Le Bénin progresse au classement FIFA

Le réalisme froid du Bénin a payé. À l’issue d’une fenêtre internationale de mars 2026 parfaitement maîtrisée, la sélection nationale s’offre une bouffée d’oxygène dans le classement mondial. En s’imposant par deux fois sur le score minimal de 1-0, les hommes de Gernot Rohr n’ont pas seulement rassuré leurs supporters : ils ont méthodiquement grappillé les points nécessaires pour réintégrer le top 90 de la FIFA.

 

Avec un capital désormais porté à 1258,98 points, le Bénin quitte la 92ᵉ place pour s’installer au 90ᵉ rang mondial. Ce bond de deux échelons permet aux coéquipiers de Steve Mounié de devancer des nations comme la Zambie ou le Bahreïn. Le succès initial contre le Liberia au Maroc a rapporté 3,44 points, tandis que la victoire de prestige face au Syli National de Guinée le 31 mars a ajouté 5,50 points supplémentaires au capital béninois.

Une ascension chirurgicale au classement mondial

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un capital désormais porté à 1258,98 points, le Bénin quitte la 92ᵉ place pour s’installer au 90ᵉ rang mondial. Ce bond de deux échelons permet aux coéquipiers de Steve Mounié de devancer des nations comme la Zambie ou le Bahreïn.

Cette remontée s’est construite brique par brique : le succès initial contre le Liberia au Maroc a rapporté 3,44 points, tandis que la victoire de prestige face au Syli National de Guinée le 31 mars a ajouté 5,50 points supplémentaires au capital béninois. Au total, ce sont près de 9 points glanés en moins d’une semaine, illustrant l’importance capitale de ces rencontres amicales, souvent sous-estimées, mais essentielles pour le prestige international.

 

Le Top 20 africain en ligne de mire

Sur le plan continental, la progression est tout aussi significative. Le Bénin gagne une place et se hisse au 19ᵉ rang africain. Ce basculement dans la hiérarchie de la CAF n’est pas anecdotique : il place les Guépards dans le peloton de tête des sélections ouest-africaines, juste derrière les géants de la région.

Cette dynamique positive intervient à un moment charnière. À seulement trois mois du coup d’envoi des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027, le Bénin envoie un message clair à ses futurs adversaires : l’équipe est en ordre de marche et sa maturité tactique progresse.

 

La méthode Rohr : la solidité avant tout

Derrière ces statistiques encourageantes se dessine la patte du technicien franco-allemand. Gernot Rohr a su insuffler une discipline de fer à son arrière-garde. En n’encaissant aucun but lors de ces deux confrontations, le Bénin prouve que sa réussite au haut niveau passera par une défense imperméable.

Néanmoins, si l’efficacité offensive a suffi pour l’emporter sur des scores étriqués, le défi des prochains mois sera de développer son jeu de transition afin de ne pas dépendre uniquement des exploits individuels ou des coups de pied arrêtés.  Le passage de la 92ᵉ à la 90ᵉ place mondiale est une victoire d’étape, mais le véritable test sera de maintenir cette cadence face à des adversaires d’un calibre supérieur.

 

 Un capital confiance à fructifier

Le classement FIFA est souvent perçu comme un baromètre de vanité, mais pour une nation comme le Bénin, il est un outil de crédibilité. Une meilleure position facilite les tirages au sort et attire l’attention des recruteurs sur les jeunes talents locaux. À l’aube de la campagne pour la CAN 2027, les Guépards ont cessé d’être de simples figurants pour redevenir des prétendants sérieux. Reste à confirmer ce statut lors des matchs officiels, là où la pression transforme les points virtuels en qualifications concrètes pour l’histoire.

Sport Bénin : Issa Djamal prend les rênes de l’Ouémé et du Plateau

À Porto-Novo, une page se tourne pour le sport départemental. Félicien Hounkanrin cède son fauteuil à Issa Djamal, qui hérite d’une mission transversale entre l’Ouémé et le Plateau. Un passage de témoin qui intervient alors que l’ancien directeur prend les rênes de la mairie d’Adjohoun.

 

L’ambiance était solennelle, hier matin, dans les locaux de la Direction départementale des sports de l’Ouémé. Après plusieurs années à porter à bout de bras les ambitions sportives de la région, Félicien Mahoutondji Hounkanrin a transmis les charges de l’institution à son successeur, Issa Djamal.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Un héritage solide et de nouveaux défis

Le bilan de l’administration Hounkanrin reste marqué par une volonté constante de redynamiser les disciplines de base et de soutenir les talents locaux. Son dévouement, salué par ses pairs lors de la cérémonie, a permis de maintenir l’Ouémé sur l’échiquier sportif national. Désormais, c’est vers la gestion municipale que se tourne cet acteur clé du développement local, puisqu’il occupe les fonctions de Maire de la commune d’Adjohoun.

