer les contours d’un parlement plus outillé, plus réactif et plus proche des citoyens.

Visa-free entre Bénin et Tchad : une avancée sahélienne stratégique

À New York, le Bénin et le Tchad signent un accord historique d’exemption de visa, ouvrant la voie à une coopération renforcée et à une mobilité régionale sans entraves.

 

New York, 25 septembre 2025 – Imaginez un commerçant tchadien de N’Djaména franchissant la frontière béninoise sans le poids d’un tampon administratif, ou une famille béninoise explorant les marchés de Moundou avec la fluidité d’un voyage régional. Ce rêve d’une mobilité sans entraves s’est concrétisé hier, dans les couloirs feutrés de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, où le Bénin et le Tchad ont signé un accord pionnier d’exemption de visa. Par ce geste, les deux nations – piliers d’une Afrique de l’Ouest résiliente – franchissent un cap décisif, non seulement pour faciliter les échanges humains, mais pour tisser un réseau de coopération qui pourrait redessiner les dynamiques sahéliennes.

 

Le Bénin et le Tchad  : un accord historique pour stimuler les échanges humains et commerciaux

 

Paraphé par le Ministre d’État tchadien aux Affaires étrangères, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, et son homologue béninois, Olushegun Adjadi Bakari, cet accord s’applique aux passeports ordinaires et diplomatiques. Ainsi, il élimine les formalités souvent chronophages et coûteuses, facilitant les déplacements dans une région où les migrations économiques et familiales sont fréquentes.

De plus, les diplomates saluent ce geste comme un « engagement fraternel », soulignant qu’il pourrait booster les échanges commerciaux – estimés à plusieurs millions de dollars annuels – et renforcer les liens culturels entre les deux peuples.

Coopération renforcée : agriculture, énergie et sécurité au cœur des discussions

 

Au-delà de la mobilité, les deux ministres ont exploré un agenda ambitieux de coopération mutuelle. En particulier, ils ont abordé des partenariats en matière de sécurité frontalière, d’agriculture durable et d’énergie renouvelable. Tandis que le Tchad dispose de vastes ressources pétrolières, le Bénin s’impose comme un pivot logistique ouest-africain : une complémentarité prometteuse.

Dans cette dynamique, le Tchad a annoncé l’ouverture imminente d’une ambassade à Cotonou, remplaçant son Consulat général. Symétriquement, le Bénin prévoit d’implanter une représentation diplomatique à N’Djaména, renforçant ainsi la visibilité bilatérale sur la scène internationale.

 Une diplomatie proactive au service des nations moyennes

 

Ce rapprochement, survenu en marge d’un UNGA marqué par les appels à une réforme du multilatéralisme, illustre la diplomatie audacieuse des nations dites moyennes. Pour le Bénin, qui multiplie les accords de visa-free avec des partenaires comme la Chine ou le Brésil, il s’agit d’une stratégie d’ouverture affirmée.

Du côté tchadien, cette avancée s’inscrit dans les efforts du président Mahamat Idriss Déby pour ancrer N’Djaména dans les réseaux régionaux, au-delà des alliances sécuritaires traditionnelles. Ainsi, les deux pays privilégient des ponts concrets, loin des clivages géopolitiques.

Le Bénin et le Tchad : une avancée concrète pour les citoyens sahéliens

 

Pour les citoyens ordinaires – pasteurs tchadiens traversant le Niger pour les foires béninoises, étudiants béninois en quête d’opportunités sahéliennes – cet accord n’est pas une formalité lointaine. Au contraire, il représente une porte ouverte vers des horizons élargis, où la fraternité devient vecteur de prospérité partagée.

 Vers une intégration continentale accélérée ?

Reste à savoir si cet accord bilatéral incitera l’Union africaine à accélérer la mise en œuvre de son passeport unique. En effet, l’engagement fort entre le Tchad et le Bénin pourrait transformer ces gestes isolés en une réalité continentale, facilitant la libre circulation pour les pays enclavés et dynamisant l’intégration régionale.

Crise numérique entre Bénin et Gabon : Cotonou appelle à la retenue

Face à l’escalade des tensions sur les réseaux sociaux entre le Bénin et le Gabon , le Bénin brandit le droit numérique pour préserver une fraternité bilatérale menacée.

 

Cotonou, 25 septembre 2025 – Sur les fils numériques qui tissent les liens invisibles entre nations sœurs, un simple post peut allumer un brasier : c’est ce qui consume aujourd’hui les relations entre le Bénin et le Gabon, où des échanges acerbes sur les réseaux sociaux menacent de fissurer une fraternité séculaire. Tandis que les réseaux sociaux deviennent le théâtre d’échanges virulents entre citoyens béninois et gabonais, le gouvernement béninois réagit avec fermeté. En effet, dans un communiqué officiel daté du 24 septembre, les autorités appellent à la retenue et annoncent des poursuites judiciaires contre les discours de haine. Dès lors, cette prise de position vise à préserver une fraternité bilatérale mise à mal par des propos outranciers.

 Un appel solennel à la responsabilité numérique dans le conflit opposant le Bénin et  le Gabon

 

 Le gouvernement béninois hausse le ton

Publié par le ministère des Affaires étrangères, le communiqué exprime une « préoccupation profonde » face à la montée des invectives sur les plateformes en ligne. Ainsi, sous l’égide du président Patrice Talon, l’exécutif exhorte à une « communication responsable et respectueuse », rappelant que les deux peuples sont liés par une histoire commune et des accords bilatéraux solides.

 « Les relations fraternelles entre le Bénin et le Gabon doivent être préservées », martèle le texte, rappelant la protection réciproque accordée aux ressortissants .

Des sanctions prévues contre les propos haineux

Par conséquent, toute personne tenant des propos outrageants envers les autorités ou incitant à la haine s’expose à des sanctions pénales, conformément au Code du numérique béninois. Cette fermeté répond à une escalade préoccupante, notamment à Lambaréné, où des manifestations anti-Béninois ont éclaté autour de l’attribution de places au marché central.

Des tensions virtuelles aux répercussions réelles

Des posts virulents appelant à « fermer les commerces béninois » ou accusant les expatriés d’usurpation économique ont enflammé les débats. En effet, l’arrestation récente de figures comme Samy Boucalt, autoproclamé « chef d’État-major des Mapanes », pour incitation à la xénophobie, illustre la gravité de la situation.

Une diplomatie active pour juguler la crise :  Trois communiqués pour apaiser les tensions

 

Ce troisième communiqué s’inscrit dans une série d’initiatives diplomatiques. Le 14 août, une première annonce évoquait l’envoi d’une mission à Libreville pour recenser les Béninois souhaitant un rapatriement volontaire. Puis, le 18 août, un second texte plaidait pour la courtoisie en ligne. Enfin, le 22 août, la vice-présidente Mariam Chabi Talata a abordé la polémique à Yokohama avec le ministre gabonais Michel Onanga Ndiaye, qui a réaffirmé l’engagement du Gabon à protéger les étrangers.

 Préserver les liens bilatéraux entre le Bénin et le Gabon : un enjeu régional

À Cotonou, l’inquiétude est palpable. Ce qui a débuté comme une dispute locale menace désormais des partenariats cruciaux en commerce et migration. Dès lors, les autorités béninoises posent les bases d’une désescalade, en appelant à « la paix, la tolérance et le respect mutuel ».

