Présidentielle au Bénin : La HAAC lance les enregistrements des candidats

COTONOU, 23 mars 2026 – Sous les projecteurs des studios de la SRTB, le top a été donné ce lundi 23 mars. Entre réglages techniques et enjeux de communication, les duos en lice pour la Marina enregistrent leurs messages officiels. Une étape millimétrée par la HAAC pour garantir un équilibre parfait sur les ondes nationales.

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La SRTB en mode « forteresse » électorale

Depuis les premières heures de la matinée, l’effervescence a gagné les locaux de la télévision nationale. Ce lundi 23 mars 2026 marque le début d’une phase cruciale : la capture des promesses de campagne. Sous l’œil vigilant d’Angela Aquereburu Rabatel , Directrice générale de la SRTB SA, les équipes techniques se mobilisent pour transformer les ambitions des candidats en messages audibles pour le grand public.

Ainsi, il ne s’agit pas de simples tournages. Chaque prise de parole est encadrée par la Décision n°26-003/HAAC, véritable boussole juridique qui définit le cadre de cette expression politique. Ici, le chronomètre est le seul maître, et chaque seconde compte pour convaincre les électeurs sans déborder du temps impartial.

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La HAAC en arbitre des élégances

Par ailleurs, l’enjeu est de taille : éviter toute cacophonie médiatique. Pour la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), l’objectif est d’assurer une égalité stricte. Qu’il s’agisse de la majorité ou de l’opposition, chaque duo bénéficie du même éclairage et de la même qualité de son.

En déployant ses superviseurs sur le terrain, le régulateur ne se contente pas de surveiller ; il protège également l’équité de l’examen. Cette démarche vise aussi à offrir aux citoyens une information équilibrée, loin des déséquilibres publicitaires qui pourraient fausser la perception du débat démocratique.

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Un marathon de communication

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette étape révèle la stratégie des candidats. Comment condenser un programme de sept ans en quelques minutes de temps d’antenne ? Les duos doivent faire la preuve d’une efficacité redoutable. En plus, Ces enregistrements constituent le premier véritable contact direct et massif entre les prétendants au Palais de la Marina et les foyers béninois.

La SRTB devient ainsi, pendant quelques jours, le laboratoire où se forge l’image de la future gouvernance du pays. Une fois les boîtes de production scellées, le pays tout entier pourra finalement juger de la force de persuasion de ceux qui aspirent à diriger le Bénin dès avril prochain.

Présidentielle 2026 au Bénin : Les Démocrates choisissent le boycott

COTONOU, 23 mars 2026 – Au sortir d’une nuit blanche électrique ce lundi 23 mars, le principal parti d’opposition a tranché : il ne glissera aucun bulletin dans l’urne le 12 avril prochain. Entre l’élection de Nourénou Atchadé et le refus de soutenir les duos en lice, l’ancienne formation de Boni Yayi a choisi l’isolement stratégique.

Le choix du silence électoral

L’attente était immense, la déception l’est tout autant pour certains partisans. Alors que le verrou des parrainages avait déjà écarté Les Démocrates de la course présidentielle, beaucoup espéraient voir le parti jouer les faiseurs de rois en se ralliant à l’un des duos autorisés à concourir.

C’est finalement la ligne radicale du « ni soutien, ni accompagnement » qui l’a emporté. Après des débats marathon qui se sont achevés à l’aube, les cadres du parti ont scellé cette position de retrait. Un choix qui place la formation dans une posture d’observateur critique, refusant de cautionner un examen dont elle se voit exclue d’office.

Nourénou Atchadé, un président sous surveillance

Ce séisme stratégique s’accompagne d’un changement de capitaine. Nourénou Atchadé prend officiellement les commandes du navire, succédant ainsi à l’ancien président Boni Yayi. Toutefois, cette promotion ne fait pas l’unanimité.

Élu dans un climat de contestations internes palpables, le nouveau président hérite d’une mission de transition périlleuse. Il devra maintenir l’unité d’une base déboussolée par l’absence de consigne de vote, tout en préparant le grand congrès d’octobre 2026. Sa légitimité sera mise à rude épreuve dès les prochains jours, alors que les militants s’interrogent sur l’efficacité de cette stratégie du siège vide.

