Une décrue tarifaire des carburants en Côte d’Ivoire

En ce premier jour d’avril 2025, une nouvelle d’importance traverse les artères économiques de la Côte d’Ivoire : les prix des carburants à la pompe s’allègent d’un fardeau pécuniaire, offrant un répit bienvenu aux usagers. Ainsi, le super sans plomb voit son coût diminuer de vingt francs CFA, passant de 875 à 855 FCFA le litre, tandis que le gasoil, fidèle compagnon des moteurs diesel, s’abaisse de quinze francs CFA, glissant de 715 à 700 FCFA. Ces tarifs, gravés dans l’éphémère d’un mois, resteront en vigueur jusqu’au 30 avril 2025. Cette inflexion, loin d’être un caprice isolé, s’inscrit dans une mécanique savamment orchestrée, celle de l’ajustement automatique des prix des hydrocarbures, tributaire des soubresauts du marché planétaire.

Carburants : Une réduction circonscrite mais significative

L’annonce, portée par la voix solennelle du ministère en charge des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, précise les contours de cette mesure. Le super sans plomb, essence prisée des véhicules légers, et le gasoil, pilier des transports lourds, se voient seuls concernés par cette embellie tarifaire. Les autres produits pétroliers, tels le gaz domestique – refuge des foyers – ou le pétrole lampant – lumière des campagnes –, demeurent, quant à eux, figés dans une stabilité imperturbable, héritée du mois précédent. Cette distinction, loin d’être anodine, reflète une hiérarchie des priorités où les carburants moteurs, acteurs majeurs de la mobilité nationale, bénéficient d’une attention particulière.

Un écho dans le rétroviseur historique

Pour mieux saisir la portée de cette décrue, un regard rétrospectif s’impose. La dernière baisse notable remonte à mai 2020, époque où le super sans plomb s’était allégé de vingt-cinq francs CFA, tombant à 570 FCFA, et le gasoil de vingt francs CFA, s’établissant à 570 FCFA également. Une parenthèse de douceur dans un contexte alors marqué par des turbulences économiques globales. Plus récemment, le 1ᵉʳ octobre 2023, les prix avaient suivi une trajectoire inverse : une ascension de soixante francs CFA avait hissé le super sans plomb à 875 FCFA et le gasoil à 715 FCFA. Ces oscillations, telles des vagues sur l’océan pétrolier, rappellent la vulnérabilité de la Côte d’Ivoire aux caprices des cours internationaux.

Une mécanique limpide aux ressorts mondiaux

L’ajustement mensuel des prix des hydrocarbures ne doit rien au hasard ni à la fantaisie locale. Il découle d’un mécanisme automatique, véritable boussole économique, qui scrute les fluctuations des marchés mondiaux. Chaque mois, les tarifs sont révisés pour refléter les évolutions du coût du pétrole brut, des frais de raffinage et des dynamiques de l’offre et de la demande à l’échelle planétaire. Cette transparence, si elle expose le pays aux aléas extérieurs, garantit une certaine équité dans la fixation des prix, évitant les distorsions arbitraires. Ainsi, la baisse d’avril 2025 s’explique par une conjoncture internationale favorable, dont les détails, bien que non précisés, laissent présager un apaisement des tensions sur les marchés énergétiques.

Une incidence palpable pour les Ivoiriens

Cette réduction, bien que modeste en apparence, n’est pas dénuée de conséquences. Pour le conducteur d’Abidjan, sillonnant les avenues embouteillées, comme pour le transporteur reliant les confins ruraux, chaque franc CFA économisé se mue en un souffle d’oxygène budgétaire. Si elle ne révolutionne pas le quotidien, elle atténue, ne serait-ce qu’un peu, la pression exercée par les coûts de la vie. Les regards se tournent désormais vers les semaines à venir : cette accalmie perdurera-t-elle, ou ne sera-t-elle qu’une éclaircie fugitive avant une nouvelle tempête tarifaire ?

Une leçon de résilience économique

En définitive, la baisse des prix  des carburants en ce printemps 2025 illustre avec clarté la dépendance de la Côte d’Ivoire aux flux économiques mondiaux, tout en soulignant sa capacité à s’adapter. Loin de se contenter d’un immobilisme stérile, le pays ajuste ses voiles au gré des vents pétroliers, offrant à ses citoyens un répit salutaire. Cette mesure, fruit d’une logique implacable, invite à une réflexion plus large sur la quête d’une souveraineté énergétique, où les soubresauts internationaux ne dicteraient plus seuls la cadence des prix à la pompe.