 Choisir la paix dans le tumulte numérique

Pour les Béninois et Gabonais du quotidien – commerçants, étudiants, familles – cette affaire est un rappel : la fraternité se construit par des mots mesurés. À l’heure où l’Afrique de l’Ouest aspire à une intégration sans faille, ce communiqué béninois invite à une sagesse collective. Ainsi, dans le tumulte des timelines, un clic peut encore choisir la paix.

Coopération sino-béninoise pour une gouvernance mondiale

À Porto-Novo, le Bénin et la Chine renforcent leur coopération parlementaire pour promouvoir une gouvernance mondiale inclusive. Une rencontre stratégique qui illustre l’engagement des deux nations à bâtir un dialogue durable et multilatéral.

 

 Porto-Novo, le 18 septembre 2025- À Porto-Novo, un vent de coopération internationale souffle sur le Palais des Gouverneurs. En effet, Hier matin, le Président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, a accueilli S.E.M. Shen Hi, Chargé d’affaires de l’Ambassade de la République populaire de Chine au Bénin, pour une rencontre aussi symbolique que stratégique. Cet échange s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre les deux nations, mettant en lumière des initiatives chinoises d’envergure mondiale, avec le Bénin comme partenaire clé.

Dialogue stratégique : le Bénin, un relais privilégié de la vision chinoise

 

Au cœur de cette audience, deux sujets majeurs ont rythmé les discussions. Tout d’abord, le retour d’expérience de la récente visite du Président Vlavonou en Chine, dans le cadre d’une rencontre sur l’Initiative pour le Développement mondial. Ensuite, la présentation officielle de l’Initiative pour la Gouvernance mondiale, dévoilée le 1ᵉʳ septembre 2025 par le Président chinois Xi Jinping. Cette dernière ambitionne de promouvoir un multilatéralisme renforcé, de consolider l’autorité des Nations Unies et d’œuvrer pour le bien-être des peuples à travers le monde.

À l’issue de l’entretien, S.E.M. Shen Hi, s’adressant à la presse, a souligné l’importance de cette initiative : « Elle joue un rôle crucial pour préserver le multilatéralisme et promouvoir un avenir commun pour l’humanité. C’est pourquoi nous comptons sur le Bénin, à travers son Assemblée nationale, pour relayer ces idées et participer à leur rayonnement. »

Le Bénin renforce sa coopération avec la Chine lors d’une rencontre parlementaire à Porto-Novo. Objectif : promouvoir le multilatéralisme et positionner l’Assemblée nationale comme relais diplomatique régional.
© Le Bénin renforce sa coopération avec la Chine lors d’une rencontre parlementaire à Porto-Novo. Objectif : promouvoir le multilatéralisme et positionner l’Assemblée nationale comme relais diplomatique régional.

Une coopération parlementaire pour une diplomatie mondiale

 

Symbole fort de cette rencontre, des documents expliquant les principes de l’Initiative pour la Gouvernance mondiale ont été remis au Président Vlavonou. Ce geste marque la volonté de la Chine de faire de l’Assemblée nationale béninoise un porte-voix pour diffuser cette vision à l’échelle régionale et internationale. En confiant ces documents à la deuxième personnalité de l’État, la Chine mise aussi  sur le rôle influent du Bénin pour promouvoir des valeurs de coopération et de solidarité globale.

Le Bénin renforce sa coopération avec la Chine lors d’une rencontre parlementaire à Porto-Novo. Objectif : promouvoir le multilatéralisme et positionner l’Assemblée nationale comme relais diplomatique régional.
© Le Bénin renforce sa coopération avec la Chine lors d’une rencontre parlementaire à Porto-Novo. Objectif : promouvoir le multilatéralisme et positionner l’Assemblée nationale comme relais diplomatique régional.

Un partenariat en pleine expansion : au-delà des échanges, une vision partagée

 

Cette audience s’inscrit dans une longue histoire de collaboration fructueuse entre le Bénin et la Chine, marquée par des projets dans les infrastructures, l’éducation et la santé. Désormais, en plaçant le dialogue au niveau parlementaire, les deux pays renforcent leur partenariat stratégique, avec une ambition commune : construire un monde plus équitable et connecté.

 

perspectives : l’avenir d’une coopération sans limite

 

En conclusion, cette rencontre au Palais des Gouverneurs illustre une fois de plus le dynamisme des relations sino-béninoises. Alors que le monde fait face à des défis globaux, le Bénin se positionne comme un acteur engagé, prêt à porter des initiatives visionnaires aux côtés de partenaires internationaux. Reste à voir comment cette nouvelle alliance parlementaire se traduira concrètement sur le terrain, et si d’autres initiatives diplomatiques de ce type verront le jour dans les prochains mois.

Bénin, carrefour de l’intégration : l’UEMOA se réinvente à Cotonou

Du 15 au 19 septembre 2025, la 38ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire de l’UEMOA réunit à Cotonou les députés des huit États membres pour accélérer l’intégration régionale autour des énergies renouvelables et de la libre circulation des professions libérales.

 

Sous le ciel animé de Cotonou, la capitale béninoise pulse d’une énergie nouvelle. En fait, depuis le 15 septembre, l’Hôtel Azalaï accueille la 38ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), un rendez-vous crucial où les parlementaires des huit nations unissent leurs voix pour façonner l’avenir de la sous-région. Au menu : des discussions vibrantes sur les énergies renouvelables, la libre circulation et le droit d’établissement des professions libérales. Dans un monde où l’intégration régionale n’est plus une option mais une nécessité, Cotonou s’impose comme le carrefour des ambitions ouest-africaines, avec un objectif clair : bâtir un avenir plus vert, plus fluide et plus prospère.

38ᵉ session extraordinaire de l’UEMOA : une cérémonie d’ouverture sous le signe de la résilience

 

La session s’est ouverte lundi sous les auspices de Louis Gbèhounou Vlavonou, président de l’Assemblée nationale du Bénin, dont l’allocution a donné le ton : l’UEMOA, malgré les tensions qui secouent parfois l’institution, reste un moteur d’intégration régionale. « Votre présence, chers députés, témoigne de votre engagement à porter haut les ambitions de nos peuples », a-t-il déclaré, saluant la résilience du Comité interparlementaire (CIP-UEMOA). En outre, son discours, empreint de conviction, a souligné l’importance du Bénin comme hôte de cette session, un choix qui reflète la confiance placée en ce pays pour faire avancer les débats sur des enjeux cruciaux.

À ses côtés, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, président par intérim du CIP-UEMOA, a dévoilé les ambitions de ces cinq jours de travaux. « Nous sommes ici pour poser des jalons concrets vers une intégration plus forte », a-t-il affirmé, mettant en lumière deux thématiques brûlantes : le développement des énergies renouvelables et la garantie de la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le droit d’établissement des professions libérales.

À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.
© À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.
À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.
© À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.