Un parti à la croisée des chemins

En refusant de choisir un camp pour le 12 avril, les Démocrates font un pari sur le long terme. Cette neutralité assurée vise à préserver l’identité du parti face à une mouvance présidentielle solidement installée. Mais dans une arène politique qui a une horreur du vide, ce silence pourrait s’avérer être une lame à double tranchant.

Le parti parviendra-t-il à transformer cette frustration électorale en une force de mobilisation pour octobre ? L’avenir des Démocrates dépendra de la capacité de Nourénou Atchadé à colmater les brèches d’une maison de plus en plus divisée.

Les Démocrates : Nourénou Atchadé, le nouveau capitaine au milieu de la tempête

COTONOU, 23 mars 2026 – Au terme d’un marathon nocturne de 48 heures, le principal parti d’opposition béninois a tranché : Nourénou Atchadé prend les rênes. Mais derrière cette nomination de « transition », les fissures au sein de la formation de Boni Yayi n’ont jamais été aussi visibles.

 

Une maison fermée sous haute tension

Ce n’était pas une simple formalité. Réunis en Conseil national entre le 22 et le 23 mars 2026, les cadres du parti Les Démocrates ont pris en charge une décision dans la douleur. Si la fumée blanche a fini par s’échapper aux premières lueurs de l’aube ce lundi aux environs de 6 heures, elle porte en elle les stigmates de vifs échanges électriques.

Jusqu’ici deuxième vice-président, Nourénou Atchadé hérite d’un fauteuil laissé vacant par la démission surprise de l’ancien chef d’État Boni Yayi le 3 mars dernier. Mais ce passage de témoin ne s’est pas fait dans l’unanimité.

Le divorce consommé avec Éric Houndété ?

L’image forte de ce sommet restera sans doute celle d’une chaise vide. Éric Houndété, premier vice-président et jusque-là président par intérim, aurait quitté la table avant le dénouement final. Selon plusieurs sources internes, un parti de la direction s’opposait frontalement au choix d’Atchadé.

Ce départ précipité du « premier de cordée » symbolise les divergences stratégiques qui secouent le parti. Pour Kamar Ouassagari, secrétaire administratif, il s’agit pourtant d’un choix pragmatique visant la « continuité opérationnelle ». Un argument qui peine à masquer une sourde bataille pour le leadership.

 

En ligne de mire : le congrès d’octobre 2026

La mission de Nourénou Atchadé est claire, mais périlleuse : stabiliser le navire jusqu’au congrès décisif d’octobre 2026 . En pleine préparation des prochaines échéances électorales, le nouveau président devra jouer les équilibristes pour réconcilier les courants internes et transformer ce climat de méfiance en dynamique de victoire.

Atchadé réussira-t-il à ramener le calme dans les rangs ou n’est-il que le gardien d’un temple en pleine mutation ? Les prochains mois seront cruciaux pour la survie de l’unité de l’opposition béninoise.

Bénin : La SBEE lance un vaste chantier de maintenance nationale

COTONOU, 23 mars 2026 – Entre nécessité technique et patience citoyenne, le réseau électrique béninois s’apprête à vivre une journée de réglages cruciaux. Ce mardi 24 mars, une grande partie du pays devra composer avec une interruption programmée par la SBEE.

 

 Réhabilitation énergétique : la fiabilité en ligne de mire

Le confort énergétique de demain se prépare aujourd’hui. C’est en substance le message que porte la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) à travers son dernier communiqué officiel. Pour garantir une fourniture plus stable et limiter les pannes imprévues, la compagnie nationale engage des travaux de réhabilitation sur ses infrastructures.

Cette pause technique, bien que contraignante pour l’activité économique, vise en effet à renforcer la fiabilité du réseau sur l’ensemble du territoire.

Neuf départements sur le grill

Par ailleurs, l’opération dépasse la capitale économique et s’étend à neuf départements, du Nord au Sud : de l’Alibori au Bourgou, en passant par les Collines, l’Atlantique, l’Ouémé, le Plateau, le Mono, le Couffo et l’Atacora.