Côte d’Ivoire : Abidjan, carrefour d’une ambition visionnaire pour l’UEMOA

Ce lundi 10 mars 2025, Abidjan, palpitante métropole ivoirienne, s’est éveillée sous le signe d’une effervescence intellectuelle rare. Dans une salle aux accents solennels, Nahoua Yéo, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Économie, du Plan et du Développement, a donné le coup d’envoi d’un atelier national d’envergure : la vulgarisation de la Vision prospective 2040 de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et de son plan stratégique IMPACT 2030. En effet, ce rendez-vous, orchestré par la Commission de l’UEMOA, a réuni une mosaïque d’acteurs (ministères, société civile, secteur privé et partenaires techniques) dans une communion d’esprits tournée vers un horizon commun : celui d’une Afrique de l’Ouest intégrée, prospère et résiliente.

Une feuille de route pour un meilleur lendemain au sein de l’UEMOA 

Par ailleurs, sous la férule de Nahoua Yéo, figure respectée de la planification économique ivoirienne, les participants ont plongé dans les méandres de deux documents cardinaux. La Vision prospective 2040, adoptée après une élaboration participative entamée en 2023 à Ouagadougou, rêve l’UEMOA en un espace économique harmonieux, ancré dans la paix et ouvert sur le continent. IMPACT 2030, son bras opérationnel validé le 20 septembre 2024, se déploie en une stratégie audacieuse pour les cinq prochaines années, articulée autour de cinq axes : écosystèmes productifs, infrastructures, développement humain, intégration régionale et gouvernance modernisée. Nahoua Yéo, dans une allocution empreinte de gravité, a salué ces ambitions comme « une boussole pour transcender les défis et ensemencer un avenir durable ».

Abidjan lance un atelier crucial pour la Vision 2040 de l'UEMOA et son plan IMPACT 2030, réunissant les acteurs clés pour façonner un avenir Une tournée régionale en marche

En plus, cet atelier s’inscrit dans une vaste campagne sous-régionale, débutée le 24 février à Cotonou et devant s’achever le 21 mars à Bissau, visant à irriguer chaque État membre de l’UEMOA de ces perspectives stratégiques. À Lomé, le 27 février, le Dr Paul Koffi Koffi, Commissaire à l’Économie Numérique, avait déjà vanté IMPACT 2030 comme une « locomotive d’agilité et de transformation ». À Ouagadougou, le 17 février, Vieux Rachid Soulama avait exalté les progrès de l’union (gouvernance, sécurité alimentaire, essor du privé) tout en appelant à une appropriation collective. Abidjan a repris ce jour le flambeau avec une ferveur palpable, portée par la Côte d’Ivoire, locomotive économique de l’UEMOA avec près de 40 % de son PIB régional.

Un creuset d’espérances et de défis de l’UEMOA 

Les débats, riches et foisonnants, ont mis en lumière les promesses de ces initiatives. IMPACT 2030 cible trois écosystèmes (agro-industrie pour la souveraineté alimentaire, industries légères pour l’emploi, services innovants pour la compétitivité)avec des programmes structurants destinés à métamorphoser les économies de l’Union. Pourtant, dans cette salle abidjanaise, des préoccupations ont également été soulevées, notamment les difficultés liées au financement, l’instabilité de la région et le besoin de la jeunesse de percevoir des signaux forts. Nahoua Yéo, avec une éloquence mesurée, a convié les présents à « faire de ces visions non pas des chimères, mais des réalités palpables », un défi que la Côte d’Ivoire, forte de son Plan National de Développement 2021-2025, entend relever aux côtés de ses pairs.

Une étoile dans la constellation ouest-africaine

En somme, cette journée a été une semence, un acte de foi en un futur où l’UEMOA, tel un phénix, pourrait renaître de ses propres ambitions. Sous les regards croisés des participants, une vérité s’est esquissée : l’intégration régionale n’est pas une utopie lointaine, mais une mosaïque à assembler, pièce par pièce, par des mains unies. Et tandis que le soleil s’inclinait sur la lagune Ébrié, une lueur persista, douce et tenace : celle d’un rêve qui, porté par des jours comme celui-ci, pourrait un jour s’élever, non comme une étoile solitaire, mais comme une constellation illuminant l’horizon ouest-africain tout entier.