Cependant, le véritable tournant de cette passion réside dans le profil du nouvel entrant. Issa Djamal ne découvre pas le terrain, mais il voit son périmètre d’action s’élargir de manière significative.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Le défi du cumul : Ouémé et Plateau sous une même tutelle

Désormais, M. Djamal pilotera les destinées sportives de deux départements frontaliers. Déjà en poste pour le Plateau, il assumera cumulativement la direction de l’Ouémé. Cette situation inédite montre que l’administration centrale cherche à renforcer la coopération entre les deux pôles du Sud-Est béninois.

Pour les observateurs sportifs, l’enjeu est de taille : maintenir la cadence des réformes tout en harmonisant les infrastructures et les compétitions de part et d’autre de la frontière départementale. La réussite de cette mission hybride sera scrutée de près par les fédérations et les clubs locaux, qui attendent une continuité sans faille dans l’accompagnement des sportifs.

Football béninois : le clientélisme menace l’essor des Amazones

C’est un vent mauvais qui souffle sur les pelouses béninoises, menaçant de balayer les acquis fragiles d’une discipline en pleine ascension. Alors que le football féminin commençait à se faire un nom, porté par l’éclosion de talents comme Aude Gbedjissi ou Romaine Gandonou, des manœuvres en coulisses viennent aujourd’hui ternir cette dynamique. En cause : une organisation des compétitions manipulée à des fins électorales, au mépris des règlements sportifs les plus élémentaires.

 

Le constat est amer pour les puristes. Après des années de marasme, le football béninois semblait avoir trouvé, sous l’égide de Mathurin De-Chacus, une voie de stabilité et de professionnalisation. Pourtant, à l’approche des prochaines échéances électorales de la Fédération Béninoise de Football (FBF), les vieux démons de la politique sportive refont surface. Le naturel, chassé par les réformes, revient au galop sous la forme d’une multiplication anarchique de clubs de troisième division féminine.

 

La « fabrique » de clubs : un détournement du mérite sportif

Le scandale repose sur une entorse flagrante au protocole d’accession. Selon les textes en vigueur, toute nouvelle entité doit faire ses preuves en quatrième division amateur départementale avant de prétendre à l’échelon supérieur. Or, des sources concordantes font état de l’intégration directe de plusieurs clubs nouvellement créés en D3, sans aucun passé sportif.

Pourquoi une telle précipitation ? Pour de nombreux observateurs, l’explication n’est pas sportive, mais arithmétique. Chaque club affilié représente une voix, un droit de vote, un soutien précieux lors des scrutins fédéraux. En gonflant artificiellement le nombre de participants, certains acteurs de l’ombre tentent de verrouiller le système électoral, quitte à sacrifier la cohérence du championnat et le niveau technique de la compétition.

 

Le cri d’alarme du « Collectif des 24 »

Face à cette dérive, la résistance s’organise. Le Collectif des 24 clubs légitimes de la troisième division féminine ne décolère pas. Dans une démarche de sauvegarde, ces dirigeants ont officiellement saisi le Président de la FBF. Mais là encore, l’opacité règne : selon nos informations, la correspondance aurait été bloquée par des filtres administratifs au sein même de l’institution, empêchant Mathurin De-Chacus de prendre la pleine mesure de la fronde.

Ce blocus informationnel souligne l’existence d’un système parallèle au sein de la fédération, capable de paralyser la communication entre le sommet et la base pour protéger des intérêts particuliers.

 

L’urgence d’une réponse ferme : De-Chacus et Ahyi au pied du mur

Le silence n’est plus possible. La crédibilité du football féminin béninois repose désormais sur la capacité de réaction du Président De-Chacus et de l’honorable Chantal Ahyi, présidente de la commission féminine. Laisser prospérer ces irrégularités reviendrait à valider une baisse drastique du niveau de jeu et à décourager les véritables centres de formation.

L’enjeu dépasse le simple cadre d’une saison de D3. Il s’agit de savoir si le Bénin veut construire une élite sportive basée sur le mérite ou s’il accepte de voir son football redevenir une monnaie d’échange politique. Si les instances ne mettent pas rapidement un terme à ces pratiques, le risque est grand de voir les partenaires et les supporters se détourner d’un sport qui, au lieu de détecter les pépites de demain, s’enfonce dans les calculs d’hier.

 

 Le football féminin, victime collatérale des ambitions

Cette crise met en lumière la fragilité des réformes au Bénin. Tant que la structure des clubs restera intimement liée au poids électoral des dirigeants, le sport restera l’otage de la politique. Pour que le pays continue de briller sur la scène continentale, il est impératif de sanctuariser le volet technique et de protéger les Amazones du ballon rond contre les appétits de pouvoir. La transparence n’est pas seulement une règle de bonne gouvernance, c’est le carburant indispensable de la performance.

