Bénin : un professeur condamné à 10 ans de prison pour viol sur mineure

Cotonou, 31 mars 2026 – La condamnation d’un enseignant-chercheur de l’université d’Abomey-Calavi pour viol sur mineure continue de provoquer une onde de choc dans le monde universitaire béninois. Au-delà du verdict judiciaire, l’affaire soulève des questions plus larges sur la responsabilité des enseignants, la protection des étudiants et l’éthique dans les institutions d’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest.

Le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi a condamné le professeur Marcel Houinato à dix ans de réclusion criminelle, assortis d’une amende et de dommages et intérêts au profit de la victime. Une décision judiciaire qui marque la fin d’un procès particulièrement suivi par l’opinion publique.

 

Une affaire emblématique de violences sur mineurs

Selon les éléments du dossier judiciaire, les faits concernaient une mineure en situation de vulnérabilité. La position d’autorité de l’accusé et la situation personnelle de la victime ont constitué des circonstances aggravantes dans l’appréciation de l’affaire par la justice.

Cette affaire a été portée devant les tribunaux avec le soutien d’organisations de défense des droits des enfants et du ministère public, ce qui a contribué à en faire un dossier emblématique dans la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs au Bénin.

Le verdict rendu par la justice béninoise est perçu par plusieurs observateurs comme un signal fort contre l’impunité, notamment lorsque les accusations concernent des personnalités occupant des positions de responsabilité.

 

Une carrière universitaire brisée

Avant cette affaire judiciaire, le professeur exerçait à la Faculté des sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi, l’une des principales institutions universitaires du Bénin. Il avait participé à plusieurs projets de recherche et encadré de nombreux étudiants en master et en doctorat.

Sa condamnation marque ainsi une chute brutale pour un universitaire jusque-là reconnu dans son domaine académique. Cette situation rappelle que la responsabilité des enseignants ne se limite pas à la transmission du savoir, mais inclut également une obligation d’exemplarité et de protection des étudiants.

 

L’université face aux questions d’éthique et de protection des étudiants

Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur les mécanismes de protection des étudiants, en particulier des jeunes filles et des mineurs, dans les établissements d’enseignement supérieur. Plusieurs acteurs du monde éducatif estiment que les universités doivent renforcer les dispositifs de prévention, de signalement et de sanction en matière de harcèlement et de violences sexuelles.

Dans de nombreux pays africains, ces questions restent sensibles et souvent peu médiatisées. Toutefois, des affaires judiciaires comme celle-ci contribuent progressivement à libérer la parole et à renforcer les mécanismes de protection des victimes.

 

Une décision judiciaire aux répercussions sociales

La condamnation prononcée par la justice béninoise dépasse donc le cadre d’une simple affaire pénale. Elle envoie un message sur la protection des mineurs, la responsabilité des élites intellectuelles et la nécessité de lutter contre les violences sexuelles dans tous les milieux, y compris universitaires.

Pour de nombreux observateurs, cette décision pourrait marquer un tournant dans la manière dont les institutions académiques abordent les questions d’éthique, de pouvoir et de protection des étudiants.

Présidentielle au Bénin : le PPP apporte son soutien à Romuald Wadagni

Cotonou, 31 mars 2026 À quelques jours de l’élection présidentielle, les lignes politiques continuent de se dessiner au Bénin. Le soutien annoncé par le Parti Populaire Panafricain à la candidature de Romuald Wadagni marque une nouvelle étape dans la recomposition des alliances politiques à l’approche du scrutin du 12 avril.

Au-delà d’une simple déclaration de soutien, cette prise de position traduit une stratégie politique plus large visant à peser dans le débat national et à mobiliser les électeurs autour d’un projet présenté comme un projet de transformation économique et sociale.

 

Une stratégie de mobilisation politique

Lors d’une conférence de presse organisée à Cotonou, le président du parti, Jean Baptiste Hounguè, a appelé les militants et sympathisants à se mobiliser fortement pour l’élection présidentielle. Le parti entend jouer un rôle actif dans la campagne électorale en incitant ses militants à participer massivement au vote.

Ainsi, pour cette formation politique, l’élection ne doit pas être considérée comme une simple échéance électorale, mais comme un moment décisif pour l’avenir du pays et de la jeunesse béninoise.