Les techniciens seront à pied d’œuvre durant une fenêtre précise. Selon le calendrier établi, le courant sera coupé de 10 heures à 15 heures. Une plage horaire de cinq heures durant la SBEE promet un encadrement strict pour minimiser les désagréments.

 

Sécurité : les réflexes à adopter

Au-delà de l’aspect logistique, le distributeur national insiste sur la prudence. Un rappel sécuritaire essentiel est fourni aux abonnés : même pendant la coupure, toutes les installations doivent être considérées comme étant sous tension.

Pour éviter de mauvaises surprises au moment du rétablissement — notamment les surtensions susceptibles de griller les circuits — la SBEE recommande fortement aux populations de débrancher les appareils sensibles. Une précaution simple mais indispensable pour protéger le matériel électroménager et industriel des foyers et entreprises.

 

Une transition vers la modernisation

Si ces interruptions rappellent la fragilité du système actuel, elles témoignent aussi d’une volonté de modernisation. En investissant dans la maintenance préventive, le Bénin cherche à réduire sa dépendance aux interventions d’urgence et à offrir un service de qualité à ses citoyens, un levier indispensable pour le développement du pays.

Bénin 2026 : Romuald Wadagni se confie sur ses rapports avec Patrice Talon

COTONOU, 23 mars 2026 – Entre l’ombre tutélaire de Patrice Talon et l’affirmation d’un destin propre, le candidat de la majorité présidentielle se livre. Dans un entretien fleuve accordé à Jeune Afrique, l’argentier national dessine les contours d’une présidence qu’il veut libre, tout en assumant l’héritage d’une décennie de réformes.

L’ambition par devoir, non par calcul

C’est l’image d’un homme d’État « malgré lui » que Romuald Wadagni a choisi de projeter. Alors qu’il vient de dévoiler les grandes lignes de son projet de société, le grand argentier du Bénin martèle une idée forte : sa présence dans la course à la Marina n’est pas le fruit d’un plan de carrière mûri de longue date.

« Si j’avais prévu d’être chef de l’État, j’aurais suivi un tout autre parcours », confie-t-il avec une franchise désarmante.

Loin des intrigues de palais classiques, il décrit sa candidature comme une émanation collective de la mouvance présidentielle, née du vide laissé par la décision de Patrice Talon de ne pas briguer de troisième mandat. Pour Wadagni, l’appel du drapeau l’a porté sur ses aspirations personnelles.

Le spectre de la « présidence de l’ombre »

C’est la question qui brûle les lèvres de tous les observateurs à Cotonou : Patrice Talon restera-t-il le véritable maître du jeu après 2026 ? Sur ce point, le candidat de la continuité se veut catégorique. Selon lui, le retrait du président actuel sera total et effectif dès l’investiture de son successeur.

Tranchant avec les craintes d’une « présidence sous tutelle », Wadagni assure que l’homme du Nouveau Départ n’a aucune intention de diriger depuis les coulisses. Si le respect et l’admiration entre les deux hommes sont manifestés — Wadagni décrivant une relation quasi filiale et une collaboration fusionnelle de dix ans —, il insiste sur la maturité institutionnelle du Bénin : le futur président sera le seul commandant à bord.

 

Un héritier qui s’assume

Le portrait que dresse Wadagni de son mentor est celui d’un expert polyvalent et d’un travailleur infatigable. Mais au-delà de l’hommage, le candidat prépare déjà son propre terrain. En évoquant ses relations avec d’autres figures de proue comme Joseph Djogbénou ou les anciens chefs d’État, il tente de se positionner comme le trait d’union entre la rigueur de l’ère Talon et une nouvelle phase de dialogue national.

Désormais lancé dans l’arène, Romuald Wadagni ne se contente plus de gérer les finances ; il doit convaincre qu’il possède l’étoffe politique pour transformer l’essai technique en succès populaire.

