L’Agence béninoise de protection civile (ABPC) veut être prête à affronter les catastrophes. Réunie ce mardi dans ses locaux, elle a présenté ses nouvelles orientations, centrées sur la prévention, l’intervention rapide et l’amélioration des dispositifs de réponse.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le Bénin et l’État américain du Dakota du Nord. Les échanges avec la Garde nationale du Dakota du Nord marquent une étape importante du State Partnership Program (SPP). Désormais, l’accent sera mis sur des exercices pratiques sur le terrain, des formations spécialisées et le développement d’infrastructures capables de soutenir les interventions d’urgence.
Le partenariat doit se traduire par plusieurs activités opérationnelles. Parmi elles figure un exercice de simulation à grande échelle annoncé pour l’été 2028. L’objectif : tester la coordination des services et leur capacité à réagir face à une catastrophe majeure.
Les deux parties prévoient également un exercice commun associant les ambulanciers aux équipes chargées de la lutte contre les incendies et des opérations de secours. Ce type d’entraînement doit permettre de renforcer les réflexes communs entre les différents acteurs de la chaîne d’urgence.
À Cotonou, une session consacrée à l’évaluation de la réponse aux catastrophes doit également contribuer à identifier les points à améliorer dans le dispositif béninois.
La coopération prévoit aussi un volet consacré au partage d’expériences. Une délégation de l’ABPC pourrait se rendre dans le Dakota du Nord pour observer les méthodes utilisées par les services locaux et examiner les pratiques susceptibles d’être adaptées aux réalités béninoises.
Cette approche vise moins à reproduire un modèle qu’à tirer parti de l’expérience acquise par les partenaires américains dans la préparation et la gestion des situations d’urgence.
Vers un soutien au futur Centre national des urgences
La coopération pourrait également s’étendre aux infrastructures. Le Dakota du Nord envisage notamment d’apporter son expertise au projet de Centre national des urgences au Bénin.
Un tel appui s’inscrirait dans la continuité d’une expérience déjà menée au Togo, où le Dakota du Nord a accompagné des initiatives similaires dans le domaine de la gestion des urgences.
Pour les autorités béninoises, le développement d’un dispositif national mieux structuré constitue un enjeu majeur pour améliorer la rapidité et la coordination des interventions face aux catastrophes.
Avec ces nouvelles initiatives, Cotonou et le Dakota du Nord cherchent à donner une dimension plus concrète à leur partenariat. La formation des personnels, les exercices conjoints, l’évaluation des capacités et le renforcement des infrastructures doivent progressivement constituer les principaux axes de cette coopération.
L’enjeu consiste désormais à transformer les échanges institutionnels en capacités directement mobilisables sur le terrain. À travers le SPP, le Bénin veut transformer la coopération en résultats tangibles : anticiper les crises, coordonner les secours et protéger les populations
L’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée menace directement les artères du commerce ouest-africain. Pour contrer cette vulnérabilité économique, le Bénin et l’Union européenne ont franchi une étape clé à Cotonou début septembre 2026. En effet, la frégate portugaise NRP Álvares Cabral a orchestré une session de perfectionnement tactique destinée à la marine béninoise, transformant l’escale technique du bâtiment européen en un levier de renforcement sécuritaire et commercial.
Par ailleurs, cette initiative conjointe cible directement les failles opérationnelles qui pénalisent le transport maritime régional. Durant cinq jours d’exercices intensifs, des unités de la police maritime portugaise et des équipes d’arraisonnement ont formé les forces béninoises aux contrôles embarqués ainsi qu’à la gestion rigoureuse des preuves sur les scènes de crime en haute mer. Cette maîtrise des procédures judiciaires maritimes garantit des poursuites légales efficaces contre la piraterie et les trafics illicites, sécurisant ainsi les zones d’ancrage stratégiques du pays.
Capitaux et logistique : le programme SWAIMS au service de la CEDEAO
Cet entraînement concrétise les orientations du projet SWAIMS (Soutien à la sécurité maritime intégrée en Afrique de l’Ouest), un programme majeur financé par l’Union européenne. L’ambition dépasse la formation purement opérationnelle : l’UE déploie des moyens matériels conséquents pour prémunir les économies locales contre le pillage des ressources. Chacun des douze États côtiers de la CEDEAO recevra deux vedettes d’intervention rapide ainsi que des kits médico-légaux de pointe, dotant les marines nationales des outils nécessaires pour neutraliser la pêche illégale et consolider l’État de droit dans leurs eaux territoriales.
La portée économique et géopolitique de cette coopération s’est affirmée lors de la visite du bâtiment par le ministre béninois de la Défense, Gildas Agonkan, et l’ambassadeur de l’UE au Bénin, Stéphane Mund. Leur présence conjointe à bord du NRP Álvares Cabral souligne la volonté commune de stabiliser le corridor maritime régional. En sécurisant les voies d’accès au port de Cotonou, les partenaires protègent l’attractivité commerciale de la région et garantissent la fluidité des échanges marchands internationaux.