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Une alliance basée sur des convergences politiques

Selon les responsables du parti, ce soutien repose sur des convergences de vision, notamment en matière de développement économique, de justice sociale, d’agriculture et d’emploi des jeunes. Le parti estime que le projet porté par le duo Wadagni–Talata correspond à ses orientations politiques et à sa vision du développement national.

Dans ce contexte, cette alliance apparaît davantage comme un rapprochement stratégique que comme un simple ralliement électoral. Elle illustre également la dynamique de coalition qui caractérise souvent les périodes électorales au Bénin.

 

Une élection à fort enjeu politique

À l’approche du scrutin présidentiel, les partis politiques multiplient les alliances et les appels à la mobilisation. L’objectif pour chaque camp est de renforcer sa base électorale et de convaincre les indécis, notamment dans les zones rurales et auprès des jeunes électeurs.

Au-delà des alliances politiques, de nombreux observateurs considèrent cette élection présidentielle comme un moment important pour consolider la démocratie béninoise et poursuivre les réformes économiques et institutionnelles.

Ainsi, les acteurs politiques devraient intensifier la campagne et multiplier les prises de position dans les prochains jours, dans un contexte où chaque soutien peut influencer l’issue du scrutin.

hôtellerie : le géant Marriott pose ses valises au cap-vert

C’est une belle révolution dans le ciel azur de l’archipel. En effet, ce 30 mars 2026, le groupe Marriott International franchit une étape historique en inaugurant son tout premier établissement au Cap-Vert. Perché sur la célèbre plage de Laginha, à São Vicente, ce nouveau complexe ne se contente pas d’élargir l’offre touristique : il marque également une offensive stratégique majeure sur le marché ouest-africain.

Jusqu’ici absent de ce territoire prisé des voyageurs internationaux, le leader mondial de l’hôtellerie frappe fort. Ainsi, l’ouverture du Four Points by Sheraton São Vicente Resort est bien plus qu’une simple inauguration : c’est le 500ᵉ hôtel du segment « services sélectifs » du groupe pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA). Un chiffre symbolique qui illustre, par ailleurs, l’appétit croissant des grandes chaînes pour les destinations émergentes de la sous-région.

 

Mindelo, nouveau carrefour de l’élégance décontractée

Le choix de São Vicente ne doit rien au hasard. En effet, capitale culturelle du pays, connue pour son carnaval vibrant et les mélodies de Cesária Évora, l’île s’offre désormais une infrastructure de standing international. Avec 127 chambres et suites, le complexe mise sur une esthétique qui rend hommage au patrimoine local.

Ainsi, les visiteurs y découvrent un mélange subtil de modernité et d’artisanat : mobilier en bois, carrelages à motifs traditionnels et œuvres d’art signées par des talents capverdiens. L’idée est limpide : offrir le confort standardisé d’une marque mondiale tout en préservant l’âme de Mindelo.

 

Un pont entre affaires et farniente

Mais au-delà de la carte postale, Marriott cible une clientèle hybride. En effet, en intégrant un centre de conférences ultra-moderne et un centre de remise en forme avec vue sur l’Atlantique, l’établissement veut séduire les professionnels en déplacement. Dès lors, pour la direction du groupe, le Cap-Vert représente un maillon essentiel de sa croissance.

Selon Sandra Schulze-Potgieter, vice-présidente chez Marriott EMEA, le segment des services sélectifs — qui allie qualité et prix abordables — pèse désormais 30 % du portefeuille régional de l’entreprise. Ainsi, cette implantation témoigne d’une confiance renouvelée dans la stabilité économique de l’archipel.

 

Le tourisme capverdien change de dimension

Pour les autorités locales, cette arrivée est une aubaine. En effet, elle confirme le statut du Cap-Vert comme destination de premier plan, capable d’attirer les investissements les plus prestigieux. Entre sa piscine à débordement et son programme « Best Brews » mettant à l’honneur les bières artisanales du cru, le complexe se positionne ainsi comme un nouveau moteur de l’économie locale.

Avec cette 500ᵉ ouverture, Marriott ne fait pas que planter un drapeau sur une nouvelle plage ; au contraire, il redéfinit les normes de l’accueil en Afrique de l’Ouest, prouvant que le luxe et l’authenticité peuvent faire bon ménage.

 

Quel impact pour les travailleurs locaux ?