Énergies vertes et mobilité : la sous-région face à ses défis majeurs

 

Les parlementaires, issus des huit pays membres de l’UEMOA, se penchent sur deux communications majeures. La première, intitulée « Développement et promotion des énergies renouvelables dans l’espace UEMOA : enjeux et perspectives », explorera comment les énergies solaires, éoliennes et autres solutions vertes peuvent répondre au défi énergétique de la région. « La dépendance aux énergies fossiles et l’accès limité à l’électricité, surtout en milieu rural, freinent notre développement », a rappelé le président Vlavonou, citant l’exemple de l’Union européenne, née des cendres de la Communauté du charbon et de l’acier. Pour l’UEMOA, il est évident qu’investir dans les énergies renouvelables n’est pas seulement une question écologique : c’est une condition essentielle pour booster l’économie et améliorer la vie des populations.

La seconde communication, axée sur la libre circulation et le droit d’établissement des professions libérales, s’attaque à un autre défi majeur : fluidifier les échanges humains et économiques dans l’espace UEMOA. Bien que l’ambition d’un marché commun existe, les échanges intercommunautaires restent faibles. Par conséquent, faciliter la mobilité des avocats, médecins ou architectes, tout en garantissant leur droit de s’installer dans un autre pays membre, pourrait dynamiser l’économie régionale et renforcer l’intégration. « Ces discussions ne sont pas théoriques, elles touchent au cœur de notre survie collective », a insisté le président Vlavonou.

Feuille de route pour une UEMOA plus forte

 

À l’issue de ces cinq jours, les députés formuleront des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de ces priorités. « Notre objectif est clair : faire des énergies renouvelables et de la libre circulation des leviers d’intégration et de prospérité », a déclaré Fononna Coulibaly. Ces propositions, attendues avec impatience, pourraient redessiner les politiques énergétiques et économiques de l’UEMOA, offrant des solutions adaptées aux réalités de la sous-région.

À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.
© À Cotonou, la 38ᵉ session du Comité interparlementaire de l’UEMOA explore les enjeux de l’intégration régionale à travers les énergies vertes et la mobilité professionnelle. Une rencontre stratégique pour bâtir une Afrique de l’Ouest plus fluide et résiliente.

Cotonou, plus qu’une ville, une vision pour l’avenir

 

En somme, Cotonou incarne l’espoir d’une Afrique de l’Ouest plus unie et plus résiliente. En dépit des défis politiques et économiques, l’UEMOA reste un phare d’intégration, et cette 38ᵉ session en est la preuve. Alors que les débats se poursuivent jusqu’au 19 septembre, une chose est sûre : les décisions prises ici pourraient éclairer le chemin vers un avenir où l’énergie verte et la mobilité sans entraves deviennent les moteurs d’une région prospère. Cotonou, cette semaine, n’est pas seulement une ville : c’est une vision.

Reste à voir si les recommandations de cette session pourront réellement se traduire en actions concrètes, capables de surmonter les obstacles politiques et législatifs qui ont souvent ralenti l’intégration par le passé.

Abuja : le Bénin décroche un rendez-vous stratégique de la WAAPAC en 2026

Clôture à Abuja de la 11e Conférence annuelle de la WAAPAC : un rendez-vous stratégique pour la transparence et la solidarité régionale

Abuja , 10 septembre 2025 – La 11e Conférence annuelle et Assemblée générale de l’Association des Commissions des Finances et des Comptes Publics de l’Afrique de l’Ouest (WAAPAC) s’est achevée à Abuja sur une note hautement symbolique : le Bénin accueillera en 2026 la 2e session du Comité exécutif de l’Association. Cette décision, saluée par l’ensemble des délégations, consacre le dynamisme de la Commission des finances et des échanges de l’Assemblée nationale béninoise, conduite par l’honorable Gérard Gbénonchi, également vice-président de la WAAPAC.

 Une motion de remerciement portée par le Bénin

 

Moment fort de la clôture : la lecture par Gérard Gbénonchi de la motion de remerciement et de la Déclaration d’Abuja, confiée au Bénin en reconnaissance de son engagement. Ce texte exprime la gratitude des délégations envers les autorités nigérianes pour l’accueil, l’hospitalité et la qualité de l’organisation, tout en réaffirmant la volonté commune de renforcer la solidarité parlementaire et le contrôle responsable de la dette publique.

À Abuja, la WAAPAC confie au Bénin l’accueil d’une session clé en 2026, scellant un engagement régional pour un contrôle parlementaire renforcé.
© À Abuja, la WAAPAC confie au Bénin l’accueil d’une session clé en 2026, scellant un engagement régional pour un contrôle parlementaire renforcé.

 Des perspectives claires pour 2026

 

Les travaux ont permis d’adopter le procès-verbal de l’Assemblée générale 2024 (Côte d’Ivoire), d’examiner le rapport d’activités du Comité exécutif et de valider le plan de travail annuel. Outre la session béninoise, la première réunion du Comité exécutif 2026 se tiendra au Ghana, tandis que la 12e Conférence et Assemblée générale annuelle aura lieu au Liberia.

À Abuja, la WAAPAC confie au Bénin l’accueil d’une session clé en 2026, scellant un engagement régional pour un contrôle parlementaire renforcé.
© À Abuja, la WAAPAC confie au Bénin l’accueil d’une session clé en 2026, scellant un engagement régional pour un contrôle parlementaire renforcé.

Abuja, symbole d’unité parlementaire

 

En ouverture, l’honorable Bamidélé Salam, président de la Commission des comptes publics du Nigeria, a salué la capacité des participants à dépasser les barrières linguistiques afin de mener des échanges constructifs. De plus, il a annoncé que le Nigeria accueillera, au troisième trimestre 2026, une session de formation des assistants parlementaires, inscrite au plan de travail adopté.

Un appel à l’engagement et à la responsabilité

 

Le président de la WAAPAC, Issouf Traoré, a rappelé les défis à relever : régulariser les cotisations des États membres et intensifier le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers (BAD, Banque mondiale, Union européenne…). Il a exhorté chaque parlementaire à « faire le choix de l’engagement et de la responsabilité » pour que le contrôle de la dette publique devienne un levier de développement durable.

 Une dynamique régionale consolidée à Abuja

 

En conclusion, en clôturant les travaux, les participants ont réaffirmé leur volonté de faire de la WAAPAC une plateforme de coopération exemplaire, capable non seulement d’inspirer les parlements membres dans leurs missions de contrôle et de redevabilité, mais aussi de renforcer la gouvernance parlementaire dans toute la région. Ainsi, Abuja 2025 restera comme un jalon majeur dans la construction d’une gouvernance plus intégrée, plus transparente et plus proche des réalités territoriales.

 

Le Bénin et la Russie renforcent leurs liens diplomatiques

À Cotonou, le Bénin et la Russie réaffirment leur volonté commune de bâtir un partenariat stratégique, mêlant diplomatie, économie et culture, pour relever ensemble les défis d’un monde en mutation. 

 

Cotonou, 10 septembre 2025— Dans un contexte mondial marqué par des défis complexes, la diplomatie reste un pilier essentiel pour construire des ponts entre les nations. Ce mercredi, une rencontre significative a eu lieu à Cotonou entre S.E.M. Igor Evdokimov, Ambassadeur de la Fédération de Russie au Bénin et au Togo, et S.E.M. Amour-Marie Ako, Ambassadeur et Secrétaire général adjoint du Ministère des Affaires étrangères du Bénin. Cet échange, riche en discussions sur la coopération bilatérale, marque une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre la Russie et le Bénin.

