Bénin : Le programme Gbessoké passe au scanner à Grand-Popo

 

À Grand-Popo, les architectes du filet de sécurité sociale béninois se penchent sur les premiers résultats des transferts monétaires du programme Gbessoké. Entre succès opérationnels et défis logistiques, cet audit grandeur nature doit valider le passage d’une phase pilote à une généralisation nationale attendue par les populations les plus vulnérables.

Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance
© Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance

Grand-Popo, laboratoire de la solidarité nationale

Depuis le mardi 7 avril 2026, la cité balnéaire de Grand-Popo vibre au rythme d’une évaluation cruciale. Le programme de filets de protection sociale productifs, baptisé Gbessoké, y tient son atelier bilan. Cette rencontre rassemble les décideurs et techniciens qui supervisent le dispositif dans douze communes pilotes à travers le pays.

L’objectif est de disséquer les performances des transferts monétaires directs destinés aux foyers en situation de précarité. Pour Noutaï Rodrigue Honkpehedji, coordonnateur de la Cellule d’Appui à la Mise en Œuvre (CAMO), cette étape consiste à transformer les expériences du terrain en une stratégie robuste pour la suite. Lors de l’ouverture officielle, il a d’ailleurs invité les participants à une franchise totale afin de corriger les imperfections du système avant son déploiement à grande échelle.

Au-delà des échanges techniques, l’atelier de Grand-Popo illustre une volonté politique forte : transformer un projet pilote en véritable politique publique. Pour les familles bénéficiaires, chaque transfert monétaire est plus qu’une aide ponctuelle : c’est un levier de dignité et de productivité.

Par ailleurs, cette évaluation incarne une pédagogie de la solidarité nationale, où les leçons tirées des communes pilotes doivent servir de socle à une politique sociale durable.

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Le soutien réaffirmé des partenaires internationaux

Le projet bénéficie d’une attention particulière de la part de la communauté internationale. Des représentants de l’UNICEF, de la GIZ et de la Banque Mondiale suivent de près ces délibérations. En visioconférence, Giorgina Demarchi, porte-parole de la Banque Mondiale, a exprimé sa satisfaction face aux progrès réalisés sur le sol béninois.

Cet appui financier et technique confirme que le Bénin s’inscrit dans une dynamique de modernisation de ses politiques sociales. La Banque Mondiale réaffirme son engagement à soutenir Cotonou pour renforcer ces dispositifs de transfert. Ainsi, en inscrivant Gbessoké dans une dynamique régionale où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest expérimentent des filets sociaux similaires, le Bénin se positionne comme un acteur moteur de la solidarité continentale. Le but ultime demeure la création d’un système de protection résilient, capable de sortir durablement les citoyens de l’extrême pauvreté grâce à des revenus sécurisés.

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Vers une couverture totale du territoire

Les discussions, qui s’achèvent ce vendredi, portent sur des solutions concrètes pour optimiser la distribution des fonds. Les acteurs analysent les obstacles rencontrés, qu’ils soient techniques ou géographiques, afin de fluidifier les opérations futures. Gbessoké ne veut plus se limiter à quelques localités ; l’ambition est désormais d’atteindre chaque commune du Bénin.

Cette ambition nationale ne pourra se concrétiser que si les bénéficiaires — familles rurales, femmes et enfants — ressentent directement l’impact de ces transferts dans leur quotidien.

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Un pari logistique au service de l’humain

Finalement, le succès de Gbessoké repose sur la capacité de l’État à garantir que chaque franc CFA arrive à destination sans encombre. L’extension du programme à l’ensemble du territoire national représentera un défi logistique immense pour l’administration béninoise.

L’orientation pour les mois à venir est claire : la généralisation ne réussira que si la phase pilote permet de tirer des leçons réelles sur la transparence et l’efficacité des paiements. Le gouvernement devra prouver que Gbessoké est plus qu’une aide ponctuelle, mais un véritable levier de productivité pour les ménages.

En définitive, Gbessoké n’est plus seulement un projet pilote : il incarne la volonté du Bénin de bâtir une solidarité nationale durable, où chaque transfert monétaire devient un levier de dignité et de productivité pour les foyers les plus vulnérables.

Bénin : Proparco et NSIA Banque renforcent le financement des PME

À Cotonou, un accord financier vient renforcer les perspectives des petites et moyennes entreprises béninoises. NSIA Banque Bénin a signé avec Proparco, filiale du groupe Agence française de développement (AFD), une ligne de garantie destinée à stimuler l’octroi de crédits aux PME. La cérémonie s’est tenue en présence de l’Ambassadrice de France au Bénin, symbole d’un engagement diplomatique et économique assumé.

Au cœur de cet accord : le mécanisme ARIZ, un dispositif de partage de risques conçu pour encourager les banques à financer davantage les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), souvent confrontées à des obstacles d’accès au crédit.

 

Un mécanisme de partage du risque pour débloquer les financements

Concrètement, Proparco met à disposition une garantie de portefeuille d’un montant de 20 millions d’euros, soit environ 13,1 milliards de francs CFA. Ce mécanisme permet de couvrir jusqu’à 50 % du risque de crédit sur un ensemble de prêts accordés par NSIA Banque à des entreprises béninoises.

Ainsi, la banque pourra élargir son offre de financement tout en limitant son exposition aux risques. En d’autres termes, ce dispositif agit comme un filet de sécurité : il rassure l’établissement prêteur et facilite l’accès aux ressources pour les entrepreneurs évoluant dans des secteurs clés de l’économie nationale.

 

Les PME, pilier de la croissance béninoise

Au Bénin, les PME constituent l’ossature du tissu économique. Elles représentent une part importante des emplois formels et informels, mais peinent encore à accéder à des financements adaptés à leurs besoins.

Dès lors, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du secteur privé, en cohérence avec les réformes engagées par les autorités béninoises pour améliorer le climat des affaires. L’objectif affiché est clair : soutenir des entreprises innovantes, structurantes ou encore insuffisamment financées, afin de favoriser la création d’emplois et la transformation économique du pays.

 

Une initiative inscrite dans “Choose Africa”

Cette opération s’intègre dans l’initiative française Choose Africa, qui vise à appuyer l’entrepreneuriat sur le continent. À travers cette plateforme, le groupe AFD entend mobiliser des financements et des garanties pour accompagner la croissance d’un secteur privé dynamique et inclusif en Afrique.

Pour les responsables de NSIA Banque Bénin, cet accord témoigne d’une reconnaissance internationale. Selon la direction générale de la banque, la garantie permettra de proposer des solutions de financement plus compétitives, mieux adaptées aux réalités locales et orientées vers l’innovation.

De son côté, Proparco réaffirme son ambition d’accompagner la dynamique économique béninoise, notamment à travers des PME à fort potentiel de création de valeur et d’emplois.

 

Vers un impact durable sur l’économie nationale

Au-delà du simple instrument financier, cette garantie pourrait produire un effet multiplicateur sur l’économie. En facilitant l’accès au crédit, elle offre aux entreprises la possibilité d’investir, d’élargir leurs activités et de recruter.

Par ailleurs, l’initiative contribue directement à l’Objectif de Développement Durable n°8 des Nations unies, qui promeut le travail décent et la croissance économique.

Reste désormais à mesurer, dans les mois à venir, la capacité des PME béninoises à saisir cette opportunité. Si l’effet de levier fonctionne comme prévu, ce partenariat pourrait devenir un modèle de coopération financière au service du développement local.