L’arrivée d’un tel géant n’est pas seulement une question de prestige ; c’est aussi un réservoir d’emplois. Au-delà des postes directs au sein du resort, c’est toute une chaîne de valeur qui est stimulée : producteurs agricoles locaux pour la table du Bayview, guides touristiques et artisans. Ainsi, ce modèle de « complexe de services » pourrait bien servir de référence pour d’autres îles de l’archipel désireuses de monter en gamme sans perdre leur identité.

Présidentielle 2026 : La NFN et Romuald Wadagni scellent leur union

L’échiquier politique béninois se fige à l’approche de l’examen électoral. Ce jeudi 26 mars 2026, à quelques heures seulement de l’ouverture officielle de la campagne, le parti Nouvelle Force Nationale (NFN) a officiellement jeté son dévolu sur Romuald Wadagni. Une rencontre au sommet entre Wilfrid Apollinaire Avognon et le candidat de la mouvance transforme un simple soutien en partenariat stratégique de premier plan.

 

Une concertation aux enjeux décisifs

Tout s’est accéléré au lendemain des assises du Conseil national de la NFN. Le président du parti, Wilfrid Apollinaire Avognon, a rencontré Romuald Wadagni pour un entretien en tête-à-tête décrit comme « serein » et « visionnaire » par les deux états-majors. L’objectif est clair : coordonner les troupes avant la bataille des urnes du 12 avril prochain.

Ce rapprochement n’est pas qu’une formalité électorale. Il traduit une convergence de vues sur la manière de conduire l’action publique. La NFN, par la voix de son leader, réaffirme sa volonté de peser dans la balance pour instaurer une gouvernance plus moderne et inclusive.

 

Un engagement total sur le terrain

Désormais, la NFN n’est plus un simple allié de circonstance, mais un moteur de la machine Wadagni. Le parti confirme sa « forte implication » dans la campagne qui débute demain. Cette mobilisation promet de quadriller le territoire national, apportant au candidat une base militante structurée et déterminée.

En outre, ce partenariat stratégique vient renforcer la stature de Romuald Wadagni. En obtenant l’appui franc d’une formation comme la NFN, le candidat consolide son assise politique et affiche une unité de façade essentielle pour rassurer les électeurs indécis.

 

Vers une nouvelle approche de l’État ?

La rencontre de ce jeudi a également permis d’esquisser les contours de ce que les deux hommes appellent une « nouvelle approche de l’action publique ». En somme, il ne s’agit plus seulement de gagner une élection, mais de préparer la gestion de l’après-avril 2026.

Fort du soutien massif de la NFN, Romuald Wadagni possède un atout majeur pour convaincre les Béninois. Une coalition solide et cohérente soutient désormais son projet de société. Dès demain, les états-majors investissent le terrain pour un premier tour de campagne qui s’annonce électrique.

À l’Université d’Abomey-Calavi, Romuald Wadagni au chevet de la recherche scientifique

C’est un passage obligé pour tout prétendant à la Marina, mais celui-ci avait un goût de test de vérité. Le lundi 23 mars 2026, Romuald Wadagni, ministre d’État et candidat de la mouvance pour la présidentielle d’avril, a foulé le sol de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Entre aveux sur le passé et promesses de rupture pour l’avenir, le « Monsieur Économie » du gouvernement s’est livré à un exercice de pédagogie politique devant une communauté universitaire en attente de réponses concrètes.

 

Un état des lieux sans concession au rectorat

L’après-midi a débuté loin du tumulte des amphithéâtres, dans le calme feutré de la salle des actes. En l’absence du recteur, le professeur Charlemagne Babatoundé Igue en mission, c’est le vice-recteur chargé des affaires académiques, Tairou Djara, qui a dressé un constat cinglant : une érosion continue du corps enseignant et des infrastructures incapables de suivre la démographie estudiantine. Pourtant, l’équipe rectorale ne baisse pas les bras et projette une université 2.0, tournée vers la digitalisation et capable de générer des solutions locales pour le développement du continent.

Universite D'Abomey-Calavi
© Universite D'Abomey-Calavi

L’aveu de Calavi : « Un choix assumé »

Face à ces doléances, Romuald Wadagni n’a pas choisi la langue de bois. Avec une franchise remarquée, il a admis que le sous-secteur de l’enseignement supérieur n’avait pas été la priorité budgétaire des dernières années. Selon lui, il s’agissait d’un « choix stratégique » du gouvernement sortant, qui a privilégié d’autres piliers de croissance.