Nathan Tchibozo, premier Olympien d’hiver du Bénin

Le Bénin a désormais un nom inscrit dans l’histoire des Jeux d’hiver. Nathan Tchibozo est devenu le tout premier athlète béninois à participer aux Jeux olympiques d’hiver, en représentant son pays à Milano Cortina 2026. Une performance inédite pour une nation d’Afrique de l’Ouest où la neige n’existe pas, mais où les rêves, eux, ne connaissent pas de climat.

L’Ambassade des États-Unis au Bénin a salué publiquement cette étape historique, félicitant le jeune sportif pour son parcours exceptionnel et son engagement à porter haut les couleurs nationales sur la scène internationale.

Un exploit symbolique

La participation de Nathan Tchibozo dépasse le cadre sportif. Elle incarne une nouvelle page dans le récit du sport béninois. Longtemps associé aux disciplines estivales, le pays fait une entrée remarquée dans l’univers exigeant des sports d’hiver.

Spécialiste du slalom géant, une discipline technique qui demande précision, vitesse et endurance, le jeune athlète a su franchir les étapes nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Des premières glissades sur les skis à l’âge de trois ans jusqu’aux pistes olympiques, son parcours témoigne d’une détermination rare.

Dans un pays tropical, où les infrastructures liées aux sports d’hiver sont inexistantes, cette trajectoire relève d’une volonté personnelle hors du commun.

Le poids d’un drapeau

Porter le drapeau béninois lors d’un événement mondial comme les Jeux d’hiver a une portée symbolique forte. Cela signifie que le sport béninois élargit son horizon et affirme sa place dans toutes les disciplines.

Pour de nombreux jeunes, cette image est un signal puissant : aucun domaine n’est inaccessible. L’absence de tradition ou d’environnement favorable ne doit pas freiner l’ambition.

Nathan Tchibozo envoie ainsi un message simple et universel : croire en ses rêves, même lorsqu’ils semblent improbables.

Un modèle pour la jeunesse

Au Bénin, où la jeunesse représente une large part de la population, les figures inspirantes jouent un rôle clé. Le parcours du premier Olympien d’hiver béninois montre que la réussite repose sur le travail, la persévérance et l’attachement à ses racines.

En représentant fièrement son pays à Milano Cortina, Nathan Tchibozo prouve que l’identité nationale peut s’exprimer sur toutes les scènes, qu’elles soient africaines, européennes ou mondiales.

Son exemple ouvre aussi un débat plus large sur la diversification des disciplines sportives au Bénin et sur l’accompagnement des talents, même dans des domaines peu conventionnels.

Une étape historique, un avenir à construire

La présence d’un Béninois aux Jeux d’hiver marque une avancée symbolique. Elle rappelle que le sport est un espace de dépassement, mais aussi un outil de visibilité internationale.

Pour le Bénin, cette participation constitue un jalon. Pour la jeunesse, elle devient une source d’inspiration. Et pour Nathan Tchibozo, elle n’est sans doute qu’un début.

Bénin vs Égypte U20 : Le grand défi des Amazones à Lomé

Le stade de Kégué, à Lomé, s’apprête à devenir le théâtre d’une des pages les plus intenses du football féminin béninois. En effet, Ce vendredi 13 février, à 15 h GMT (16 h à Cotonou), les Amazones U20 retrouvent les Pharaonnes d’Égypte pour la manche retour des qualifications à la Coupe du monde de leur catégorie. Si le gazon est togolais, le cœur du match bat bel et bien pour le Bénin.

 

L’exil comme catalyseur de résilience

Disputer un match « à domicile » hors de ses frontières n’est jamais une mince affaire. Pourtant, pour le onze national, cette délocalisation au Togo ne doit pas être un frein, mais un moteur. Dans les couloirs du ministère des Sports, le mot d’ordre est clair : transformer l’enceinte de Lomé en une forteresse imprenable pour valider le ticket mondial.

La direction de cette rencontre cruciale a été confiée à l’arbitre congolaise Agnes Ngoma Makaya. Sous son sifflet, les Amazones devront faire preuve de discipline et de réalisme face à une équipe égyptienne réputée pour sa rigueur tactique.

 

Une communion numérique au-delà des frontières

Faute de pouvoir remplir les gradins de Kégué avec la ferveur cotonnoise, les autorités sportives ont misé sur la proximité digitale. La page Facebook officielle du Ministère des Sports diffusera la rencontre en temps réel, permettant ainsi à des milliers de supporters de pousser, derrière leurs écrans, pour la victoire finale.

Au-delà de la performance athlétique, ce duel représente un test de maturité pour une génération de joueuses qui porte les espoirs d’une nation entière. Les Amazones savent qu’une qualification historique renforcerait non seulement le prestige du football béninois sur la scène internationale, mais ouvrirait surtout la voie à une reconnaissance durable du sport féminin dans le pays.