Bénin : Guy Dossou Mitokpè quitte Les Démocrates

COTONOU, 23 mars 2026 – C’est un séisme dont l’onde de choc n’a pas fini d’ébranler l’opposition béninoise. En plein Conseil national, le Dr Guy Dossou Mitokpè a choisi de claquer la porte du parti Les Démocrates. Après l’ex-président Boni Yayi et son fils Chabi Yayi, cette nouvelle défection interroge : que se passe-t-il véritablement chez les Démocrates ? Entre fin de cycle et ambitions renouvelées, retour sur un départ qui ressemble à un tournant stratégique.

Guy Dossou Mitokpè claque la porte.

L’art politique réside souvent dans le sens du calendrier. En annonçant sa démission ce dimanche 22 mars 2026, au soir même des travaux du Conseil national, l’ancien secrétaire à la communication des Démocrates a frappé fort. Alors que le parti tentait de resserrer ses rangs pour l’après-Yayi, la défection de ce visage de la jeunesse militante sonne comme un désaveu des orientations actuelles.

« On ne peut indéfiniment rester dans le deuil des structures », a lâché Guy Dossou Mitokpè (GDM) sur ses réseaux sociaux.

Une phrase courte, mais lourde de sens, qui suggère que l’appareil du parti s’est transformé en carcan, empêchant de tourner résolument le regard vers l’avenir du pays.

Le clap de fin d’une loyauté éprouvée

Derrière les mots empreints de gratitude envers l’ancien président Boni Yayi, qu’il qualifie de « maître en résilience », se dessine une réalité plus abrupte. Après avoir consulté sa base dans la 16ᵉ circonscription et ses cercles de soutien, le diagnostic de GDM est sans appel : un cycle s’est achevé.

Celui qui a fait de l’intégrité et de la fidélité ses chevaux de bataille semble avoir épuisé ses ressources au sein d’une formation en pleine mutation. Ce départ intervient peu après celui de Chabi Yayi, renforçant ainsi l’idée d’une érosion des cadres historiques au profit d’une nouvelle donne politique que certaines attribuent, non sans ironie, à une « prophétie » de rupture déjà évoquée par le sommet de l’État.

 

Vers quel nouvel horizon ?

Si le Dr Mitokpè part « sans amertume », il ne part certainement pas pour la retraite. Sa détermination assurée et son appel vers de « nouveaux défis » laissent également présager une recomposition imminente. GDM emporte ainsi avec lui une partie de la jeunesse urbaine et connectée, une clé électorale pour les joutes à venir.

Quitte-t-il le navire pour construire sa propre barque ou s’apprête-t-il à rejoindre une autre armada ? Une chose est sûre : en politique béninoise, le vide n’existe pas longtemps.  Pourtant, le départ de ce communicant de génie laisse un trou béant dans l’organigramme de l’opposition, au moment précis où elle aurait eu besoin de toutes ses forces vives.

Bénin : une dette de 7 300 milliards FCFA en 2026, quels impacts pour la population ?

AU Bénin, la question de la dette publique s’impose désormais comme un enjeu central du débat économique. Longtemps marginalisée, elle a connu une progression rapide ces dernières années, soulevant des interrogations sur sa soutenabilité et, surtout, sur ses conséquences concrètes pour les populations.

En quelques décennies, le pays est passé d’une dette quasi inexistante dans les années 1960 à un niveau estimé à près de 7 300 milliards de francs CFA en 2026, soit environ 12,2 milliards de dollars. Une trajectoire qui s’est nettement accélérée ces dernières années.

Une hausse rapide qui change la donne

L’évolution récente est particulièrement frappante. En 2016, la dette publique tournait autour de 4 245 milliards de FCFA (environ 7,2 milliards de dollars). Huit ans plus tard, en 2024, elle atteint déjà 6 960 milliards de FCFA (près de 11,5 milliards de dollars).

Dans le même temps, la dette par habitant a fortement progressé : elle est passée d’environ 238 000 FCFA (363 dollars) en 2016 à plus de 525 000 FCFA (800 dollars) en 2024, avec une projection comprise entre 557 000 et 590 000 FCFA (850 à 900 dollars) en 2026.

Autrement dit, chaque citoyen porte aujourd’hui une charge financière bien plus importante qu’il y a dix ans.

