À Cotonou, le Bénin invente la pharmacie de demain avec « Pharm Expérience »

L’inauguration d’un centre de simulation de pointe à la Faculté des Sciences de la Santé marque un tournant dans la formation des pharmaciens en Afrique de l’Ouest francophone.

 

Le dogme est immuable chez les professionnels de santé : « Jamais la première fois sur le patient ». Lundi 27 avril, ce principe éthique a trouvé un écrin technologique à Cotonou. Dans l’enceinte de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), le Professeur Benjamin Hounkpatin, Ministre de la Santé et Ministre par intérim de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a officiellement mis en service « Pharm Expérience », un centre de simulation pharmaceutique pionnier dans l’espace universitaire ouest-africain francophone.

’Université d’Abomey-Calavi,
© ’Université d’Abomey-Calavi,

Un centre pionnier à Cotonou

Loin des salles de cours magistraux poussiéreuses, ce nouveau joyau architectural et pédagogique projette l’étudiant au cœur de sa future réalité. Le dispositif est impressionnant : une officine moderne reconstituée, truffée de caméras, permet de jouer des scénarios de dispensation en temps réel. En plus, dans une salle attenante, équipée de systèmes de visioconférence et d’outils numériques interactifs, pairs et enseignants observent, analysent et débriefent les gestes, les conseils et les erreurs des apprentis apothicaires.

« Rapprocher l’apprentissage de la réalité du terrain et des exigences professionnelles », martèle le Professeur Habib Ganfon, Vice-doyen de la pharmacie, qui voit dans ce projet l’aboutissement d’une ambition de hisser les standards béninois au niveau international, en mettant l’apprenant au cœur de la dynamique de changement.

Université d’Abomey-Calavi,
© Université d’Abomey-Calavi,

Une mobilisation institutionnelle et partenariale

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités : le Dr Nathalie Migan Diogo, présidente du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique de l’ARS, le Doyen de la Faculté, Professeur Josué Avakoudjo, ainsi que le Dr Ibnou Khadim Diaw, CEO de l’African Resource Center. Leur présence souligne la portée institutionnelle et partenariale de cette innovation.

Par ailleurs, cette inauguration s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur pharmaceutique national, portée par l’ARS et son Conseil de surveillance. L’enjeu est de taille : transformer la pharmacie d’une humble activité de vente en un véritable acte de soin de proximité.

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© Université d’Abomey-Calavi,

Vers la e‑pharmacie et l’hôpital de simulation

Mais le Ministre Hounkpatin voit déjà plus loin. En évoquant la « e‑pharmacie », solution digitale en cours de déploiement, il dessine un avenir où le numérique et la simulation se rejoignent. « J’envisage le maillage pour que nos étudiants vivent cette révolution digitale dès ce centre », a-t-il affirmé, avant de lever le voile sur une ambition présidentielle encore plus vaste : la construction prochaine d’un vaste hôpital de simulation.

Pour l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), représentée par le Professeur Aliou Saidou, cette innovation n’est pas seulement technologique, elle est sociale. En formant des praticiens immédiatement opérationnels et rompus aux dernières réformes, le Bénin entend aussi répondre avec précision aux besoins réels de ses populations, tout en s’affirmant comme le hub éducatif médical de la sous-région.

Mon sein en 180 secondes : l’UAC mobilise la jeunesse contre le cancer du sein

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a officiellement lancé, le 11 février 2026, le concours « Mon sein en 180 secondes » (MS180s), une initiative portée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Organisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, l’événement ambitionne de placer la prévention du cancer du sein au cœur de l’engagement académique et citoyen.

Réunis dans l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, étudiants, enseignants et autorités institutionnelles ont assisté à une cérémonie marquée par la lecture du message officiel du ministère, transmis par Mme Armelle Ahlinvi Ganye, conseillère technique chargée du suivi des réformes institutionnelles et universitaires.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Sensibiliser par la science et la créativité

Au-delà du protocole, la rencontre a privilégié une approche pédagogique et participative. Des performances artistiques – théâtre et slam – ont alterné avec des témoignages et une table ronde réunissant des professionnels de santé. Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’importance du dépistage précoce, l’accès équitable aux soins et la nécessité de lever les silences persistants autour du cancer du sein.

Dans un contexte marqué par la progression des maladies non transmissibles, les intervenants ont insisté sur les défis liés aux diagnostics tardifs et à la prise en charge, tout en appelant à une mobilisation collective durable.