Longtemps perçue comme une fatalité ouest-africaine, la contrebande de cigarettes trouve aujourd’hui face à elle une riposte d’un genre nouveau au Bénin. Loin des saisies spectaculaires mais éphémères, les autorités douanières ont décidé de frapper au cœur de l’écosystème illicite : la traçabilité. Récit d’un changement de doctrine où l’État s’allie au privé pour assécher la fraude.
Il y a la guerre qui fait du bruit, et celle qui se joue dans un silence de plomb, le long des pistes poreuses et dans les entrepôts clandestins. Le marché du tabac en Afrique de l’Ouest brasse des milliards de francs CFA qui, chaque année, s’évaporent dans la nature, alimentant des réseaux opaques au détriment des caisses publiques et de la sécurité sanitaire. Face à cette hydre, le Bénin vient de modifier radicalement son arsenal tactique.
Le 10 août 2026 ne marquera pas seulement la signature d’un énième document administratif à Cotonou. C’est la date d’une bascule géopolitique et économique locale.
Jusqu’ici, la douane béninoise jouait au chat et à la souris avec des réseaux d’importation illicites toujours plus agiles. Mais, sous l’impulsion du Colonel Raouf Malèhossou ABOUDOU, Directeur général des Douanes, l’institution a compris qu’une répression purement physique était asymétrique. La nouvelle arme ? La donnée et la traçabilité de bout en bout.
Pour y parvenir, l’État a fait un choix audacieux, rompant avec le monopole de l’action publique : s’adosser à un acteur privé, la société Niger Brique. Ce partenariat public-privé (PPP), d’une nature inédite pour ce secteur spécifique, vise à créer une « muraille de verre » autour du marché béninois du tabac.
L’accord scellé dépasse la simple sécurisation fiscale. Il s’articule autour d’une doctrine à trois têtes :
L’asphyxie financière des réseaux parallèles : en imposant une traçabilité inviolable, les produits de contrebande deviennent immédiatement identifiables et invendables sur le marché formel, coupant l’herbe sous le pied des fraudeurs.
Le bouclier sanitaire : le tabac illicite échappe à toute norme, contenant souvent des taux de toxicité décuplés. Le contrôle de la chaîne d’approvisionnement devient un enjeu de santé publique majeur.
La sanctuarisation de la concurrence : en garantissant un environnement prévisible et régulé, l’État protège les opérateurs économiques légaux qui, jusqu’à présent, subissaient la concurrence déloyale des prix cassés du marché noir.
L’intégration de Niger Brique dans cette équation n’est pas anodine. L’entreprise, en s’engageant dans cet accord, obtient des garanties cruciales : une prévisibilité de ses flux logistiques et la certitude d’évoluer sur un terrain où les règles du jeu sont les mêmes pour tous.
De son côté, la Douane externalise une partie de la complexité logistique pour se reconcentrer sur son cœur de métier : l’analyse des risques, la régulation impartiale et l’intervention ciblée. Le Colonel ABOUDOU impose ainsi une vision moderne de l’administration, celle d’un « régulateur neutre », capable de s’allier aux forces vives de l’économie pour assainir un secteur gangrené.
Si cette moralisation du marché par la collaboration public-privé porte ses fruits, le Bénin pourrait bien faire figure de pionnier dans la région. L’enjeu est de taille : prouver qu’il est possible de reprendre le contrôle d’une économie souterraine sans paralyser le commerce, mais en l’encadrant avec une précision chirurgicale.
Les cartels de la contrebande sont prévenus : à Cotonou, l’heure n’est plus aux barrages routiers aléatoires, mais à la traçabilité algorithmique et institutionnelle. L’écran de fumée commence enfin à se dissiper.
Longtemps marquées par la méfiance, les relations entre les forces de sécurité et les communautés du nord du Bénin évoluent progressivement vers une dynamique de confiance. Grâce à un partenariat sécuritaire renforcé avec les États-Unis, des milliers de citoyens bénéficient désormais d’actions civilo-militaires mêlant sécurité, dialogue communautaire et développement local.
Des programmes civilo-militaires aux résultats tangibles
Réunis à Cotonou autour de l’Unité des Actions Civilo-Militaires des Forces Armées Béninoises, responsables militaires et partenaires internationaux ont dressé le bilan des programmes déployés dans le nord du pays avec l’appui des États-Unis. En 2025, plus de 44 000 personnes réparties dans 11 communes ont été touchées par ces initiatives destinées à renforcer les liens entre les populations civiles et les forces de défense.