 

Économie béninoise : une croissance sous l’ombre portée de la dette

Certes, l’économie béninoise affiche une croissance réelle : le PIB par habitant est passé d’environ 754 000 FCFA (1 150 dollars) en 2016 à près de 1 017 000 FCFA (1 550 dollars) attendus en 2026. Mais cette progression de la richesse individuelle reste modérée face à la vitesse d’augmentation de la dette.  Résultat : le poids de l’endettement devient de plus en plus visible dans les équilibres économiques du pays.

Ce qui inquiète désormais les analystes, ce n’est pas uniquement le niveau de la dette, mais la rapidité de sa courbe. En quelques années, le poids de l’endettement par habitant progresse fortement et réduit, de fait, les marges de manœuvre de l’État.

Car, contrairement aux grandes économies comme les États-Unis ou la France, le Bénin ne dispose pas des mêmes leviers financiers. Dans ce contexte de ressources limitées, une dette même modérée en valeur absolue finit par peser lourdement sur l’avenir national.

 

Quand la dette réduit les marges de manœuvre

Concrètement, cette dynamique engendre des conséquences directes sur le quotidien des Béninois. Plus la dette s’alourdit, plus l’État doit mobiliser une part vitale de ses ressources pour honorer ses créances. Ce mécanisme réduit mécaniquement l’enveloppe budgétaire destinée aux secteurs prioritaires tels que :

  • L’éducation (infrastructures et salaires) ;
  • La santé (plateaux techniques et accès aux soins) ;
  • L’emploi des jeunes (soutien à l’entrepreneuriat).

Derrière les indicateurs macroéconomiques, le service de la dette s’impose désormais comme un arbitrage douloureux. En drainant une part croissante du budget national, le remboursement des intérêts évince les investissements publics essentiels. À terme, cette pression financière risque de se traduire par une double peine pour le citoyen : une hausse de la pression fiscale pour combler les déficits et une dégradation visible de la qualité des services publics.

 

Le piège des comparaisons internationales

Le débat public s’appuie souvent sur un argument séduisant : la dette par habitant du Bénin, estimée à environ 590 000 FCFA (900 dollars), reste dérisoire face à celle des États-Unis (plus de 110 000 dollars) ou de la France (près de 50 000 dollars). Pourtant, cette comparaison biaise la réalité.

Ces grandes puissances reposent sur des économies bien plus robustes, avec des revenus par habitant dépassant respectivement 70 000 et 42 000 dollars. Leur capacité d’absorption financière n’a donc aucune commune mesure avec celle du Bénin.

La véritable question ne réside pas dans le volume brut de la dette, mais dans la capacité réelle du pays à l’assumer. Faute de ressources suffisantes et avec un accès limité aux marchés financiers mondiaux, chaque nouvel emprunt pèse proportionnellement plus lourd sur le budget national. Au Bénin, une dette mathématiquement plus faible se transforme ainsi, dans les faits, en un fardeau bien plus complexe à porter.

 

L’endettement : levier de croissance ou piège financier ?

L’enjeu véritable ne réside pas dans le niveau d’endettement, mais dans son usage stratégique. En soi, l’emprunt ne constitue pas un problème s’il finance des moteurs de développement tels que :

  • Les infrastructures routières et énergétiques ;
  • La création d’emplois dirige ;
  • La croissance économique durable.

Utilisée comme un levier, une dette productive améliorant concrètement les conditions de vie des populations. Cependant, la frontière reste mince entre investissement rentable et dérive risquée. Lorsqu’un pays oriente mal ses emprunts, il s’appauvrit durablement sans générer de richesse nouvelle.

Dès lors que les fonds mobilisés ne produisent pas suffisamment de revenus pour s’autofinancer, la dette se transforme en fardeau. L’économie s’expose alors à un cercle vicieux redoutable : faire de nouveaux emprunts uniquement pour rembourser les dettes passées.

 

Un choix de destin pour l’économie béninoise

Aujourd’hui, le Bénin se trouve à un moment charnière. Avec une dette qui représente désormais près de la moitié du revenu annuel moyen par habitant, la question n’est plus théorique. Elle est simple : cette dette permettra-t-elle d’améliorer durablement les conditions de vie ou risque-t-elle de devenir un fardeau pour les générations futures ?