Néanmoins, le candidat de la continuité veut désormais changer de braquet. Pour lui, le diagnostic est clair : aucune transformation structurelle de l’économie béninoise ne pourra se faire sans une recherche scientifique robuste. « Sans une université forte, nos ambitions nationales resteront fragiles », a-t-il martelé, saluant au passage la résilience du personnel administratif et des enseignants.

 

Le « plan de choc » pour le prochain septennat

Pour convaincre son auditoire, le Ministre-candidat a dégainé des mesures immédiates et des engagements à long terme :

  • Urgence sociale : des investissements sont déjà fléchés pour transformer le quotidien des étudiants, notamment sur les volets critiques du transport et de la restauration.
  • Cap sur 2033 : Romuald Wadagni s’engage, s’il est élu le 12 avril prochain, à faire de l’enseignement supérieur le cœur battant du prochain septennat.

En somme, cette escale à l’UAC marque un tournant dans la campagne du candidat. En reconnaissant les lacunes passées pour mieux crédibiliser ses promesses futures, Wadagni tente de sceller un nouveau pacte avec la jeunesse intellectuelle du pays. Reste à savoir si ce discours de « vérité stratégique » saura transformer l’essai dans les urnes.

Bénin : Les Démocrates ont-ils volontairement coulé leur propre navire ?

Depuis mars 2026, la scène politique béninoise assiste à un spectacle que même les observateurs les plus cyniques n’avaient pas anticipé. En quelques semaines, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, s’est vidé de sa substance politique à travers une série de ralliements spectaculaires à la mouvance présidentielle.

En rejoignant avec fracas le « Pacte républicain » pour soutenir le duo Wadagni-Talata, Éric Houndété n’a pas seulement changé de camp ; il a aussi fracturé l’âme d’un parti qui jurait fidélité à ses bannis, de Reckya Madougou à Joël Aïvo.

Derrière ces départs en cascade, une interrogation s’impose désormais dans l’opinion publique : les dirigeants du parti ont-ils eux-mêmes orchestré la chute de leur propre formation politique ?

 

Chronologie de la crise au sein du parti Les Démocrates

Pour comprendre la situation actuelle, il convient de retracer la chronologie des événements politiques récents qui ont bouleversé le paysage béninois.

 

L’échec des législatives et l’invalidation (octobre 2025 – janvier 2026)

Tout commence le 23 octobre 2025, lorsque la CENA rejette le dossier du duo Renaud Agbodjo – Judicaël Lodou pour la présidentielle. Cette décision est définitivement confirmée par la Cour constitutionnelle le 13 novembre 2025. La raison invoquée est le défaut de parrainages, consécutif à l’invalidation du parrainage du député Michel Sodjinou, laissant le parti avec seulement 27 parrains sur les 28 requises.

Ce coup de massue précède les législatives du 11 janvier 2026, où le parti Les Démocrates perd tout son terrain politique, ne remportant aucun siège à l’Assemblée nationale. Ainsi, le parti se retrouve institutionnellement affaibli à l’approche de la présidentielle du 12 avril 2026. 

 

Le séisme du ralliement (25-26 mars 2026)

Mais c’est le retrait de Thomas Boni Yayi, président d’honneur et figure historique, qui laisse le parti sans boussole et précipite les défections. Ce vide politique libère les ambitions et fragilise l’unité des cadres restants.

Par ailleurs, L’onde de choc s’intensifie dès le mercredi 25 mars 2026. Plusieurs figures clés annoncent leur soutien au duo de la mouvance, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, pour le scrutin du 12 avril.

Parmi eux figurent Guy Mitokpè, André Dassoundo, plusieurs cadres départementaux et, de manière plus symbolique, Chabi Yayi, le fils de Boni Yayi.

Le paroxysme est atteint le 26 mars 2026 à la salle Majestic de Cotonou. Éric Houndété, premier vice-président et président par intérim, officialise à son tour son ralliement au duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata en signant le « Pacte républicain ».

 

La contestation interne (23 mars 2026)

Le 23 mars 2026, le parti désigne Nourénou Atchadé pour succéder à Thomas Boni Yayi. Cette élection est aussitôt contestée par Éric Houndété, qui se proclame toujours président intérimaire légitime et exige la tenue d’un conseil extraordinaire pour trancher la crise de leadership.

Pourtant, sans attendre le conseil qu’il réclamait, Houndété précipite le dénouement en se ralliant à la mouvance présidentielle. Ce basculement, en pleine contestation interne, soulève une question cruciale : la direction des Démocrates a-t-elle choisi de couler son propre bateau ?