 

Coopération internationale et partenariats en perspective

 

Au cœur de cette rencontre, les deux diplomates ont abordé des sujets cruciaux pour les relations russo-béninoises. Les discussions ont principalement porté sur la collaboration dans des cadres internationaux, notamment au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Dans un monde où les crises globales, comme les changements climatiques et les conflits régionaux, exigent des réponses coordonnées, cette volonté de travailler ensemble sur des plateformes multilatérales reflète un engagement commun pour la paix et la stabilité. En outre, les deux parties ont également exploré des moyens de renforcer leurs liens économiques et culturels, soulignant l’importance d’une coopération diversifiée.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large. En effet, le Bénin et la Russie cherchent à approfondir leurs relations, qui remontent à plusieurs décennies. Depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1966, les deux pays ont multiplié les initiatives pour consolider leur partenariat, notamment à travers des accords bilatéraux en cours de négociation.

 

Dialogue fructueux pour l’économie et la culture

 

Les discussions entre Igor Evdokimov et Amour-Marie Ako ont mis en lumière des opportunités concrètes pour stimuler les échanges économiques. Par ailleurs, le Bénin, avec son économie en croissance et son positionnement stratégique en Afrique de l’Ouest, représente un partenaire attrayant pour la Russie, qui cherche à élargir son influence sur le continent.

Les deux ambassadeurs ont également évoqué des projets d’échanges culturels et éducatifs, visant à rapprocher les peuples des deux nations. Ainsi, ces initiatives pourraient inclure des programmes d’études pour les étudiants béninois en Russie ou des événements culturels mettant en valeur les richesses des deux cultures.

Cette rencontre intervient dans un contexte où la Russie intensifie ses efforts pour renforcer ses relations avec les pays africains. À titre d’exemple, lors d’une récente conférence de presse à Cotonou, en février 2025, l’Ambassadeur Evdokimov avait abordé des sujets comme les aides humanitaires russes aux pays africains, soulignant l’engagement de son pays dans le développement du continent.

 

Le Bénin et la Russie : un message d’avenir pour les relations bilatérales

 

En somme, cette réunion  envoie un message clair : le Bénin et la Russie sont déterminés à construire un partenariat stratégique basé sur le respect mutuel et des intérêts communs. Les observateurs internationaux y voient un signe encourageant pour l’avenir des relations bilatérales, qui pourraient ouvrir la voie à de nouveaux accords économiques et à une collaboration renforcée sur la scène internationale.

Bien que des détails précis sur les résultats de cette rencontre n’aient pas encore été rendus publics, elle s’inscrit dans une série d’échanges réguliers entre les deux nations. Reste à voir si cette dynamique diplomatique se traduira par des avancées concrètes, capables d’enrichir durablement la coopération entre les deux pays.

Dette publique : le Bénin renforce son rôle au sein du Waapac

11ᵉ Conférence du Waapac à Abuja : une mobilisation stratégique pour la transparence budgétaire

Abuja, 9 septembre 2025-  À Abuja, la 11ᵉ conférence et Assemblée générale annuelle du Waapac s’est ouverte le 8 septembre 2025 avec une forte présence béninoise. Conduite par l’honorable Gérard Gbénonchi, Président de la Commission des finances et des échanges de l’Assemblée nationale, la délégation incarne une volonté affirmée de renforcer le rôle parlementaire dans la gouvernance budgétaire régionale. Elle est composée des députés Nouréinou Atchadé, Mounifa Karim épouse Kpétoni, Nicaise Fagnon et Réginal Koumagbèafidé, accompagnés de Pierre Salako, assistant parlementaire.

Un thème au cœur des enjeux de souveraineté financière

 

Sous le thème « Renforcer le contrôle parlementaire de la dette publique : rôle des Commissions des finances et des comptes publics », les assises du Waapac s’inscrivent dans une dynamique de responsabilisation des institutions législatives face à la montée des dettes souveraines. L’objectif : outiller les commissions parlementaires pour garantir transparence, légalité et efficacité dans la gestion des emprunts publics.

À Abuja, la délégation béninoise marque les esprits à la Conférence du Waapac, plaidant pour un contrôle parlementaire renforcé de la dette publique.
© À Abuja, la délégation béninoise marque les esprits à la Conférence du Waapac, plaidant pour un contrôle parlementaire renforcé de la dette publique.

Waapac 2025 : des voix fortes pour une dette responsable

 

Bamidélé Salam, Président de la Commission des comptes publics du Nigeria, a ouvert les travaux en soulignant que la dette publique, bien que nécessaire au développement, doit rester soutenable et justifiable. Il a rappelé que le contrôle parlementaire est un rempart contre les dérives budgétaires et les injustices intergénérationnelles. À titre d’exemple, il a salué les 200 milliards de Nairas récupérés par sa commission en 2024, preuve de l’impact concret d’un contrôle rigoureux.

Une solidarité parlementaire régionale en construction

 

Issouf Traoré, Président du Waapac, a insisté sur la nécessité d’un front commun face à la raréfaction des ressources financières. Il a appelé à une mobilisation collective pour que la dette devienne un levier de transformation et non un facteur de fragilité. Les autorités nigérianes ont également exprimé leur souhait de voir le Waapac devenir une plateforme d’apprentissage par les pairs, fondée sur la redevabilité et la transparence.

À Abuja, la délégation béninoise marque les esprits à la Conférence du Waapac, plaidant pour un contrôle parlementaire renforcé de la dette publique.
© À Abuja, la délégation béninoise marque les esprits à la Conférence du Waapac, plaidant pour un contrôle parlementaire renforcé de la dette publique.

Le Bénin porte une parole d’espoir et de vigilance au Waapac 2025

 

Gérard Gbénonchi, chef de la délégation béninoise, s’est dit confiant en la capacité des parlementaires à transformer les recommandations issues de cette conférence en leviers d’action. Il a souligné l’importance d’un contrôle parlementaire actif pour que la dette publique devienne un outil de croissance inclusive.

« Nos États doivent pouvoir compter sur des dettes saines, porteuses de développement et non de dépendance », a-t-il affirmé.

Des interventions marquantes sur les héritages historiques

 

Lors du panel inaugural, les députés Nouréinou Atchadé et Nicaise Fagnon ont apporté une contribution saluée par le présidium. L’un des points forts : la nécessité de prendre en compte les séquelles du colonialisme dans l’analyse du poids des dettes africaines. Une parole forte, qui réaffirme la dimension historique et symbolique du débat sur la souveraineté financière.

Vers une Afrique financièrement libérée ?

 

Ainsi, cette conférence n’est pas qu’un conclave technique ; elle tisse les fils d’une solidarité ouest-africaine, où la vigilance collective illumine le chemin vers une Afrique affranchie de ses entraves financières. Reste à savoir si les remèdes envisagés à Abuja seront suffisamment puissants pour transformer durablement la gestion de la dette et garantir que ces engagements financiers profitent réellement aux populations, sans hypothéquer leur avenir.

Fête du Trône : au-delà du protocole, une fraternité incarnée

Sous les lumières feutrées du Golden Tulip, un geste discret mais chargé de sens : l’ambassadeur des Émirats arabes unis serre chaleureusement la main de son homologue marocain. le 17 août, à Cotonou, la diplomatie devient mémoire.