Dans ce débat, une certitude s’impose : ce ne sont pas les chiffres seuls qui comptent, mais les choix politiques et économiques qui les accompagnent. L’évolution actuelle de la dette béninoise pose donc une équation délicate : comment financer le développement sans fragiliser l’économie ?

À court terme, la vigilance est nécessaire ; à long terme, tout dépendra de la capacité à orienter les emprunts vers des projets réellement productifs, capables de générer des revenus et de soutenir la croissance.

Car au-delà des chiffres, une question essentielle demeure : la dette sera-t-elle un moteur de développement ou un frein durable pour le Bénin ?

Bénin : « Les Démocrates » face à une cyber-offensive, le parti dénonce une « usurpation » de son identité

À l’approche de la présidentielle béninoise, la tension monte d’un cran. Alors que des visuels appelant au boycott inondent la toile, le principal parti d’opposition, « Les Démocrates », sort les griffes. Entre manipulation numérique et guerre de communication, décryptage d’une offensive numérique aux visées politiques. 

 

Le spectre du sabotage numérique

C’est une onde de choc qui traverse les états-majors politiques à Cotonou. Depuis quelques jours, des affiches numériques, reprenant avec une précision chirurgicale la charte graphique et le logo du parti Les Démocrates, circulent massivement sur WhatsApp et Facebook. Le message est radical : un appel pur et simple à bouder les urnes.

Pourtant, la réalité interne au parti est tout autre. Par la voix de son Secrétaire national à la Communication, le Dr Guy Dossou Mitokpè, la formation politique dénonce une manœuvre frauduleuse. Il ne s’agirait pas d’une crise interne, mais bien d’une tentative d’intoxication visant à semer la confusion chez les électeurs.

 

Une riposte institutionnelle immédiate

Face à ce qu’il qualifie de « grossière manipulation », le parti a choisi de recadrer le débat avec fermeté, en affirmant qu’aucune instance officielle n’a validé les appels au boycott, en rappelant que ses décisions ne se prennent pas sur les réseaux sociaux mais au sein de ses organes de direction, et en invitant ses militants à ignorer ces « bruits de couloir » numériques pour rester concentrés sur les véritables enjeux.

« C’est une usurpation flagrante de nos attributs. « Nous mettons en garde les auteurs de ces actes qui visent des objectifs inavoués », martèle la direction du parti dans un communiqué officiel ce 18 mars.

 

L’attente d’une ligne de conduite officielle

Si le parti rejette fermement le boycott pour l’instant, la question de sa stratégie finale reste en suspens. Pour l’heure, la Coordination nationale et le Conseil national sont en conclave, avec un objectif précis : définir une feuille de route claire pour son soutien au parti FCBE lors de la présidentielle à venir.

En adoptant cet angle de défense, Les Démocrates  cherchent non seulement à préserver leur image, mais aussi à éviter une démobilisation de leur base électorale qui profiterait au camp adverse. Au Bénin, la lutte contre les fake news s’impose désormais comme le nouveau champ de bataille politique.

Bénin : Romuald Wadagni entre en campagne

C’est le rendez-vous qui pourrait sceller la trajectoire politique du Bénin pour la prochaine décennie. Ce samedi 21 mars 2026, le Palais des Congrès de Cotonou s’apprête à vibrer au rythme de l’investiture de Romuald Wadagni. Le candidat de la mouvance présidentielle y dévoilera son projet de société : « Plus Loin, Ensemble ». Un titre qui sonne comme une promesse de continuité, mais aussi de dépassement.

Un baptême du feu pour le « Technocrate d’Or »

Après dix années passées à redresser les finances publiques sous l’aile de Patrice Talon, l’actuel Ministre d’État change de costume. Pour ce grand oral, Wadagni doit relever un défi de taille : transformer son image d’expert rigoureux en un leader charismatique capable de fédérer les masses.

