Crise Niger-Bénin : Tiani accuse Patrice Talon après l’attaque de Niamey

Les relations entre Niamey et Cotonou franchissent un nouveau cap dans l’escalade verbale. Après l’attaque à l’arme lourde ayant visé la base aérienne 101 de Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a directement mis en cause le président Patrice Talon, l’accusant, aux côtés de Paris et d’Abidjan, d’avoir parrainé l’opération.

 

Le ton est plus que jamais aux accusations de déstabilisation. Alors que le calme est revenu sur le tarmac de l’aéroport Diori Hamani, les ondes de la télévision publique nigérienne (RTN) ont vibré jeudi soir sous les mots très durs du général Abdourahamane Tiani. Pour le président du Niger, il ne fait aucun doute : l’assaut mené par ce qu’il qualifie de « groupe de mercenaires télécommandés » a été orchestré depuis l’extérieur.

DRPIS/MDN
© DRPIS/MDN

Cotonou dans le viseur de Niamey

Dans sa déclaration, le général Tiani a nommé le président Patrice Talon comme l’un des « sponsors » de ces assaillants. Entre le Niger et son voisin béninois, le contentieux n’a cessé de s’alourdir depuis le coup d’État de juillet 2023. Niamey accuse régulièrement Cotonou d’héberger des bases françaises destinées à entraîner des éléments pour déstabiliser le pays — des allégations que les autorités béninoises ont toujours fermement démenties.

Par ailleurs, le décompte officiel de la riposte fait état de 20 assaillants tués et 11 capturés. L’annonce par les autorités nigériennes de la présence d’un ressortissant français parmi les corps alimente la thèse d’un complot régional, dans lequel le Bénin jouerait, selon Niamey, un rôle de base arrière.

 

Un climat d’espionnage et de suspicion

Cette accusation s’inscrit dans un climat de suspicion croissante entre les deux pays. En effet, le 21 janvier dernier, les autorités béninoises avaient annoncé l’arrestation à Cotonou de plusieurs agents des services de renseignement nigériens. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir surveillé les déplacements du président Patrice Talon. Cette affaire d’espionnage présumé avait déjà jeté un froid polaire sur les canaux diplomatiques, renforçant ainsi l’idée d’une véritable « guerre de l’ombre » entre les deux États.

 

« Qu’ils s’apprêtent à nous écouter rugir. »

Utilisant une rhétorique guerrière, le général Tiani a lancé un avertissement sans frais à ses voisins et à la France : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ». Un message qui semble clore, pour l’heure, toute perspective de normalisation diplomatique avec Cotonou, malgré les tentatives de médiation passées pour la réouverture des frontières et l’exportation du pétrole nigérien via le terminal béninois de Sèmè-Kpodji.

En parallèle, le chef de l’État nigérien a chaleureusement félicité les « russes » pour leur « professionnalisme » lors de la défense de leur secteur de sécurité durant l’attaque. Ce soutien affiché à Moscou, opposé aux critiques virulentes contre l’axe Paris-Cotonou-Abidjan, scelle davantage l’ancrage sécuritaire du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), loin de ses partenaires traditionnels d’Afrique de l’Ouest.

Bénin : Faridatou Zachari Traoré au bureau d’âge de l’Assemblée

Le 8 février prochain, Porto-Novo vibrera au rythme de l’installation de la 10ᵉ législature. Au Perchoir, un bureau d’âge inédit, porté par la jeunesse. Ainsi Faridatou Zachari Traoré Yacoubou et ISSA Youssouf s’apprêtent à diriger les premiers pas des nouveaux élus.

 

Le Palais des Gouverneurs s’apprête à tourner une page. Le 8 février 2026, les 109 députés béninois fraîchement élus prendront officiellement leurs fonctions. Mais avant que l’hémicycle ne se choisisse un président définitif, la tradition parlementaire confie les clés de la maison à un trio symbolique : le doyen et les deux plus jeunes députés.

 

Le sacre de la jeunesse

C’est sous les projecteurs de cette transition que l’on retrouve Faridatou Zachari Traoré Yacoubou. À 36 ans, l’élue du Bloc Républicain (BR) dans la 8ᵉ circonscription électorale fait son entrée dans le cercle très fermé du bureau d’âge. Par ailleurs, elle y siégera aux côtés du doyen, N’DA Antoine N’da (79 ans), et du benjamin de l’assemblée, ISSA Youssouf, âgé de seulement 31 ans.