Dans les régions septentrionales du Bénin, confrontées depuis plusieurs années aux menaces sécuritaires venues du Sahel, la lutte contre l’extrémisme violent ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire. Les autorités béninoises misent désormais sur une approche plus humaine : rapprocher les forces de sécurité des populations locales pour construire une confiance durable.
C’est précisément l’objectif des programmes civilo-militaires développés grâce au partenariat entre le Bénin et les États-Unis. À Cotonou, l’Unité des Actions Civilo-Militaires des Forces Armées Béninoises a réuni plusieurs partenaires afin d’évaluer les résultats enregistrés dans les communes du nord du pays.
Le constat dressé par les responsables est jugé encourageant. En 2025, les différentes activités ont bénéficié à plus de 44 000 personnes dans 11 communes. Des chiffres qui traduisent l’ampleur d’un dispositif conçu pour améliorer les relations entre les populations et les forces armées dans des zones parfois fragilisées par l’insécurité et la défiance.
Sur le terrain, les actions menées vont bien au-delà des opérations strictement militaires. Elles intègrent des projets communautaires, des campagnes de sensibilisation, des rencontres de proximité et des initiatives de développement local destinées à renforcer le dialogue entre citoyens et institutions sécuritaires.
Selon les responsables du programme, plusieurs facteurs expliquent les progrès observés ces derniers mois. Les autorités mettent notamment en avant l’implication progressive des communautés locales dans les projets déployés sur le terrain.
Le recours à des entreprises locales pour la réalisation des activités a également favorisé une meilleure acceptation des programmes par les populations. Autre élément jugé déterminant : la constitution d’équipes mixtes comprenant des femmes et des agents capables de communiquer dans les langues locales, facilitant ainsi les échanges avec les habitants.
Dans plusieurs localités, cette approche a permis de transformer progressivement les perceptions. Là où dominaient autrefois suspicion et distance envers les forces de sécurité, les autorités observent désormais une coopération plus active des communautés dans les mécanismes de prévention et d’alerte.
Pour les partenaires béninois et américains, cette évolution confirme qu’une réponse sécuritaire durable passe aussi par l’écoute des populations et leur participation aux stratégies de stabilisation.
Face aux défis sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest, le Bénin tente ainsi de construire un modèle fondé sur la proximité et la confiance. En 2026, les autorités étendent déjà ces initiatives à de nouvelles régions, affirmant avec conviction que lorsque les communautés participent aux solutions, sécurité et développement avancent ensemble.
Cotonou, 19 mars 2026 – Cotonou s’est imposée ce jeudi comme la capitale de la stratégie militaire ouest-africaine. Dans un contexte de pression sécuritaire croissante aux frontières nord, les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis pour coordonner une riposte inédite. Plus qu’une visite de courtoisie, ce sommet consacre la naissance d’un bouclier opérationnel trilatéral.
L’image est forte et le message sans équivoque. Le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi (Bénin) a accueilli ses homologues, les généraux Lassina Doumbia (Côte d’Ivoire) et Fabien Mandon (France). Objectif affiché : passer de la concertation diplomatique à une efficacité opérationnelle sur le terrain.
Alors que les groupes armés cherchent à progresser vers les côtes, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent une unité doctrinale. Cette rencontre militaire traduit aussi la volonté de Cotonou de s’affirmer comme pilier central de la stabilité régionale.
Vers une guerre « hybride » et connectée
Le terrorisme moderne ne se limite plus aux frontières physiques : il exploite désormais le cyberespace et la criminalité transfrontalière pour fragiliser les États. Les échanges de ce jour visent à définir plusieurs pistes de réponse, mais trois axes prioritaires se dégagent :
Le partage de renseignements en temps réel pour anticiper les mouvements suspects entre parcs nationaux et zones urbaines.
L’adaptation technologique avec l’intégration de l’expertise française afin de contrer les nouvelles menaces (drones, mines artisanales).
La coopération Sud-Sud pour renforcer la synergie entre forces béninoises et ivoiriennes et accroître l’autonomie sécuritaire.
La présence du général Mandon rappelle que, malgré les mutations géopolitiques dans le Sahel, le partenariat avec Paris demeure un levier technique essentiel pour le Bénin. Il ne s’agit plus d’une intervention classique, mais d’un partage d’expérience ciblé, où la France vient en appui aux stratégies définies souverainement par les armées africaines.
« Face à des menaces qui ignorent les frontières, l’unité est notre seule arme efficace », confie une source proche de l’État-major.
Ce sommet intervient à un moment charnière. En consolidant ses alliances militaires à la veille des échéances électorales d’avril, le Bénin envoie un signal de fermeté : la sécurité nationale reste la priorité absolue, quels que soient les enjeux politiques. Cette diplomatie de la défense place le général Gbaguidi au cœur du jeu sécuritaire africain.