 

Cotonou, 21 août — À l’occasion du 26ᵉ anniversaire de l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’ambassade du Royaume du Maroc au Bénin a organisé une réception officielle dans l’enceinte de l’hôtel Golden Tulip. En effet , l’événement, à la fois solennel et fédérateur, a rassemblé des figures diplomatiques, des responsables béninois, des représentants d’organisations internationales et des membres des communautés marocaine et arabe résidant au Bénin.

 

Le modèle Maroco-Émirati salué : quand la fraternité devient diplomatie

 

Parmi les invités d’honneur, Son Excellence Mohamed Saeed Al Kaabi, ambassadeur des Émirats arabes unis auprès de la République du Bénin, a tenu à adresser ses félicitations à l’ambassadeur du Maroc et à son équipe. Dans son intervention, il a salué la profondeur des liens historiques entre Rabat et Abou Dhabi, soulignant ainsi leur développement constant dans les domaines de la coopération, de la culture et de la solidarité régionale.

Au-delà du protocole, cette réception a incarné une vision partagée : celle d’une diplomatie fondée sur la reconnaissance mutuelle, la mémoire commune et l’engagement pour un avenir concerté. Par ailleurs, sous la conduite éclairée de Son Altesse Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan et de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les relations maroco-émiraties s’affirment comme un modèle de fraternité active.

 

Le Maroc, acteur clé d’une nouvelle solidarité régionale

 

Dans un contexte ouest-africain en pleine mutation, cette célébration prend une résonance particulière. Elle rappelle que les liens entre États ne se tissent pas seulement dans les traités, mais aussi dans les gestes, les regards et les paroles échangées lors de moments symboliques.

Et si la diplomatie culturelle devenait le socle d’une nouvelle solidarité régionale ? À Cotonou, le 17 août, les Émirats arabes unis et le Royaume du Maroc ont montré que l’amitié entre nations peut aussi être un levier de cohésion et de transmission.

Crise migratoire au Gabon : le Bénin réagit avec diplomatie

Crise du secteur informel au Gabon : le Bénin tend la main à ses ressortissants

 

Cotonou, 16 août 2025 Face aux récentes restrictions imposées par les autorités gabonaises sur l’exercice de certaines activités informelles par les étrangers, le gouvernement béninois réagit avec fermeté et humanité. À  travers un communiqué publié le 14 août, le ministère des Affaires étrangères a annoncé une opération d’identification et de recensement des Béninois candidats au retour volontaire, tout en réaffirmant son engagement à protéger ses ressortissants vivant au Gabon.

 

Une réponse béninoise qui rassure face aux restrictions gabonaises

 

Par ailleurs, la mesure prise par le Gabon, visant à exclure les étrangers de plusieurs secteurs informels, a suscité des inquiétudes au sein de la communauté béninoise établie dans le pays. En réponse, le Bénin appelle à la sérénité et à la retenue, tout en rappelant à ses citoyens l’importance de respecter les lois et règlements du pays d’accueil.

Au-delà des mots, le gouvernement béninois passe à l’action. En effet, une mission conjointe avec les autorités gabonaises sera lancée dans les prochains jours pour identifier les ressortissants désireux de rentrer volontairement au pays. Cette démarche vise aussi à anticiper les besoins logistiques et sociaux liés à un éventuel retour, tout en préservant la dignité des personnes concernées.

 

Crise du secteur informel au Gabon : Un appel à la solidarité africaine

 

Dans son communiqué, le ministère béninois des Affaires étrangères réaffirme son attachement aux valeurs panafricanistes et à la solidarité entre peuples africains. « Chaque Africain doit pouvoir se sentir chez lui partout sur le continent », rappelle le texte, soulignant ainsi que cette liberté est essentielle à une intégration réelle et à un développement harmonieux.

 

Le Bénin renforce sa vigilance diplomatique

 

Alors que les tensions liées à l’attribution de places de marché et aux restrictions économiques se multiplient dans certaines provinces gabonaises, le Bénin adopte une posture diplomatique proactive. Le suivi de la situation sur le terrain, la coordination bilatérale et la mobilisation des ressources pour accompagner les candidats au retour témoignent aussi d’une volonté claire : ne laisser aucun citoyen béninois sans protection ni perspective.

En somme, dans un contexte africain où les enjeux migratoires et économiques se croisent, le Bénin choisit la voie de la responsabilité, du dialogue et de la solidarité. Une posture qui honore l’héritage des pères fondateurs du panafricanisme.

Cette initiative béninoise pourrait-elle devenir un modèle pour la gestion des crises migratoires internes en Afrique ? Cette situation met-elle en lumière la fragilité de la libre circulation des personnes en Afrique et la nécessité de renforcer les politiques d’intégration régionales ?

Bohicon – Abu Dhabi : vers un pacte municipal

Diplomatie locale en action — Bohicon et les Émirats Arabes Unis explorent une nouvelle ère de coopération décentralisée

Cotonou, mardi 5 août 2025 — Une rencontre stratégique s’est tenue au siège de l’ambassade des Émirats Arabes Unis au Bénin, entre Son Excellence Mohammed Saeed Al Kaabi, ambassadeur émirati, et Son Excellence Rufino d’Almeida, maire de la ville de Bohicon. Cet échange s’inscrit dans une dynamique de dialogue renforcé entre les deux parties, autour des perspectives de collaboration et des opportunités de développement à l’échelle locale.

 

Vers un jumelage inédit : Bohicon se tourne vers les Émirats arabes unis

 

Dans une atmosphère empreinte de cordialité et d’ouverture, les deux responsables ont salué la qualité des relations bilatérales existantes, portées par les visions convergentes de Son Excellence le Président Patrice Talon et de Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. D’ailleurs, l’ambassadeur a tenu à souligner l’engagement des autorités béninoises en faveur de la décentralisation, du renforcement des institutions locales et de la modernisation des services publics.

La gouvernance numérique au cœur des discussions

 

Le diplomate émirati a mis en lumière le potentiel d’une coopération ciblée dans des domaines clés tels que l’aménagement urbain, la gouvernance numérique et la gestion municipale. Il a d’ailleurs salué les efforts de la commune de Bohicon pour améliorer ses performances institutionnelles.

Pour sa part, le maire Rufino d’Almeida a exprimé sa gratitude pour le soutien humanitaire et les initiatives de développement menées par les Émirats au Bénin. Par la suite, il a manifesté un vif intérêt pour les solutions émiraties en matière de gestion locale, et a proposé l’établissement d’un jumelage entre Bohicon et plusieurs villes émiraties, dans l’optique de stimuler les échanges d’expertise et d’impulser des projets durables.

 

Une collaboration prometteuse en marche

 

Les deux délégations ont convenu de maintenir un rythme soutenu de concertation et d’envisager des visites croisées dans les mois à venir, dans le but de concrétiser les axes de collaboration esquissés et de renforcer les liens entre leurs communautés.

En somme, cette rencontre marque un pas décisif vers une diplomatie de proximité, où les enjeux du développement local s’invitent au cœur des relations bilatérales. À travers la volonté commune d’agir pour les collectivités, Bohicon et les Émirats Arabes Unis ouvrent la voie à une coopération ancrée dans la réalité des territoires et tournée vers des partenariats durables.

Coopération bilatérale : Talon et Faye tracent une voie commune à Cotonou

Le Bénin et le Sénégal scellent une alliance renforcée pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest

Cotonou, 15 juillet 2025 Ce mardi 15 juillet 2025, Cotonou vibre au rythme d’une visite d’exception. À l’invitation du président Patrice Talon, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président de la République du Sénégal, a posé le pied sur le sol béninois pour une visite de travail de deux jours. En effet, cet événement marque une nouvelle page significative dans l’amitié historique entre les deux nations.