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© Gouvernement de la République du Bénin

Trois minutes pour convaincre

Inspiré du format « Ma thèse en 180 secondes », le concours MS180s propose aux participants de délivrer, en trois minutes, un message clair et rigoureux fondé sur des données scientifiques. L’objectif : conjuguer vulgarisation, innovation et responsabilité sociale afin de toucher un public élargi, notamment les jeunes.

À travers cette initiative, les autorités béninoises entendent aussi affirmer leur engagement en faveur d’une politique de santé publique appuyée sur la recherche et l’innovation. Le concours se veut ainsi un levier de sensibilisation, mais aussi un espace d’expression pour une jeunesse appelée à devenir actrice du changement.

La cérémonie a réuni également plusieurs personnalités représentant les ministères sectoriels, la coopération internationale et des organisations engagées dans la promotion de la santé et de la recherche, traduisant l’importance stratégique accordée à cette mobilisation nationale.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Trois minutes pour convaincre, trois minutes pour alerter : à travers Mon sein en 180 secondes, l’UAC transforme l’amphithéâtre en tribune citoyenne. Entre science, art et engagement, le concours rappelle que la prévention du cancer du sein n’est pas une affaire de spécialistes, mais un combat collectif où chaque voix compte.

E-Giénique : L’aube d’une éducation menstruelle éclairée à Dassa-Zoumé

Le 30 janvier dernier inscrit dans les annales de Dassa-Zoumé une journée singulièrement innovante, marquée par le lancement officiel du projet E-Giénique. Sous l’égide d’un cortège d’acteurs éminents, dont le chef du premier arrondissement, M. AKPAKI Dossou Osée, présidant la cérémonie au CEG 1, cette initiative a inauguré une nouvelle ère dans la lutte contre la précarité menstruelle et la désinformation qui l’entoure.

E-Giénique : déconstruction des mythes et réinvention de l’éducation

Au cœur de cette manifestation, Salifou Aïchatou, cheffe du projet E-Giénique, a déployé avec une verve érudite une analyse approfondie des mythes ancestraux liés aux menstruations, dévoilant ainsi leur impact délétère sur la régularité scolaire des jeunes filles. Par des explications empreintes d’une clarté rare, elle a su déconstruire des croyances longtemps enracinées, invitant ainsi les convives à reconsidérer les tabous qui entravent l’accès équitable à l’éducation.

Dans un élan de reconnaissance, le représentant des directeurs des collèges a exprimé sa gratitude pour le choix audacieux de leur localité comme terre d’expérimentation de ce projet révolutionnaire. Ce geste symbolique souligne l’importance cruciale d’investir dans des initiatives susceptibles de réformer, par l’éducation, des pratiques encore trop souvent enveloppées de mystère et de stigmatisation.

Mme Clotilde Noudeviwa, Directrice départementale des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, a exhorté les élèves à adopter une attitude proactive vis-à-vis des activités pédagogiques liées à E-Giénique. Elle a, par ailleurs, réaffirmé son soutien indéfectible à cette entreprise, qualifiée de noble démarche, destinée à instaurer un climat de connaissance et d’autonomie autour de la santé menstruelle.

Le projet E-Giénique, lancé à Dassa-Zoumé, lutte contre la précarité menstruelle en milieu scolaire en brisant les tabous et en sensibilisant
© Le projet E-Giénique, lancé à Dassa-Zoumé, lutte contre la précarité menstruelle en milieu scolaire en brisant les tabous et en sensibilisant
vers une transformation éducative inclusive

Ce mini-lancement, orchestré par les Blogueurs du Bénin, ne s’est pas contenté d’être une simple cérémonie inaugurale. Il s’est révélé être le prélude d’un mouvement éducatif novateur, où la parole se libère des carcans traditionnels pour embrasser une compréhension scientifique et empathique des réalités féminines. La représentante des élèves, par son intervention, a également porté un message porteur d’espoir, rappelant que l’éradication des mythes permet de restaurer la dignité et la continuité scolaire des jeunes filles.

En définitive, E-Giénique se pose comme une réponse éclairée et résolument moderne à un enjeu social majeur. Par l’éducation et la déconstruction des mythes, cette initiative vise à offrir aux jeunes filles les outils nécessaires pour naviguer avec assurance dans leur quotidien. Ainsi, Dassa-Zoumé s’affirme aujourd’hui comme le creuset d’une transformation éducative où la connaissance se fait rempart contre l’ignorance, assurant ainsi un avenir plus inclusif et équitable.