 

Le Pacte républicain : alliance politique ou reddition ?

Est-ce un abandon de poste prémédité ? Le signal est sans équivoque : pour de nombreux observateurs, cette débandade générale ne peut être fortuite. Comment expliquer que les leaders du parti aient choisi, l’un après l’autre, de prêter allégeance au duo Wadagni-Talata ?

« Ce n’est plus de la politique, c’est du sabordage. On a éteint la lumière et on a laissé les militants dans le noir », s’indigne un cadre local.

Officiellement, les cadres ayant rejoint la mouvance invoquent le dépassement des clivages, la stabilité nationale, la responsabilité et le réalisme politique. Mais pour les militants, la lecture est tout autre : ils parlent de trahison.

La célébration du « Pacte républicain » dépasse le seul cadre d’une alliance électorale ; elle ressemble à une reddition en rase campagne. En utilisant des arguments spirituels pour justifier ce virage à 180 degrés, Éric Houndété tente de donner une onction morale à ce que beaucoup dénoncent comme une trahison pure et simple.

Dans l’histoire politique africaine, ce type de ralliement massif avant une élection n’est pas inédit : alliances opportunistes en Côte d’Ivoire, ralliements en Guinée avant 2020. Mais au Bénin, ce qui choque n’est pas le ralliement en lui-même ; c’est sa vitesse, sa coordination et le silence de la direction du parti.

Le silence stratégique de la direction

L’un des éléments les plus troublants reste la décision du parti de ne donner aucune consigne de vote claire après l’invalidation de sa candidature. En politique, ne pas donner de consigne dans un contexte de ralliements massifs équivaut souvent à autoriser implicitement la transhumance.

La base militante est ainsi restée dans le flou, tandis que les cadres ont quitté le navire sans qu’aucune sanction ne soit prononcée par la direction. Peu à peu, le parti s’est vidé de sa substance. Pour de nombreux analystes, cette situation ressemble moins à un accident politique qu’à une stratégie de repositionnement individuel des dirigeants.

Un sabordage politique ?

Le terme revient désormais dans les débats politiques béninois : sabordage. En stratégie militaire, saborder un navire signifie le couler volontairement pour éviter qu’il ne tombe aux mains de l’ennemi ; en politique, cela revient à détruire une organisation pour sauver des carrières individuelles.

Plusieurs éléments nourrissent cette thèse : l’absence de parrainages malgré la présence de députés du parti, le retrait du leader historique, le silence de la direction face aux départs, l’absence de consigne de vote, les ralliements coordonnés, la signature collective du Pacte républicain et même le ralliement du fils du leader historique.

Pris séparément, ces événements pourraient passer pour des coïncidences ; pris ensemble, ils dessinent au contraire les contours d’une stratégie politique cohérente.

 

Les militants, grands perdants de l’histoire

Dans toute cette recomposition politique, les grands perdants restent les militants. Ce sont eux qui ont organisé les meetings, financé les campagnes locales, subi les pressions politiques, défendu le parti sur le terrain et cru à la promesse d’une alternance. Aujourd’hui, beaucoup se sentent abandonnés, trahis et instrumentalisés.

Le sentiment dominant dans la base militante n’est plus seulement la déception : c’est celui d’avoir été sacrifiés dans des négociations de sommet, réduits au rôle de figurants dans une stratégie où leurs espoirs ont été troqués contre des calculs individuels. Cette fracture entre la direction et sa base illustre la profondeur du désenchantement qui traverse désormais le parti.

Une opposition béninoise en voie de disparition ?

Le véritable enjeu dépasse largement le parti Les Démocrates ; ce qui se joue aujourd’hui pourrait redessiner durablement le paysage politique béninois. Si tous les grands partis finissent par rejoindre la mouvance, le pays risque de basculer dans une configuration dominée par un seul bloc, où l’opposition, fragmentée et affaiblie, n’aurait plus qu’un rôle marginal.

Or, l’histoire politique montre que de telles situations ne conduisent jamais à une stabilité durable : elles débouchent soit sur une recomposition brutale, soit sur l’émergence d’une opposition nouvelle et imprévisible, soit encore sur une crise politique majeure quelques années plus tard.

Autrement dit, derrière l’apparente unité nationale que promettent ces ralliements, se profile le risque d’un vide démocratique, où la pluralité des voix serait sacrifiée au profit d’un consensus imposé. La question est donc moins de savoir si le Bénin entre dans une nouvelle ère politique que de mesurer à quel prix cette ère pourrait se construire.