Pour cette jeune figure du parti d’Abdoulaye Bio Tchané, cette position n’est pas qu’honorifique. Elle incarne aussi la volonté de renouvellement d’une classe politique béninoise souvent jugée trop statique, tout en assurant une représentation féminine au sommet de l’institution dès les premières heures de la mandature.

 

Quinze jours pour convaincre

Le rôle de ce « bureau de transition » est crucial. Selon l’article 6 du Règlement intérieur, ce trio dirigera les débats jusqu’à l’élection du Bureau définitif, qui doit en effet intervenir dans un délai de quinze jours. Sa mission est de valider les mandats, gérer les éventuelles vacances de sièges et, surtout, orchestrer le vote qui désignera le futur patron du Parlement.

 

Un test pour la majorité

Au-delà du protocole, l’installation de cette 10ᵉ législature est un test de cohésion pour la mouvance présidentielle et l’opposition. Dans un contexte de réformes électorales persistantes, chaque siège compte. Les observateurs scrutent déjà les tractations de couloir qui débuteront sous la direction de ce bureau d’âge intergénérationnel.

Faridatou Zachari Traoré Yacoubou et ses collègues réussiront-ils à assurer une transition fluide vers le bureau définitif ? À Porto-Novo, le compte à rebours a déjà commencé.

Cotonou célèbre le livre : le Salon national du Livre 2025 est lancé

Le Salon national du Livre 2025 a ouvert ses portes ce mercredi à Cotonou. Pendant une semaine, écrivains, éditeurs, critiques et passionnés de littérature se retrouvent autour du thème « Littérature et Diaspora » pour célébrer la création, tisser des liens mémoriels et imaginer un avenir partagé.

 

Cotonou, 19 novembre 2025 – Le Palais des congrès de Cotonou a ouvert ses portes à l’édition 2025 du Salon national du Livre, plus connu sous le nom de SNL. En effet, c’est un grand rendez-vous culturel qui revient chaque année pour mettre à l’honneur les écrivains, les éditeurs, les lecteurs et tous les passionnés de littérature au Bénin.

Même si la cérémonie officielle est prévue pour ce jeudi, le coup d’envoi a déjà été donné cet après-midi avec une table ronde très attendue. Par ailleurs, cette rencontre a réuni des écrivains, des éditeurs, des critiques littéraires et plusieurs acteurs de la chaîne du livre, venus pour discuter, échanger et surtout rappeler pourquoi ce salon est devenu un moment incontournable dans l’agenda culturel du pays.

 

Un événement porté par les institutions culturelles

 

Pour garantir l’ampleur et la pérennité de l’événement, l’ADAC Bénin — l’Agence de développement des arts et de la culture — organise le Salon pour le compte du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. D’ailleurs, ce n’est pas juste une exposition de livres : c’est un véritable espace de réflexion, de rencontres et de valorisation du livre sous toutes ses formes.

En fait, tout au long de la semaine, des panélistes, des exposants et des professionnels du monde du livre feront vivre cette édition, dans la continuité des précédentes qui ont déjà marqué les esprits.

 

Un thème fort pour 2025 : diaspora et mémoire

 

En plus, cette année, la thématique centrale est particulièrement révélatrice : le thème choisi est « Littérature et Diaspora : tisser des liens mémoriels et réinventer un avenir partagé ». Un sujet profond, qui invite à explorer les liens entre les œuvres littéraires et les mémoires africaines dispersées à travers le monde. Comment la littérature peut-elle reconnecter les histoires, les identités, les imaginaires ? C’est ce que les participants vont tenter de creuser ensemble.

 

Un programme riche et varié

 

Afin d’explorer cette thématique sous toutes ses facettes, le salon propose une palette d’activités :

  • Des expositions d’œuvres littéraires.
  • Des panels de discussion.
  • Des cafés littéraires.
  • Des lectures publiques
  • Des rencontres professionnelles
  • Et même des animations artistiques.

Finalement, l’objectif de ce vaste programme est de  célébrer la création littéraire, encourager les échanges entre auteurs et lecteurs, mais aussi renforcer les ponts entre le Bénin et les diasporas africaines.

En somme,  à travers cette édition, le Bénin confirme son ambition : faire du livre un pilier de mémoire, de dialogue et d’avenir. Et à Cotonou, cette ambition s’écrit en toutes lettres.