Le ministre des Affaires étrangères, M. Olushegun Adjadi Bakari, a accueilli le chef d’État sénégalais avec les honneurs protocolaires à l’Aéroport International Cardinal Bernardin Gantin. Le Palais de la Marina a ensuite chaleureusement reçu le président, où il a participé à un tête-à-tête empreint de cordialité, suivi d’échanges élargis avec les délégations des deux pays.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, en visite officielle au Bénin, engage aux côtés de Patrice Talon un dialogue stratégique axé sur la sécurité, les réformes régionales et le renforcement des relations économiques dans l’espace ouest-africain.
© Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, en visite officielle au Bénin, engage aux côtés de Patrice Talon un dialogue stratégique axé sur la sécurité, les réformes régionales et le renforcement des relations économiques dans l’espace ouest-africain.

Cotonou : Talon et Faye consolident l’axe sécuritaire et économique

 

Au cœur des discussions, les deux leaders ont exploré des axes prioritaires pour renforcer la coopération bilatérale dans un contexte régional complexe. La sécurité, un défi majeur en Afrique de l’Ouest, a occupé une place centrale. Face à la menace persistante du terrorisme, le président Faye a exprimé la solidarité du Sénégal envers le Bénin, réaffirmant son soutien indéfectible dans la lutte contre l’insécurité. Les échanges ont également porté sur l’essor des relations économiques, en accentuant l’intensification des échanges commerciaux. « Nos relations solides offrent un terreau fertile pour une coopération économique dynamique », a déclaré le président sénégalais, soulignant les opportunités considérables d’un partenariat mutuellement bénéfique.

Les deux chefs d’État ont également abordé la nécessité de réformes au sein des institutions régionales comme la CEDEAO et l’UEMOA. Partageant une vision commune, ils ont appelé à des transformations structurelles pour rendre ces organisations plus réactives aux aspirations des peuples ouest-africains, dans un élan d’intégration et de solidarité renforcée.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, en visite officielle au Bénin, engage aux côtés de Patrice Talon un dialogue stratégique axé sur la sécurité, les réformes régionales et le renforcement des relations économiques dans l’espace ouest-africain.
© Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, en visite officielle au Bénin, engage aux côtés de Patrice Talon un dialogue stratégique axé sur la sécurité, les réformes régionales et le renforcement des relations économiques dans l’espace ouest-africain.

Déclaration de Cotonou : une fraternité exemplaire et des vœux de prospérité

 

Lors d’une déclaration conjointe à la presse, le président Faye a tenu à saluer l’accueil chaleureux et exceptionnel du peuple béninois et l’hospitalité de son homologue, M. Talon. « Dès mon entrée en fonction, j’ai souhaité renforcer les liens avec les pays frères, et le Bénin était une priorité », a-t-il confié, soulignant l’importance de cette visite malgré un agenda chargé. À l’approche de la fête nationale béninoise, il a adressé ses vœux de prospérité au peuple béninois, célébrant ainsi l’amitié sincère qui unit Dakar et Cotonou.

 

Vers une coopération ambitieuse : Cotonou, symbole d’un partenariat prometteur entre Faye et Talon

 

En somme, cette visite, la première du président Faye au Bénin depuis son élection, incarne la vitalité exceptionnelle des relations entre les deux nations. Elle ouvre la voie à une collaboration renforcée, portée par des ambitions communes de paix, de développement et d’intégration régionale. En ce 15 juillet 2025, Cotonou devient le symbole d’un partenariat prometteur, ancré dans la fraternité et tourné vers un avenir ouest-africain plus uni et prospère.

 

Talon-Faye : cap sur une Afrique de l’Ouest solidaire

Cotonou, 15 juillet 2025 – Dans un élan de fraternité ouest-africaine, le président de la République du Sénégal, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, foule le sol béninois ce mardi 15 juillet 2025 pour une visite de travail de deux jours, à l’invitation de son homologue, le président Patrice Talon. Accueilli avec les honneurs protocolaires à l’Aéroport International Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou par le Ministre des Affaires étrangères, M. Olushegun Adjadi Bakari, cet événement marque en effet un jalon significatif et prometteur dans les relations entre Cotonou et Dakar, deux nations unies par une vision commune de progrès et de solidarité régionale.

Sommet de Cotonou : Talon et Faye consolident les liens bilatéraux

 

Au cœur de cette visite, un entretien au Palais de la Marina dans la soirée du 15 juillet réunira les deux chefs d’État pour des discussions stratégiques et approfondies. Dans un climat de confiance et de respect mutuel, MM. Talon et Faye aborderont des dossiers clés visant à approfondir activement la coopération bilatérale. Par ailleurs, les échanges porteront sur des enjeux cruciaux : la consolidation de la paix dans une région confrontée à l’insécurité, l’accélération du développement économique et l’intégration sous-régionale au sein de la CEDEAO. Ainsi, cette rencontre illustre la volonté ferme des deux pays de bâtir des ponts solides pour relever les défis communs de l’Afrique de l’Ouest.

 

Déclaration conjointe attendue : un message fort pour l’avenir régional

 

À l’issue de leur tête-à-tête, les deux présidents s’adresseront à la presse pour partager les grandes lignes de leurs discussions. Cette déclaration conjointe, très attendue, devrait également réaffirmer l’engagement du Bénin et du Sénégal à œuvrer pour un avenir commun marqué par la stabilité, la prospérité et une coopération renforcée. En plus, elle offrira un signal fort de leur détermination à promouvoir une intégration régionale dynamique, dans un contexte où la solidarité interétatique est plus que jamais nécessaire et indispensable.

À Cotonou, dans le cadre d’une visite officielle, les présidents Patrice Talon et Bassirou Diomaye Faye posent les fondations
© À Cotonou, dans le cadre d’une visite officielle, les présidents Patrice Talon et Bassirou Diomaye Faye posent les fondations

Amitié exemplaire : Cotonou et Dakar, piliers de l’intégration ouest-africaine

 

Cette visite, la première de M. Faye au Bénin depuis son accession à la présidence, témoigne de la vitalité exceptionnelle des relations entre les deux nations. Liés par une histoire partagée et des valeurs communes, le Bénin et le Sénégal incarnent un modèle de partenariat fondé sur le respect mutuel et l’ambition collective. En somme, Cotonou devient le théâtre d’un dialogue fructueux et prometteur, porteur d’espoir pour une Afrique de l’Ouest plus unie et résiliente face aux défis contemporains.

Sossoukpè extradé : la démocratie en péril

Répression transfrontalière : l’arrestation de Comlan Hugues Sossoukpè, un signal inquiétant pour les droits humains en Afrique de l’Ouest

 

Cotonou, 11 juillet 2025 La sous-région ouest-africaine est secouée par une nouvelle affaire de répression transfrontalière. Comlan Hugues Sossoukpè, un activiste béninois virulent et critique du régime de Patrice Talon, a été arrêté à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant d’être extradé en urgence vers Cotonou, la capitale économique du Bénin. Cette opération, menée dans une discrétion troublante, soulève de graves questions sur la protection des droits humains, la liberté d’expression et l’utilisation des accords de coopération régionale pour museler les voix dissidentes. Voici l’histoire d’un homme qui, après sept ans d’exil, est devenu la cible d’une traque sans égard pour les principes fondamentaux du droit international.