Le jugement de l’histoire

En politique, les défaites électorales s’oublient, mais les trahisons restent gravées dans la mémoire collective. Si la stratégie des dirigeants des Démocrates était réellement de négocier leur survie politique individuelle, alors ils auront peut-être sauvé leurs carrières, mais ils auront probablement détruit leur héritage.

Le 12 avril 2026 pourrait ainsi ne pas être seulement une élection présidentielle : il pourrait entrer dans l’histoire politique béninoise comme le jour où l’opposition s’est effondrée de l’intérieur.

Une question brûlante hantera désormais l’histoire politique du Bénin : les adversaires ont-ils terrassé les Démocrates, ou les dirigeants du parti ont-ils eux-mêmes sabordé leur propre navire ?

Mobile-first comme une nouvelle norme : pourquoi les applications définissent-elles l’avenir du betting en Afrique ?

Les progrès technologiques rapides ont jeté les bases du développement futur de l’industrie de l’iGaming. Les plateformes de bureau appartenant désormais au passé, l’année 2026 marquera la transition définitive des utilisateurs vers les applications mobiles. Plus de 70 % des paris en Afrique sont effectués sur smartphones et tablettes.

Loin d’être une tendance passagère, mobile-first est une nouvelle logique pour le marché de l’iGaming

Plus de 94 % des utilisateurs parient depuis un smartphone, et les principaux opérateurs ont intégré cette tendance comme principe fondamental de l’industrie et adapté leurs produits en conséquence. La société 1xBet a été parmi les pionnières du développement des paris mobiles, proposant aux utilisateurs une version adaptée de son site web officiel et des applications mobiles optimisées pour les appareils iOS et Android. Ces applications permettent de parier en mobilité et de rester connecté au jeu en permanence. La popularité croissante des technologies mobiles ouvre la voie à de nouvelles approches et génère des profits considérables : la niche des jeux en ligne en Afrique traverse une période de pleine expansion et a déjà dépassé les 17,6 Md $. Dans de nombreux pays du continent, les smartphones sont devenus le principal canal d’accès aux paris. Par conséquent, une plateforme mobile performante est indispensable pour tout opérateur.

L’optimisation technique du produit est cruciale, notamment en cas de connexion Internet instable et de diversité d’appareils. Par exemple, l’app 1xBet privilégie une faible consommation de données et un fonctionnement stable, même avec des ressources limitées.

Grâce au développement des technologies mobiles, le secteur africain des jeux en ligne connaît une croissance non seulement financière, mais aussi en termes d’activité des utilisateurs. Il compte aujourd’hui plus de 440 millions de joueurs actifs, et ce nombre ne cesse d’augmenter.

La localisation : un facteur clé de succès

Le secteur africain de l’iGaming est un marché à plusieurs niveaux qui regroupe différents pays, chacun présentant ses spécificités. 1xBet allie avec brio expérience internationale et flexibilité régionale, offrant aux utilisateurs une interface conviviale et adaptée à leur localisation, ainsi qu’un large choix de solutions de paiement, y compris les services d’opérateurs spécialisés.

En Afrique, les transactions en espèces via des agents de paiement, ainsi que les services mobiles de dépôt et de retrait, sont très répandus. 1xBet a su intégrer ces solutions à sa plateforme mobile. Dans de nombreux pays, les portefeuilles mobiles sont devenus le principal instrument financier pour les paris, renforçant ainsi le rôle des applications mobiles comme point d’interaction privilégié avec l’utilisateur.

Aujourd’hui, les utilisateurs choisissent un opérateur en fonction de son expérience et de ses performances, plutôt que des avantages concurrentiels mis en avant dans les publicités. 1xBet mobile allie rapidité, stabilité et simplicité d’utilisation pour créer un environnement de jeu optimal.

1xBet est au cœur de la création d’une nouvelle infrastructure iGaming en Afrique

L’entreprise 1xBet ne se contente pas de suivre les tendances du secteur, mais élabore une nouvelle logique de marché fondée sur le principe du « mobile first ». La plateforme mobile de la marque répond à tous les besoins des joueurs et s’adapte parfaitement à leurs habitudes mobile-first. Parallèlement, l’optimisation du produit et l’intégration de nouvelles idées sont des processus continus.