Le choix du Palais des Congrès n’est pas anodin. C’est dans ce lieu chargé d’histoire que le dauphin désigné va tenter de convaincre les Béninois que la rigueur budgétaire peut également rimer avec prospérité sociale.

 

« Plus Loin, Ensemble » : une vision

Si le contenu exact du programme reste jalousement gardé jusqu’à samedi, les premières indiscrétions révèlent une stratégie en deux temps : consolider l’héritage en poursuivant les grands chantiers d’infrastructures et la modernisation de l’économie engagée depuis 2016, puis accélérer sur le plan social, avec le mot “Ensemble” comme signe d’une volonté d’inclusion renforcée, visant à réduire les inégalités et à placer l’humain au cœur de la croissance.

 

Un examen à deux visages

L’élection du 12 avril prochain s’annonce singulière. Avec l’absence du parti « Les Démocrates » de la course officielle — suite au rejet de leur candidature par les instances électorales —, Romuald Wadagni se retrouve face à Paul Hounkpè.

Par conséquent, l’enjeu de ce samedi dépasse la simple présentation d’un catalogue de mesures. Pour le camp présidentiel, il s’agit de légitimer une succession dans un contexte de forte tension politique et de répondre aux appels au boycott qui circulent sur les réseaux sociaux.

Ainsi, en lançant sa campagne sous le signe de l’unité « Ensemble », Wadagni tente de désamorcer les critiques sur une gouvernance jugée trop verticale. Le succès de son rassemblement ce samedi donnera le ton d’une campagne où chaque mot comptera, entre la nécessité de rassurer les partenaires internationaux et celle de convaincre un électorat en quête de mieux-être.

Sécurité régionale : Le « Verrou de Cotonou » s’active face à la poussée terroriste

Cotonou, 19 mars 2026 Cotonou s’est imposée ce jeudi comme la capitale de la stratégie militaire ouest-africaine. Dans un contexte de pression sécuritaire croissante aux frontières nord, les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis pour coordonner une riposte inédite. Plus qu’une visite de courtoisie, ce sommet consacre la naissance d’un bouclier opérationnel trilatéral.

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Une alliance de fer pour le Golfe de Guinée

L’image est forte et le message sans équivoque. Le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi (Bénin) a accueilli ses homologues, les généraux Lassina Doumbia (Côte d’Ivoire) et Fabien Mandon (France). Objectif affiché : passer de la concertation diplomatique à une efficacité opérationnelle sur le terrain.

Alors que les groupes armés cherchent à progresser vers les côtes, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent une unité doctrinale. Cette rencontre militaire traduit aussi la volonté de Cotonou de s’affirmer comme pilier central de la stabilité régionale.

 

Vers une guerre « hybride » et connectée

Le terrorisme moderne ne se limite plus aux frontières physiques : il exploite désormais le cyberespace et la criminalité transfrontalière pour fragiliser les États. Les échanges de ce jour visent à définir plusieurs pistes de réponse, mais trois axes prioritaires se dégagent :

  • Le partage de renseignements en temps réel pour anticiper les mouvements suspects entre parcs nationaux et zones urbaines.
  • L’adaptation technologique avec l’intégration de l’expertise française afin de contrer les nouvelles menaces (drones, mines artisanales).
  • La coopération Sud-Sud pour renforcer la synergie entre forces béninoises et ivoiriennes et accroître l’autonomie sécuritaire.

 

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L’expertise française en appui tactique

La présence du général Mandon rappelle que, malgré les mutations géopolitiques dans le Sahel, le partenariat avec Paris demeure un levier technique essentiel pour le Bénin. Il ne s’agit plus d’une intervention classique, mais d’un partage d’expérience ciblé, où la France vient en appui aux stratégies définies souverainement par les armées africaines.

« Face à des menaces qui ignorent les frontières, l’unité est notre seule arme efficace », confie une source proche de l’État-major.

Ce sommet intervient à un moment charnière. En consolidant ses alliances militaires à la veille des échéances électorales d’avril, le Bénin envoie un signal de fermeté : la sécurité nationale reste la priorité absolue, quels que soient les enjeux politiques. Cette diplomatie de la défense place le général Gbaguidi au cœur du jeu sécuritaire africain.