 

Comlan Hugues Sossoukpè : La voix qui dérange, rattrapée par Cotonou

 

Comlan Hugues Sossoukpè n’est pas un inconnu au Bénin. Ce web-activiste et patron du média en ligne Olofofo s’est imposé comme une figure incontournable de l’opposition numérique. Il dénonce sans relâche les dérives autoritaires du gouvernement béninois, abordant des sujets sensibles : corruption, injustices sociales et violations des droits humains. Plus récemment, il a relayé des informations sur de présumées attaques terroristes dans le nord du pays, n’hésitant pas à contredire les chiffres officiels, ce qui lui a valu d’être jugé « propagandiste » par le pouvoir.

Ses positions tranchées l’ont rapidement exposé à des représailles. Accusé de « complot contre la sûreté de l’État » et de « diffusion de fausses informations » par le passé, il avait quitté le Bénin il y a sept ans pour échapper à la répression.

Réfugié à Lomé 2019  , invité officiellement par le ministère ivoirien de la Transition Numérique pour couvrir la première édition de l’Ivoire Tech Forum à Abidjan, il pensait avoir trouvé un havre de paix pour poursuivre son engagement mais hélas.

Le 10 juillet 2025,  son exil a brusquement pris fin : les autorités ivoirienne l’ont arrêté dans des circonstances encore obscures, puis l’ont transféré dès le lendemain vers Cotonou, sans aucune annonce officielle. Cette extradition silencieuse soulève de nombreuses interrogations sur la coopération sécuritaire entre Abidjan et Cotonou, et sur le sort réservé aux opposants en exil.

 

Extradition express : Quand la justice s’efface devant l’opacité

 

L’opération qui a mené à l’arrestation de Sossoukpè révèle une collaboration sécuritaire flagrante entre le Bénin et la Côte d’Ivoire. Pourtant, elle viole ouvertement les normes internationales. Selon les informations disponibles, les autorités ont procédé à l’interpellation sans aucune transparence, bafouant les procédures judiciaires élémentaires et les droits d’asile. En fait , Abidjan n’a fourni aucune information officielle, et a transféré Sossoukpè vers le Bénin avec une discrétion qui contraste fortement avec la gravité de l’événement. En plus, Sans tarder, ce 11 juillet, les autorités ont conduit Sossoukpè devant le procureur spécial de la CRIET à Cotonou. Il attend désormais de connaître les charges exactes retenues contre lui, dans un contexte où les critiques pointent souvent du doigt la CRIET pour son instrumentalisation contre les opposants politiques.

Cette affaire n’est pas un cas isolé. En effet, en août 2024, au Togo les autorités avaient déjà arrêté et extradé un autre activiste béninois, Steve Amoussou, alias « Frère Hounvi », dans des conditions similaires. Les organisations de la société civile togolaise, comme l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), avaient alors dénoncé une violation des conventions internationales sur la protection des réfugiés politiques. L’arrestation de Sossoukpè semble confirmer l’émergence d’un schéma inquiétant : les pays voisin , autrefois perçue comme un refuge pour les dissidents de la sous-région, devient un terrain d’opérations pour les gouvernements qui cherchent à faire taire leurs opposants.

 

Sossoukpè, symbole d’une résistance qui ne plie pas

 

Comlan Hugues Sossoukpè incarne une résistance farouche face à ce qu’il décrit comme un recul démocratique au Bénin. Dans une déclaration de janvier 2025, il revendiquait son « indéfectible engagement pour la vérité et la démocratie », rejetant les accusations de complot et de trahison. « Je plaide coupable d’avoir critiqué le régime et informé le public des réalités du pays », écrivait-il, dénonçant les « dérives autoritaires » et les « violations des droits des opposants ». Aujourd’hui, ces mots résonnent comme un défi lancé à un pouvoir qui semble déterminé à étouffer toute critique, même au-delà de ses frontières.

Sossoukpè n’est pas un simple activiste isolé. Il appartient à une longue lignée de voix dissidentes au Bénin, où les autorités intensifient la répression des opposants, journalistes et cyber-activistes ces dernières années. Amnesty International a documenté des vagues d’arrestations arbitraires et des restrictions à la liberté d’expression. Le cas de Sossoukpè illustre également l’utilisation croissante de la CRIET pour cibler les dissidents, avec des accusations vagues comme le « harcèlement par communication électronique » ou la « publication de fausses nouvelles », souvent utilisées pour criminaliser la parole critique.

 

Un dangereux Précédent : L’exil n’est plus un sanctuaire en Afrique de l’Ouest

 

L’arrestation et l’extradition de Comlan Hugues Sossoukpè dépassent les frontières du Bénin et de la  Côte d’Ivoire. Elles projettent un message glaçant à tous les militants et défenseurs des droits humains en Afrique de l’Ouest : l’exil ne garantit plus la sécurité. En fait, les États ont détourné les accords de coopération sécuritaire, censés renforcer la lutte contre le crime transfrontalier, pour traquer les opposants politiques. Ce précédent, combiné à celui de Steve Amoussou, révèle une érosion alarmante des protections que les autorités accordaient autrefois aux réfugiés et aux dissidents.

Les organisations de défense des droits humains, tant en Côte d’Ivoire qu’au Bénin, ont exprimé leur indignation. L’absence de transparence dans l’arrestation de Sossoukpè et l’omission de toute procédure légale formelle violent les conventions internationales, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui garantit le droit à la protection pour les personnes fuyant des persécutions politiques. Cette affaire interroge également le rôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont la Cour de justice a déjà condamné le Bénin pour des violations des droits humains dans d’autres cas.

 

Alerte rouge pour la démocratie : le cas Sossoukpè, un combat pour les libertés

L’arrestation de Comlan Hugues Sossoukpè est bien plus qu’un incident isolé. Elle symbolise une menace croissante pour la liberté d’expression et la sécurité des activistes en Afrique de l’Ouest. En transformant Abidjan  en un outil de répression transfrontalière, les autorités béninoises et ivoirienne établissent ainsi un précédent qui pourrait encourager d’autres gouvernements à adopter des pratiques similaires. Si l’exil ne protège plus, où les voix dissidentes peuvent-elles se faire entendre ?

Alors que Sossoukpè attend son sort devant la CRIET, son cas met en lumière l’urgence d’une mobilisation régionale et internationale pour protéger les droits humains. Les organisations comme Amnesty International et les défenseurs locaux appellent à une vigilance accrue et à des sanctions contre les États qui bafouent les libertés fondamentales. Pour Sossoukpè, comme pour tant d’autres, la lutte continue, non seulement pour sa liberté, mais pour le droit de tous à s’exprimer sans craindre la répression, qu’elle vienne de Cotonou, d’Abidjan  ou d’ailleurs.