Grâce à cette approche, 1xBet a conquis la reconnaissance des utilisateurs et des experts du secteur, en s’offrant le prix « Best on Mobile 2026 » au sommet SiGMA Africa 2026. Le produit de l’entreprise est devenu l’incarnation de la nouvelle réalité des paris mobiles et a renforcé sa position dans une région stratégique.

En 2026, le betting mobile ne concurrence plus celui de bureau : il l’a totalement remplacé. Et ce sont des produits comme 1xBet mobile qui définissent la nouvelle norme de ce créneau.

Bénin : Le séisme Houndété, de l’opposition radicale au « Pacte Républicain »

C’est un tournant majeur dans la course à la Marina. Ce jeudi 26 mars 2026, à la salle Majestic de Cotonou, Éric Houndété a brisé les codes de la politique béninoise. Le premier vice-président du parti « Les Démocrates » a officialisé son ralliement au duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata. Un choix qu’il place sous le signe de l’unité nationale, mais qui ressemble fort à un repositionnement à l’aube de l’examen du 12 avril.

Dans une salle comble où se mêlaient soutanes, boubous et écharpes de députés, l’ambiance était électrique. Éric Houndété, longtemps considéré comme l’un des critiques les plus acerbes du pouvoir en place, a franchi le Rubicon. En paraphant le « Pacte républicain », il devient le fer de lance d’une coalition hétéroclite composée d’anciens lieutenants de l’opposition et de figures de la société civile.

Éric Houndété
© Éric Houndété

Le « moment de vérité » : la foi au service du rallye

Pour justifier ce virage à 180 degrés, l’homme politique a troqué le discours partisan pour un plaidoyer humaniste. S’appuyant tour à tour sur les Écritures saintes et le Coran, l’ancien opposant a martelé son refus de se détourner de « l’humain ».

« Voici venu le moment de vérité », a-t-il lancé, appelant les fils et filles du Bénin à une réconciliation autour du projet de société du duo porté par la mouvance.

 

Un rassemblement sous conditions ?

Toutefois, ce soutien n’est pas un chèque en blanc. Derrière les sourires de façade, Éric Houndété a tenu à marquer son territoire. Le signal est clair : il attend du duo Wadagni–Talata une gouvernance ouverte à la contradiction.

« La critique de l’action publique doit rester un mirador essentiel », a-t-il prévenu, menaçant de redevenir opposant si la voix du peuple venait à être étouffée. Ce soutien dépasse donc le seul cadre d’une alliance électorale ; il se veut une mise à l’épreuve de la future gouvernance.

Éric Houndété
© Éric Houndété

Le social comme dénominateur commun

Pourquoi Wadagni ? Pour les membres du « Pacte républicain », la réponse tient en un mot : pragmatisme. La coalition met en avant les promesses du candidat en matière de protection sociale, de santé et d’éducation. Pour Ilalou Atikou, l’un des piliers du mouvement, il est temps de troquer les « postures stériles » contre une « responsabilité constructive ».

À moins de trois semaines de l’examen, ce ralliement de poids change la donne. En mobilisant les forces des 12 départements, le duo Wadagni–Talata s’offre une caution de pluralisme inattendue. Reste à savoir comment la base électorale de l’opposition accueillera ce saut spectaculaire d’un de ses dirigeants historiques.

Affaire Aurélie Guézo : Vers un dénouement judiciaire à la CRIET

À Porto-Novo, l’étau se desserre autour de la comédienne Aurélie Guézo. Poursuivie pour une présumée escroquerie via internet, l’actrice de la troupe « Sèmako » a vu le ministère public demander sa détention ce jeudi 26 mars 2026. Entre failles numériques et doutes judiciaires, le parquet spécial de la CRIET semble privilégier la prudence.

 

C’est un dossier qui tenait en haleine les fans de « Pipi Wobaho » et d’« Éléphant Mouillé ». Aurélie Guézo, figure familière du théâtre populaire béninois, entrevoit enfin le bout du tunnel judiciaire. Après des mois d’une procédure éprouvante, le représentant du parquet spécial a surpris l’auditoire en demandant une relaxe au bénéfice du doute.

 

Le piège de la carte SIM ?

Au cœur de cette affaire se trouve une problématique de plus en plus fréquente au Bénin : la responsabilité liée à l’enregistrement des cartes SIM. L’enquête, pilotée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN), avait remonté la trace d’un numéro de téléphone impliqué dans une fraude ciblant une institution publique. Le hic est que ce numéro était enregistré au nom de la comédienne.

