Longtemps marquées par la méfiance, les relations entre les forces de sécurité et les communautés du nord du Bénin évoluent progressivement vers une dynamique de confiance. Grâce à un partenariat sécuritaire renforcé avec les États-Unis, des milliers de citoyens bénéficient désormais d’actions civilo-militaires mêlant sécurité, dialogue communautaire et développement local.
Des programmes civilo-militaires aux résultats tangibles
Réunis à Cotonou autour de l’Unité des Actions Civilo-Militaires des Forces Armées Béninoises, responsables militaires et partenaires internationaux ont dressé le bilan des programmes déployés dans le nord du pays avec l’appui des États-Unis. En 2025, plus de 44 000 personnes réparties dans 11 communes ont été touchées par ces initiatives destinées à renforcer les liens entre les populations civiles et les forces de défense.
Dans les régions septentrionales du Bénin, confrontées depuis plusieurs années aux menaces sécuritaires venues du Sahel, la lutte contre l’extrémisme violent ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire. Les autorités béninoises misent désormais sur une approche plus humaine : rapprocher les forces de sécurité des populations locales pour construire une confiance durable.
C’est précisément l’objectif des programmes civilo-militaires développés grâce au partenariat entre le Bénin et les États-Unis. À Cotonou, l’Unité des Actions Civilo-Militaires des Forces Armées Béninoises a réuni plusieurs partenaires afin d’évaluer les résultats enregistrés dans les communes du nord du pays.
Le constat dressé par les responsables est jugé encourageant. En 2025, les différentes activités ont bénéficié à plus de 44 000 personnes dans 11 communes. Des chiffres qui traduisent l’ampleur d’un dispositif conçu pour améliorer les relations entre les populations et les forces armées dans des zones parfois fragilisées par l’insécurité et la défiance.
Sur le terrain, les actions menées vont bien au-delà des opérations strictement militaires. Elles intègrent des projets communautaires, des campagnes de sensibilisation, des rencontres de proximité et des initiatives de développement local destinées à renforcer le dialogue entre citoyens et institutions sécuritaires.
Selon les responsables du programme, plusieurs facteurs expliquent les progrès observés ces derniers mois. Les autorités mettent notamment en avant l’implication progressive des communautés locales dans les projets déployés sur le terrain.
Le recours à des entreprises locales pour la réalisation des activités a également favorisé une meilleure acceptation des programmes par les populations. Autre élément jugé déterminant : la constitution d’équipes mixtes comprenant des femmes et des agents capables de communiquer dans les langues locales, facilitant ainsi les échanges avec les habitants.
Dans plusieurs localités, cette approche a permis de transformer progressivement les perceptions. Là où dominaient autrefois suspicion et distance envers les forces de sécurité, les autorités observent désormais une coopération plus active des communautés dans les mécanismes de prévention et d’alerte.
Pour les partenaires béninois et américains, cette évolution confirme qu’une réponse sécuritaire durable passe aussi par l’écoute des populations et leur participation aux stratégies de stabilisation.
Face aux défis sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest, le Bénin tente ainsi de construire un modèle fondé sur la proximité et la confiance. En 2026, les autorités étendent déjà ces initiatives à de nouvelles régions, affirmant avec conviction que lorsque les communautés participent aux solutions, sécurité et développement avancent ensemble.
Cotonou, 19 mars 2026 – Cotonou s’est imposée ce jeudi comme la capitale de la stratégie militaire ouest-africaine. Dans un contexte de pression sécuritaire croissante aux frontières nord, les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis pour coordonner une riposte inédite. Plus qu’une visite de courtoisie, ce sommet consacre la naissance d’un bouclier opérationnel trilatéral.
L’image est forte et le message sans équivoque. Le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi (Bénin) a accueilli ses homologues, les généraux Lassina Doumbia (Côte d’Ivoire) et Fabien Mandon (France). Objectif affiché : passer de la concertation diplomatique à une efficacité opérationnelle sur le terrain.
Alors que les groupes armés cherchent à progresser vers les côtes, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent une unité doctrinale. Cette rencontre militaire traduit aussi la volonté de Cotonou de s’affirmer comme pilier central de la stabilité régionale.
Vers une guerre « hybride » et connectée
Le terrorisme moderne ne se limite plus aux frontières physiques : il exploite désormais le cyberespace et la criminalité transfrontalière pour fragiliser les États. Les échanges de ce jour visent à définir plusieurs pistes de réponse, mais trois axes prioritaires se dégagent :
Le partage de renseignements en temps réel pour anticiper les mouvements suspects entre parcs nationaux et zones urbaines.
L’adaptation technologique avec l’intégration de l’expertise française afin de contrer les nouvelles menaces (drones, mines artisanales).
La coopération Sud-Sud pour renforcer la synergie entre forces béninoises et ivoiriennes et accroître l’autonomie sécuritaire.
La présence du général Mandon rappelle que, malgré les mutations géopolitiques dans le Sahel, le partenariat avec Paris demeure un levier technique essentiel pour le Bénin. Il ne s’agit plus d’une intervention classique, mais d’un partage d’expérience ciblé, où la France vient en appui aux stratégies définies souverainement par les armées africaines.
« Face à des menaces qui ignorent les frontières, l’unité est notre seule arme efficace », confie une source proche de l’État-major.
Ce sommet intervient à un moment charnière. En consolidant ses alliances militaires à la veille des échéances électorales d’avril, le Bénin envoie un signal de fermeté : la sécurité nationale reste la priorité absolue, quels que soient les enjeux politiques. Cette diplomatie de la défense place le général Gbaguidi au cœur du jeu sécuritaire africain.