 

Bénin-Brésil : Lula et Talon scellent un partenariat stratégique

Rencontre Lula-Talon : un jalon pour un partenariat stratégique entre le Brésil et le Bénin

En ce 25 juin 2025, le Palais du Planalto s’est érigé en théâtre d’une rencontre d’une portée majeure : le Président Luiz Inácio Lula da Silva a accueilli son homologue béninois, Patrice Talon, pour une nouvelle étape dans l’édification d’un partenariat stratégique entre le Brésil et le Bénin. Cette deuxième visite de Talon en un peu plus d’un an témoigne d’une volonté partagée de tisser des liens profonds, ancrés dans une coopération économique, culturelle et historique, et portés par une ambition de réconciliation avec un passé commun.

Une coopération économique florissante : le secteur agricole en fer de lance

Le dialogue entre Brasilia et Cotonou s’intensifie sur le terrain économique, notamment dans le secteur agricole, pilier des relations Sud-Sud. En effet, en mai dernier, la visite du ministre béninois de l’Agriculture, Gaston Dossouhui, a jeté les bases d’une collaboration renforcée, axée sur l’exportation de matériel génétique bovin et avicole, ainsi que sur le commerce de bovins vivants. « Le Brésil, fort de son expertise en technologies tropicales, aspire à catalyser le développement rural et agricole du Bénin », a déclaré Marcel Moreira, secrétaire adjoint du ministère brésilien de l’Agriculture. Les discussions ont également porté sur l’irrigation, la gestion hydrique et la valorisation de filières stratégiques telles que le manioc, le soja ou la noix de cajou.

Cette dynamique s’inscrit dans une croissance soutenue des échanges agroalimentaires, avec 12,5 milliards de dollars d’exportations brésiliennes vers l’Afrique en 2024, en hausse de 23,8 % par rapport à l’année précédente. Par conséquent, un protocole d’accord, attendu lors du prochain Dialogue Brésil-Afrique sur la sécurité alimentaire, devrait sceller ces ambitions, renforçant la lutte contre la faim et le développement rural.

Une alliance culturelle et mémorielle : les racines africaines au cœur des échanges entre le Brésil- le Benin

Au-delà de l’économie, la relation entre les deux nations s’enracine dans une mémoire partagée. À ce titre, en janvier 2025, la ministre brésilienne de la Culture, Margareth Menezes, a conduit une mission au Bénin, marquée par une forte charge symbolique. À Porto-Novo, Cotonou et Ouidah, hauts lieux de la diaspora africaine, elle a célébré les ponts culturels unissant les deux pays, notamment à travers le Festival des cultures ancestrales Vodun. L’installation d’un comité bilatéral dédié aux arts, à l’audiovisuel et au patrimoine a consolidé cet élan, visant à raviver les liens spirituels et historiques.

Parallèlement, l’initiative d’Embratur, portée par Tania Neres, coordinatrice d’Afrotourism, a mis en lumière le tourisme de racine, attirant les Brésiliens en quête de leurs origines africaines. Cette démarche, renforcée par la participation au Festival Vodun, s’accompagne d’une mesure historique : une loi béninoise accordant la citoyenneté aux descendants d’esclaves africains, notamment brésiliens, sur la base de preuves documentaires ou génétiques. Cette décision, saluée comme une réparation symbolique, fait écho à l’histoire de la Costa da Mina, d’où plus d’un million de personnes furent arrachées pour le Brésil.

Vers un Avenir de fraternité entre le Brésil- le Benin : quand le passé façonne le progrès

Cette rencontre entre Lula et Talon, loin d’être un simple rituel diplomatique, incarne une vision d’avenir où économie, culture et mémoire convergent pour bâtir un partenariat durable. Le Bénin, comme l’a souligné le consul honoraire Marcelo Sacramento, se positionne comme une porte d’entrée pour le tourisme africain depuis les Amériques, avec des négociations en cours pour des vols directs. Ainsi, ces initiatives, mêlant pragmatisme et symbolisme, traduisent une ambition commune : faire du passé un levier de réconciliation et du présent une promesse de progrès.

En somme, le Brésil et le Bénin réaffirment leur engagement à tisser une relation d’une profondeur rare, où la coopération Sud-Sud et la mémoire partagée ouvrent la voie à un avenir de solidarité et de prospérité. Que ce sommet soit le prélude à une fraternité renforcée, pour un monde où les peuples, unis par leur histoire, bâtissent ensemble un destin commun !

Bénin-Brésil : L’aube d’une nouvelle ère diplomatique

Une escale diplomatique à Brasilia : Patrice Talon tisse des liens au cœur du Brésil

Sous le ciel étoilé de Brasilia, la douceur vespérale du 24 juin 2025 a été le théâtre d’un événement diplomatique majeur. L’avion présidentiel béninois a atterri sur le tarmac de la base aérienne de la capitale brésilienne, marquant l’arrivée du président Patrice Talon pour une visite de travail décisive. Accueilli chaleureusement par Clelio Nivaldo Crippa Filho, directeur par intérim du département Afrique et Moyen-Orient du ministère brésilien des Affaires étrangères, et Boniface Vignon, ambassadeur du Bénin au Brésil, le chef d’État béninois a posé le pied sur un sol riche en histoire et en ambitions partagées. Ce voyage, bien plus qu’une simple formalité, s’inscrit dans une volonté ardente de raffermir les liens entre Cotonou et Brasilia, deux nations unies par un héritage culturel profond et des aspirations communes à un avenir prospère.

Coopération bilatérale : Des ponts d’avenir entre continents

Dans l’écrin moderniste de la capitale brésilienne, chef-d’œuvre architectural d’Oscar Niemeyer, cette visite de travail s’annonce comme un jalon dans la coopération bilatérale. Les discussions, prévues avec les plus hautes autorités brésiliennes, devraient embrasser un spectre ambitieux. Ainsi, l’agenda inclut l’agriculture, pilier économique du Bénin, les échanges commerciaux, ainsi que des projets novateurs en matière d’énergie et de culture. Par conséquent, loin des fastes protocolaires, c’est une diplomatie pragmatique qui se dessine, portée par une volonté de transcender les océans pour bâtir des ponts durables.

Talon à Brasilia : Une voix africaine sur la scène mondiale

Le président Talon, connu pour son approche résolue et son ambition de moderniser le Bénin, trouve en Brasilia un écho fertile. En effet, le Brésil, géant sud-américain, partage avec le Bénin une histoire marquée par les flux transatlantiques, où les racines africaines s’entrelacent avec la mosaïque culturelle brésilienne. De surcroît, ce voyage, à l’aube de la présidence brésilienne du G20 et à l’approche de la COP30 à Belém en 2025, offre une tribune idéale pour aborder des enjeux globaux : la lutte contre la faim, la préservation du climat et la réforme des institutions internationales. Par conséquent, autant de sujets où les voix béninoise et brésilienne pourraient converger pour peser dans le concert des nations.

Partenariat Bénin-Brésil : l’espoir d’une entente renforcée

L’accueil à la base aérienne, empreint de courtoisie et dénué d’ostentation, traduit la tonalité de cette visite : une rencontre de travail, mais aussi un moment de communion entre deux peuples. Alors que les projecteurs de l’actualité mondiale se braquent sur Brasilia, cette escale du président Patrice Talon pourrait bien semer les germes d’une collaboration renforcée, où l’audace et la vision s’entrelacent pour écrire un nouveau chapitre des relations bénino-brésiliennes. Dans l’effervescence de la capitale brésilienne, l’espoir d’un partenariat fécond s’élève, porté par la brise d’un soir d’hiver austral, promettant des retombées mutuellement bénéfiques.