Cependant, lors de l’audience, la solidité des preuves a vacillé. Le signal est sans équivoque : le parquet estime désormais que les charges sont insuffisantes pour établir une culpabilité certaine.

« Parrainer une ligne téléphonique ne fait pas de vous, d’office, un cybercriminel », semble admettre à demi-mot l’accusation.

 

Une défense misant sur le « profil réel »

Pour Me Omer Tchiakpé, l’avocat de la défense, sa cliente est une victime collatérale d’un système qui la dépasse. Plaidant pour une relaxe pure et simple, le conseil a insisté sur un argument de poids : le décalage entre le niveau d’instruction de l’actrice et la sophistication technique nécessaire pour orchestrer une telle escroquerie en ligne.

En plus de l’abandon des poursuites, la défense exige la restitution de la caution de 500 000 FCFA versée en janvier dernier pour sa mise en liberté provisoire. Pour elle, Aurélie Guézo n’est qu’un nom associé à une fraude dont les véritables auteurs courent toujours dans l’ombre du web.

 

Un verdict attendu pour la fin avril

Bien que les réquisitions du parquet soient favorables à la prévenue, le dernier mot revient aux juges de la CRIET. La cour a mis le dossier en délibéré et rendra sa décision finale le 30 avril 2026.

Ce procès repose sur la question de la sécurité des données personnelles au Bénin. À l’heure où la lutte contre la cybercriminalité s’intensifie, cette affaire rappelle que la justice, même sous la pression de la répression numérique, sait faire preuve de discernement lorsque l’incertitude plane.

Au-delà du cas Aurélie Guézo, cette affaire met aussi en lumière les risques liés au parrainage et à l’enregistrement des cartes SIM. Avant de prêter votre nom ou vos documents pour un parrainage, assurez-vous de connaître les implications légales et de protéger vos données personnelles. La vigilance reste la meilleure protection pour éviter d’être associé, malgré vous, à des pratiques frauduleuses.

BÉNIN : LOKO ET DJOGBENOU affichent leur synergie

Au Bénin, le ballet des institutions se poursuit au sommet de l’État. Ce jeudi 26 mars 2026, le patron de la régulation des médias, Édouard Loko, a franchi les portes du Parlement pour rencontrer le nouveau président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbenou. Au-delà du protocole, ce face-à-face pose les jalons d’une collaboration cruciale pour l’avenir démocratique du pays.

 

Ce n’était pas une simple visite de courtoisie, mais un signal politique fort. Dans l’humidité de Porto-Novo, le siège du Parlement a vibré au rythme de la « courtoisie républicaine ». Édouard Loko, à la tête de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), est venu saluer l’élection de Joseph Djogbenou au perchoir.

HAAC BENIN
© HAAC BENIN

Un tandem stratégique pour la République

Si l’exercice est traditionnel, le signal est sans équivoque : pour que la démocratie béninoise respire, la loi et l’information doivent marcher d’un même pas. Entre le juriste chevronné, désormais chef des députés, et l’ancien journaliste devenu régulateur, la connexion semble immédiate.

« C’est d’abord un plaisir avant d’être une courtoisie républicaine. Les deux liés, c’était un exercice très exquis pour moi », a confié Édouard Loko à sa sortie d’audience.

 

Au-delà des civilités : les dossiers chauds

Cette rencontre dépasse le seul cadre des félicitations d’usage. Car si le ton était cordial, les enjeux en coulisses sont de taille. La HAAC et l’Assemblée nationale partagent en effet des sujets d’intérêt commun majeurs, allant de l’adaptation du cadre législatif face aux nouveaux médias au renforcement de la liberté de la presse sous l’œil vigilant de la loi, sans oublier la modernisation de la communication institutionnelle.

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Une stabilité institutionnelle assurée

Dans une période où la fluidité administrative est un gage de développement, ce rapprochement entre le régulateur des médias et le pouvoir législatif se veut rassurant. C’est la preuve qu’au sommet de l’État, les institutions cherchent à fonctionner en harmonie, évitant ainsi les blocages inutiles.

En somme, ce tête-à-tête entre Loko et Djogbenou rappelle que la solidité de la nation repose sur le dialogue permanent entre ses piliers. À Cotonou comme à Porto-Novo, l’heure est visiblement à la synergie d’action.